mardi 29 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2100934 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | NERAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 avril et 30 août 2021, M. F B, représenté par Me Néraud, demande au tribunal :
1°) de condamner l'État à lui verser la somme de 8 000 euros, à parfaire, en réparation de ses préjudices, outre intérêts à compter de la demande préalable ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il se prévaut de l'illégalité fautive de la décision implicite par laquelle le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de Bourgogne-Franche-Comté a rejeté sa demande tendant au bénéfice de la revalorisation de l'indemnité de fonctions, des sujétions et d'expertise au titre de l'année 2017, résultant du jugement n° 1800747 du 28 mai 2019 du tribunal administratif de Dijon ;
- les décisions par lesquelles le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de Bourgogne-Franche-Comté a refusé de le faire bénéficier de cette même revalorisation dès l'année 2016 sont également illégales, dès lors qu'elles méconnaissent les dispositions de l'article 3 du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014, et ces illégalités sont également fautives ;
- il se prévaut également des carences fautives de l'administration dans la mise en œuvre des dispositions du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014, et lors de l'exécution tardive du jugement n° 1800747 du 28 mai 2019 du tribunal administratif de Dijon ;
- en ne prenant pas dès janvier 2016 les mesures de nature à éviter les souffrances qu'il a dû endurer, en raison de la surcharge de travail à laquelle il a dû faire face et de la pression continue qu'il a subie, l'État a méconnu les règles relatives à la prévention des risques psychosociaux et a commis une faute dans l'organisation de son service ;
- il a été victime de harcèlement moral, en raison des critiques incessantes et injustifiées de l'un de ses collègues, et de l'absence d'intervention de ses supérieurs hiérarchiques face à cette situation ;
- la carence fautive de l'État dans la mise en œuvre de la protection fonctionnelle engage sa responsabilité ;
- il évalue à 3 000 euros son préjudice moral et les troubles dans ses conditions d'existence, à raison de la dégradation des conditions de travail ;
- il évalue à 2 500 euros les préjudices résultant de l'illégalité fautive de la décision annulée par le jugement du 28 mai 2019 du tribunal administratif de Dijon ;
- il aurait dû bénéficier, dès l'année 2016, d'une revalorisation de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise, de sorte qu'il est en droit de solliciter à ce titre une indemnité d'un montant de 2 500 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juin 2021, le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Bourgogne Franche-Comté conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- l'autorité de chose jugée qui est attachée aux jugements des 7 mai 2019 et 19 juin 2020 fait obstacle à la demande de M. B, s'agissant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise au titre de l'année 2016 ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées par une lettre du 6 août 2021 que cette affaire était susceptible, à compter du 20 septembre 2021, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée au 23 novembre 2021 par ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D C,
- les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public,
- et les observations de Me Néraud, représentant M. B, et celles de Mme E, représentant le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Bourgogne Franche-Comté.
Considérant ce qui suit :
1. M. F B est secrétaire administratif relevant des ministères chargés des affaires sociales depuis le 1er septembre 2012, initialement affecté à la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de Bourgogne. A la suite de la fusion des directions régionales de Bourgogne et de Franche-Comté, il a été affecté au poste d'assistant de la cellule d'appui juridique aux aides à l'emploi et de gestionnaire du service compétitivité des entreprises et développement des territoires. A compter du 1er janvier 2017, il a été affecté au service développement de l'emploi et des compétences du pôle entreprises, emploi et économie. Par un jugement lu le 28 mai 2019, le tribunal administratif de Dijon a annulé la décision implicite par laquelle le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de Bourgogne-Franche-Comté a rejeté la demande de M. B tendant au bénéfice de la revalorisation de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise dont il a bénéficié au titre de l'année 2017 et a enjoint à ce directeur de prendre une décision revalorisant le montant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise de M. B, à compter du 1er janvier 2017, conformément aux motifs de son jugement. Par un jugement lu le 30 juin 2020, ce tribunal a considéré que le jugement précité était entièrement exécuté et qu'il n'y avait pas lieu de prescrire par voie juridictionnelle les mesures d'exécution de ce jugement. Par une réclamation indemnitaire préalable, en date du 10 décembre 2019, et reçue par l'administration le 14 décembre suivant, M. B a sollicité l'indemnisation des préjudices résultant de l'illégalité fautive des décisions prises par son administration en matière d'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise, de l'absence de bénéfice de la protection fonctionnelle, des carences de l'administration dans la réorganisation de son service et dans la gestion de sa situation. Le silence de l'administration a fait naître une décision implicite de rejet de cette demande. Par sa requête, M. B demande au tribunal de condamner l'État à lui verser la somme de 8 000 euros en réparation des préjudices qu'il soutient avoir subis.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. En premier lieu, l'illégalité de la décision implicite par laquelle le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de Bourgogne-Franche-Comté a rejeté la demande de M. B tendant au bénéfice de la revalorisation de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise dont il a bénéficié au titre de l'année 2017, a été constatée par un jugement du 28 mai 2019 du tribunal administratif de Dijon, passé en force de chose jugée et, en l'espèce, devenu définitif. Cette illégalité a constitué une faute de nature à engager la responsabilité de l'État.
