jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2201236 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LANCELIN & LAMBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 mai et 8 novembre 2022, Mme H D, agissant tant en son nom personnel qu'en qualité de représentante légale de sa fille A G, représentée par Me Ben Hadj Younès, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le centre hospitalier universitaire (CHU) de Dijon à lui verser une indemnité provisionnelle de 131 924, 10 euros à valoir sur les préjudices définitifs subis par sa fille A et une indemnité provisionnelle de 5 250 euros à valoir sur ses propres préjudices définitifs ;
2°) de mettre à la charge du CHU de Dijon le versement d'une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme D soutient que :
- le CHU a commis une faute en multipliant les extubations de sa fille A sans fournir de justifications médicales et en tardant à réaliser une endoscopie dès le troisième échec d'extubation dans un contexte d'échecs successifs d'extubation ;
- ces fautes sont à l'origine d'une perte de chance d'éviter le dommage ;
- par un arrêt devenu définitif, la cour administrative d'appel de Lyon a retenu la responsabilité du CHU de Dijon ;
- compte tenu des provisions qui ont déjà été versées en exécution de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon, les préjudices subis par A sont de 879 494 euros et correspondant, à hauteur de 96 246 euros, au déficit fonctionnel temporaire partiel, à hauteur de 15 000 euros, aux souffrances endurées, à hauteur de 5 000 euros, au préjudice esthétique, à hauteur de 10 000 euros, au préjudice d'agrément, à hauteur de 20 000 euros, au préjudice scolaire et, à hauteur de 733 248 euros, à l'assistance à tierce personne temporaire pour la période du 30 avril 2014 au 12 avril 2021 ;
- après application du taux de perte de chance de 15% retenu par la Cour, A G a donc droit à une indemnité provisionnelle totale de 131 924,10 euros ;
- compte tenu des provisions qui ont déjà versées en exécution de l'arrêt de la Cour administrative d'appel de Lyon, Mme D a subi un ensemble de préjudices, évalués globalement à 35 000 euros, qui correspond à des dépenses de santé pour un montant de 5 000 euros, à un " préjudice d'affection " pour un montant de 10 000 euros et à un " préjudice exceptionnel " dans ses troubles dans les conditions d'existence d'un montant de 20 000 euros ;
- après application du taux de perte de chance de 15% retenu par la Cour, Mme D a donc droit à une indemnité provisionnelle totale de 5 250 euros ;
- les préjudices correspondant au déficit fonctionnel permanent de A et à la perte de gains professionnels de Mme D sont réservés jusqu'à la date de consolidation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 11 octobre 2022, 27 février 2023 et 21 décembre 2023, le CHU de Dijon, représenté par Me Lambert, conclut, dans le dernier état de ses écritures, à titre principal, au rejet de la requête et des conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Côte-d'Or et, à titre subsidiaire, à l'organisation d'une nouvelle expertise médicale et à la minoration des prétentions indemnitaires de la requérante.
Le CHU de Dijon soutient que :
- il résulte des différents rapports d'expertise, notamment de l'expertise du professeur F -qui est postérieure à l'arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon-, qu'aucune faute médicale n'a été commise dans la prise en charge de A G ;
- en admettant que les gestes médicaux, indispensables à l'état de santé de A G, puissent être considérés comme fautifs, il n'existe aucun lien de causalité entre les préjudices subis par l'enfant et sa prise en charge ;
- si le tribunal retenait la responsabilité du CHU, il serait nécessaire de diligenter une nouvelle expertise, notamment afin de fixer la date de consolidation de l'état de A G ;
- les indemnités provisionnelles réclamées sont excessives.
