jeudi 21 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2102529 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP AUDARD & ASSOCIES |
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 portant diverses dispositions relatives au compte personnel d'activité, à la formation et à la santé et la sécurité au travail dans la fonction publique ;
- le décret n° 2020-566 du 13 mai 2020 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Boissy,
- les conclusions de M. C,
- et les observations de Me Audard, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article 41 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986, dans sa version alors en vigueur et applicable au présent litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévus en application de l'article 42. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident () ". Au nombre des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite figurent notamment les maladies contractées ou aggravées en service.
2. Par un arrêté du 12 mai 2020, le directeur du centre hospitalier du pays Charolais Brionnais, sur le fondement des dispositions citées au point 1, a accordé à M. D, infirmier de classe supérieure, un congé de maladie à compter du 7 juillet 2017 en estimant que l'intéressé avait contracté une " maladie professionnelle ". Le 31 mai 2021, M. D a demandé à son employeur de lui rembourser une somme de 7 248,43 euros correspondant au montant des honoraires médicaux et des frais qui étaient, selon lui, directement entraînés par cette maladie professionnelle. Le 21 octobre 2021, la directrice déléguée du centre hospitalier a rejeté sa demande. M. D demande au tribunal de condamner le centre hospitalier du pays Charolais Brionnais à lui verser cette somme de 7 248,43 euros.
Sur les conclusions à fin de condamnation :
3. Les fonctionnaires hospitaliers ont droit au remboursement non seulement des honoraires médicaux mais encore de l'ensemble des frais réels exposés par eux et directement entraînés par une maladie reconnue imputable au service. Il appartient cependant aux intéressés de justifier tant du montant de ces frais que du caractère d'utilité directe que ceux-ci ont présenté pour parer aux conséquences de la maladie dont ils souffrent.
En ce qui concerne les conclusions autres que celles relatives aux dépenses afférentes aux consultations chez le docteur E :
4. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et en particulier du mandat n° 2194 du 28 juillet 2023 et des dernières écritures produites par le requérant, que le centre hospitalier du pays Charolais Brionnais a versé à M. D, le 3 août 2023, la somme de 2 100 euros correspondant aux honoraires du docteur F, psychologue, pour quarante-deux consultations ayant eu lieu entre juillet 2017 et mai 2020.
5. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, et en particulier du mandat n° 2145 du 26 juillet 2023 et des dernières écritures produites par le requérant, que le centre hospitalier du pays Charolais Brionnais a versé à M. D, le 10 août 2023, la somme de 236 euros correspondant aux honoraires que celui-ci a payés à son avocat à l'occasion de la commission de réforme qui s'est tenue le 6 novembre 2018.
6. En dernier lieu, il résulte de l'instruction, et en particulier du mandat n° 2224 du 1er août 2023 et des dernières écritures produites par le requérant, que le centre hospitalier du pays Charolais Brionnais a versé à M. D, le 14 août 2023, la somme de 3 796,67 euros correspondant à l'ensemble des frais que M. D a exposés pour se rendre, au moyen de son véhicule automobile, aux " expertises " des docteurs Berne, Prost, A, Budin et Colle respectivement les 26 août 2017, 13 septembre 2018, 6 février 2019, 1er juillet 2019 et 20 janvier 2020, aux trois réunions de la commission de réforme, à la réunion de médiation, organisée par le conseil départemental de l'ordre des médecins à Mâcon, le 23 août 2019, et aux consultations chez le docteur F et le docteur A.
7. Il résulte de ce qui vient d'être dit aux points 4 à 6 que les conclusions à fin de condamnation présentées par M. D relatives aux dépenses autres que celles afférentes aux consultations chez le docteur E sont devenues sans objet.
En ce qui concerne les conclusions relatives aux dépenses afférentes aux consultations chez le docteur E :
8. D'une part, il résulte de l'instruction et n'est pas sérieusement contesté que les consultations auxquelles s'est rendu M. D à Villeurbanne, les 20 février 2018, 11 avril 2019 et 26 novembre 2019, au cabinet du docteur E, médecin psychiatre, se sont déroulées dans le cadre de la préparation des dossiers qui ont été soumis à la commission de réforme les 6 novembre 2018, 5 novembre 2019 et 10 mars 2020. Dès lors, les honoraires que M. D justifie avoir payés et qui sont restés à sa charge, pour un montant de 437,50 euros, doivent être regardés, en l'espèce, comme ayant été utiles et présenter un lien de causalité directe avec la maladie de l'intéressé qui a été reconnue imputable au service à compter du 7 juillet 2017.
9. D'autre part, il résulte de l'instruction que M. D justifie avoir exposé des frais pour se rendre, au moyen de son véhicule automobile, aux trois consultations qui se sont déroulées au cabinet du docteur E et que ces déplacements ont été utiles et présentent un lien de causalité directe avec la maladie professionnelle de l'intéressé. Dès lors, par référence au " barème kilométrique " utilisé par l'administration fiscale et compte tenu des distances parcourues et des justificatifs des frais de péage produits, il sera fait une juste appréciation des frais ainsi exposés en les évaluant à 556,39 euros.
10. Il résulte de tout de ce qui précède que M. D est seulement fondé à demander la condamnation du centre hospitalier du pays Charolais Brionnais à lui verser la somme de 993,89 euros.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. D, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que demande le centre hospitalier du pays Charolais Brionnais au titre des frais que celui-ci a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
12. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier du pays Charolais Brionnais la somme que demande M. D au titre de ces mêmes dispositions.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à la condamnation du centre hospitalier du pays Charolais Brionnais à verser à M. D les sommes correspondant aux dépenses autres que celles afférentes aux consultations chez le docteur E.
Article 2 : Le centre hospitalier du pays Charolais Brionnais est condamné à verser à M. D une somme de 993,89 euros.
Article 3 : Le surplus des conclusions présentées par les parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au centre hospitalier du pays Charolais Brionnais.
Délibéré après l'audience du 1er septembre 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Boissy, président,
- Mme Desseix, première conseillère,
- Mme Bois, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2023.
L'assesseure la plus ancienne,
M. DesseixLe président,
L. BoissyLa greffière,
E. Herique
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026