mardi 13 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2101935 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | C/M/S/ BUREAU FRANCIS LEFEBVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 19 juillet 2021, enregistrée le même jour au greffe du tribunal, le président de la septième chambre du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal la requête présentée par la société anonyme Pain d'épices Mulot et Petitjean.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Montreuil le 29 juin 2021, et un mémoire, enregistré le 9 février 2022, la société anonyme Pain d'épices Mulot et Petitjean, représentée par la société d'exercice libéral à forme anonyme CMS Francis Lefebvre Avocats, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018 et 2019 dans les rôles de la commune de Dijon, à concurrence de, respectivement, 16 299 et 16 654 euros ;
2°) de prononcer la réduction de la cotisation primitive de taxe foncière sur les propriétés bâties, à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020 dans les rôles de la commune de Dijon, à concurrence d'une somme de 16 876 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les immobilisations désignées par les numéros 333, 334 et 335, relatives à la rénovation de la toiture d'origine de son bâtiment, ne doivent pas donner lieu à calcul de complément de valeur locative, dès lors que les agencements correspondants ont remplacé des immobilisations antérieures et constituent, ce faisant des non-valeurs, au sens du paragraphe n° 230 la documentation administrative référencée BOI-IF-TFB-20-20-10-20 du 23 décembre 2014, invoquée au titre de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales ;
- l'immobilisation désignée par le numéro 386 sous l'intitulé " électricité " correspond, à hauteur de 50 %, à l'alimentation électrique des outils de production et des lignes de câblage informatique, plus précisément des installations de température dirigée des chambres de l'atelier de production, et doit être, dans cette mesure exonérée de taxe foncière en vertu du 11° de l'article 1382 du code général des impôts ;
- l'immobilisation désignée par le numéro 391 sous l'intitulé " froid " participe au système de température dirigée du site de production et d'expédition et s'intègre au processus de production, en ce qu'il permet d'assurer la conservation des pâtes crues et des préparations cuites, et constitue, ce faisant, un bien d'équipement spécialisé au sens du 11° de l'article 1382 du code général des impôts.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 octobre 2021, l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction de contrôle fiscal Centre-Est conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée le 29 octobre 2021 au directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or, qui n'a pas présenté de mémoire en défense.
Les parties ont été informées par une lettre du 14 mars 2022 que cette affaire était susceptible, à compter du 18 avril 2022, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée au 10 mai 2022 par ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B A,
- et les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un contrôle de ses bases d'imposition à la taxe foncière sur les propriétés bâties, l'administration fiscale a proposé à la société anonyme (SA) Pain d'épices Mulot et Petitjean, un rehaussement de ces bases au titre des années 2018, 2019 et des années suivantes. Les impositions supplémentaires en résultant ont été mises en recouvrement le 31 décembre 2019, s'agissant des années 2018 et 2019. Par une décision explicite du 26 avril 2021, l'administration fiscale a partiellement admis la réclamation contentieuse du 29 octobre 2020 de la société. La SA Pain d'épices Mulot et Petitjean demande au tribunal de prononcer la réduction, s'agissant des années 2018 et 2019, des cotisations supplémentaires, et s'agissant de l'année 2020, de la cotisation primitive de taxe foncière sur les propriétés bâties, auxquelles elle a été assujettie dans les rôles de la commune de Dijon.
Sur les conclusions à fin de réduction :
2. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement à l'impôt ou, le cas échéant, s'il remplit les conditions légales d'une exonération.
3. Aux termes du premier alinéa de l'article 1499 du code général des impôts : " La valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est déterminée en appliquant au prix de revient de leurs différents éléments, revalorisé à l'aide des coefficients qui avaient été prévus pour la révision des bilans, des taux d'intérêt fixés par décret en Conseil d'Etat. ". Aux termes du premier alinéa du 1 du I de l'article 1517 du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " Il est procédé, annuellement, à la constatation des constructions nouvelles et des changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties ainsi qu'à la constatation des changements d'utilisation des locaux mentionnés au I de l'article 1498 (). Il en va de même pour les changements de caractéristiques physiques ou d'environnement. ". Il résulte de ces dispositions que les changements de caractéristiques physiques ou d'environnement des propriétés bâties doivent être pris en compte pour la mise à jour de la valeur locative.
4. Les travaux constituant des changements de caractéristiques physiques au sens de ces dispositions sont des travaux qui, eu égard à leur nature et à leur importance affectent la structure même et la consistance de la construction et ont pour effet de modifier, à la hausse ou à la baisse, la valeur locative du local. Ils sont le plus souvent consécutifs à l'exécution dans l'immeuble ou le local de travaux importants hors de proportion avec les travaux d'entretien normaux qui incombent au propriétaire. S'agissant des établissements industriels, les immobilisations sont évaluées à partir du prix de revient tel qu'il doit figurer en comptabilité. La valeur locative des locaux affectés par un changement de caractéristiques physiques est déterminée en tenant compte des incidences que ce changement a sur le montant de leur évaluation.