3. En l'espèce, si M. B sollicite la condamnation de l'État à lui verser la somme de 2 500 euros, à raison de cette illégalité fautive, l'intéressé ne mentionne ni la nature ni l'étendue des éventuels préjudices dont il entend se prévaloir et se borne à affirmer que cette illégalité fautive engage la responsabilité de l'État " à raison de l'indemnité non perçue par l'intéressé au titre de l'année 2017 et des années qui ont suivi ". À supposer même qu'il ait ainsi entendu viser le préjudice financier résultant de l'absence de versement du montant d'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise auquel il pouvait prétendre, il ne conteste pas, dans la présente instance, que l'administration a entièrement exécuté le jugement du 28 mai 2019, comme cela résulte d'ailleurs du jugement du 30 juin 2020 du tribunal administratif de Dijon, devenu définitif et passé en force de chose jugée, et qu'il a ainsi bénéficié, à compter du 1er janvier 2017, d'une telle indemnité. Dès lors, aucun préjudice financier ne résulte de l'illégalité fautive invoquée. Pour le surplus, M. B ne démontre, ni même n'allègue la nature ni l'étendue d'un préjudice distinct.
4. En deuxième lieu, M. B se prévaut de l'illégalité fautive des décisions, matérialisées par des courriels qu'il produit à l'instance, par lesquelles son administration lui a refusé le bénéfice de la revalorisation de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise à compter du 1er janvier 2016, eu égard au changement de fonctions allégué, à l'occasion de son affectation sur le poste " d'assistant de la cellule d'appui juridique aux aides à l'emploi et gestion du service compétitivité des entreprises et développement des territoires ", à compter de cette même date. Néanmoins, pour toute démonstration de l'illégalité de ces décisions, son conseil se borne à soutenir que ces refus méconnaissent les dispositions de l'article 3 du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014, que ses fonctions ont été sensiblement modifiées " à la suite de la réforme territoriale " et qu'il a bénéficié d'une prime d'accompagnement de la réorganisation régionale. Toutefois, d'une part, le bénéfice de cette dernière prime ne conférait aucun droit à la revalorisation de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et d'autre part, si l'article 3 du décret du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat prévoit un réexamen du montant de cette indemnité, notamment en cas de changement de fonctions, ces dispositions ne conféraient, par elles-mêmes, à M. B, aucun droit à une revalorisation de cette indemnité au 1er janvier 2016, à supposer même qu'il puisse être regardé comme ayant changé de fonction à cette date. Le requérant ne démontrant pas l'illégalité des décisions par lesquelles le directeur régional des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de Bourgogne Franche-Comté a refusé de revaloriser le montant de son indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise à compter du 1er janvier 2016, il n'est pas fondé à demander l'indemnisation des préjudices résultant de cette illégalité.
5. En troisième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, désormais repris à l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. ".
6. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
7. M. B soutient avoir été exposé à des conditions de travail qui ont mis en danger sa santé et que l'administration a méconnu son obligation de prévention des risques psycho-sociaux. En particulier, il soutient que les fonctions qui lui ont été confiées, lorsqu'il a été mis à disposition du service compétitivité des entreprises et développement des territoires, ne correspondaient ni à celles mentionnées sur sa fiche de poste ni à celles pour lesquelles il a été mis à disposition de ce service, qu'il a été très rapidement soumis à une surcharge de travail, que l'accroissement des missions de ce service, peu après sa création, s'est accompagné d'une réduction des effectifs et que l'administration n'a pas anticipé les mesures de nature à éviter les souffrances qu'il a dû endurer. L'intéressé soutient encore qu'il a été victime des agissements d'un autre agent, qui a remis en cause ses compétences, qui s'est déchargé sur lui d'une partie de ses fonctions, qui l'a dénigré et que l'administration n'a pas pris, suffisamment tôt, les mesures nécessaires pour faire cesser ces agissements.
