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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2101282

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2101282

mardi 7 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2101282
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC+
FormationCH 3 JU
Avocat requérantDEFOSSE - BRAYE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 7 mai 2021 et 15 décembre 2022 sous le n° 2101282, M. B D, représenté par Me Braye, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler " la décision implicite de rejet de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales de la Côte-d'Or née le 24 décembre 2020 " ;

2°) d'ordonner à la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Côte-d'Or de lui verser une somme de 1 011,40 euros " à titre de rappel sur prime d'activité " ;

3°) de condamner la CAF de la Côte-d'Or à lui verser une somme de 500 euros à titre de " dommages intérêts " ;

4°) de " condamner " la CAF de la Côte-d'Or " à payer à la SELARL Defosse Braye la somme de 1 500 euros HT à titre d'honoraires ".

M. D soutient que :

- la CAF de la Côte-d'Or, en lui réclamant des paiements indus de prime d'activité et en estimant qu'il n'avait plus droit à cette prime d'activité, a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation ;

- l'absence de versement de prime d'activité lui a causé un préjudice évalué à 500 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2021, le département de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.

Le département soutient que les conclusions de la requête dirigées contre la décision mettant à sa charge un paiement indu de revenu de solidarité active ne contiennent l'énoncé d'aucun moyen, en violation de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, et ne sont dès lors pas recevables.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 octobre 2021, 5 décembre 2022, 6 janvier 2023 et 21 février 2023, la CAF de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.

La CAF soutient que les moyens invoqués par le requérant relatifs aux litiges de prime d'activité ne sont pas fondés.

Par un courrier du 15 décembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que les conclusions à fin de condamnation étaient irrecevables au motif que le contentieux n'avait pas été lié.

Par un courrier du 21 février 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que les conclusions par lesquelles le requérant demande au juge de déterminer ses droits à l'aide exceptionnelle de fin d'année au titre de l'année 2020, à l'aide exceptionnelle de solidarité et à l'" aide d'allocation logement " et d'ordonner à la CAF de la Côte-d'Or de lui verser le montant de ces aides ne sont pas recevables dès lors qu'il n'existe aucun litige né et actuel concernant ces différentes aides.

Le 22 février 2023, M. D a présenté ses observations à ce courrier du 21 février 2023.

II. Par une requête et des mémoires en réplique, enregistrés les 31 décembre 2021, 8 décembre 2022, 20 février 2023, 21 février 2023 et 22 février 2023 sous le n° 2103369, M. B D, dans le dernier état de ses écritures :

1°) soumet au tribunal un litige relatif à ses droits au revenu de solidarité active (RSA) au titre de la période du 1er janvier au 30 juin 2020, du 1er octobre au 31 décembre 2020 et du 1er juillet au 30 septembre 2021 et demande la condamnation du département de la Côte-d'Or à lui verser une somme correspondant à ses droits au RSA ;

2°) soumet au tribunal un litige relatif à ses droits " d'aide à l'allocation logement " et demande la condamnation du département de la Côte-d'Or à lui verser une somme de 186 euros à ce titre ;

3°) soumet au tribunal un litige relatif à ses droits à l'aide exceptionnelle de solidarité (AES), et demande la condamnation du département de la Côte-d'Or à lui verser une somme de 150 euros à ce titre ;

4°) soumet au tribunal un litige relatif à ses droits à l'aide exceptionnelle de fin d'année (AEFA) au titre de l'année 2020 et demande la condamnation du département de la Côte-d'Or à lui verser une somme de 152,45 euros à ce titre ;

5°) demande au tribunal d'ordonner au département de la Côte-d'Or de " régulariser par compensation la dette de 438,49 euros du RSA attribuée par erreur au mois de mars 2020 " et de la fixer à 29,23 euros ;

6°) de condamner le département de la Côte-d'Or à lui verser une somme de 200 euros à titre de " dommages et intérêts " ;

M. D soutient qu'en ne lui accordant aucun droit au RSA au titre de la période allant du 1er janvier au 30 juin 2020, du 1er octobre au 31 décembre 2020 et du 1er juillet au 30 septembre 2021, à l'AES et à l'AEFA au titre de l'année 2020 et en minorant ses droits à l'" aide à l'allocation logement " au titre de la période allant du 1er octobre au 31 décembre 2020 alors qu'il remplissait pourtant les conditions pour les obtenir, le département de la Côte-d'Or et la CAF de la Côte-d'Or ont commis, chacun en ce qui les concerne, une erreur de droit et une erreur d'appréciation.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 2 juin 2022, 6 janvier 2023 et 22 février 2023, le département de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.

Le département soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 et 22 février 2023, la CAF de la Côte-d'Or indique que la dette de RSA de M. D n'a pas été remboursée.

Par un courrier du 9 décembre 2022, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que les conclusions à fin de condamnation étaient irrecevables au motif que le contentieux n'avait pas été lié.

Le 15 décembre 2022, M. D a présenté ses observations à ce courrier du 9 décembre 2022.

Le 15 décembre 2022, la CAF de la Côte-d'Or a présenté ses observations à ce courrier du 9 décembre 2022.

Par un courrier du 21 février 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que les conclusions par lesquelles le requérant demande au juge de déterminer ses droits à l'aide exceptionnelle de fin d'année au titre de l'année 2020, à l'aide exceptionnelle de solidarité et à l'" aide d'allocation logement " et d'ordonner à la CAF de la Côte-d'Or de lui verser le montant de ces aides ne sont pas recevables dès lors qu'il n'existe aucun litige né et actuel concernant ces différentes aides.

Le 22 février 2023, M. D a présenté ses observations à ce courrier du 21 février 2023.

Dans le dossier n° 2101282, M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 mars 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code général des impôts ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le décret n° 2019-400 du 2 mai 2019 portant revalorisation du montant forfaitaire du revenu de solidarité active ;

- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite ;

- le décret n° 2020-490 du 29 avril 2020 portant revalorisation du montant forfaitaire du revenu de solidarité active ;

- le décret n° 2020-491 du 29 avril 2020 portant revalorisation du montant forfaitaire de la prime d'activité ;

- le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à l'urgence sanitaire aux ménages les plus précaires ;

- le décret n° 2021-530 du 29 avril 2021 portant revalorisation du montant forfaitaire du revenu de solidarité active ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Boissy, président, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, le rapport de M. C a été entendu et, par une ordonnance datée du 23 février 2023, les parties ont été informées que la clôture de l'instruction était différée au 2 mars 2023 à douze heures.

Considérant ce qui suit :

Sur la jonction :

1. Les requêtes nos 2101282 et 2103369 présentent à juger des questions semblables au regard des droits d'un même allocataire au revenu de solidarité active et à la prime d'activité et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a dès lors lieu de joindre ces deux affaires pour statuer par un seul jugement.

Sur le cadre juridique :

En ce qui concerne le revenu de solidarité active :

2. En vertu des dispositions combinées des articles L. 262-1, L. 262-13, L. 262-16, L. 262-25 et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active, qui a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'insertion sociale et professionnelle, est attribué par le président du conseil départemental ou, par délégation, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole, lesquelles en assurent également le service et le contrôle dans des conditions fixées par voie de convention.

3. Conformément aux articles L. 262-47 et R. 262-88 à R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles, la personne qui entend contester une décision statuant sur ses droits relatifs au revenu de solidarité active doit, avant de saisir le juge, former un recours préalable adressé au président du conseil départemental et la décision prise à la suite de ce recours préalable, qui se substitue à la décision initiale, est seule susceptible d'être contestée devant le juge administratif. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à l'allocation de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.

4. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 2 décide de récupérer un paiement indu de revenu de solidarité active, remettant ainsi en cause des paiements déjà effectués, la personne qui en conteste le bien-fondé doit, avant de saisir le juge et en application des dispositions combinées des articles L. 262-47 et R. 262-87 à R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles, former un recours administratif préalable auprès du président du conseil départemental et la décision que ce dernier prend après avoir consulté, le cas échéant, la commission de recours amiable, se substitue à la décision initiale et est seule susceptible d'être contestée devant le juge administratif. Statuant sur un recours dirigé contre une telle décision, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient également, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

En ce qui concerne la prime d'activité :

5. En vertu des dispositions combinées des articles L. 841-1, L. 843-1, L. 845-2 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale, la prime d'activité, qui a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non-salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat, est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants.

6. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à la prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette prime qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.

7. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 5 décide de récupérer un paiement indu de prime d'activité, remettant ainsi en cause des paiements déjà effectués, la personne qui en conteste le bien-fondé doit, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable auprès de la commission de recours amiable de cet organisme et la décision prise par cette commission se substitue à la décision initiale et est seule susceptible d'être contestée devant le juge administratif. Statuant sur un recours dirigé contre une telle décision, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient également, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.

En ce qui concerne les aides personnelles au logement :

8. En vertu des dispositions combinées des articles L. 812-1, L. 821-1, L. 823-9, L. 825-3, R. 825-2 et R. 825-3 du code de la construction et de l'habitation ainsi que des articles L. 553-2 et R. 142-1 du code de la sécurité sociale, les aides personnelles au logement sont liquidées et payées, pour le compte du fonds national d'aide au logement, c'est-à-dire au nom de l'État, par les organismes chargés de gérer les prestations familiales.

9. Lorsque l'un de ces organismes, sans remettre en cause, le cas échéant, des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aides personnelles au logement, la personne qui entend contester cette décision doit, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable auprès de la commission de recours amiable de cet organisme et la décision prise par le directeur de cet organisme, après avis de cette commission, se substitue à la décision initiale et est seule susceptible d'être contestée devant le juge administratif. Statuant sur un recours dirigé contre une telle décision, il appartient au juge, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.

En ce qui concerne l'aide exceptionnelle de fin d'année :

10. L'aide exceptionnelle instituée, au titre de l'année 2020, par le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole notamment pour les allocataires du revenu de solidarité active.

11. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 10, sans remettre en cause, le cas échéant, des versements déjà effectués, détermine le droit d'une personne à percevoir l'aide exceptionnelle de fin d'année, la personne qui en conteste le bien-fondé peut directement saisir le juge. Statuant sur un recours dirigé contre une telle décision, il appartient au juge, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.

En ce qui concerne l'aide exceptionnelle de solidarité :

12. L'aide exceptionnelle de solidarité instituée par le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020 est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole notamment pour les allocataires du revenu de solidarité active ou d'aides personnelles au logement.

13. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 10, sans remettre en cause, le cas échéant, des versements déjà effectués, détermine le droit d'une personne à percevoir l'aide exceptionnelle de fin d'année, la personne qui en conteste le bien-fondé peut directement saisir le juge. Statuant sur un recours dirigé contre une telle décision, il appartient au juge, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.

Sur la détermination du litige soumis par M. D :

14. A l'occasion d'un contrôle effectué en 2020, les services de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Côte-d'Or ont estimé que la situation de M. D, allocataire du RSA depuis janvier 2020 et bénéficiaire de la prime d'activité depuis 2016, présentait des irrégularités au regard de ses droits à ces prestations. Les 11 et 16 mars 2020, la CAF de la Côte-d'Or a décidé de récupérer des paiements indus de prime d'activité de 150,34 euros (IM3-5) et 45,44 euros (IM3-6) au titre des mois de janvier et février 2020. Le 24 juillet 2020, la CAF a ensuite décidé de récupérer des paiements indus de prime d'activité de 381,51 euros (IM3-7) au titre de la période d'octobre 2018 à juin 2020 et un paiement indu de revenu de solidarité active (RSA) de 438,49 euros (INK-1) au titre du mois de mars 2020. Le 3 avril 2020, M. D a formé un recours contre l'indu IM3-5. Les 16 et 21 septembre 2020, l'intéressé a ensuite contesté les indus IM3-6, IM3-7 et INK-1 et demandé à l'administration de lui reverser au moins 2 798,93 euros. Le 11 avril 2021, M. D a notamment demandé que lui soit accordé le droit de bénéficier du RSA au titre de la période allant du 1er octobre au 31 décembre 2020 et, pour la même période, que la CAF corrige ses droits à l'allocation de logement. Enfin, les 6, 16 et 17 août 2021, M. D a demandé la " régularisation " de ses " droits au RSA " au titre de la période de janvier à juin 2020, d'octobre à décembre 2020 et de juillet à septembre 2021. Ses différents recours ont été implicitement rejetés.

15. En premier lieu, M. D doit être regardé comme demandant au juge d'annuler les décisions rejetant implicitement les recours exercés concernant ses droits à bénéficier du RSA et de la prime d'activité et la modification de ses droits à l'allocation de logement et d'exercer à cet effet son office défini aux points 3, 6 et 9. En deuxième lieu, le requérant doit être regardé comme demandant l'annulation des décisions rejetant implicitement les recours formés contre les indus de RSA et de prime d'activité qui lui ont été réclamés au regard de son office défini aux points 4 et 7. En troisième lieu, M. D doit être regardé comme demandant au juge de déterminer ses droits à bénéficier de l'AEFA au titre de l'année 2020 et de l'AES et d'exercer son office défini aux points 11 et 13. En dernier lieu, le requérant demande la condamnation du département de la Côte-d'Or et de la CAF de la Côte-d'Or à lui verser respectivement des sommes de 200 euros et 500 euros à titre de " dommages et intérêts ".

Sur la fin de non-recevoir opposée par le département de la Côte-d'Or :

16. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête () contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ". L'article R. 772-6 du même code dispose : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / S'il y a lieu, le requérant est ainsi invité à régulariser sa requête dans le délai qui lui est imparti et dont le terme peut être fixé au-delà de l'expiration du délai de recours. Il est informé qu'à défaut de régularisation les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ".

17. Il ressort des écritures de M. D dans les dossiers nos 2101282 et 2103369 analysées, ci-dessus, dans les visas et au point 15 que le requérant a exposé de manière suffisamment motivée des moyens pour ce qui concerne les litiges de RSA et de prime d'activité. Dès lors, et sans qu'il ait été nécessaire, au cas d'espèce, de mettre en œuvre la procédure définie à l'article R. 772-6 du code de justice administrative, la fin de non-recevoir opposée par le département tirée de la méconnaissance de l'article R. 411-1 de ce code doit être écartée.

Sur les litiges relatifs à la prime d'activité :

En ce qui concerne les droits à la prime d'activité de M. D au titre de la période de janvier 2019 à juin 2020 :

S'agissant du droit applicable à la détermination des droits de M. D :

18. En premier lieu, aux termes de l'article L. 842-3 du code de la sécurité sociale : " La prime d'activité est égale à la différence entre : / 1° Un montant forfaitaire dont le niveau varie en fonction de la composition du foyer et du nombre d'enfants à charge, augmenté d'une fraction des revenus professionnels des membres du foyer, et qui peut faire l'objet d'une ou de plusieurs bonifications ; / 2° Les ressources du foyer, qui sont réputées être au moins égales au montant forfaitaire mentionné au 1°. / Les bonifications mentionnées au 1° sont établies pour chaque travailleur, membre du foyer, compte tenu de ses revenus professionnels. / Le montant forfaitaire, la fraction des revenus professionnels des membres du foyer, les modalités de calcul et le montant maximal des bonifications sont fixés par décret. / Le montant forfaitaire et le montant maximal de la bonification principale sont revalorisés le 1er avril de chaque année par application du coefficient mentionné à l'article L. 161-25. / Un décret détermine le montant minimal de la prime d'activité en dessous duquel celle-ci n'est pas versée ". Aux termes de l'article L. 842-4 du même code : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : / 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; / 2° Les revenus de remplacement des revenus professionnels () ". Aux termes de l'article L. 842-4 du même code : " Les ressources mentionnées à l'article L. 842-3 prises en compte pour le calcul de la prime d'activité sont : / 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu ; / 2° Les revenus de remplacement des revenus professionnels () ".

19. En deuxième lieu, selon le 1° de l'article R. 844-1 du même code, l'ensemble des revenus tirés d'une activité salariée ou non salariée ont le caractère de revenus professionnels ou en tiennent lieu. En vertu du 2° de l'article R. 844-2 du même code, les allocations versées aux travailleurs privés d'emploi ont le caractère de revenus de remplacement. La fraction des revenus professionnels a été fixée à 61% par l'article D. 843-3.

20. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 845-2 du code de la sécurité sociale : " Les revenus professionnels soumis à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux et des bénéfices non commerciaux s'entendent des bénéfices de l'avant-dernière année précédant celle au cours de laquelle le droit à l'allocation est examiné ou révisé, ou ceux de la dernière année s'ils sont connus, pourvu qu'ils correspondent à une année complète d'activité. / Les revenus professionnels pris en compte pour le calcul de la prime d'activité sont égaux au douzième des revenus annuels fixés en application de l'alinéa précédent. / Lorsque les bénéfices n'ont pas été imposés, ou ne correspondent pas à une année complète d'activité, les revenus professionnels sont calculés par l'organisme chargé du service de la prime d'activité en appliquant au tiers du montant du chiffre d'affaires ou du total des recettes du trimestre précédant l'examen ou la révision du droit, un abattement dont le taux correspond à celui qui est mentionné aux articles 50-0 et 102 ter du code général des impôts pour chaque catégorie d'activité mentionnée auxdits articles () ".