5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que, dans le cadre d'un projet plus global de " développement et de mise aux normes de l'unité de production de pain d'épices ", la société requérante a passé un marché de maîtrise d'œuvre et déposé une demande de permis de construire et que les travaux de réfection ont consisté en la dépose complète et la destruction de l'ensemble de la toiture en tuiles et de la charpente en bois des " ateliers principaux " et des " bureaux ", la réfection complète de la zinguerie, la reconstruction d'une charpente de même nature et d'un écran de sous-toiture, et enfin la pose d'une nouvelle toiture en tuiles et d'une couverture en verrière polycarbonate d'une surface de 330 mètres carrés pour créer un puits de lumière. En se bornant à alléguer, sans en apporter les éléments justificatifs qu'elle est seule à même de produire, que les travaux ont été limités au remplacement à l'identique de la toiture préexistante, alors qu'il ne résulte pas de l'instruction notamment que l'ancienne toiture aurait comporté un écran de sous-toiture et une couverture en verrière permettant un puits de lumière, la SA Pain d'épices Mulot et Petitjean n'établit pas que les travaux en litige auraient constitué des travaux d'entretien normaux de la toiture. En outre, la société requérante ne conteste pas l'affirmation de l'administration fiscale selon laquelle celle-ci aurait distrait de la base assujettie à la taxe foncière le montant des installations identifiables comme relatives à l'ancienne toiture et minoré la valeur globale du bâtiment historique pour tenir compte des immobilisations non identifiées de manière distincte à l'intérieur de ce montant. Dès lors, eu égard à leur nature, à leur ampleur et à leur coût, ces travaux ne constituent pas des travaux d'entretien normaux de la toiture, mais des travaux affectant la structure et la consistance de la construction. Par suite, le moyen soulevé doit être écarté sur le terrain de l'application de la loi fiscale.
6. En deuxième lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente. Sont également opposables à l'administration, dans les mêmes conditions, les instructions ou circulaires publiées relatives au recouvrement de l'impôt et aux pénalités fiscales. ".
7. La société requérante entend se prévaloir, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, du paragraphe n° 230 de la documentation administrative référencée BOI-IF-TFB-20-20-10-20 aux termes duquel : " Les changements de caractéristiques physiques ne sont pris en compte que lorsqu'ils ont une incidence sur le prix de revient comptable des immobilisations, c'est-à-dire, en fait, lorsqu'ils revêtent le caractère de grosses réparations amortissables ou d'installations ou d'agencements nouveaux. / Il est cependant admis que le complément de valeur locative résultant des changements du premier type (grosses réparations) ne soit pas calculé sur la base de la valeur d'immobilisation ajoutée au bilan à l'issue des travaux mais sur une base inférieure tenant compte du fait que ces derniers ne créent pas une immobilisation nouvelle mais confortent seulement une immobilisation ancienne. Ainsi, si les travaux de réparation considérés n'apportent aucune amélioration à l'établissement, il n'y a pas lieu de calculer de complément de valeur locative. ".
8. Eu égard à ce qui a été énoncé au point 5 du présent jugement, il résulte de l'instruction que les travaux litigieux ne constituent ni des grosses réparations, au sens du paragraphe précité ni de simples travaux de confortation d'une immobilisation ancienne, mais des travaux apportant une amélioration à l'établissement. Dès lors, la société requérante n'entrant pas dans le champ de la doctrine fiscale précitée, elle n'est pas fondée à s'en prévaloir sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales. Le moyen soulevé doit également être écarté sur le terrain de l'interprétation administrative de la loi fiscale.
9. En troisième lieu, l'article 1380 du code général des impôts dispose : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. ". Selon les trois premiers alinéas de l'article 1381 du même code : " Sont également soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties : / 1° Les installations destinées à abriter des personnes ou des biens ou à stocker des produits ainsi que les ouvrages en maçonnerie présentant le caractère de véritables constructions tels que, notamment, les cheminées d'usine, les réfrigérants atmosphériques, les formes de radoub, les ouvrages servant de support aux moyens matériels d'exploitation ; / 2° Les ouvrages d'art et les voies de communication ". Selon l'article 1382 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable aux impositions en litige : " Sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties : / () 11° Les outillages et autres installations et moyens matériels d'exploitation des établissements industriels à l'exclusion de ceux visés aux 1° et 2° de l'article 1381 ; () ". Aux termes du premier alinéa de l'article 1495 de ce code : " Chaque propriété ou fraction de propriété est appréciée d'après sa consistance, son affectation, sa situation et son état, à la date de l'évaluation. ". Enfin, aux termes du II de l'article 324 B de l'annexe III au même code : " Pour l'appréciation de la consistance il est tenu compte de tous les travaux équipements ou éléments d'équipement existant au jour de l'évaluation. ".
