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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2102464

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2102464

mardi 13 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2102464
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantC/M/S/ BUREAU FRANCIS LEFEBVRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 23 septembre 2021 et 9 février 2022, la société anonyme Pain d'épices Mulot et Petitjean, représentée par la société d'exercice libéral à forme anonyme CMS Francis Lefebvre Avocats, demande au tribunal :

1°) de prononcer la réduction des suppléments de cotisation foncière des entreprises auxquels elle a été assujettie au titre des années 2016, 2017, 2018 et 2019 dans les rôles de la commune de Dijon, à concurrence de sommes respectives de 2 707, 3 111, 9 300 et 18 112 euros ;

2°) de prononcer la réduction de la cotisation primitive de cotisation foncière des entreprises, à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020 dans les rôles de la commune de Dijon, à concurrence d'une somme de 19 265 euros ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'administration fiscale a commis des erreurs dans le calcul des montants dégrevés en conséquence de la réponse aux observations du contribuable du 25 juin 2019, à concurrence d'un montant de 2 707 euros au titre de l'année 2016, de 3 111 euros au titre de l'année 2017, de 3 858 euros au titre de l'année 2018, de 3 920 euros au titre de l'année 2019 et de 4 996 euros au titre de l'année 2020 ;

- les immobilisations désignées par les numéros 333, 334 et 335, relatives à la rénovation de la toiture d'origine de son bâtiment, ne doivent pas donner lieu à calcul de complément de valeur locative, dès lors que les agencements correspondants ont remplacé des immobilisations antérieures et constituent, ce faisant, des non-valeurs, au sens du paragraphe n° 230 de la documentation administrative référencée BOI-IF-TFB-20-20-10-20 du 23 décembre 2014, invoquée au titre de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales ;

- l'immobilisation désignée par le numéro 386 sous l'intitulé " électricité " correspond, à hauteur de 50 %, à l'alimentation électrique des outils de production et des lignes de câblage informatique, plus précisément des installations de température dirigée des chambres de l'atelier de production, et doit être, dans cette mesure, exonérée de cotisation foncière des entreprises en vertu du 11° de l'article 1382 du code général des impôts ;

- l'immobilisation désignée par le numéro 391 sous l'intitulé " froid " participe au système de température dirigée du site de production et d'expédition et s'intègre au processus de production, en ce qu'il permet d'assurer la conservation des pâtes crues et des préparations cuites, et constitue, ce faisant un bien d'équipement spécialisé au sens du 11° de l'article 1382 du code général des impôts.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 décembre 2021, l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction de contrôle fiscal Centre-Est conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 février 2022, le directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or conclut au non-lieu à statuer partiel, s'agissant de l'année 2020, et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il soutient que :

- il a prononcé le 8 mars 2022 un dégrèvement d'un montant de 3 444 euros au titre de l'année 2020 ;

- pour le surplus, les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées par une lettre du 18 février 2022 que cette affaire était susceptible, à compter du 28 mars 2022, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.

La clôture de l'instruction a été fixée au 6 avril 2022 par ordonnance du même jour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B A,

- et les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite d'un contrôle de ses bases d'imposition à la taxe foncière sur les propriétés bâties et à la cotisation foncière des entreprises, l'administration fiscale a proposé à la société anonyme (SA) Pain d'épices Mulot et Petitjean, un rehaussement des bases de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie dans les rôles de la commune de Dijon, cela au titre des années 2016, 2017, 2018 et 2019 et des années suivantes. Les impositions supplémentaires en résultant ont été mises en recouvrement le 30 novembre 2020, s'agissant des années 2016 à 2019. Par une décision explicite du 27 juillet 2021, l'administration fiscale a partiellement admis la réclamation contentieuse du 4 février 2021 de la société, en tant qu'elle portait sur les années 2016 à 2019. Son silence a en revanche fait naître une décision implicite de rejet de cette réclamation en tant qu'elle portait sur l'année 2020. La SA Pain d'épices Mulot et Petitjean demande au tribunal de prononcer la réduction, s'agissant des années 2016, 2017, 2018 et 2019, des suppléments de cotisation foncière des entreprises maintenus à sa charge, et s'agissant de l'année 2020, de la cotisation primitive à cet impôt.

Sur le non-lieu à statuer :

2. Par une décision du 8 mars 2022, postérieure à l'introduction de la requête, le directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or a prononcé un dégrèvement de 3 444 euros en droits au titre de l'année 2020. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer, dans cette mesure, sur les conclusions à fin de réduction présentées par la SA Pain d'épices Mulot et Petitjean.