21. Le 1. de l'article 50-0 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige, prévoit notamment que les entreprises individuelles exerçant à titre principal une activité autre que celle consistant à vendre des marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place et dont le chiffre d'affaires annuel hors taxe est inférieur à 72 600 euros bénéficient du régime dit de " la micro-entreprise " et que, dans ce cas, leur résultat imposable est en principe égal au montant du chiffre d'affaires hors taxes réalisé diminué d'un abattement de 50 %. Cependant, en vertu du 4. du même article, ces entreprises " peuvent opter pour un régime réel d'imposition. Cette option doit être exercée avant le 1er février de la première année au titre de laquelle le contribuable souhaite bénéficier de ce régime. () En cas de création, l'option peut être exercée sur la déclaration visée au 1° du I de l'article 286. / L'option pour un régime réel d'imposition est valable un an et reconduite tacitement chaque année civile pour un an. Les entreprises qui désirent renoncer à leur option pour un régime réel d'imposition doivent notifier leur choix à l'administration avant le 1er février de l'année suivant la période pour laquelle l'option a été exercée ou reconduite tacitement ".

22. Il résulte des dispositions citées ou analysées aux points 20 et 21 que, quel que soit le régime d'imposition choisi, lorsqu'une entreprise individuelle a réalisé des bénéfices dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux qui correspondent à une année complète d'activité et qui ont été effectivement imposés à l'impôt sur le revenu, les revenus non-salariés qui sont pris en compte pour calculer le droit à obtenir la prime d'activité correspondent à une somme égale au douzième des bénéfices annuels réalisés l'année précédente ou, à défaut, de l'avant-dernière année. En revanche, lorsqu'une entreprise individuelle a réalisé des bénéfices qui n'ont pas été effectivement imposés à l'impôt sur le revenu, ou qui ne correspondent pas à une année complète d'activité, les revenus non-salariés qui sont pris en compte pour calculer le droit à obtenir la prime d'activité sont calculés en appliquant au tiers du montant du chiffre d'affaires du trimestre précédant l'examen ou la révision du droit à un abattement de 50%. Il en va ainsi même si l'entreprise individuelle a souscrit à l'option du régime réel d'imposition.

23. En quatrième lieu, en vertu des dispositions combinées du 1° de l'article R. 844-3 et du I de l'article R. 844-4 du code de la sécurité sociale, lorsque l'allocataire est un foyer composé d'une seule personne, les aides personnelles au logement sont incluses dans ses ressources dans la limite d'un forfait fixé à 12% du montant forfaitaire mentionné au 1° de l'article L. 842-3 -fixé à 551,51 euros à compter d'août 2018 puis à 553,16 euros à compter du 1er avril 2020-.

24. En cinquième lieu, aux termes de l'article D. 843-2 du code de la sécurité sociale : " Pour chaque travailleur au sein du foyer, la bonification mentionnée à l'article L. 842-3 est nulle lorsque ses revenus professionnels mensuels sont inférieurs ou égaux à 59 fois le montant du salaire minimum interprofessionnel de croissance mentionné à l'article L. 3231-2 du code du travail. Au-delà, elle croît linéairement avec leur augmentation jusqu'à ce que ces revenus atteignent 120 fois le montant du salaire minimum interprofessionnel de croissance. Elle atteint alors un montant maximum qui reste constant avec l'augmentation des revenus professionnels. / Le montant maximal de la bonification s'élève à 29,101 % du montant forfaitaire mentionné au 1° de l'article L. 842-3 applicable à un foyer composé d'une seule personne ". Le montant maximal de la bonification était fixé, au titre de l'ensemble de la période en litige, à 160,49 euros.

25. En dernier lieu, l'article R. 843-1 du code de la sécurité sociale prévoit notamment que le montant dû au foyer bénéficiaire de la prime d'activité est égal à la moyenne des primes calculées conformément à l'article L. 842-3 pour chacun des trois mois précédant l'examen ou le réexamen périodique du droit. Toutefois, conformément à l'article D. 846-2 du même code, lorsque le montant mensuel ainsi calculé est inférieur à 15 euros, la prime d'activité n'est pas versée.

S'agissant de la détermination des droits de M. D à la prime d'activité au titre des mois de janvier, février et mars 2019 :

26. Tout d'abord, il résulte de l'instruction, et en particulier des bulletins de salaire produits par l'intéressé au titre de cette période, que M. D a perçu des revenus salariés, incluant les " indemnités ou frais kilométriques " - qui constituaient en l'espèce des éléments de rémunération- et déduction faite du remboursement des frais de déplacement ou de transport -qui n'ont pas le caractère de revenus professionnels-, d'un montant de 1 256,22 euros, de 1 430,81 euros et de 974,21 euros au cours des mois d'octobre, novembre et décembre 2018.

27. Ensuite, il résulte de l'instruction, et en particulier de l'avis d'impôt 2019 sur les revenus 2018 produit par le requérant et de l'extrait de l'immatriculation principale au registre du commerce et des sociétés délivré le 30 janvier 2019, que l'entreprise individuelle que M. D avait créée en septembre 2015 et qui a cessé son activité en décembre 2018, est au nombre de celles mentionnées au point 21, bénéficiait du régime de la " micro-entreprise " et a réalisé, au cours de l'année 2018, des bénéfices industriels et commerciaux d'un montant, après un abattement de 50%, de 2 681 euros qui ont été imposés à l'impôt sur le revenu. Dès lors, les revenus non-salariés de l'intéressé se sont en moyenne élevés, pour cette période, à 223,42 euros par mois (2 681/12).

28. Par ailleurs, il résulte de l'instruction, et en particulier du document " historique paiements Pôle emploi ", que l'intéressé a perçu des revenus de remplacement d'un montant de 617,50 euros, 7,50 euros et 60 euros au cours des mois d'octobre, novembre et décembre 2018.

29. Enfin, il n'est pas contesté que M. D a perçu des aides personnelles au logement d'un montant de 50,25 euros mensuels au titre de cette période.

30. Dès lors, compte tenu du montant des bonifications auxquelles avait droit l'intéressé -respectivement fixées à 160,49 euros, 160,49 euros et 158,92 euros-, résultant de l'application aux revenus professionnels mentionnés aux points 26 et 27 de la règle définie au point 24, et de la méthode de calcul découlant du régime défini aux points 18 à 25, le montant de la prime d'activité de M. D était de 0 euro en octobre 2018, de 9,10 euros en novembre 2018 et de 133,11 euros en décembre 2018, soit un montant total de 142,21 euros brut et un montant net, déduction faite de la CRDS au taux de 0,5%, de 141,50 euros.

31. Il résulte de ce qui a été dit aux points 26 à 30 que les droits de M. D à la prime d'activité au titre de la période de janvier à mars 2019 s'élèvent à 47,17 euros mensuels (141,50/3).

S'agissant de la détermination des droits de M. D à la prime d'activité au titre des mois d'avril, mai et juin 2019 :

32. Tout d'abord, il résulte de l'instruction, et en particulier des bulletins de salaire produits par l'intéressé au titre de cette période, que M. D a perçu des revenus salariés, incluant les " indemnités ou frais kilométriques " -qui constituaient en l'espèce des éléments de rémunération- et déduction faite du remboursement des frais de déplacement ou de transport -qui n'ont pas le caractère de revenus professionnels-, d'un montant de 682,09 euros, de 669,72 euros et de 1 021,30 euros au cours des mois de janvier, février et mars 2019.

33. Ensuite, il résulte de l'instruction, et en particulier des documents " déclaration de modification d'activité " et " mémento fiscal ", que M. D a créé, le 18 février 2019, une nouvelle activité au titre de son entreprise individuelle -dont l'objet est " autres activités de poste et de courrier " et qui est au nombre de celles mentionnées au point 21- et a souscrit l'option au régime réel simplifié d'imposition. Il ressort des seules déclarations trimestrielles faites à la CAF, qui ne sont d'ailleurs pas corroborées par une déclaration du chiffre d'affaires, qu'au titre de cette nouvelle activité, l'entreprise individuelle de M. D n'a réalisé aucun chiffre d'affaires en janvier 2019 et que le chiffre d'affaires déclaré pour les mois de février et mars 2019 s'élève respectivement à 370 euros et 324 euros. Dès lors que, pour la période de référence, la nouvelle activité de l'entreprise individuelle de M. D ne correspondait pas à une année complète d'activité, les revenus non-salariés de l'intéressé, après l'abattement de 50% résultant de l'application de la règle analysée au point 22, se sont au maximum élevés, pour cette période, à 115,67 euros en moyenne par mois.

