mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2102914 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 6 novembre 2021, le 12 mai 2022 et le 30 juillet 2022, M. et Mme B A demandent au tribunal :
1°) de condamner la direction générale des finances publiques à leur rembourser la somme de 2 359 euros, augmentée des intérêts de retard et de la capitalisation des intérêts ;
2°) de mettre la somme de 3 000 euros à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont bénéficié par un courrier du 6 janvier 2020 d'un dégrèvement de 6 971 euros au titre de l'impôt sur le revenu de l'année 2016 ; ils n'ont reçu qu'un versement de 4 612 euros ; par une lettre du 3 février 2020, ils ont sollicité le remboursement de la somme de 2 359 euros non versée ;
- l'administration n'a pas statué dans le délai de six mois sur les réclamations qui lui ont été adressées ;
- ils avaient droit au titre de l'impôt sur le revenu de l'année 2016 à un crédit d'impôt de 474 euros au titre de la fourniture et l'installation d'une borne de recharge électrique pour véhicule électrique ;
- un dégrèvement de 2 881 euros a été accordé par un jugement n° 1801129 du 2 février 2019 du tribunal administratif de Dijon ;
- ils ont exposé des frais d'avocat et d'expert-comptable ; ils ont adressé treize courriers recommandés.
Par des mémoires en défense enregistrés le 24 mars 2022 et le 20 mai 2022, le directeur départemental des finances publiques de Saône-et-Loire conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête tendant à la restitution de sommes et au versement d'intérêts de retard et au rejet des conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'administration fiscale a décidé le 23 mars 2022 la restitution du montant de 2 359 euros et le versement des intérêts de retard pour un montant de 565,46 euros ;
- le montant demandé au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative n'est pas justifié et est disproportionné.
Un mémoire produit par le directeur départemental des finances publiques de Saône-et-Loire enregistré le 30 août 2022 n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D C,
- et les conclusions de M. Thierry Bataillard rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales : " Quand l'Etat est condamné à un dégrèvement d'impôt par un tribunal ou quand un dégrèvement est prononcé par l'administration à la suite d'une réclamation tendant à la réparation d'une erreur commise dans l'assiette ou le calcul des impositions, les sommes déjà perçues sont remboursées au contribuable et donnent lieu au paiement d'intérêts moratoires dont le taux est celui de l'intérêt de retard prévu à l'article 1727 du code général des impôts. Les intérêts courent du jour du paiement. Ils ne sont pas capitalisés ".
2. Par un avis daté du 6 janvier 2020, M. et Mme A ont bénéficié d'un dégrèvement de cotisation d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2016 de 6 971 euros. N'ayant cependant reçu que le paiement de la somme de 4 612 euros, ils ont sollicité par un courrier du 3 février 2020 le versement du reliquat de 2 359 euros. Par leur requête, ils demandent la condamnation de l'administration fiscale à leur rembourser cette somme ainsi que les intérêts de retard et la capitalisation des intérêts. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a procédé en cours d'instance, le 22 mars 2022, au versement à M. et Mme A de la somme de 2 359 euros ainsi qu'au versement de la somme de 565,46 euros au titre des intérêts moratoires. M. et Mme A doivent être regardés comme reconnaissant avoir reçu ces sommes par leur mémoire enregistré le 12 mai 2022 dans lequel ils indiquent maintenir seulement leur demande formulée au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les requérants ne contestent pas le montant des intérêts qui leur ont été versés. Ainsi, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à la restitution de la somme de 2 359 euros et au versement d'intérêts moratoires.
3. En second lieu, M. et Mme A demandent la capitalisation des intérêts dus sur la somme de 2 359 euros qu'ils réclamaient. Il résulte cependant des dispositions précitées de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales que les intérêts moratoires assis sur les impositions dégrevées ne sont pas capitalisés. Par conséquent, la demande de M. et Mme A tendant à obtenir la capitalisation des intérêts moratoires doit être rejetée.
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme que les époux A demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. et Mme A tendant à la condamnation de l'Etat à leur rembourser la somme de 2 359 euros et au versement des intérêts moratoires.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B A, au directeur départemental des finances publiques de Saône-et-Loire et au directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Nicolet, président,
M. Irénée Hugez, premier conseiller,
Mme Pauline Hascoët, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
La rapporteure,
P. C
Le président,
P. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
lc
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
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