Sur le surplus des conclusions à fin de réduction :

3. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement à l'impôt ou, le cas échéant, s'il remplit les conditions légales d'une exonération.

4. En premier lieu, aux termes de l'article 1467 du code général des impôts : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11°, 12° et 13° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période. / () La valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière est calculée suivant les règles fixées pour l'établissement de cette taxe. / Pour le calcul de l'impôt, la valeur locative des immobilisations industrielles définie à l'article 1499 est diminuée de 30 %. / Les éléments servant à la détermination des bases de la cotisation foncière des entreprises et des taxes additionnelles sont arrondis à l'euro le plus proche. La fraction d'euro égale à 0,50 est comptée pour 1. ". Aux termes de l'article 1467 A du même code : " Sous réserve des II, III IV et VI de l'article 1478, la période de référence retenue pour déterminer les bases de cotisation foncière des entreprises est l'avant-dernière année précédant celle de l'imposition ou le dernier exercice de douze mois clos au cours de cette même année lorsque cet exercice ne coïncide pas avec l'année civile. ". Enfin, selon l'article 324 AG de l'annexe III à ce code : " L'année à retenir pour dégager le prix de revient est celle de la création ou de l'acquisition de l'immobilisation. / Lorsque l'exercice comptable ne coïncide pas avec l'année civile et que la date exacte de l'acquisition ou de la création n'est pas connue, l'année à retenir est celle de la clôture dudit exercice. / Dans le cas où l'année d'acquisition de certaines immobilisations n'est pas connue comme dans le cas où une ventilation année par année des dépenses afférentes aux immobilisations créées ne peut être effectuée, la référence à retenir est la période au cours de laquelle les immobilisations ont été acquises ou créées. Le coefficient de réévaluation est alors déterminé en divisant le total des coefficients afférents aux années comprises dans ladite période par le nombre de ces années. Ce procédé de réévaluation est applicable notamment en ce qui concerne les immobilisations édifiées ou créées par l'entreprise lorsque les dépenses nécessitées par cette édification ou cette création se sont étendues sur plusieurs années. ".

5. La SA Pain d'épices Mulot et Petitjean soutient que l'administration fiscale a commis des erreurs dans le calcul des montants dégrevés en conséquence de la réponse aux observations du contribuable du 25 juin 2019, à concurrence d'un montant de 2 707 euros au titre de l'année 2016, de 3 111 euros au titre de l'année 2017, de 3 858 euros au titre de l'année 2018, de 3 920 euros au titre de l'année 2019 et de 4 996 euros au titre de l'année 2020. Pour aboutir à ces montants, elle soutient que le prix de revient total des immobilisations que l'administration a accepté d'exclure des bases de la cotisation foncière des entreprises s'établit à 234 201 euros. Elle en déduit une réduction des valeurs locatives foncières, après application des coefficients de revalorisation et abattements, de 11 771 euros au titre de l'année 2016, de 12 859 euros au titre de l'année 2017, de 15 253 euros au titre de l'année 2018, de 15 903 euros au titre de l'année 2019 et de 16 093 euros au titre de l'année 2020.

6. Toutefois, alors qu'il résulte de l'instruction que la SA Mulot et Petitjean a clôturé ses exercices au 31 janvier au titre de chacune des années en litige, s'il est constant que la liste des immobilisations que l'administration a accepté, au cours de la procédure de rectification, de distraire des bases d'imposition est effectivement composée des immobilisations numérotées 12 à 15, 349, 170 à 172, 176, 157, 44, 48, 174, 70, 194, 82, 139, 202, 285 et 403, dont le prix de revient total s'établit effectivement à 234 201 euros, il n'est contesté ni que la date d'acquisition de l'immobilisation n° 349 est le 29 juillet 2016, de sorte qu'elle n'avait initialement fait l'objet d'une imposition qu'à compter de l'année 2019, ni que l'immobilisation n° 403 a été acquise au cours de l'année 2017, postérieurement au 31 janvier, de sorte qu'elle n'avait initialement fait l'objet d'une imposition qu'à compter de l'année 2020, ni que les immeubles résultant de l'extension des locaux ont été achevés dans le courant de l'année 2017, postérieurement au 31 janvier, de sorte que la minoration des bases d'imposition relatives aux immobilisations 12 à 15 n'avait lieu d'être prise en compte qu'à compter de l'imposition au titre de l'année 2020, dont la période de référence est l'exercice de douze mois clos le 31 janvier 2018. De même, il n'est pas contesté que les immobilisations numérotées 170 à 172, 176 et 285 ont été détruites de manière contemporaine à la date d'achèvement des nouveaux bâtiments, de sorte qu'elles n'avaient lieu d'être distraites des bases d'imposition à la cotisation foncière des entreprises qu'à partir de l'imposition au titre de l'année 2020. Enfin, il n'est contesté ni que les immobilisations numérotées 157, 139 et 44, dont l'administration a admis l'exonération, et l'immobilisation précitée numérotée 285, n'ont pas été incluses dans les bases d'imposition prises en considération pour établir l'imposition primitive au titre de l'année 2020, ni que l'immobilisation précitée numérotée 139 n'avait pas davantage été prise en compte dans l'établissement de l'imposition supplémentaire au titre de l'année 2019.

