mardi 13 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2102985 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DORASCENZI-FENART |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2021, l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Transprima, représentée par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée Dorascenzi, Fenart, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er novembre 2017 au 31 décembre 2019, et des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en mentionnant à tort le 2 octobre 2020 comme date d'expiration du renouvellement du délai pour présenter ses observations sur la proposition de rectification qui lui avait été adressée, le service l'a privée de la possibilité de présenter de telles observations, alors que l'échéance du délai aurait dû être fixée au 23 octobre 2020 ;
- l'administration fiscale a fait usage de son droit de communication dès le 26 février 2020, sans l'en avoir informée, et alors qu'il n'est pas établi un quelconque refus de sa part de présenter ses relevés de compte bancaire, lors de la première intervention du vérificateur le 25 février 2020 ;
- l'administration fiscale ne justifie pas de la date à laquelle elle a exercé son droit de communication, ni de la nature des pièces sollicitées et de la période sur laquelle elles portent ;
- les deux composantes de la prestation de services qu'elle propose à ses clients sont parfaitement dissociables, font appel à des moyens de production distincts et sont susceptibles d'avoir des prix distincts, et la prestation de transport ne constitue pas une prestation accessoire, de sorte que les prestations de stationnement et de transport doivent être analysées distinctement du point de vue de la taxe sur la valeur ajoutée et donner lieu à deux taux distincts de taxe ;
- l'administration fiscale n'établit pas le caractère délibéré du manquement du contribuable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 février 2022, l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction de contrôle fiscal Centre-Est conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées par une lettre du 21 février 2022 que cette affaire était susceptible, à compter du 4 avril 2022, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée au 13 avril 2022 par ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B A,
- et les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Transprima, dont le siège social est situé à Avallon dans le département de l'Yonne, exerce une activité de prestation de services de stationnement de véhicules sur un terrain situé à Wissous, à proximité de l'aéroport d'Orly, et de transport de voyageurs par navette entre ce terrain et l'aéroport. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité, au cours de laquelle le service a prononcé le rejet de sa comptabilité, et à l'issue de laquelle l'administration fiscale lui a proposé des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, par une proposition de rectification en date du 30 juillet 2020. A l'issue de la procédure de rectification contradictoire, ces rappels de taxe sur la valeur ajoutée ont été mis en recouvrement le 15 décembre 2020. Par une décision explicite du 20 septembre 2021, l'administration fiscale a rejeté la réclamation contentieuse du 16 février 2021 de la société. L'EURL Transprima demande au tribunal de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er novembre 2017 au 31 décembre 2019.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. D'une part, aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / Sur demande du contribuable reçue par l'administration avant l'expiration du délai mentionné à l'article L. 11, ce délai est prorogé de trente jours. ". D'autre part, aux termes du I de l'article 10 de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période : " Sont suspendus à compter du 12 mars 2020 et jusqu'au 23 août 2020 inclus et ne courent qu'à compter de cette dernière date, s'agissant de ceux qui auraient commencé à courir pendant la période précitée, les délais : / () 2° Accordés à l'administration ou à toute personne ou entité et prévus par les dispositions du titre II des première, deuxième et troisième parties du livre des procédures fiscales, à l'exception des délais de prescription prévus par les articles L. 168 à L. 189 du même livre, par les dispositions de l'article L. 198 A du même livre en matière d'instruction sur place des demandes de remboursement de crédits de taxe sur la valeur ajoutée ainsi que par les dispositions de l'article 67 D du code des douanes ; () ".
3. La prorogation du délai de trente jours ouvert aux contribuables par les dispositions précitées du deuxième alinéa de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales est de droit dès lors que la procédure de redressement contradictoire a été suivie et que la demande du contribuable a été reçue par l'administration avant l'expiration du délai mentionné à l'article L. 11 du même livre, c'est-à-dire avant l'expiration du délai de trente jours.
4. Il n'est pas contesté que la proposition de rectification du 30 juillet 2020 a été régulièrement notifiée à l'EURL Transprima le 4 août 2020. Dès lors, et en application des dispositions précitées du I de l'article 10 de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période, le délai de trente jours dont disposait cette société pour présenter ses observations a commencé à courir à compter du 24 août 2020. Le conseil de l'EURL Transprima ayant sollicité la prorogation du délai pour présenter ses observations par un courrier du 21 septembre 2020, reçu par le service le jour suivant, soit dans le délai visé à l'article L. 11 du livre des procédures fiscales, l'administration était tenue de faire droit à leur demande. Dans sa réponse du 25 septembre 2020, si le vérificateur mentionne " un délai de trente jours supplémentaires ", il indique en conclusion de sa lettre que les observations du contribuable devront lui parvenir au plus tard le 2 octobre 2020. Une telle irrégularité, qui ne saurait en l'espèce, eu égard à la graphie utilisée pour la date, constituer une simple erreur de plume, comme le soutient l'administration fiscale en défense, demeure sans conséquence sur le bien-fondé de l'imposition s'il est établi que, n'ayant privé le contribuable d'aucune garantie, elle n'a pas pu avoir d'influence sur la décision de redressement.
5. Il résulte de l'instruction que l'EURL Transprima n'a pas présenté d'observations à la suite de la notification de la proposition de rectification. Alors même que les impositions litigieuses n'ont été mises en recouvrement que le 15 décembre 2020, soit bien au-delà du délai légal dont la société disposait pour présenter ses observations, la société requérante, en raison du courrier du 25 septembre 2020, soutient qu'elle s'est cru tenue de ne présenter ses observations qu'avant la date indiquée dans ce courrier, nonobstant la mention d'un délai supplémentaire de trente jours, et qu'elle a été privée de la possibilité de présenter des observations. Dans ces conditions, alors même que l'administration n'était pas tenue de répondre explicitement à la demande de prorogation du délai pour présenter des observations, et alors que le contribuable a pu être induit en erreur et ne pas identifier l'erreur de l'administration, compte tenu de la suspension des délais résultant de l'ordonnance précitée du 25 mars 2020, cette irrégularité a privé, en l'espèce, l'EURL Transprima de la garantie prévue au deuxième alinéa de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales.
6. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, l'EURL Transprima est fondée, pour ce motif, à demander la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er novembre 2017 au 31 décembre 2019, et des pénalités correspondantes.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de l'EURL Transprima présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'EURL Transprima est déchargée des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er novembre 2017 au 31 décembre 2019, et des pénalités correspondantes.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de l'EURL Transprima est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée Transprima et à l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction de contrôle fiscal Centre-Est.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
M. Hugez, premier conseiller,
Mme Hascoët, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2022.
Le rapporteur,
I. A
Le président,
Ph. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026