jeudi 16 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2200191 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | HUMEL CYRILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 15 janvier 2022, 19 janvier 2023 et 12 octobre 2023, M. A B, représenté par Me Humel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 novembre 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la région Bourgogne Franche-Comté et du département de Côte d'Or a rejeté sa demande de dégrèvement des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de prélèvements sociaux et de taxe sur les plus-value immobilières auxquelles il a été assujetti, au titre de l'année 2017, à raison de la vente d'une maison située , dans le département de la Côte-d'Or ;
2°) de prononcer la décharge des impositions ainsi mises à sa charge ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, les frais irrépétibles qu'il a été amené, ou sera amené, à exposer au cours de l'instance et dont le montant sera communiqué au tribunal à l'issue de l'instruction.
Il soutient que :
- la maison objet de la vente constituait son habitation principale, même s'il a été contraint de l'occuper de manière précaire en raison de sa situation financière à la suite de sa séparation ; il chauffait sa zone de vie grâce à un poêle à bois et se procurait l'électricité grâce à un petit groupe électrogène ; il ne disposait pas de l'eau courante et, faute de moyens pour financer des réparations importantes, avait simplement fait installer provisoirement une cuve de récupération des eaux pluviales ; il était allocataire du revenu de solidarité active ;
- le bénéfice de l'exonération n'est pas soumis à une condition de durée minimale d'occupation à titre de résidence principale ;
- si la charge de la preuve incombe au contribuable qui sollicite le dégrèvement, celle-ci peut être apportée par tout moyen ; si l'administration fiscale a recours à la méthode du " faisceau d'indices " en examinant notamment les consommations d'énergie et de fluides durant la période considérée, ce mode de preuve ne saurait valoir présomption irréfragable ;
- il n'existe en droit aucune obligation légale de souscrire un abonnement de fourniture d'eau ou d'électricité pour fixer sa résidence principale ;
- début 2017, il a eu besoin d'obtenir une nouvelle pièce d'identité et a sollicité celle-ci à son domicile principal de l'époque, .
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 27 avril 2022 et 29 août 2023, le directeur régional des finances publiques de la région Bourgogne Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées le 27 septembre 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de fonder son jugement sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation, dès lors que la décision par laquelle le directeur régional des finances publiques de Bourgogne Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or a rejeté la réclamation préalable de M. B ne constitue pas un acte détachable de la procédure d'imposition, qu'elle ne peut, en conséquence, être déférée à la juridiction administrative par la voie d'un recours pour excès de pouvoir et ne peut faire l'objet que du recours de plein contentieux prévu aux articles L. 199 et R. 199-1 du livre des procédures fiscales.
M. B a présenté des observations sur ce moyen soulevé d'office par un mémoire enregistré le 12 octobre 2023.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 novembre 2023 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cherief, rapporteur,
- et les conclusions de M. Bataillard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte du 30 avril 2003, M. B a acquis un immeuble situé pour un montant de 287 115 euros. Par un acte du 22 février 2017, il a cédé, pour un montant de 450 000 euros, ce bien qu'il a déclaré être sa résidence principale. A la suite d'un examen de la situation fiscale personnelle de M. B, l'administration fiscale a remis en cause cette qualification et a notifié à l'intéressé, par une proposition de rectification du 17 mai 2021, des rehaussements en matière d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux et l'assujettissement de la plus-value réalisée à la taxe prévue à l'article 1609 nonies G du code général des impôts. Malgré les observations du contribuable, les impositions en résultant ont été mises en recouvrement le 30 septembre 2017 pour un montant de 52 337 euros en droits et pénalités. Par une décision explicite du 18 novembre 2021, l'administration fiscale a rejeté la réclamation contentieuse préalable du 28 octobre 2021 du contribuable. M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 18 novembre 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques de la région Bourgogne Franche-Comté et du département de Côte-d'Or a rejeté sa réclamation préalable ainsi que la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de prélèvements sociaux et de taxe sur les plus-value immobilières auxquelles il a été assujetti, au titre de l'année 2017, à raison de la vente d'une maison située , dans le département de la Côte-d'Or.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation :
2. Les décisions par lesquelles l'administration statue sur les réclamations contentieuses des contribuables ne constituent pas des actes détachables de la procédure d'imposition et ne peuvent en conséquence être déférées à la juridiction administrative par la voie du recours pour excès de pouvoir. Elles ne peuvent faire l'objet de recours contentieux qu'au titre de la procédure fixée par les articles L. 199 et R. 199-1 et suivants du livre des procédures fiscales. Dès lors, les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision en date du 28 juin 2021 par laquelle le directeur général des finances publiques a statué sur sa réclamation préalable sont irrecevables. Par suite, elles doivent être rejetées.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions en litige :
3. Aux termes de l'article 150 U du code général des impôts dans sa rédaction applicable : " I. - Sous réserve des dispositions propres aux bénéfices industriels et commerciaux, aux bénéfices agricoles et aux bénéfices non commerciaux, les plus-values réalisées par les personnes physiques ou les sociétés ou groupements qui relèvent des articles 8 à 8 ter, lors de la cession à titre onéreux de biens immobiliers bâtis ou non bâtis ou de droits relatifs à ces biens, sont passibles de l'impôt sur le revenu dans les conditions prévues aux articles 150 V à 150 VH. / () II. - Les dispositions du I ne s'appliquent pas aux immeubles, aux parties d'immeubles ou aux droits relatifs à ces biens : / 1° Qui constituent la résidence principale du cédant au jour de la cession ; () ". Sont considérés comme résidence principale au sens de ces dispositions les immeubles qui constituent la résidence habituelle et effective du propriétaire au jour de la cession.
4. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement à l'impôt ou, le cas échéant, s'il remplit les conditions légales d'une exonération.
5. Il est constant que M. B était propriétaire d'une maison, , qu'il a vendu le 22 février 2017. Il fait valoir qu'il a résidé de manière habituelle et effective dans cette maison pour la période du 20 novembre 2016 au 1er mars 2017, et qu'il doit, par conséquent, bénéficier de l'exonération prévue par les dispositions précitées du 1° du II de l'article 150-U du code général des impôts. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a pu établir, par l'exercice de son droit de communication, que le dernier contrat d'électricité pour l'adresse de la maison de M. B a été ouvert le 1er avril 2008 et a été résilié le 28 décembre 2015. Il est par ailleurs constant que si M. B a conclu un contrat de distribution d'eau le 1er février 2017, soit 21 jours avant la date de la vente de sa maison, la facture produite par l'intéressé ne fait état d'aucune consommation sur la période du 1er février au 30 juin 2017. Si l'intéressé fait valoir qu'il a été contraint, en raison de ressources limitées, à un mode de vie précaire, son chauffage étant fourni par un poêle à bois et l'électricité produite par un groupe électrogène, il ne produit à l'appui de ses allégations aucun des documents, qu'il est seul en mesure de produire, susceptibles de venir au soutien de ses prétentions, et notamment ni les factures correspondant à l'achat du bois nécessaire à l'alimentation du poêle ou du carburant qu'il devait nécessairement se procurer afin d'assurer le fonctionnement du groupe électrogène qu'il allègue avoir utilisé pour produire de l'électricité. En outre, les attestations, produites postérieurement à l'introduction de la présente requête, selon lesquelles il prenait ses douches chez un tiers et résidait de manière permanente dans sa maison ne sont soutenues par aucun élément de nature à en établir la véracité. Enfin, ni les attestations de son épouse et de sa mère, peu circonstanciées, ni la circonstance que sa carte d'identité, délivrée le 21 mars 2017, mentionne comme adresse ne suffisent à établir que la maison sise aurait été la résidence principale de
M. B au jour de la cession, intervenue le 22 février 2017. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a remis en cause, sur le fondement des dispositions précitées, l'exonération litigieuse.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une quelconque somme. En tout état de cause, les conclusions présentées par M. B sur ce fondement ne sont pas chiffrées et doivent, par conséquent, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la directrice régionale des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
Mme Hascoët, premier conseiller,
M. Cherief, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2023.
Le rapporteur,
H. Cherief
La greffière,
L. Curot
Le président,
Ph. Nicolet
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026