7. En conséquence de tout ce qui vient d'être énoncé, c'est à bon droit que l'administration a établi comme suit les immobilisations, devant faire l'objet d'une réfaction, à la suite de la réponse aux observations du contribuable :

8. Il résulte de ce tableau, après calcul de la valeur locative et application des coefficients d'actualisation et de l'abattement, que le montant du dégrèvement accordé au titre des immobilisations exclues des bases de taxe foncière s'établit effectivement aux montants mentionnés par l'administration fiscale, à savoir 1 046 euros au titre de l'année 2016, 1 074 euros au titre de l'année 2017, 1 081 euros au titre de l'année 2018 et 1 207 euros au titre de l'année 2019, et non à ceux mentionnés par la société requérante, calculés en tenant compte, pour la plupart des immobilisations mentionnées au point 7 du présent jugement, de leur réfaction des bases imposables pour toutes les années en litige, et non pour les seules années pertinentes, eu égard à ce qui a été dit aux points 6 et 7. Pour les mêmes motifs, il n'apparaît pas davantage, eu égard aux seuls arguments soulevés par la société, que le montant du dégrèvement prononcé en cours d'instance et objet du point 2 du présent jugement serait erroné. Par suite, le moyen tiré des erreurs dans le calcul des montants dégrevés en conséquence de la réponse aux observations du contribuable du 25 juin 2019 doit être écarté.

9. En deuxième lieu, d'une part, aux termes du premier alinéa de l'article 1467 du code général des impôts : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11°, 12° et 13° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période. ".

10. D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article 1499 du code général des impôts : " La valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est déterminée en appliquant au prix de revient de leurs différents éléments, revalorisé à l'aide des coefficients qui avaient été prévus pour la révision des bilans, des taux d'intérêt fixés par décret en Conseil d'Etat. ". Aux termes du premier alinéa du 1 du I de l'article 1517 de ce code, dans sa version applicable au litige : " Il est procédé, annuellement, à la constatation des constructions nouvelles et des changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties ainsi qu'à la constatation des changements d'utilisation des locaux mentionnés au I de l'article 1498 (). Il en va de même pour les changements de caractéristiques physiques ou d'environnement. ". Il résulte de ces dispositions que les changements de caractéristiques physiques ou d'environnement des propriétés bâties doivent être pris en compte pour la mise à jour de la valeur locative.

11. Les travaux constituant des changements de caractéristiques physiques, au sens de ces dispositions, sont des travaux qui, eu égard à leur nature et à leur importance affectent la structure même et la consistance de la construction et ont pour effet de modifier, à la hausse ou à la baisse, la valeur locative du local. Ils sont le plus souvent consécutifs à l'exécution dans l'immeuble ou le local de travaux importants hors de proportion avec les travaux d'entretien normaux qui incombent au propriétaire. S'agissant des établissements industriels, les immobilisations sont évaluées à partir du prix de revient tel qu'il doit figurer en comptabilité. La valeur locative des locaux affectés par un changement de caractéristiques physiques est déterminée en tenant compte des incidences que ce changement a sur le montant de leur évaluation.