34. Par ailleurs, il résulte de l'instruction, et en particulier du document " paiement et retenues Pôle emploi ", que l'intéressé a perçu des revenus de remplacement d'un montant de 389,64 euros, 812,50 euros et 487,50 euros au cours des mois de janvier, février et mars 2019.

35. Enfin, il n'est pas contesté que M. D a perçu des aides personnelles au logement d'un montant de 50,25 euros mensuels au titre de cette période.

36. Dès lors, compte tenu du montant des bonifications auxquelles avait droit l'intéressé -respectivement fixées à 54,03 euros, 50,79 euros et 143,01 euros-, résultant de l'application aux revenus professionnels mentionnés aux points 32 et 33 de la règle définie au point 24, et de la méthode de calcul découlant du régime défini aux points 18 à 25, le montant de la prime d'activité de M. D était de 0 euro en janvier 2019, de 0 euro en février 2019 et de 0 euro en mars 2019.

37. Il résulte de ce qui a été dit aux points 32 à 36 que M. D n'a pas droit à la prime d'activité au titre de la période d'avril à juin 2019.

S'agissant de la détermination des droits de M. D à la prime d'activité au titre des mois de juillet, août et septembre 2019 :

38. Tout d'abord, il résulte de l'instruction, et en particulier des bulletins de salaire produits par l'intéressé au titre de cette période, que M. D a perçu des revenus salariés, incluant les " indemnités ou frais kilométriques " -qui constituaient en l'espèce des éléments de rémunération- et déduction faite du remboursement des frais de déplacement ou de transport -qui n'ont pas le caractère de revenus professionnels-, d'un montant de 709,61 euros, de 719,35 euros et de 670,48 euros au cours des mois d'avril, mai et juin 2019.

39. Ensuite, il résulte de l'instruction, et en particulier de la déclaration du chiffre d'affaires d'un montant de 2 263 euros que l'entreprise individuelle de M. D a réalisé au titre du 2ème trimestre 2019, que les revenus non-salariés de l'intéressé, après l'abattement de 50% résultant de l'application de la règle analysée au point 22 et de ce qui a été dit au point 33, se sont en moyenne élevés, pour cette période, à 377,17 euros par mois.

40. Par ailleurs, il résulte de l'instruction, et en particulier du document " paiement et retenues Pôle emploi ", que l'intéressé a perçu des revenus de remplacement d'un montant de 325 euros, 390 euros et 0 euro au cours des mois d'avril, mai et juin 2019.

41. Enfin, il n'est pas contesté que M. D a perçu des aides personnelles au logement d'un montant de 50,25 euros mensuels au titre de cette période.

42. Dès lors, compte tenu du montant des bonifications auxquelles avait droit l'intéressé -respectivement fixées à 129,85 euros, 132,40 euros et 119,58 euros-, résultant de l'application aux revenus professionnels mentionnés aux points 38 et 39 de la règle définie au point 24, et de la méthode de calcul découlant du régime défini aux points 18 à 25, le montant de la prime d'activité de M. D était de 0 euro en avril 2019, de 0 euro en mai 2019 et de 212,26 euros en juin 2019, soit un montant total de 212,26 euros brut et un montant net, déduction faite de la CRDS au taux de 0,5%, de 211,20 euros.

43. Il résulte de ce qui a été dit aux points 38 à 42 que les droits de M. D à la prime d'activité au titre de la période de juillet à septembre 2019 s'élèvent à 70,40 euros mensuels (211,2/3).

S'agissant de la détermination des droits de M. D à la prime d'activité au titre des mois d'octobre, novembre et décembre 2019 :

44. Tout d'abord, il résulte de l'instruction, et en particulier des déclarations trimestrielles effectuées par l'intéressé au titre de cette période, que M. D a perçu des revenus salariés d'un montant de 276 euros, de 276 euros et de 276 euros au cours des mois de juillet, août et septembre 2019.

45. Ensuite, il résulte de l'instruction, et en particulier de la déclaration du chiffre d'affaires d'un montant de 1 195 euros que l'entreprise individuelle de M. D a réalisé au titre du 3ème trimestre 2019, que les revenus non-salariés de l'intéressé, après l'abattement de 50% résultant de l'application de la règle analysée au point 22 et de ce qui a été dit au point 33, se sont en moyenne élevés, pour cette période, à 199,17 euros par mois.

46. Par ailleurs, il résulte de l'instruction, et en particulier du document " paiement et retenues Pôle emploi ", que l'intéressé a perçu des revenus de remplacement d'un montant de 454 euros, 458,08 euros et 647,12 euros au cours des mois de juillet, août et septembre 2019.

47. Enfin, il n'est pas contesté que M. D a perçu des aides personnelles au logement d'un montant de 50,25 euros mensuels au titre de cette période.

48. Dès lors, compte tenu du montant des bonifications auxquelles avait droit l'intéressé résultant de l'application aux revenus professionnels mentionnés aux points 44 et 45 de la règle définie au point 24 -qui étaient nulles pour l'ensemble de la période-, et de la méthode de calcul découlant du régime défini aux points 18 à 25, le montant de la prime d'activité de M. D était de 0 euro en juillet 2019, de 0 euro en août 2019 et de 0 euro en septembre 2019.

49. Il résulte de ce qui a été dit aux points 44 à 48 que M. D n'a pas droit à la prime d'activité au titre de la période d'octobre à décembre 2019.

S'agissant de la détermination des droits de M. D à la prime d'activité au titre des mois de janvier, février et mars 2020 :

50. Tout d'abord, il résulte de l'instruction, et en particulier des bulletins de salaire produits par l'intéressé au titre de cette période -incluant le bulletin de paie établi par M. E A d'un montant net à payer de 164,20 euros-, que M. D a perçu des revenus salariés, incluant les " indemnités ou frais kilométriques " -qui constituaient en l'espèce des éléments de rémunération- et déduction faite du remboursement des frais de déplacement ou de transport -qui n'ont pas le caractère de revenus professionnels-, d'un montant de 373,04 euros, de 513,62 euros et de 545,66 euros au cours des mois d'octobre, novembre et décembre 2019.

51. Ensuite, il résulte de l'instruction, et en particulier de la déclaration du chiffre d'affaires d'un montant de 2 616 euros que l'entreprise individuelle de M. D a réalisé au titre du 4ème trimestre 2019, que les revenus non-salariés de l'intéressé, après l'abattement de 50% résultant de l'application de la règle analysée au point 22 et de ce qui a été dit au point 33, se sont en moyenne élevés, pour cette période, à 436 euros par mois.

52. Par ailleurs, il résulte de l'instruction, et en particulier du document " paiement et retenues Pôle emploi ", que l'intéressé a perçu des revenus de remplacement d'un montant de 0 euro, 207,60 euros et 311,40 euros au cours des mois d'octobre, novembre et décembre 2019.

53. Enfin, il n'est pas contesté que M. D a perçu des aides personnelles au logement d'un montant de 51,25 euros mensuels au titre de cette période.

54. Dès lors, compte tenu du montant des bonifications auxquelles avait droit l'intéressé -respectivement fixées à 56,99 euros, 93,87 euros et 102,27 euros-, résultant de l'application aux revenus professionnels mentionnés aux points 50 et 51 de la règle définie au point 24, et de la méthode de calcul découlant du régime défini aux points 18 à 25, le montant de la prime d'activité de M. D était de 241,73 euros en octobre 2019, de 16,18 euros en novembre 2019 et de 0 euro en décembre 2019, soit un montant total de 257,90 euros brut et un montant net, déduction faite de la CRDS au taux de 0,5%, de 256,61 euros.

55. Il résulte de ce qui a été dit aux points 50 à 54 que les droits de M. D à la prime d'activité au titre de la période de janvier à mars 2020 s'élèvent 85,54 euros mensuels (256,61/3).

