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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2200447

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2200447

mardi 16 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2200447
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationCH 3 JU
Avocat requérantCAILLE ANTONIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 février et 24 août 2022, M. C A, représenté par Me Caille, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision en date du 14 janvier 2022 par laquelle la directrice de la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Côte-d'Or a rejeté sa demande de remise de sa dette de prime d'activité d'un montant de 160,53 euros ;

2°) d'annuler la décision du 14 janvier 2022 de la directrice de la CAF de la Côte-d'Or en tant qu'elle ne lui a accordé que le bénéfice d'une remise partielle de sa dette de revenu de solidarité active (RSA) ;

3°) de lui accorder le bénéfice d'une remise totale de ses dettes de prime d'activité et de RSA.

M. A soutient que la directrice de la CAF de la Côte-d'Or a commis une erreur d'appréciation dès lors qu'il est de bonne foi et que sa situation est précaire.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 11 mai et 7 septembre 2022, le département de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.

Le département de la Côte-d'Or soutient que le moyen invoqué par M. A n'est pas fondé.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 mai et 10 novembre 2022, la CAF de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.

La CAF de la Côte-d'Or soutient que le moyen invoqué par M. A n'est pas fondé.

Par une décision du 13 juin 2022, M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Boissy, président, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de M. B a été entendu.

Considérant ce qui suit :

Sur le cadre juridique :

En ce qui concerne le cadre juridique relatif à la prime d'activité :

1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 841-1, L. 843-1, L. 845-2 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale, la prime d'activité, qui a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat, est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants.

2. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 1 décide de récupérer un paiement indu de prime d'activité et que le ressortissant concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, l'organisme peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée.

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

En ce qui concerne le cadre juridique relatif au revenu de solidarité active :

4. En vertu des dispositions combinées des articles L. 262-1, L. 262-13, L. 262-16, L. 262-25 et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active, qui a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'insertion sociale et professionnelle, est attribué par le président du conseil départemental ou, par délégation, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole, lesquelles en assurent également le service et le contrôle dans des conditions fixées par voie de convention.

5. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 4 décide de récupérer un paiement indu de revenu de solidarité active et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, le président du conseil départemental peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée.

6. Lorsqu'il statue un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une telle demande, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

Sur le litige soumis par M. A :

7. A la suite d'un contrôle diligenté par ses services en mai 2021, la CAF de la Côte-d'Or a constaté que le dossier de M. A présentait des irrégularités au regard de ses droits à la prime d'activité et au RSA. Le 30 août 2021, la CAF de la Côte-d'Or a réclamé à l'intéressé des paiements indus de prime d'activité et de RSA d'un montant total de 1 674, 12 euros au titre de la période allant du 1er août 2020 au 31 octobre 2020. Le 1er octobre 2021, M. A a sollicité une remise gracieuse de ses dettes. Par deux décisions du 14 janvier 2022, la CAF de la Côte-d'Or, d'une part, a rejeté la demande de remise gracieuse de la dette de prime d'activité d'un montant de 160,53 euros et, d'autre part, a accordé à M. A une remise partielle -279 euros- de sa dette de RSA qui s'élevait alors à 1 116 euros, laissant à sa charge un indu de 837 euros. Le 7 février 2022, l'intéressé a de nouveau sollicité le bénéfice d'une remise gracieuse de ses dettes de prime d'activité et de RSA. Le 3 mars 2022, la directrice de la CAF de la Côte-d'Or a rejeté sa demande au motif qu'une remise partielle lui avait déjà été accordée. Le requérant doit être regardé comme demandant au juge de lui accorder le bénéfice d'une remise totale de ses dettes de RSA et de prime d'activité en exerçant son office défini aux points 3 et 6.

8. Il est vrai que, même s'il résulte de l'instruction que M. A a omis de déclarer, en mai 2020, une somme de 395,84 euros correspondant aux indemnités journalières qui lui ont été versées par la CPAM de la Côte-d'Or et une somme de 1 116 euros correspondant aux revenus salariés qu'il a perçus et que l'intéressé est exclusivement à l'origine des indus qui lui sont réclamés, la bonne foi du requérant n'apparaît pas devoir être remise en cause dans le présent litige.

9. Toutefois, il résulte tout d'abord de l'instruction que M. A a déjà bénéficié d'une remise de 25% de la dette de RSA qui restait alors à recouvrer et que, compte tenu des retenues et compensations déjà effectuées par les services de la CAF de la Côte-d'Or, le montant total des indus de prime d'activité et de RSA qui reste en litige s'élève actuellement à 350,34 euros. Ensuite, si le requérant indique que ses charges mensuelles s'élèvent à 773,56 euros, il apparait que l'intéressé a bénéficié d'allocations de retour à l'emploi au titre de la période allant d'août 2021 à juin 2022, d'une moyenne de 1 029,14 euros, auxquelles s'ajoutent des aides ponctuelles sur lesquelles des retenues ont été pratiquées ainsi que des aides personnelles au logement d'un montant de 115,51 euros au titre du mois de juillet 2022. Par ailleurs, si M. A fait valoir que sa mère est hébergée chez lui à titre gratuit, celle-ci a cependant fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français par un arrêté du préfet de la Côte-d'Or du 5 avril 2022. Enfin, il résulte de l'instruction que M. A ne bénéficie plus, depuis le 1er août 2021, du RSA en raison de ses " ressources supérieures au plafond ".

10. Compte tenu de ce qui vient d'être dit au point 9, et alors qu'il ne résulte pas de l'instruction que l'état de précarité de M. A se serait significativement dégradé depuis lors, la directrice de la CAF de la Côte-d'Or, en refusant de procéder à une remise de la dette de prime d'activité et en n'accordant qu'une remise partielle de la dette de RSA, n'a pas commis d'erreur d'appréciation.

11. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées et au département de la Côte-d'Or.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales de la Côte-d'Or.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2023.

Le magistrat désigné,

L. BLa greffière,

A. Roussilhe

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier0

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