10. Pour apprécier, en application de l'article 1495 du code général des impôts et de l'article 324 B de son annexe III, la consistance des propriétés qui entrent, en vertu de ses articles 1380 et 1381, dans le champ de la taxe foncière sur les propriétés bâties, il est tenu compte, non seulement de tous les éléments d'assiette mentionnés par ces deux derniers articles mais également des biens faisant corps avec eux. Sont toutefois exonérés de cette taxe, en application du 11° de l'article 1382 du même code, ceux de ces biens qui font partie des outillages, autres installations et moyens matériels d'exploitation d'un établissement industriel, c'est-à-dire ceux de ces biens qui relèvent d'un établissement qualifié d'industriel au sens de l'article 1499, qui sont spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un tel établissement et qui ne sont pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381.
11. La SA Pain d'épices Mulot et Petitjean demande que soit exonérée, en application du 11° de l'article 1382 du code général des impôts, une liste d'installations et de matériels électriques constituant une partie d'un marché relatif aux travaux d'électricité, passé lui-même dans le cadre du projet d'extension et de réaménagement du site de production de l'entreprise. Elle soutient que les matériels et installations qu'elle identifie sont destinés, pour partie, à l'alimentation d'outils de production et de lignes de câblage informatique, et plus spécifiquement des installations de température dirigée dans les chambres de l'atelier de production.
12. Il résulte effectivement de l'instruction, et notamment de la liste complète des matériels et équipements composant l'immobilisation n° 386 que ceux référencés sous l'intitulé " Poste de transformation et comptage ", lui-même composé d'un transformateur à huile, d'une batterie de condensateurs et des accessoires nécessaires à leur fonctionnement ne peuvent, eu égard à leur nature même, qu'être considérés comme spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un établissement industriel et ne sont pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381. Au contraire, par la seule production de leur intitulé, en l'absence de toute description précise de ces matériels, de leur usage et de leur lieu d'implantation ou de leurs photographies, éléments qu'elle est seule à pouvoir produire à l'instance, la société requérante n'établit pas, en tout état de cause, que les autres éléments, à savoir des alimentations, prises, câbles, baies, coffrets, ventilations et éclairages de sécurité seraient spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un tel établissement. Dès lors, la SA Pain d'épices Mulot et Petitjean est seulement fondée, s'agissant de l'immobilisation n° 386 à demander l'exonération de la partie de ces installations relative à la création d'un poste de transformation, pour un prix de revient de 30 695,36 euros.
13. En quatrième lieu, la SA Pain d'épices Mulot et Petitjean n'établit, par la seule production de la facture de matériels de production de froid correspondant à l'immobilisation n° 391, sans produire notamment ni photos ni descriptifs techniques précis, eu égard à l'imprécision des seuls libellés fournis, que ces biens et matériels seraient spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un établissement industriel.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la SA Pain d'épices Mulot et Petitjean est seulement fondée à demander la réduction des cotisations supplémentaires de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2018 et 2019, et de la cotisation primitive de cette même taxe au titre de l'année 2020, mises à sa charge dans les rôles de la commune de Dijon, à raison de l'exclusion d'un montant en base de 30 695,36 euros, correspondant au prix de revient d'équipements électriques exonérés. Le surplus de ses conclusions à fin de réduction doit en revanche être rejeté.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
15. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la SA Pain d'épices Mulot et Petitjean présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les bases d'imposition à la taxe foncière sur les propriétés bâties de la SA Pain d'épices Mulot et Petitjean pour les années 2018, 2019 et 2020 sont fixées en excluant la part de l'immobilisation n° 386, correspondant à un poste de transformation, d'un prix de revient global de 30 695,36 euros.
Article 2 : La SA Pain d'épices Mulot et Petitjean est déchargée de la fraction des cotisations supplémentaires de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018 et 2019, dans les rôles de la commune de Dijon, résultant de la réduction des bases d'imposition prononcée à l'article premier du présent jugement.
Article 3 : La SA Pain d'épices Mulot et Petitjean est déchargée de la fraction de la cotisation primitive de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020, dans les rôles de la commune de Dijon, résultant de la réduction des bases d'imposition prononcée à l'article premier du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de la SA Pain d'épices Mulot et Petitjean est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société anonyme Pain d'épices Mulot et Petitjean, à l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction de contrôle fiscal Centre-Est et au directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Zupan, président,
M. Hugez, premier conseiller,
Mme Hascoët, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2022.
Le rapporteur,
I. A
Le président,
D. Zupan
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026