S'agissant de la détermination des droits de M. D à la prime d'activité au titre des mois d'avril, mai et juin 2020 :

56. Tout d'abord, il résulte de l'instruction, et en particulier des déclarations trimestrielles effectuées par l'intéressé et des bulletins de salaire produits par l'intéressé au titre de cette période, que M. D a perçu des revenus salariés, incluant les " indemnités ou frais kilométriques " -qui constituaient en l'espèce des éléments de rémunération- et déduction faite du remboursement des frais de déplacement ou de transport -qui n'ont pas le caractère de revenus professionnels-, d'un montant de 280 euros, de 134 euros et de 101 euros au cours des mois de janvier, février et mars 2020.

57. Ensuite, il résulte de l'instruction, et en particulier de la déclaration du chiffre d'affaires d'un montant de 767 euros que l'entreprise individuelle de M. D a réalisé au titre du 1er trimestre 2020, que les revenus non-salariés de l'intéressé, après l'abattement de 50% résultant de l'application de la règle analysée au point 22 et de ce qui a été dit au point 33, se sont en moyenne élevés, pour cette période, à 127,83 euros par mois.

58. Par ailleurs, il résulte de l'instruction, et en particulier du document " paiement et retenues Pôle emploi ", que l'intéressé a perçu des revenus de remplacement d'un montant de 254,80 euros, 591,27 euros et 684,45 euros au cours des mois de janvier, février et mars 2020.

59. Enfin, il résulte de l'instruction et n'est au demeurant pas contesté que M. D a perçu mensuellement des aides personnelles au logement supérieures au forfait mentionné au point 23 de sorte que le " forfait logement " applicable était en l'espèce fixé à 66,18 euros mensuel (551,51x12%) au titre de cette période.

60. Dès lors, compte tenu du montant des bonifications auxquelles avait droit l'intéressé résultant de l'application aux revenus professionnels mentionnés aux points 56 et 57 de la règle définie au point 24- qui étaient nulles pour l'ensemble de la période-, et de la méthode de calcul découlant du régime défini aux points 18 à 25, le montant de la prime d'activité de M. D était de 71,47 euros en janvier 2020, de 0 euro en février 2020 et de 0 euro en mars 2020, soit un montant total 71,47 euros brut et un montant net, déduction faite de la CRDS au taux de 0,5%, de 71,12 euros.

61. Il résulte de ce qui a été dit aux points 56 à 60 que les droits de M. D à la prime d'activité au titre de la période d'avril à juin 2020 s'élèvent 23,71 euros mensuels (71,12/3).

62. Il résulte de l'ensemble de ce qui a été dit aux points 18 à 61 que les droits de M. D à la prime d'activité au titre de l'ensemble de la période allant de janvier 2019 à juin 2020 s'élèvent à un montant total de 680,46 euros.

En ce qui concerne la détermination du montant de l'indu de prime d'activité de M. D au titre de la période de janvier 2019 à juin 2020 :

S'agissant de la détermination des sommes versées et retenues au titre de la période :

63. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et en particulier du document " paiement PPA " produit par la CAF de la Côte-d'Or, que M. D a initialement perçu une prime d'activité d'un montant de 126,44 euros au titre de janvier 2019, de 126,44 euros au titre de février 2019, de 126,44 euros au titre de mars 2019, de 97,89 euros au titre de janvier 2020, de 97,89 euros au titre de février 2020, de 89,44 euros au titre d'avril 2020, de 89,44 euros au titre de mai 2020 et de 89,44 au titre de juin 2020, soit un montant total de 843,42 euros pour l'ensemble de la période.

64. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, et en particulier du document " détail des mouvements comptables " produit par la CAF de la Côte-d'Or, que si l'indu IM3-5, d'un montant de 150,34 euros, a d'abord fait l'objet d'un remboursement par la voie d'une retenue de 49 euros effectuée sur une autre prestation en mai 2020 - reversée de manière exceptionnelle le 3 juin 2020-, puis de trois autres retenues de 49 euros, 59 euros et 42,34 euros les 25 juin 2020, 28 juillet 2020 et 26 août 2020, l'ensemble des retenues pratiquées lui a été remboursé le 7 janvier 2021 dans l'attente du nouveau calcul de ses droits et le compte de M. D a ainsi été crédité d'une somme de 150,34 euros.

65. En troisième lieu, il résulte de l'instruction, et en particulier du document " détail des mouvements comptables " produit par la CAF de la Côte-d'Or, que si l'indu IM3-6, d'un montant de 45,44 euros, a d'abord fait l'objet d'un remboursement par la voie de deux retenues de 16,66 euros et de 28,78 euros effectuées les 26 août et 23 septembre 2020, l'ensemble des retenues pratiquées lui a été remboursé le 1er février 2021 dans l'attente du nouveau calcul de ses droits et le compte de M. D a ainsi été crédité d'une somme de 45,44 euros.

66. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction, et en particulier du document " détail des mouvements comptables " produit par la CAF de la Côte-d'Or, que si l'indu IM3-7, d'un montant de 381,51 euros, a été initialement compensé en juillet 2020 à hauteur de 44,43 euros, aucune autre retenue n'a été effectuée par la suite et la somme de 44,43 euros lui a été remboursée le 1er février 2021 dans l'attente du nouveau calcul de ses droits et le compte de M. D a ainsi été crédité d'une somme de 44,43 euros.

67. En dernier lieu, il résulte de l'instruction, et en particulier des opérations de compensation effectuées le 20 septembre 2021, de l'ordonnance n° 2102819 du juge des référés du tribunal administratif de Dijon en date du 1er décembre 2021 et de la pièce n°48 produite par la CAF, que M. D a perçu, le 21 juin 2022, une somme globale de 301,96 euros correspondant à la prime d'activité que la CAF de la Côte-d'Or avait corrigée pour les mois de juillet 2019, août 2019 et mars 2020 (70,4 + 70,4 + 70,4 + 90,76).

68. Il résulte de l'ensemble de ce qui a été dit aux points 63 à 67 qu'à la date du présent jugement, la CAF de la Côte-d'Or a versé à M. D la somme de 1 145,38 euros (843,42 -150,34 +150,34 - 45,44 + 45,44 - 44,43 + 44,43 + 301,96 euros) au titre de la prime d'activité de la période en litige.

S'agissant de la détermination du montant de l'indu à la date du jugement :

69. Compte tenu des droits à la prime d'activité de M. D au titre de la période allant de janvier 2019 à juin 2020, fixés à 680,46 euros, le montant de l'indu de prime d'activité de l'intéressé au titre de cette même période s'élève, à la date du présent jugement, à 464,92 euros (1 145,38-680,46).

70. Il résulte de l'ensemble de ce qui a été dit aux points 18 à 69 que les décisions implicites de la CAF de la Côte-d'Or doivent seulement être réformées en ce qu'elles ont de contraire aux montants définis aux points 62 et 69.

Sur les litiges relatifs au RSA :

En ce qui concerne les droits au RSA de M. D au titre des périodes de janvier à juin 2020, d'octobre à décembre 2020 et de juillet à septembre 2021 :

S'agissant du droit applicable à la détermination des droits de M. D :

71. En premier lieu, en application des articles L. 262-2 et L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles et des décrets n° 2019-400 du 2 mai 2019, n° 2020-490 du 29 avril 2020 et n° 2021-530 du 29 avril 2021, le revenu de solidarité active est une allocation qui porte les ressources du foyer au niveau d'un montant forfaitaire fixé à 559,74 euros à compter des allocations dues entre avril 2019 et mars 2020, à 564,78 pour celles dues au titre d'avril 2020 à mars 2021 et à 565,34 euros à compter des allocations dues au titre du mois d'avril 2021.

72. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 262-6 du code de l'action sociale et des familles, pris pour l'application de l'article L. 262-3 du même code : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent () l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux ". Selon les 1° et 6° de l'article R. 262-12 du même code, l'ensemble des revenus tirés d'une activité salariée ou non salariée ainsi que les indemnités journalières de sécurité sociale, de base et complémentaires, perçues en cas d'incapacité physique médicalement constatée de continuer ou de reprendre le travail, d'accident du travail ou de maladie professionnelle pendant une durée qui ne peut excéder trois mois à compter de l'arrêt de travail ont le caractère de revenus professionnels ou en tiennent lieu.

73. En troisième lieu, l'article R. 262-7 du code de l'action sociale et des familles prévoit que : " I.- Le montant dû au foyer bénéficiaire du revenu de solidarité active est égal à la moyenne des montants intermédiaires calculés pour chacun des trois mois précédant l'examen ou le réexamen périodique du droit. / II.- Pour le calcul de l'allocation, les ressources du trimestre de référence prises en compte sont les suivantes : / 1° La moyenne mensuelle des ressources perçues au cours des trois mois précédant la demande ou la révision à l'exception de celles prévues aux 2° et 3° ; / 2° Le montant mensuel des prestations versées par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, sous réserve des dispositions des articles R. 262-10 et R. 262-11. Ces prestations sont intégralement affectées au mois de perception ; / 3° Le montant des ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou en tenant lieu mentionnées à l'article R. 262-12 présentant un caractère exceptionnel. Celles-ci sont intégralement affectées au mois de perception () ".

74. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 262-19 du code de l'action sociale et des familles : " Les bénéfices industriels et commerciaux et les bénéfices non commerciaux s'entendent des résultats ou bénéfices déterminés en fonction des régimes d'imposition applicables au titre de la pénultième année, ou ceux de la dernière année s'ils sont connus, pourvu qu'ils correspondent à une année complète d'activité. S'y ajoutent les amortissements et les plus-values professionnels. / Par dérogation à l'alinéa précédent, pour les travailleurs indépendants mentionnés à l'article L. 613-7 du code de la sécurité sociale et pour les travailleurs indépendants mentionnés à l'article L. 382-1 du même code bénéficiant du régime prévu à l'article 102 ter du code général des impôts, le calcul prévu à l'article R. 262-7 du présent code prend en compte le chiffre d'affaires réalisé au cours des trois mois précédant la demande d'allocation ou la révision en lui appliquant, selon les activités exercées, les taux d'abattement forfaitaires prévus aux articles 50-0 et 102 ter du code général des impôts. / Le calcul prévu à l'alinéa précédent est également applicable aux travailleurs indépendants qui en font la demande, dès lors que le chiffre d'affaires des douze derniers mois n'excède pas, selon la nature de l'activité exercée, les montants fixés aux articles 50-0 et 102 ter du code général des impôts, et sous réserve d'un accord du président du conseil départemental. / Cette demande peut être faite à tout moment et est valable pour les trimestres de l'année civile en cours dont le chiffre d'affaires trimestriel déclaré n'excède pas, selon la nature de l'activité exercée, le quart des montants fixés aux mêmes articles. Elle est tacitement reconduite sauf demande contraire du bénéficiaire. / Si le travailleur indépendant demande également le bénéfice de la prime d'activité, mentionnée à l'article L. 841-1 du code de la sécurité sociale, cette demande porte sur le même mode de calcul pour la détermination et le calcul du droit à la prime d'activité () ". Aux termes de l'article R. 262-21 du même code : " Pour l'appréciation des revenus professionnels définis aux articles R. 262-18 et R. 262-19 (), il est fait abstraction des déficits catégoriels et des moins-values subis au cours de l'année de référence ainsi que des déficits constatés au cours des années antérieures. / Ces revenus professionnels sont revalorisés en fonction du taux d'évolution en moyenne annuelle de l'indice général des prix à la consommation hors tabac entre l'année à laquelle ces revenus professionnels se rapportent et celle à laquelle est présentée la demande, tel que ce taux d'évolution figure dans le rapport économique et financier annexé au projet de loi de finances ". Aux termes de l'article R. 262-23 du même code : " Selon les modalités prévues aux articles R. 262-18 à R. 262-22, le président du conseil départemental arrête l'évaluation des revenus professionnels non salariés nécessaires au calcul du revenu de solidarité active. A cet effet, il tient compte, soit à son initiative, soit à la demande de l'intéressé, des éléments de toute nature relatifs aux revenus professionnels de l'intéressé ". L'article R. 262-24 de ce code dispose que : " En l'absence de déclaration ou d'imposition d'une ou plusieurs activités non salariées, le président du conseil départemental évalue le revenu au vu de l'ensemble des éléments d'appréciation fournis par le demandeur ".

75. D'une part, il résulte des dispositions citées ou analysées aux points 21, 73 et 74 et de l'économie générale du dispositif du RSA que, lorsqu'une entreprise individuelle qui a opté pour le régime réel d'imposition a réalisé des bénéfices dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux correspondant à une année complète d'activité et qui ont été imposés à l'impôt sur le revenu, ces bénéfices sont au nombre des ressources mentionnées au 1° de l'article R. 262-7 du code de l'action sociale et des familles. Pour évaluer le montant de ces ressources, il est ajouté aux bénéfices réalisés l'année précédente ou, à défaut, l'avant-dernière année, les amortissements et les plus-values professionnels éventuellement constatés ; il est ensuite fait application, le cas échéant, des correctifs mentionnés à l'article R. 262-21 ; enfin, le résultat ainsi obtenu est divisé par quatre pour obtenir une moyenne de ce type de ressources sur les trois mois précédant la demande. En revanche, lorsqu'une entreprise individuelle ayant souscrit l'option pour être soumise au régime réel d'imposition a réalisé des bénéfices qui ne correspondent pas à une année complète d'activité, la détermination de ses bénéfices ne peut être effectuée, pour procéder à l'évaluation des ressources mentionnées au 1° de l'article R. 262-7, qu'en appliquant au montant du chiffre d'affaires des trois mois précédant l'examen ou la révision du droit un abattement de 50% -pour les entreprises identifiées au point 21- sans appliquer les correctifs mentionnés à l'article R. 262-21.

76. D'autre part, il résulte des dispositions citées ou analysées aux points 21, 73 et 74 et de l'économie générale du dispositif du RSA que, lorsqu'une entreprise individuelle entre effectivement dans le champ d'application du régime de la " micro-entreprise " et n'a pas opté pour le régime réel d'imposition, les bénéfices qu'elle a réalisés, qu'ils correspondent, ou non, à une année complète d'activité, sont en principe toujours pris en compte, pour le calcul des ressources mentionnées au 1° de l'article R. 262-7 du code de l'action sociale et des familles, en appliquant au montant du chiffre d'affaires réalisé au cours des trois mois précédant l'examen ou la révision du droit un abattement de 50% -pour les entreprises identifiées au point 21- sans appliquer les correctifs mentionnés à l'article R. 262-21.

77. En cinquième lieu, il résulte des dispositions combinées des articles L. 132-1, L. 262-2, L. 262-3, L. 262-21, R. 132-1, R. 262-6 et R. 262-7 du code de l'action sociale et des familles que la valeur en capital des biens non productifs de revenus est considérée -à l'exclusion de ceux constituant l'habitation principale du demandeur- comme procurant un " revenu annuel " égal à 50% de leur valeur locative s'il s'agit d'immeubles bâtis, à 80% de cette valeur s'il s'agit de terrains non bâtis et à 3% du montant des capitaux. Ces placements non productifs de revenus sont pris en compte, chaque trimestre, prorata temporis, pour le calcul de la moyenne mensuelle des ressources perçues. En revanche, les intérêts produits par un placement financier doivent être intégralement pris en compte au titre des ressources du mois au cours duquel ils sont perçus, sans qu'il y ait lieu, pour les autres mois, de traiter le capital placé comme un bien non productif de revenus.

78. En dernier lieu, en vertu des dispositions combinées du 1° de l'article R. 262-9 et de l'article R. 262-10 du code de l'action sociale et des familles, lorsque l'allocataire est un foyer composé d'une seule personne, les aides personnelles au logement sont incluses dans ses ressources dans la limite d'un forfait fixé à 12% du montant forfaitaire mentionné à l'article L. 262-2 du même code.

S'agissant de la détermination des droits de M. D au RSA au titre des mois de janvier, février et mars 2020 :

79. Compte tenu de ce qui a été dit au point 33, l'entreprise individuelle de M. D, bien qu'ayant opté en faveur du régime réel simplifié d'imposition, n'avait pas encore réalisé une année complète d'activité en octobre, novembre et décembre 2019. Dans ces conditions, et conformément à ce qui a été dit aux points 50 à 53, les ressources, mentionnées au 1° du II de l'article R. 262-7 du code de l'action sociale et des familles -y compris l'allocation logement-, que M. D a perçues au cours des mois d'octobre, novembre et décembre 2019 se sont respectivement élevées, au minimum, à 860,29 euros, 1 208,47 euros et 1 344,31 euros et l'intéressé n'a perçu aucune des ressources définies aux 2° et 3° du II de l'article R. 262-7. La moyenne mensuelle des ressources de M. D -1 137,69 euros- étant supérieure au montant forfaitaire du RSA, indiqué au point 71, au titre de cette période, le requérant n'avait dès lors pas droit, compte tenu de la méthode de calcul découlant du régime défini aux points 71 à 78, au RSA au titre de la période de janvier à mars 2020.

