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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2200149

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2200149

mardi 28 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2200149
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantROUMIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante : Par une requête enregistrée le 17 janvier 2022, M. D, représenté par Me Roumier, demande au tribunal : 1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016, ainsi que des pénalités correspondantes, à raison d'une plus-value immobilière réalisée à l'occasion de la cession d'un bien sis à Villeneuve-sous-Charigny dans la Côte-d'Or ; 2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que : - la dépense de fourniture et d'installation d'un escalier pour accéder à l'étage de la maison doit être admise en majoration du prix d'acquisition pour le calcul de la plus-value, dès lors qu'existait antérieurement seulement une " montée d'escalier " et non " un escalier ", que l'acte de vente du 27 janvier 2016 ne mentionne pas de " montée d'escalier permettant d'accéder à l'étage ", qu'il établit que l'accès au grenier se faisait antérieurement par l'extérieur, et que l'escalier installé constitue un véritable escalier, rendu nécessaire par la restructuration de l'étage, et qui a remplacé une simple échelle de meunier antérieure ; - la réfection totale de la couverture et de son support, qui a été rendue nécessaire par la pose de quatre fenêtres de toit, en conséquence de la restructuration de l'étage, constitue des travaux de reconstruction, déductibles pour le calcul de la plus-value ; - il se prévaut sur ce point de la réponse ministérielle n° 27539 du 25 novembre 2008 à la question de la députée Bassot, selon laquelle sont admis en majoration du prix d'acquisition pour le calcul de la plus-value " les travaux d'entretien, de réparation et de grosses réparations qui sont consécutifs à des travaux de construction, reconstruction, d'agrandissement ou d'amélioration dont ils sont indissociables " ; - le bien en litige n'a jamais été donné en location et les travaux n'ont jamais été concernés par les dispositions du b bis du 1° du I de l'article 31 du code général des impôts. Par un mémoire en défense enregistré le 24 mars 2022, le directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or conclut au non-lieu à statuer partiel et au rejet du surplus des conclusions de la requête. Il soutient que : - il a prononcé le 24 mars 2022 un dégrèvement d'un montant de 594 euros en droits et pénalités au titre de l'année 2016 ; - pour le surplus, les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés. Les parties ont été informées par une lettre du 3 octobre 2022 que l'affaire était susceptible, à compter du 24 octobre 2022, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative. La clôture de l'instruction a été fixée au 27 octobre 2022 par ordonnance du même jour. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. B A, - et les conclusions de Mme Mélody Desseix, rapporteure publique. Considérant ce qui suit : 1. M. D a cédé le 27 janvier 2016, pour un prix de 130 000 euros, une maison d'habitation située à Villeneuve-sous-Charigny, dans la Côte-d'Or, qu'il avait acquise le 20 janvier 2006 pour un montant de 42 000 euros. Il a déclaré une plus-value de 10 552 euros, qui a donné lieu à des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvement sociaux d'un montant total de 2 904 euros. A l'occasion d'un contrôle sur pièces, l'administration a remis en cause la majoration du prix d'acquisition par divers travaux et a notifié à l'intéressé des rehaussements d'impositions, par une proposition de rectification du 11 décembre 2019. A l'issue de la procédure de rectification contradictoire, des suppléments d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux ont été mis en recouvrement le 30 octobre 2020 pour un montant total de 6 191 euros, en droits et pénalités. Par une décision explicite du 22 septembre 2021, dont la preuve de la notification n'est pas rapportée, le service a rejeté la réclamation préalable de M. C, qui demande en conséquence au tribunal de prononcer la décharge de ces cotisations supplémentaires et pénalités. Sur le non-lieu à statuer : 2. Par une décision du 24 mars 2022, postérieure à l'introduction de la requête, le directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or a prononcé un dégrèvement en matière d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux d'un montant de 594 euros en droits et pénalités au titre de l'année 2016. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer, dans cette mesure, sur les conclusions de la requête. En outre, le moyen relatif à la pose d'un escalier, auquel il a ainsi été fait droit pour accorder ce dégrèvement et qui n'excède pas ce dernier, est désormais dépourvu d'objet. Sur le surplus des conclusions à fin de décharge : En ce qui concerne la charge de la preuve : 3. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. / Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable ou d'après le contenu d'un acte présenté par lui à la formalité de l'enregistrement. ". 4. L'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, en assimilant à une acceptation le silence conservé par le contribuable pendant le délai qui lui est imparti pour répondre à une proposition de rectification, et en lui attribuant dans ce cas la charge d'établir l'exagération de l'imposition, ne fait que tirer les conséquences des dispositions des articles L. 11, L. 54 B et L. 57 du livre des procédures fiscales. En revanche, en application des mêmes principes, lorsque le contribuable n'a pas accepté les rectifications qui lui ont été proposées, il appartient à l'administration d'établir le bien-fondé des impositions qu'elle a mises à la charge du contribuable. 5. Il résulte de l'instruction que M. C a contesté les rectifications qui lui étaient proposées. Il appartient, dès lors, à l'administration fiscale d'établir le bien-fondé des impositions en litige. En ce qui concerne l'application de la loi fiscale : 6. Aux termes de l'article 150 V du code général des impôts : " La plus ou moins-value brute réalisée lors de la cession de biens ou droits mentionnés aux articles 150 U à 150 UC est égale à la différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition par le cédant. ". Aux termes du II de l'article 150 VB de ce code : " Le prix d'acquisition est, sur justificatifs, majoré : / () 4° Des dépenses de construction, de reconstruction, d'agrandissement ou d'amélioration, supportées par le vendeur et réalisées par une entreprise depuis l'achèvement de l'immeuble ou son acquisition si elle est postérieure, lorsqu'elles n'ont pas été déjà prises en compte pour la détermination de l'impôt sur le revenu et qu'elles ne présentent pas le caractère de dépenses locatives. Lorsque le contribuable, qui cède un immeuble bâti plus de cinq ans après son acquisition, n'est pas en état d'apporter la justification de ces dépenses, une majoration égale à 15 % du prix d'acquisition est pratiquée. Cette majoration n'est pas applicable aux cessions d'immeubles détenus directement ou indirectement par un fonds de placement immobilier mentionné à l'article 239 nonies ; () ". 7. Les travaux de construction ou de reconstruction sont ceux qui comportent la création de nouveaux locaux d'habitation ainsi que les travaux ayant pour effet d'apporter une modification importante au gros œuvre de locaux d'habitation existants ou les travaux d'aménagement interne qui, par leur importance, équivalent à une reconstruction. Les travaux d'agrandissement sont ceux qui ont pour effet d'accroître le volume ou la surface habitable de locaux existants. Les travaux d'amélioration ont, quant à eux, pour objet d'apporter à un immeuble un équipement ou un élément de confort nouveau ou mieux adapté aux conditions modernes de vie, sans modifier cependant la structure de cet immeuble. L'ensemble de ces travaux, qui sont mentionnés par l'article 150 VB précité, peut venir en majoration de la valeur d'acquisition pour la détermination du montant de la plus-value immobilière, dès lors qu'ils n'ont pas été déjà pris en compte pour la détermination de l'impôt sur le revenu et qu'ils ne présentent pas le caractère de dépenses locatives. 8. Il résulte de l'instruction que la facture n° 00512, établie par la société à responsabilité limitée C Sébastien, dont l'intitulé est " réhabilitation de couverture ", mentionne la fourniture et la pose d'éléments de charpente et de couverture ainsi que la fourniture et la pose des éléments d'étanchéité. Il ne résulte ni de cette facture ni de celle relative à l'aménagement de chambres et d'une salle de bains à l'étage de la maison, et pas davantage des photographies versées aux débats que la fourniture et la pose d'éléments de toiture pourraient être considérées, non comme des travaux de réfection d'une toiture existante, présentant le caractère de travaux de réparation et d'entretien, mais comme des travaux de reconstruction, ou en tout état de cause des travaux d'agrandissement ou d'amélioration. Il ne résulte pas non plus de l'instruction que la réfection totale de la couverture et de son support aurait été rendue nécessaire par la pose de quatre fenêtres de toit, en conséquence de la restructuration de l'étage de la maison. Par suite, et alors qu'en tout état de cause, il n'est pas contesté par l'administration fiscale que ces travaux n'ont pas été déjà pris en compte pour la détermination de l'impôt sur le revenu, le service était fondé à refuser que ces travaux soient portés en majoration du prix d'acquisition, en application du 4° précité du II de l'article 150 VB du code général des impôts. 9. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. ". 10. Aux termes de la réponse du 25 novembre 2008 du ministre de l'économie, de l'industrie et de l'emploi à la question n° 27539 de la députée Sylvia Bassot, publiée le 15 juillet 2008 au Journal officiel de la République française : " Pour la détermination de la plus-value imposable réalisée lors de la cession d'un immeuble intervenue à compter du 1er janvier 2004, le 4° du II de l'article 150 VB du code général des impôts prévoit que les dépenses de construction, de reconstruction, d'agrandissement ou d'amélioration, supportées par le vendeur et réalisées par une entreprise depuis l'achèvement de l'immeuble ou son acquisition si elle est postérieure, viennent en majoration du prix d'acquisition lorsqu'elles n'ont pas été déjà prises en compte pour la détermination de l'impôt sur le revenu et qu'elles ne présentent pas le caractère de dépenses locatives. Les dépenses d'entretien et de réparation, y compris les grosses réparations, qui s'entendent des travaux ayant pour objet de maintenir ou de remettre un immeuble en bon état et d'en permettre un usage normal sans en modifier la consistance, l'agencement ou l'équipement initial, ne figurent ainsi pas au nombre des dépenses pouvant être prises en compte pour le calcul de la plus-value. À cet égard, et conformément à une jurisprudence constante du Conseil d'État, les travaux de réfection de la toiture, qui ont pour seul effet de remettre l'immeuble en état, présentent le caractère de travaux de réparation et d'entretien. Par suite, ils ne sont pas pris en compte, pour majorer le prix d'acquisition de l'immeuble concerné, pour le calcul de la plus-value imposable. Il n'est fait exception à ces principes que pour les travaux d'entretien, de réparation et de grosses réparations qui sont consécutifs à des travaux de construction, reconstruction, d'agrandissement ou d'amélioration dont ils sont indissociables. Dans cette situation, les travaux de l'espèce, le cas échéant de réfection de toiture, sont pris en compte dans le prix d'acquisition de l'immeuble concerné pour le calcul de la plus-value de cession imposable, au même titre que les travaux de construction, reconstruction, d'agrandissement ou d'amélioration auxquels ils se rapportent. ". 11. En l'espèce, M. C ne peut être regardé comme entrant dans les prévisions de la dernière phrase de cette réponse ministérielle, dès lors qu'il ne résulte pas de la seule facture produite que les travaux en litige seraient indissociables des travaux d'aménagement de deux nouvelles chambres, réalisés à l'étage de la maison dont s'agit. Pour le surplus, la réponse précitée ne contient aucune interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il a été fait application dans le présent jugement. 12. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est fondé à demander la décharge ni de la fraction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016, et restant en litige, ni des pénalités correspondantes. Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : 13. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. C présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.D E C I D E : Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge présentées par M. C, à concurrence du dégrèvement prononcé en cours d'instance. Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté. Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E C et à la directrice régionale des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or. Délibéré après l'audience du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient : M. Zupan, président, Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère, M. Hugez, premier conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023. Le rapporteur, I. A Le président, D. Zupan La greffière, L. Curot La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition, La greffière,2N° 2200149lc

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