8. En l'espèce, il résulte de l'instruction que les faits allégués par M. B se sont déroulés au cours de l'année 2016, dans le contexte de la fusion des directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi de Bourgogne et de Franche-Comté. Il résulte également de l'instruction que le requérant a été, dans ce cadre, par une décision du 13 janvier 2016, affecté à un poste d'assistant de la cellule d'appui juridique aux aides à l'emploi et gestion, du service " compétitivité des entreprises et développement des territoires " (CEDT), en résidence administrative à Dijon, et qu'il a, dans les faits, exercé tout au long de l'année 2016, d'une part des fonctions de gestionnaire de crédits d'intervention, pour la moitié de son temps, pour ce service, et des fonctions d'assistant juridique, pour l'autre moitié de son temps, au sein du service " développement de l'emploi et des compétences " (DEC), appartenant au même pôle, avant d'être affecté, pour la totalité de son temps de travail, en fin d'année 2016, au sein de ce dernier service. Contrairement à ce que soutient le requérant, il résulte du compte rendu de son entretien professionnel réalisé le 27 mai 2016, et plus particulièrement de la partie de ce compte rendu qu'il a lui-même remplie, que sa fiche de poste était adaptée et qu'il n'y avait pas lieu de l'actualiser. S'il résulte de l'instruction que des difficultés ont pu apparaître, tout au long de l'année 2016, en termes de charge de travail, mais également de répartition des missions entre les différents services du pôle " entreprises, emploi, économie " (3E), auquel était affecté M. B, et entre les agents en résidence administrative à Dijon et ceux en résidence administrative à Besançon, respectivement issus des deux anciennes directions régionales, il résulte également de l'instruction que cette situation était inhérente à la fusion entre les deux directions et aux adaptations nécessaires dans une telle situation, intervenues tout au long de l'année. Contrairement à ce que soutient le requérant, il résulte encore de l'instruction que ses supérieurs hiérarchiques ont tenu compte tout au long de l'année de ses observations et sont intervenus pour répartir au mieux la charge de travail dans ce contexte à plusieurs reprises, qu'aucune des pièces versées à l'instance, ne permet de qualifier de disproportionnée.
9. S'agissant des agissements allégués de la collègue de M. B, Mme A, il résulte de l'instruction que l'un et l'autre, tous deux affectés au service CEDT, ont entretenu, tout au long de l'année 2016, des relations difficiles, tenant notamment à la répartition des missions entre ces deux agents, issus pour le premier de l'ancienne direction régionale de Bourgogne et pour la seconde de l'ancienne direction régionale de Franche-Comté, et plus généralement à la répartition des missions à l'intérieur du service et entre les différents services du pôle 3E de la nouvelle direction régionale. D'une part, les faits attribués par M. B à Mme A ne résultent pas des seuls courriels, ni des seuls témoignages produits à l'instance, dont les auteurs n'ont, au demeurant, eu connaissance des faits rapportés, que par l'intermédiaire de M. B, qui révèlent seulement les rigidités respectives et la volonté des deux agents d'imposer, l'un à l'autre, leurs méthodes de travail antérieures. D'autre part, il ne résulte pas davantage de l'instruction que les supérieurs hiérarchiques des intéressés, qui ont à plusieurs reprises, avec patience et bienveillance, nonobstant la longueur et le nombre de pièces jointes disproportionnés de certains des courriels du requérant lui-même, appelé leurs agents à dépasser leur vision respective, dans la logique de la création de la direction régionale, n'auraient pas pris les mesures utiles pour tenter d'apaiser les différends entre ces agents. Dès lors, les faits rapportés par le requérant sont insusceptibles de faire présumer de l'existence d'un harcèlement moral et l'intéressé n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait subi des conditions de travail de nature à altérer sa santé, ni à reprocher à l'administration sa carence fautive à mettre en œuvre suffisamment tôt les mesures rendues nécessaires par la situation de conflit interne au pôle. Pour les mêmes motifs, il n'est, en tout état de cause, pas davantage fondé à reprocher à l'administration de ne pas lui avoir accordé spontanément la protection fonctionnelle. En l'absence de carence fautive de l'administration, les conclusions indemnitaires de M. B, fondées sur l'existence de cette carence, ne peuvent qu'être rejetées.
10. En quatrième et dernier lieu, s'agissant des autres fautes reprochées à l'administration, le requérant ne se prévaut d'aucun préjudice en lien avec ces fautes. Par suite, le moyen tiré des carences fautives de l'administration dans la mise en œuvre des dispositions du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014, et lors de l'exécution tardive du jugement n° 1800747 du 28 mai 2019 du tribunal administratif de Dijon, ne peut qu'être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposé en défense par l'administration, que les conclusions indemnitaires de M. B doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F B et au ministre du travail, du plein-emploi et de l'insertion.
Copie en sera adressée au préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté et au directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Bourgogne-Franche-Comté.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère,
M. Hugez, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2022.
Le rapporteur,
I. C
Le président,
Ph. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein-emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026