S'agissant de la détermination des droits de M. D au RSA au titre des mois d'avril, mai et juin 2020 :

80. Compte tenu de ce qui a été dit au point 33, l'entreprise individuelle de M. D, bien qu'ayant opté en faveur du régime réel simplifié d'imposition, n'avait pas encore réalisé une année complète d'activité en janvier, février et mars 2020. Dans ces conditions, et compte tenu notamment de ce qui a été dit aux points 56 à 59 et au point 78, les ressources, mentionnées au 1° du II de l'article R. 262-7 du code de l'action sociale et des familles -y compris l'allocation logement-, que M. D a perçues au cours des mois de janvier, février et mars 2020 se sont au minimum respectivement élevées à 730,40 euros, 920,87 euros et 981,05 euros et l'intéressé n'a perçu aucune des ressources définies aux 2° et 3° du II de l'article R. 262-7. La moyenne mensuelle des ressources de M. D -877,44 euros- étant supérieure au montant forfaitaire du RSA, indiqué au point 71, au titre de cette période, le requérant n'avait dès lors pas droit, compte tenu de la méthode de calcul découlant du régime défini aux points 71 à 78, au RSA au titre de la période d'avril à juin 2020.

S'agissant de la détermination des droits de M. D au RSA au titre des mois d'octobre à décembre 2020 :

81. Tout d'abord, il résulte de l'instruction, et en particulier des bulletins de salaire produits par l'intéressé au titre de cette période, que M. D a perçu des revenus salariés, incluant les " indemnités ou frais kilométriques " -qui constituaient en l'espèce des éléments de rémunération- et déduction faite du remboursement des frais de déplacement ou de transport -qui n'ont pas le caractère de revenus professionnels ou même de ressources pris en compte pour le RSA-, d'un montant de 161,64 euros, de 336,61 euros et de 247,16 euros au cours des mois de juillet à septembre 2020.

82. Ensuite, l'entreprise individuelle de M. D avait réalisé une année complète d'activité lors de l'examen de la période de référence, en juillet, août et septembre 2020 et il résulte de l'instruction, et en particulier de l'avis d'impôt 2020 sur les revenus 2019 produit par le requérant, que les bénéfices réalisés se sont élevés à 1 euro en 2019. En application de ce qui a été dit au point 75, les ressources qui devaient être prises en compte au titre de la période de référence peuvent ainsi être évaluées à 0,25 euro.

83. Il résulte également de l'instruction, et en particulier du document " paiement et retenues Pôle emploi " et de la propre déclaration de ressources faites par l'intéressé à la CAF, que M. D a perçu des revenus de remplacement d'un montant de 0 euro, 200 euros et 0 euro au cours des mois de juillet, août et septembre 2020 et des indemnités journalières de 183,50 euros en juillet 2020.

84. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que l'" argent placé " que M. D a déclaré détenir pour un montant de 27 000 euros en 2020, correspond en réalité à un livret A, un livret d'épargne populaire (LEP), un livret grand format (LGF), un livret de développement durable et solidaire (LDD) et un plan d'épargne logement (PEL) -pour un montant total valorisé à 24 915,21 euros au 3 décembre 2020-, lesquels constituent bien des placements productifs d'intérêts et non des placements non productifs de revenus. Or si, le 31 décembre 2020, l'intéressé a perçu des intérêts -qui peuvent être évalués, en l'état de l'instruction, à environ 50 euros- sur ces différents placements, il n'a en revanche perçu aucun intérêt au cours des mois de juillet à septembre 2020. Dès lors, conformément à ce qui a été dit au point 77, les placements de capitaux de M. D ne devaient pas être pris en compte au titre de la période d'octobre à décembre 2020.

85. Enfin, il résulte de l'instruction et n'est au demeurant pas contesté que M. D a perçu mensuellement des aides personnelles au logement supérieures au forfait mentionné au point 78 de sorte que le " forfait logement " applicable était en l'espèce fixé à 67,77 euros mensuel (564,78x12%) au titre de cette période.

86. Il résulte de ce qui vient d'être dit aux points 81 à 85 que les ressources, mentionnées au 1° du II de l'article R. 262-7 du code de l'action sociale et des familles -y compris le " forfait logement "-, que M. D a perçues se sont respectivement élevées à 229,56 euros, 788,13 euros et 315,18 euros au cours des mois de juillet, août et septembre 2020 et que l'intéressé n'a perçu aucune des ressources définies aux 2° et 3° du II de l'article R. 262-7. La moyenne mensuelle des ressources de M. D -444,29 euros- étant inférieure au montant forfaitaire du RSA, indiqué au point 71, au titre de cette période, le requérant avait dès lors droit, compte tenu de la méthode de calcul découlant du régime défini aux points 71 à 78, à un RSA d'un montant mensuel de 120,49 euros (564,78-444,29) au titre de la période d'octobre à décembre 2020.

S'agissant de la détermination des droits de M. D au RSA au titre des mois de juillet à septembre 2021 :

87. Tout d'abord, il résulte de l'instruction, et en particulier des bulletins de salaire produits par l'intéressé au titre de cette période, que M. D a perçu des revenus salariés, incluant les " indemnités ou frais kilométriques " -qui constituaient en l'espèce des éléments de rémunération- et déduction faite du remboursement des frais de déplacement ou de transport -qui n'ont pas le caractère de revenus professionnels ou même de ressources pris en compte pour le RSA-, d'un montant de 562,83 euros, de 644,19 euros et de 292,49 euros au cours des mois d'avril à juin 2021.

88. Ensuite, l'entreprise individuelle de M. D avait réalisé une année complète d'activité lors de l'examen de la période de référence -en avril, mai et juin 2021- et il résulte de l'instruction, et en particulier de l'avis d'impôt 2021 sur les revenus 2020 produit par le requérant, que cette entreprise n'a pas réalisé de bénéfices en 2020. Les ressources qui devaient être prises en compte à ce titre étaient donc nulles.

89. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que l'" argent placé " que M. D a déclaré détenir pour un montant de 24 000 euros en 2021, correspond en réalité à un livret A, un LEP, un LGF, un LDD -pour un montant total valorisé à 22 984,28 euros au 4 octobre 2021- , lesquels constituent bien des placements productifs d'intérêts et non des placements non productifs de revenus. Or si, le 31 décembre 2021, l'intéressé a perçu des intérêts -qui peuvent être évalués à environ 146 euros- sur ces différents placements, il n'a en revanche perçu aucun intérêt au cours des mois d'avril à juin 2021. Dès lors, conformément à ce qui a été dit au point 77, les placements de capitaux de M. D ne devaient pas être pris en compte au titre de la période de juillet à septembre 2021.

90. Enfin, il résulte de l'instruction et n'est au demeurant pas contesté que M. D a perçu mensuellement des aides personnelles au logement supérieures au forfait mentionné au point 78 de sorte que le " forfait logement " applicable était en l'espèce fixé à 67,84 euros mensuel (565,34x12%) au titre de cette période.

91. Il résulte de ce qui vient d'être dit aux points 87 à 90 que les ressources, mentionnées au 1° du II de l'article R. 262-7 du code de l'action sociale et des familles -y compris le " forfait logement "-, que M. D a perçues se sont respectivement élevées à 562,83 euros, 644,19 euros et 292,49 euros au cours des mois d'avril, mai et juin 2021 et que l'intéressé n'a perçu aucune des ressources définies aux 2° et 3° du II de l'article R. 262-7. La moyenne mensuelle des ressources de M. D -499,84 euros- étant inférieure au montant forfaitaire du RSA, indiqué au point 71, au titre de cette période, le requérant avait dès lors droit, compte tenu de la méthode de calcul découlant du régime défini aux points 71 à 78, à un RSA d'un montant mensuel de 65,50 euros (565,34-499,84) au titre de la période de juillet à septembre 2021.

En ce qui concerne le litige relatif à l'indu de RSA de M. D au titre du mois de mars 2020 :

92. M. D, qui n'avait pas le droit de bénéficier du RSA au titre de la période de janvier à mars 2020, ainsi qu'il vient d'être dit au point 79, n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le président du conseil département de la Côte-d'Or a implicitement rejeté son recours dirigé contre la décision du 24 juillet 2020 par laquelle la CAF de la Côte-d'Or lui a notifié un indu de RSA de 438,49 euros (INK-1) au titre du mois de mars 2020.

