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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2101462

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2101462

mercredi 21 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2101462
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationCH 3 JU
Avocat requérantSCP AUDARD & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 mai 2021, M. A C, représenté par Me Audard, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 19 octobre 2020 par laquelle le président du conseil départemental de la Côte-d'Or a refusé de lui accorder le bénéfice du revenu de solidarité active (RSA) à compter de février 2020 ;

2°) d'enjoindre au président du conseil départemental de la Côte-d'Or de lui accorder le bénéfice du RSA à compter de février 2020.

M. C soutient qu'en refusant de lui accorder le bénéfice du RSA à compter de février 2020, le président du conseil départemental de la Côte-d'Or a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation.

Le 8 juin 2021, la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Côte-d'Or a présenté ses observations sur la requête.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2021, le département de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.

Le département soutient que le moyen invoqué par le requérant n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Boissy, président, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, M. B a lu son rapport et entendu les observations de Me Patrick Audard, substituant Me Morgane Audard, représentant M. C.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 262-1, L. 262-13, L. 262-16 et L. 262-25 du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active, qui a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'insertion sociale et professionnelle, est attribué par le président du conseil départemental ou, par délégation, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole, lesquelles en assurent également le service et le contrôle dans des conditions fixées par voie de convention.

2. Conformément aux articles L. 262-47 et R. 262-88 à R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles, la personne qui entend contester une décision statuant sur ses droits relatifs au revenu de solidarité active doit, avant de saisir le juge, former un recours préalable adressé au président du conseil départemental et la décision prise à la suite de ce recours préalable, qui se substitue à la décision initiale, est seule susceptible d'être contestée devant le juge administratif.

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à l'allocation de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette allocation qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.

4. M. C, ressortissant kosovar né en 1990 et entré sur le territoire français en janvier 2013, a obtenu le statut de réfugié par une décision prise le 28 février 2020 par l'Office de protection des réfugiés et apatrides. Le préfet de la Côte-d'Or lui a ensuite délivré, le 27 août 2020, une carte de résident valable jusqu'au 26 août 2030. M. C a parallèlement obtenu le bénéfice du RSA à compter d'août 2020. Le 25 août 2020, l'intéressé a exercé le recours mentionné au point 2 contre la décision lui accordant le bénéfice du RSA en tant que cette décision avait fixé l'ouverture de ses droits au 1er août 2020 et non au 1er février 2020. Par une décision du 19 octobre 2020, le président du conseil départemental de la Côte-d'Or a rejeté ce recours. M. C doit être regardé comme demandant au juge d'annuler cette décision du 19 octobre 2020 et d'exercer son office défini au point 3.

5. En application des dispositions combinées du 1° et du a) du 2° de l'article L. 262-4 et des articles L. 262-18 et R. 262-33 du code de l'action sociale et des familles, les réfugiés et les étrangers titulaires de la carte de résident qui sont âgés de plus de vingt-cinq ans peuvent bénéficier du revenu de solidarité active, s'ils remplissent les autres conditions légales pour l'obtenir, à compter du premier jour du mois civil au cours duquel ils ont déposé leur demande.

6. En premier lieu, il résulte de l'instruction et n'est d'ailleurs pas contesté que M. C n'a déposé sa demande de RSA que le 5 août 2020. Dès lors, en décidant de ne verser un RSA à l'intéressé qu'à compter du 1er août 2020, le président du conseil départemental de la Côte-d'Or n'a en tout état de cause commis aucune erreur de droit ou aucune erreur d'appréciation.

7. En second lieu, le requérant soutient que les services de la CAF de la Côte-d'Or, en mars 2020, lui ont précisé que la décision de l'OFPRA n'était pas suffisante pour présenter une demande de RSA et qu'il convenait d'attendre le récépissé de demande de titre de séjour portant la mention " réfugié ".

8. D'une part, cette information n'est pas au nombre de celles figurant sur la notice explicative du formulaire de demande de RSA produit en défense et le requérant n'a produit aucun élément sérieux de nature à établir que les informations orales qui lui auraient alors été données étaient erronées. D'autre part, la circonstance qu'une information erronée a pu être donnée par la CAF, à la supposer même établie, reste en tout état de cause sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.

9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au département de la Côte-d'Or.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales de la Côte-d'Or.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2022.

Le magistrat désigné,

L. BLa greffière,

A. Roussilhe

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier0

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