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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2102020

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2102020

mardi 13 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2102020
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantLAPEYRE & MAREK AVOCATS ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2021, M. B D, représenté par la société d'exercice libéral par actions simplifiée Lapeyre et Marek Avocats associés, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de la cotisation primitive d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2016, d'un montant en droits et pénalités de 11 492 euros ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu'il a fait l'objet d'une procédure de taxation d'office irrégulière, dès lors que celle-ci repose sur une absence de déclaration de revenus au titre de l'année 2016, alors qu'il a effectivement souscrit une déclaration de revenus et qu'il a été destinataire d'un avis d'imposition établi le 18 juillet 2017.

Par un mémoire, enregistré le 20 décembre 2021, M. B D, représenté par la société d'exercice libéral par actions simplifiée Lapeyre et Marek Avocats associés, demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation primitive d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2016, à concurrence de la prise en compte d'un montant de pensions déductibles de ses revenus de 23 000 euros.

Il soutient que :

- il abandonne le moyen soulevé dans sa requête introductive ;

- il demande la prise en compte d'une charge de 23 000 euros, correspondant au montant des pensions alimentaires versées à son épouse, en vertu d'une ordonnance de non-conciliation en date du 21 mai 2014, du juge aux affaires familiales près le tribunal de grande instance de Vesoul ;

- il est fondé à se prévaloir des paragraphes n° 50 et 60 de la documentation administrative référencée BOI-IR-BASE-20-30-20-40.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 24 novembre 2021 et 20 janvier 2022, le directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées par une lettre du 25 novembre 2021 que cette affaire était susceptible, à compter du 27 décembre 2021, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.

La clôture de l'instruction a été fixée au 25 février 2022 par ordonnance du même jour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C A,

- et les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. B D a fait l'objet d'une procédure de taxation d'office à l'impôt sur le revenu de ses revenus de l'année 2016, qui lui a été notifiée par une proposition de rectification du 3 avril 2019. La cotisation primitive en résultant a été mise en recouvrement le 31 décembre 2019 pour un montant de 11 492 euros en droits et pénalités. M. D a adressé trois réclamations contentieuses successives à l'administration fiscale, en date des 20 novembre et 11 décembre 2020, et, en dernier lieu, du 26 février 2021. Cette dernière a donné lieu à une décision explicite de rejet du 31 mai 2021. Par sa requête, M. D demande au tribunal, en l'état de ses dernières écritures, de prononcer la réduction de la cotisation primitive d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2016.

Sur les conclusions aux fins de décharge et de réduction :

En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition et la charge de la preuve :

2. Par un mémoire, enregistré le 20 décembre 2021, M. D a déclaré renoncer au moyen tiré de l'irrégularité de la procédure de taxation d'office, soulevé initialement dans la requête introductive du 30 juillet 2021. Dès lors, il n'y a plus lieu pour le tribunal d'examiner ce moyen.

3. Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. ". Dès lors que M. D ne conteste plus la régularité de la procédure d'imposition d'office dont il a fait l'objet, la charge de la preuve de l'exagération de l'imposition sur le revenu au titre de l'année 2016 dont il a fait l'objet lui incombe.

En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition en litige :

4. En premier lieu, en vertu des dispositions du 2° du II de l'article 156 du code général des impôts, l'impôt sur le revenu est établi d'après le montant total du revenu net annuel dont dispose chaque foyer fiscal, revenu déterminé en tenant compte des pensions alimentaires versées ou au contraire perçues, dans les conditions fixées par les articles 205 à 211, 367 et 767 du code civil. Les sommes que l'époux est condamné à verser pour assurer l'entretien de son conjoint et de ses enfants pendant la durée de l'instance de divorce et qu'il verse effectivement doivent être regardées comme des pensions alimentaires versées à un époux en instance de divorce, en exécution d'une décision de justice, au sens des dispositions précitées du 2° du II de l'article 156 du code général des impôts. Ces sommes sont déductibles du revenu imposable.

5. Si M. D sollicite la prise en compte de charges d'un montant de 23 000 euros au sens du II de l'article 156 du code général des impôts, pour la détermination de son revenu imposable au titre de l'année 2016, correspondant aux pensions qu'il est tenu de verser à son épouse, tant au titre du devoir de secours à l'égard de son ancienne épouse que de la contribution à l'entretien et à l'éducation de leur enfant, à l'époque mineur, il n'établit pas avoir effectivement versé une telle somme au titre de l'année 2016. Par suite, le moyen soulevé doit être écarté.

6. En deuxième lieu, M. D n'est, en tout état de cause, pas fondé à se prévaloir, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des paragraphes n° 50 et 60 de la documentation administrative référencée BOI-IR-BASE-20-30-20-40, qui ne donnent pas une interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il a été fait application dans le présent jugement.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. D tendant à la décharge ou à la réduction de la cotisation primitive d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2016, et des pénalités correspondantes, doivent être rejetées.

Sur l'amende pour recours abusif :

8. Aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros. ".

9. Il résulte de l'instruction que, pour contester la procédure d'imposition d'office dont il a fait l'objet, M. D a produit un avis d'imposition dont les mentions internes sont incohérentes entre elles et dont l'administration doit être regardée, compte tenu des constats factuels qu'elle énumère à l'instance, et en l'absence de toute contestation sur ce point de M. D, comme établissant qu'il constitue un faux. Pour le surplus, l'unique moyen présenté par M. D dans la présente instance est dépourvu de tout élément de preuve du paiement effectif des sommes alléguées. Dans les circonstances de l'espèce, la requête de M. D présente un caractère abusif. Il y a lieu d'infliger au requérant, sur le fondement des dispositions précitées de l'article R. 741-12 du code de justice administrative, une amende d'un montant de 5 000 euros.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. D demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : M. B D est condamné à verser une amende pour recours abusif d'un montant de 5 000 euros.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or.

Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Dijon.

Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Nicolet, président,

M. Hugez, premier conseiller,

Mme Hascoët, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2022.

Le rapporteur,

I. A

Le président,

Ph. Nicolet

La greffière,

L. Curot

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

lc

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