93. Il résulte de l'ensemble de ce qui a été dit aux points 79 à 92 que M. D est seulement fondé à demander l'annulation des décisions par lesquelles le président du conseil départemental de la Côte-d'Or a implicitement rejeté ses recours relatifs à la détermination de ses droits au RSA au titre de la période allant du 1er octobre au 31 décembre 2020 et du 1er juillet au 30 septembre 2021 et à demander que ses droits au RSA au titre de ces deux périodes soient respectivement fixés à 120,49 euros et 65,50 euros mensuels.

Sur le litige relatif aux aides personnelles au logement :

94. Aux termes de l'article R. 822-17 du code de la construction et de l'habitation : " Lorsque le bénéficiaire ou son conjoint perçoit le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles, il n'est tenu compte ni des revenus d'activité professionnelle, ni des indemnités de chômage dont bénéficie l'intéressé, à compter du premier jour du mois civil suivant celui au cours duquel ces conditions sont réunies et jusqu'au dernier jour du mois civil au cours duquel ces conditions cessent d'être réunies ".

95. M. D, qui avait le droit de bénéficier du RSA au titre de la période du 1er octobre au 31 décembre 2020, ainsi qu'il vient d'être dit au point 86, est fondé à soutenir que c'est à tort que le directeur de la CAF de la Côte-d'Or n'a pas mis en œuvre le régime de neutralisation des ressources défini à l'article R. 822-17 du code de la construction et de l'habitation pour les allocations de logement dont il a bénéficié, à hauteur de 208 euros par mois, au titre de la période d'octobre à décembre 2020 et a implicitement rejeté son recours dirigé contre les décisions de la CAF lui accordant le bénéfice de ces allocations.

96. Il résulte de ce qui vient d'être dit ci-dessus que M. D est fondé à demander l'annulation de la décision rejetant implicitement son recours relatif à la détermination de ses droits à l'allocation de logement au titre de la période allant du 1er octobre au 31 décembre 2020 et à demander que ses droits à cette allocation, pour cette période, soient fixés à un montant calculé en appliquant les règles prévues à l'article R. 822-17 du code de la construction et de l'habitation.

97. Le tribunal n'étant pas en mesure de procéder directement à la détermination de ces droits, il y a lieu de renvoyer le requérant devant la CAF de la Côte-d'Or afin que celle-ci fixe les droits de l'intéressé à l'allocation de logement au titre de la période allant du 1er octobre au 31 décembre 2020 en appliquant les règles prévues à l'article R. 822-17 du code de la construction et de l'habitation.

Sur les litiges relatifs à la détermination des droits à l'AEFA au titre de l'année 2020 et à l'AES :

98. Si le requérant soutient que, compte tenu de ses droits au RSA, il a le droit de bénéficier de l'AEFA au titre de l'année 2020 et de l'AES, la CAF de la Côte-d'Or n'a cependant pris aucune décision concernant le droit, pour M. D, à bénéficier, ou non, de ces prestations. A la date du présent jugement, il n'existe donc aucun litige, né et actuel, concernant ces différentes aides. Les conclusions par lesquelles le requérant demande au juge de déterminer ses droits à l'AEFA et à l'AES et d'ordonner à la CAF de lui verser le montant de ces aides ne sont donc pas recevables et doivent être rejetées pour ce motif.

Sur la demande de compensation :

99. En application de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, l'organisme chargé du service de la prime d'activité peut notamment procéder au recouvrement de tout paiement indu de prime d'activité par des retenues sur les montants à échoir ou, à défaut, sur d'autres prestations sociales au nombre desquelles figure le revenu de solidarité active.

100. Il est vrai que, compte tenu des droits au RSA de M. D au titre des périodes du 1er octobre au 31 décembre 2020 et du 1er juillet au 30 septembre 2021, fixés globalement à 557,97 euros, et du montant de l'indu de RSA de l'intéressé au titre de la période de janvier à mars 2020, dont il résulte de l'instruction -et particulier des écritures de la CAF de la Côte-d'Or enregistrées le 21 février 2023, qui ne sont pas sérieusement contestées-, qu'il n'a pas été remboursé par l'intéressé à la date du présent jugement, M. D est fondé à soutenir qu'il a droit à une somme de 119,48 euros (557,97-438,49) au titre du RSA.

101. Toutefois, M. D ayant une dette de prime d'activité de 464,92 euros à la date du présent jugement, il reste loisible à la CAF de la Côte d'Or de compenser la dette de prime d'activité avec la créance de RSA et la créance d'aide personnelle au logement identifiée au point 96 et de demander à l'intéressé de procéder au remboursement de la différence en une seule fois, en plusieurs fois ou par la voie de retenues sur d'autres prestations sociales dont bénéficierait M. D à la date du présent jugement.

102. Il résulte de ce qui précède que la demande de compensation faite par le requérant doit être rejetée.

Sur les conclusions à fin de condamnation :

103. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".

104. M. D, qui n'a pas présenté de demande indemnitaire préalable tendant à la réparation d'un préjudice, ne justifie pas, à la date du présent jugement, que la CAF de la Côte-d'Or ou le département de la Côte-d'Or auraient pris une décision refusant de lui verser une somme d'argent à ce titre. Le requérant a ainsi méconnu les dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative. Les conclusions à fin de condamnation présentées par M. D ne sont dès lors pas recevables.

105. D'autre part, il ne résulte pas de l'instruction que les fautes qui ont pu être commises par la CAF de la Côte-d'Or ou le département de la Côte-d'Or dans la détermination des droits à la prime d'activité, au RSA et à l'allocation de logement et dans le calcul des indus de prime d'activité et de RSA seraient à l'origine directe et certaine des préjudices que M. D allègue avoir subis et dont la réalité n'est d'ailleurs pas établie.

106. Il résulte de ce qui a été dit aux points 103 à 105 que le requérant n'est ni recevable ni fondé à demander la condamnation de la CAF de la Côte-d'Or et du département de la Côte-d'Or à lui verser une somme d'argent. Ses conclusions à fin de condamnation doivent par suite être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

107. En demandant au tribunal, dans le dossier n° 2101282, de " condamner " la CAF de la Côte-d'Or " à payer à la SELARL Defosse Braye la somme de 1 500 euros HT à titre d'honoraires ", M. D doit être regardé comme demandant au juge de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

108. M. D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle dans le dossier n° 2101282. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il n'y a toutefois pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement au profit du conseil du requérant de la somme qu'il demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : Les droits à la prime d'activité de M. D sont fixés à 680,46 euros au titre de l'ensemble de la période allant du 1er janvier 2019 au 30 juin 2020.

Article 2 : Le montant de l'indu de prime d'activité perçu par M. D au titre de la période allant du 1er janvier 2019 au 30 juin 2020 est fixé à 464,92 euros.

Article 3 : Les décisions par lesquelles le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Côte-d'Or a implicitement rejeté les recours de M. D relatifs, d'une part, à la détermination de ses droits à la prime d'activité et, d'autre part, à la contestation du bien-fondé des indus de prime d'activité, au titre de la période du 1er janvier 2019 au 30 juin 2020, sont réformées en ce qu'elles ont de contraire aux articles 1er et 2.

Article 4 : Les décisions par lesquelles le président du conseil départemental de la Côte-d'Or a implicitement rejeté les recours de M. D relatifs à la détermination de ses droits au revenu de solidarité active au titre du 1er octobre au 31 décembre 2020 et du 1er juillet au 30 septembre 2021 sont annulées.

Article 5 : Les droits au revenu de solidarité active de M. D sont fixés à 120,49 euros mensuels au titre de la période allant du 1er octobre au 31 décembre 2020.

Article 6 : Les droits au revenu de solidarité active de M. D sont fixés à 65,50 euros mensuels au titre de la période allant du 1er juillet au 30 septembre 2021.

Article 7 : La décision par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de la Côte-d'Or a implicitement rejeté le recours de M. D relatif à la détermination de ses droits à l'allocation de logement au titre de la période du 1er octobre au 31 décembre 2020 est annulée.

Article 8 : Les droits à l'allocation de logement de M. D au titre de la période allant du 1er octobre au 31 décembre 2020 sont fixés à une somme calculée en tenant compte des modalités mentionnées au point 96 des motifs du présent jugement.

Article 9 : M. D est renvoyé devant la caisse d'allocations familiales de la Côte-d'Or pour le calcul de la somme mentionnée à l'article 8.

Article 10 : Les conclusions de M. D sont rejetées pour le surplus.

Article 11 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, au département de la Côte-d'Or, à la caisse d'allocations familiales de la Côte-d'Or et à Me Braye.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2023.

Le magistrat désigné,

L. CLa greffière,

A. Roussilhe

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier

Nos 2101282, 21033690

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