jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2100971 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SIRAT NESSIM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 avril 2021, la SAS Automobiles de Bourgogne Dijon, représentée par Me Sirat, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires de taxe sur les surfaces commerciales auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015, 2016 et 2017 ;
2°) de mettre la somme de 2 500 euros à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la proposition de rectification n'était pas suffisamment motivée en fait, en méconnaissance de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 juillet 2021, l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction de contrôle fiscal centre-est conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen de la requête n'est pas fondé.
Un mémoire produit pour la SAS Automobiles de Bourgogne Dijon a été enregistré le 22 septembre 2022 et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- la loi n° 72-657 du 13 juillet 1972 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B A,
- les conclusions de M. Thierry Bataillard rapporteur public,
- et les observations de Me Sirat, représentant la SAS Automobiles de Bourgogne Dijon.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée Automobiles de Bourgogne Dijon exerce une activité de vente et de réparation de véhicules automobiles dans deux établissements situés à Dijon et Chenôve. A l'issue d'une vérification de comptabilité portant sur la période courant du 1er novembre 2014 au 31 octobre 2017, l'administration fiscale lui a notifié, par une proposition de rectification du 25 septembre 2018, son intention de mettre à sa charge des cotisations supplémentaires de taxe sur les surfaces commerciales au titre des années 2015, 2016 et 2017 pour les établissements de Dijon et de Chenôve. La réponse aux observations du contribuable du 20 novembre 2018 a acté l'abandon des rectifications envisagées concernant l'établissement de Chenôve et le maintien des rectifications concernant l'établissement de Dijon. Ces impositions ont été mises en recouvrement par un avis du 30 novembre 2018 pour un montant de 14 523 euros. Par sa requête, la SAS Automobiles de Bourgogne Dijon demande la décharge de ces impositions.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler utilement ses observations. En revanche, sa régularité ne dépend pas du bien-fondé de ces motifs.
3. La proposition de rectification du 25 septembre 2018 mentionne l'impôt sur lequel elle porte, les périodes d'imposition, fait référence à l'article 3 de la loi du 13 juillet 1972 et rappelle les règles relatives au champ d'application de la taxe, à la détermination de la surface de vente prise en compte pour le calcul de la taxe et aux modalités de calcul de la taxe. Elle indique ensuite précisément la surface de vente qui a été retenue et précise sur ce point que la visite sur place et le comparatif des plans ont conduit à intégrer à la surface de vente les espaces dits " zone de mise en mains " et les bureaux " Citroën Select " qui n'avaient pas été pris en compte lors de la déclaration de la société requérante. Elle indique ensuite le détail du calcul de la taxe en précisant notamment année par année la surface totale, le chiffre d'affaire réalisé et le nombre de jours d'exploitation et le taux effectif retenu. A partir de ces éléments, la société requérante pouvait identifier les surfaces prises en compte par l'administration et vérifier le calcul de leur surface. Elle pouvait également en déduire, compte tenu des précisions données par la proposition de rectification concernant les règles de détermination de la surface de vente prise en compte pour le calcul de la taxe, que les espaces réintégrés dans la surface prise en compte étaient considérés comme des espaces affectés à la circulation de la clientèle pour effectuer ses achats, à l'exposition des marchandises proposées à la vente, à leur paiement ou affectés à la circulation du personnel pour présenter les marchandises à la vente. Dans les circonstances de l'espèce, ces indications permettaient à la société requérante de faire valoir utilement ses observations, notamment concernant la détermination par le service des surfaces de vente au détail. Par suite, le moyen tiré de ce que la proposition de rectification ne serait pas suffisamment motivée, en méconnaissance de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales, doit être écarté.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge doivent être rejetées. Doivent également être rejetées par voie de conséquence les conclusions de la requête présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Automobiles de Bourgogne Dijon est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Automobiles de Bourgogne Dijon et à l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction de contrôle fiscal centre-est.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Nicolet, président,
Mme Nadia Zeudmi-Sahraoui, première conseillère,
Mme Pauline Hascoët, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
La rapporteure,
P. A
Le président,
P. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026