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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2102446

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2102446

mercredi 8 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2102446
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantBELLEVILLE SOPHIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 septembre 2021, M. C D, assisté de Mme A en qualité de mandataire spécial et représenté par Me Belleville, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le président du conseil départemental de la Côte-d'Or a implicitement rejeté sa demande d'aide sociale à l'hébergement ;

2°) de lui accorder le bénéfice de l'aide sociale à l'hébergement à compter du 24 février 2021 ;

3°) de mettre à la charge du département de la Côte-d'Or une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. D soutient que le président du conseil départemental de la Côte-d'Or a entaché sa décision d'erreurs de droit au regard des articles L. 132-6 et L. 132-7 du code de l'action sociale et des familles et de l'article 66 du règlement d'aide sociale du département.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 novembre 2021 et 23 janvier 2023, le département de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.

Le département soutient, dans le dernier état de ses écritures, qu'il a accordé à M. D le bénéfice de l'aide sociale à l'hébergement pour la période allant du 24 février 2021 au 28 novembre 2022, date de son décès.

M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 2 novembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

2. En application des dispositions combinées des articles L. 113-1, L. 131-1, L. 131-2, L. 131-4, L. 231-4, L. 231-5 et R. 131-2 du code de l'action sociale et des familles, le département participe en principe aux frais d'hébergement des personnes âgées de soixante-cinq ans et privées de ressources suffisantes qui sont accueillies dans un établissement social ou médico-social habilité à recevoir des bénéficiaires de l'aide sociale.

3. Conformément aux articles L. 134-1 et L. 134-2 du code de l'action sociale et des familles, la personne qui entend contester une décision statuant sur ses droits à l'aide sociale doit, avant de saisir le juge, former un recours préalable adressé au président du conseil départemental et la décision prise à la suite de ce recours préalable, qui se substitue à la décision initiale, est seule susceptible d'être contestée devant le juge administratif. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration détermine les droits d'une personne à l'aide sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention dans la reconnaissance du droit à cette prestation d'aide sociale qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé sur lesquels l'administration s'est prononcée, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction. Au vu de ces éléments, il appartient au juge administratif d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision en fixant alors lui-même les droits de l'intéressé, pour la période en litige, à la date à laquelle il statue ou, s'il ne peut y procéder, de renvoyer l'intéressé devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation sur la base des motifs de son jugement.

4. M. D, né le 1er janvier 1935 et qui a résidé au sein de l'EHPAD La pierre angulaire, sur le territoire de la commune de Saint-Julien, entre le 24 février 2021 et le 22 novembre 2022, date de son décès, a été placé sous le régime du placement sous sauvegarde de justice par une ordonnance du juge des tutelles du 3 mars 2021 du tribunal de proximité de Beaune et Mme A désignée en qualité de mandataire spécial. Le 10 mars 2021, M. D a déposé un dossier d'aide sociale afin de solliciter une aide, à compter du 24 février 2021, dans le paiement de ses frais d'hébergement de l'EHPAD. Par une décision du 17 mai 2021, le président du conseil départemental de la Côte-d'Or a rejeté sa demande. Le recours préalable exercé le 26 mai 2021 par M. D à l'encontre de cette décision a été implicitement rejeté. Le requérant doit être regardé comme demandant au juge d'annuler cette décision implicite en exerçant son office défini au point 3.

5. D'une part, à la date du 2 février 2023, où le décès de M. D a été porté à la connaissance du tribunal administratif, l'affaire était en état d'être jugée.

6. D'autre part, par une décision du 5 décembre 2022, devenue définitive, le président du conseil départemental de la Côte-d'Or a accordé à M. D le bénéfice de l'aide sociale à l'hébergement pour la période allant du 24 février 2021 au 28 novembre 2022 en fixant les modalités de sa participation.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision attaquée ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant sont devenues sans objet.

Sur les frais liés au litige :

8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département de la Côte-d'Or la somme que M. D, qui a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle, allègue avoir exposé au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par M. D.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. F D, à Mme B D, au département de la Côte-d'Or.

Une copie de cette ordonnance sera transmise, pour information, à Mme E A.

Fait à Dijon le 8 février 2023.

Le président de la 3ème chambre,

L. Boissy

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier0

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