mardi 24 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2101958 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | NERAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juillet 2021 et un mémoire enregistré le 23 mai 2022, M. A B, conteste la décision de l'université de Bourgogne de non renouvellement de son contrat à durée déterminée et demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de condamner l'université à lui verser la somme de 37 536 euros à titre de dommages et intérêts.
Il soutient que cette décision est basée sur des mensonges à répétition et des discriminations, et qu'il a subi un harcèlement moral qui lui a causé un préjudice lié à la perte de perspectives professionnelles, pour lequel il souhaite être indemnisé.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 15 décembre 2021 et le 16 mai 2022, l'université de Bourgogne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les conclusions indemnitaires sont irrecevables, faute de demande préalable et à titre subsidiaire, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a été recruté sur un poste de " gestionnaire budget " par l'université de Bourgogne, par contrat à durée déterminée du 6 juin 2017 au 31 juillet 2018, renouvelé par avenants successifs d'une durée d'un an jusqu'au 31 août 2021 ; par décision du 20 mai 2021, l'université de Bourgogne l'a informé de sa décision de ne pas renouveler ce contrat. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de cette décision et la condamnation de l'université de Bourgogne à réparer les préjudices qui en ont résulté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie ni d'un droit au renouvellement de son contrat ni, à plus forte raison, d'un droit au maintien de ses clauses si l'administration envisage de procéder à son renouvellement. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler ou de proposer à l'agent, sans son accord, un nouveau contrat substantiellement différent du précédent, que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent. Dès lors qu'elles sont de nature à caractériser un intérêt du service justifiant le non renouvellement du contrat, la circonstance que des considérations relatives à la personne de l'agent soient par ailleurs susceptibles de justifier une sanction disciplinaire ne fait pas obstacle, par elle-même, à ce qu'une décision de non renouvellement du contrat soit légalement prise, pourvu que l'intéressé ait alors été mis à même de faire valoir ses observations.
3. En l'espèce, il n'est pas contesté que M. B a bénéficié d'un entretien préalable le 19 mai 2021, au cours duquel lui ont été présentés les motifs du non renouvellement de son contrat, à savoir une intégration insuffisante dans l'équipe et des rapports trop distants avec son supérieur hiérarchique direct, des difficultés relationnelles, une " faute grave " en janvier 2021 et l'absence de poste à pérenniser dans le service.
4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B aurait entretenu de mauvaises relations avec ses collègues de travail ni, eu égard notamment aux explications précises et détaillées de l'intéressé s'agissant du concours de circonstances qui a entrainé un dysfonctionnement d'un logiciel, qu'une faute de nature disciplinaire d'un degré de gravité suffisant pour justifier le non renouvellement de son contrat pourrait lui être reprochée.
5. Pour autant, il ressort des pièces du dossier, notamment des comptes-rendus d'entretien professionnels pour 2018/2019 et 2019/2020, ainsi que de l'attestation établie par les responsables du service dans lequel travaillait M. B, que des difficultés de communication sont apparues avec ces derniers, en raison d'initiatives prises par l'intéressé, notamment pour obtenir l'extension de ses droits d'accès à un logiciel, sans solliciter l'autorisation préalable de sa hiérarchie. Si
M. B donne des explications sur les raisons qui l'ont amené à prendre ces initiatives, il n'en demeure pas moins qu'elles ont entrainé une perte de confiance de la part de ses supérieurs hiérarchiques directs, et qu'elles ont été de nature à perturber le bon fonctionnement du service.
6. Si M. B reproche de son côté à son chef de service et à sa directrice un comportement et des propos inappropriés, une volonté discriminatoire et des actes ou des remarques révélant un harcèlement moral, ses allégations reposent sur ses seules écritures, et ne sont assorties d'aucun élément de nature à les corroborer. En outre, les propos et attitudes qu'il dénonce ne révèlent ni discrimination ni harcèlement, qu'il s'agisse du refus de lui accorder un cinquième jour de télétravail, en l'absence de production de sa part d'éléments médicaux précis concernant son degré de vulnérabilité lors de la pandémie, des remarques au sujet de sa religion, qui apparaissent dénuées d'intention malveillante, ou enfin de ses conditions de travail pour lesquelles il n'établit pas avoir formulé de demande précise.
7. Par suite, à supposer que le motif tiré de l'évolution de la politique de recrutement de contractuels au sein du service ne soit pas suffisant à justifier la décision en litige, M. B n'est pas fondé à soutenir que le non renouvellement de son contrat de travail en raison des difficultés de fonctionnement liées à son manque de communication avec sa hiérarchie directe, reposerait sur un motif étranger à l'intérêt du service. Il résulte de l'instruction que l'université de Bourgogne aurait pris la même décision si elle s'était fondée sur ce seul motif.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation présentées par
M. B doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
9. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. (). ".
10. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B ait, préalablement à sa requête, formé une demande préalable auprès de l'université de Bourgogne. Ses conclusions indemnitaires sont par suite irrecevables. En outre, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, il ne ressort des pièces du dossier, ni que la décision de ne pas renouveler son contrat serait fondée sur un motif étranger à l'intérêt du service, ni qu'il aurait été victime d'une situation de discrimination ou de harcèlement susceptible de lui ouvrir droit à indemnisation.
11. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'université de Bourgogne.
Délibéré après l'audience du 12 janvier 2023 à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Océane Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2023.
La rapporteure,
M-E C
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026