12. En l'espèce, il résulte de l'instruction que, dans le cadre d'un projet plus global de " développement et de mise aux normes de l'unité de production de pain d'épices ", la société requérante a passé un marché de maîtrise d'œuvre et déposé une demande de permis de construire et que les travaux de réfection ont consisté en la dépose complète et la destruction de l'ensemble de la toiture en tuiles et de la charpente en bois des " ateliers principaux " et des " bureaux ", la réfection complète de la zinguerie, la reconstruction d'une charpente de même nature et d'un écran de sous-toiture, et enfin la pose d'une nouvelle toiture en tuiles et d'une couverture en verrière polycarbonate d'une surface de 330 mètres carrés pour créer un puits de lumière. En se bornant à alléguer, sans en apporter les éléments justificatifs qu'elle est seule à même de produire, que les travaux ont été limités au remplacement à l'identique de la toiture préexistante, alors qu'il ne résulte pas de l'instruction, notamment, que l'ancienne toiture aurait comporté un écran de sous-toiture et une couverture en verrière permettant un puits de lumière, la SA Pain d'épices Mulot et Petitjean n'établit pas que les travaux en litige auraient constitué des travaux d'entretien normaux de la toiture. En outre, la société requérante ne conteste pas l'affirmation de l'administration fiscale selon laquelle elle aurait distrait de la base assujettie à la cotisation foncière des entreprises le montant des installations identifiables comme relatives à l'ancienne toiture et minoré la valeur globale du bâtiment historique pour tenir compte des immobilisations non identifiées de manière distincte à l'intérieur de ce montant. Dès lors, eu égard à leur nature, à leur ampleur et à leur coût, ces travaux ne constituent pas des travaux d'entretien normaux de la toiture, mais des travaux affectant la structure et la consistance de la construction. Par suite, le moyen soulevé doit être écarté sur le terrain de l'application de la loi fiscale.

13. En troisième lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente. Sont également opposables à l'administration, dans les mêmes conditions, les instructions ou circulaires publiées relatives au recouvrement de l'impôt et aux pénalités fiscales. ".

14. La société requérante entend se prévaloir, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, du paragraphe n° 230 de la documentation administrative référencée BOI-IF-TFB-20-20-10-20 aux termes duquel : " Les changements de caractéristiques physiques ne sont pris en compte que lorsqu'ils ont une incidence sur le prix de revient comptable des immobilisations, c'est-à-dire, en fait, lorsqu'ils revêtent le caractère de grosses réparations amortissables ou d'installations ou d'agencements nouveaux. / Il est cependant admis que le complément de valeur locative résultant des changements du premier type (grosses réparations) ne soit pas calculé sur la base de la valeur d'immobilisation ajoutée au bilan à l'issue des travaux mais sur une base inférieure tenant compte du fait que ces derniers ne créent pas une immobilisation nouvelle mais confortent seulement une immobilisation ancienne. Ainsi, si les travaux de réparation considérés n'apportent aucune amélioration à l'établissement, il n'y a pas lieu de calculer de complément de valeur locative. ".

15. Eu égard à ce qui a été énoncé au point 12, il résulte de l'instruction que les travaux litigieux ne constituent ni des grosses réparations, au sens du paragraphe précité, ni de simples travaux de confortation d'une immobilisation ancienne, mais des travaux apportant une amélioration à l'établissement. Dès lors, la société requérante n'entrant pas dans le champ de la doctrine fiscale précitée, elle n'est, en tout état de cause, pas fondée à s'en prévaloir sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales. Le moyen soulevé doit également être écarté sur le terrain de l'interprétation administrative de la loi fiscale.

16. En quatrième lieu, l'article 1380 du code général des impôts dispose : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. ". Selon les trois premiers alinéas de l'article 1381 du même code : " Sont également soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties : / 1° Les installations destinées à abriter des personnes ou des biens ou à stocker des produits ainsi que les ouvrages en maçonnerie présentant le caractère de véritables constructions tels que, notamment, les cheminées d'usine, les réfrigérants atmosphériques, les formes de radoub, les ouvrages servant de support aux moyens matériels d'exploitation ; / 2° Les ouvrages d'art et les voies de communication ; ". Selon l'article 1382 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable aux impositions en litige : " Sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties : / () / 11° Les outillages et autres installations et moyens matériels d'exploitation des établissements industriels à l'exclusion de ceux visés aux 1° et 2° de l'article 1381 ; () ". Aux termes du premier alinéa du premier alinéa de l'article 1495 de ce code : " Chaque propriété ou fraction de propriété est appréciée d'après sa consistance, son affectation, sa situation et son état, à la date de l'évaluation. ". Aux termes du II de l'article 324 B de l'annexe III au même code : " Pour l'appréciation de la consistance il est tenu compte de tous les travaux équipements ou éléments d'équipement existant au jour de l'évaluation. ".

