mardi 25 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2200402 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | DELESPIERRE Nicolas |
| Avocat requérant | SENOT AMANDINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires enregistrés les 9 et 28 février 2022, 4 mai 2022 et 20 septembre 2022, et par un mémoire du 3 octobre 2022 qui n'a pas été communiqué, M. D A, représenté par Me Senot, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
- de lui accorder une remise totale ou partielle de ses dettes de revenu de solidarité active et de prime exceptionnelle de fin d'année de 7 375,52 euros ;
- de mettre à la charge du département de l'Yonne et de la caisse d'allocations familiales la somme de 900 euros au titre de l'article L. 761-l du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la dette n'est pas constitutive d'une fraude ;
- il est en situation de précarité.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 29 juillet 2022 et 22 septembre 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Yonne conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2022, le département de l'Yonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 3 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. Delespierre, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement avisées du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, de nationalité afghane, a bénéficié du revenu de solidarité active à compter du 1er décembre 2019 après avoir déclaré être né le 12 avril 1994. Le 4 juin 2021, la caisse d'allocations familiales de l'Yonne été informée qu'en réalité l'intéressé était né le 21 mars 2001. Cet organisme a donc de nouveau étudié les droits de l'intéressé et lui a notifié, le 13 novembre 2021, un indu de revenu de solidarité active de 6 940,68 euros pour la période comprise entre décembre 2019 et mars 2021 ainsi qu'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2020 de 152,45 euros. Le requérant a déposé une demande de remise gracieuse de ses dettes s'élevant à la somme de 7 375,52 euros avec la prise en compte d'un précédent indu de revenu de solidarité active de 282,39 euros. Par des décisions en date du 18 janvier 2022, la caisse d'allocations familiales de l'Yonne a refusé d'accorder à M. A le bénéfice de remises totales de ses dettes de revenu de solidarité active et de prime d'activité. Par sa requête, M. A demande au tribunal de lui accorder des remises gracieuses et doit être regardé comme demandant au tribunal de le décharger de ses dettes de revenu de solidarité active et de prime exceptionnelle de fin d'année 2020.
2. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
3. D'une part, si les indus en litige, dont le bien-fondé n'est pas contesté, découlent de la régularisation de l'état civil du requérant et plus particulièrement de la rectification de sa date de naissance, la bonne foi de M. A n'a toutefois pas été mise en cause. Cette circonstance est toutefois sans influence sur l'existence et sur l'exigibilité des dettes de revenu de solidarité active et de prime exceptionnelle de fin d'année 2020 et ne donne pas à l'intéressé, par elle-même, un droit acquis à une remise de ses dettes qui doit être appréciée au vu de sa situation de précarité.
4. Il résulte de l'instruction que le montant total des dettes de revenu de solidarité active et de prime exceptionnelle de fin d'année au titre de l'année 2020 s'élève à la somme totale de 7 375,52 euros. A supposer que le requérant ait été de bonne foi en déclarant être né en 1994 alors qu'en réalité, il est né en 2001, il résulte de l'instruction que les ressources moyennes mensuelles de M. A, célibataire sans enfant à charge, à la date des décisions attaquées, soit au 18 janvier 2022, s'élèvent à 1 375 euros et que ses charges sont de 315 euros de loyer, 55 euros d'électricité, 40 euros d'eau et 19 euros pour le ramassage des ordures ménagères, soit un reste à vivre mensuel de 946 euros et journalier de 31 euros. Dans ces conditions, il n'est pas établi que M. A serait dans une situation de précarité telle qu'il y aurait lieu de lui accorder une remise gracieuse. En tout état de cause, l'intéressé peut, s'il s'y croit fondé, s'adresser aux services compétents afin de définir des modalités de remboursement les mieux adaptées à ses capacités financières, même minimes.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée y compris les conclusions présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C, au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées et au département de l'Yonne. Copie sera transmise pour information à la caisse d'allocations familiales de l'Yonne.
Rendu public par la mise à disposition au greffe le 25 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
N. BLa greffière,
A. ROUSSILHE
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées et au préfet de l'Yonne, chacun en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026