17. Pour apprécier, en application de l'article 1495 du code général des impôts et de l'article 324 B de son annexe III, la consistance des propriétés qui entrent, en vertu de ses articles 1380 et 1381, dans le champ de la taxe foncière sur les propriétés bâties, et donc dans celui de la cotisation foncière des entreprises, il est tenu compte, non seulement de tous les éléments d'assiette mentionnés par ces deux derniers articles mais également des biens faisant corps avec eux. Sont toutefois exonérés de cette taxe, en application du 11° de l'article 1382 du même code, ceux de ces biens qui font partie des outillages, autres installations et moyens matériels d'exploitation d'un établissement industriel, c'est-à-dire ceux de ces biens qui relèvent d'un établissement qualifié d'industriel au sens de l'article 1499, qui sont spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un tel établissement et qui ne sont pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381.

18. La SA Pain d'épices Mulot et Petitjean demande que soit exonérée, en application du 11° de l'article 1382 du code général des impôts, une liste d'installations et de matériels électriques constituant une partie d'un marché relatif aux travaux d'électricité, passé lui-même dans le cadre du projet d'extension et de réaménagement du site de production de l'entreprise. Elle soutient que les matériels et installations qu'elle identifie sont destinés, pour partie, à l'alimentation d'outils de production et de lignes de câblage informatique, et plus spécifiquement des installations de température dirigée dans les chambres de l'atelier de production.

19. Il résulte effectivement de l'instruction, et notamment de la liste complète des matériels et équipements composant l'immobilisation n° 386 que ceux référencés sous l'intitulé " Poste de transformation et comptage ", lui-même composé d'un transformateur à huile, d'une batterie de condensateurs et des accessoires nécessaires à leur fonctionnement, ne peuvent, eu égard à leur nature même, qu'être considérés comme spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un établissement industriel et ne sont pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381. Au contraire, par la seule production de leur intitulé, en l'absence de toute description précise de ces matériels, de leur usage et de leur lieu d'implantation ou de leurs photographies, éléments qu'elle est seule à pouvoir produire à l'instance, la société requérante n'établit pas, en tout état de cause, que les autres éléments, à savoir des alimentations, prises, câbles, baies, coffrets, ventilations et éclairages de sécurité seraient spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un tel établissement. Dès lors, la SA Pain d'épices Mulot et Petitjean est seulement fondée, s'agissant de l'immobilisation n° 386 à demander l'exonération de la partie de ces installations relative à la création d'un poste de transformation, pour un prix de revient de 30 695,36 euros.

20. En cinquième lieu, la SA Pain d'épices Mulot et Petitjean n'établit, par la seule production de la facture de matériels de production de froid correspondant à l'immobilisation n° 391, et sans produire notamment ni photos ni descriptifs techniques précis, eu égard à l'imprécision des seuls libellés fournis, que ces biens et matériels seraient spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un établissement industriel.

21. Il résulte de tout ce qui précède que la SA Pain d'épices Mulot et Petitjean est seulement fondée à demander la réduction de la cotisation primitive de cotisation foncière des entreprises au titre de l'année 2020, mise à sa charge dans les rôles de la commune de Dijon, à raison de l'exclusion d'un montant en base de 30 695,36 euros, correspondant au prix de revient d'équipements électriques exonérés. Le surplus de ses conclusions à fin de réduction doit en revanche être rejeté.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

22. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la SA Pain d'épices Mulot et Petitjean présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de réduction présentées par la SA Pain d'épices Mulot et Petitjean, à concurrence du dégrèvement prononcé en cours d'instance.

Article 2 : La base d'imposition à la cotisation foncière des entreprises de la SA Pain d'épices Mulot et Petitjean pour l'année 2020 est fixée en excluant la part de l'immobilisation n° 386, correspondant à un poste de transformation, d'un prix de revient global de 30 695,36 euros.

Article 3 : La SA Pain d'épices Mulot et Petitjean est déchargée de la fraction de la cotisation foncière des entreprises à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020, dans les rôles de la commune de Dijon, résultant de la réduction de la base d'imposition prononcée à l'article 2 du présent jugement.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de la SA Pain d'épices Mulot et Petitjean est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la société anonyme Pain d'épices Mulot et Petitjean, à l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction de contrôle fiscal Centre-Est et au directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or.

Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Zupan, président,

M. Hugez, premier conseiller,

Mme Hascoët, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2022.

Le rapporteur,

I. A

Le président,

D. Zupan

La greffière,

L. Curot

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

lc

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TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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