Par des mémoires, enregistrés les 17 mai 2023, 6 juin 2023 et 27 mars 2024, la CPAM de la Côte-d'Or demande, dans le dernier état de ses écritures, la condamnation du CHU de Dijon à lui rembourser la somme de 464 148, 83 euros au titre des prestations versées à son assurée et la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2024 ;
- l'arrêt de la cour administrative de Lyon n° 16LY00205 du 14 juin 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Desseix,
- les conclusions de M. E,
- et les observations de Me Ben Hadj Younès représentant Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. Le 10 octobre 2007, Mme H D a donné naissance par césarienne à une petite fille, A G, au terme de trente-trois semaines d'aménorrhée, au centre hospitalier universitaire (CHU) de Dijon. A présentait un laparoschisis, malformation détectée par une échographie pré-natale, qui a nécessité une opération réalisée le jour même, suivie d'une hospitalisation dans le service de réanimation pédiatrique du CHU de Dijon. Après plusieurs tentatives d'extubation/intubation, une endoscopie réalisée le 27 novembre 2007 a mis en évidence une sténose laryngée. Mme D imputant cette sténose à la succession d'extubations et d'intubations et au retard pris pour réaliser l'endoscopie, elle a saisi le tribunal administratif de Dijon d'une demande d'expertise. Par ordonnance du 9 juillet 2009, le juge des référés du tribunal administratif de Dijon a désigné le professeur B en qualité d'expert et celui-ci a déposé son rapport le 22 février 2010. La commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (CRCI) Bourgogne, également saisie le 12 novembre 2013, a diligenté une expertise médicale confiée au docteur C qui a déposé son rapport le 14 mai 2014.
2. Par un arrêt n° 16LY00205 du 14 juin 2018, devenu définitif, la cour administrative d'appel de Lyon a estimé que les extubations dont les justifications médicales n'avaient pas pu être fournies et le retard à réaliser une endoscopie dès le troisième échec d'extubation devaient être regardées comme constitutifs de fautes de nature à engager la responsabilité du CHU de Dijon. La Cour a ensuite estimé que, dans les circonstances de l'espèce, ces fautes avaient entraîné une perte de chance d'éviter les séquelles de 15 %. Enfin, la Cour a notamment condamné le CHU de Dijon à verser à Mme D, en son nom personnel et en sa qualité d'ayant-droit de sa fille A, une somme provisionnelle de 10 929,75 euros.
3. Par une ordonnance du 28 avril 2020, le juge des référés du tribunal administratif de Dijon a ordonné une expertise en vue, notamment, d'apprécier l'évolution de l'état de santé de A, le lien éventuel entre son aggravation et les fautes commises par le CHU de Dijon et, enfin, les préjudices en résultant pour la jeune A. Le professeur F, expert désigné par cette ordonnance, a remis son rapport le 6 décembre 2020.
4. Mme D demande au tribunal de condamner le CHU de Dijon à lui verser, dans l'attente de la consolidation de l'état de santé de A, une indemnité provisionnelle de 131 924,10 euros à valoir sur les préjudices subis par sa fille et une indemnité provisionnelle de 5 250 euros à valoir sur ses préjudices personnels.
Sur les conclusions à fin de condamnation présentées par Mme D :
En ce qui concerne la responsabilité du CHU de Dijon :
5. Compte tenu de l'autorité de chose jugée qui s'attache tant au dispositif qu'aux motifs, qui en sont le soutien nécessaire, de l'arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon analysé au point 2, le CHU de Dijon n'est pas recevable à soutenir qu'il n'a commis aucune faute dans la prise en charge de A G et qu'il n'existe aucun lien de causalité entre les actes médicaux fautifs et les préjudices subis par la jeune A.
6. En second lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport du professeur F, que la dégradation actuelle de l'état de santé de A et des complications dont elle souffre depuis le 14 juin 2018 résulte du caractère inexorable, malgré plusieurs chirurgies correctrices, de l'évolution de sa lésion laryngée vers une fibrose récidivante, et que ces complications revêtent un " caractère très inhabituel en partie seulement prévisible ". Dès lors que l'évolution de l'état de santé de la jeune fille est en lien direct avec la sténose laryngée initiale, dont il résulte de ce qui a été dit au point 2 qu'elle doit être regardée comme imputable à des fautes commises par le CHU de Dijon, la requérante est fondée à demander, à titre provisionnel, une somme réparant les préjudices que la Cour n'a pas indemnisés.
En ce qui concerne l'évaluation des préjudices :
S'agissant des préjudices de A :
Quant aux frais d'assistance à tierce personne :
7. D'une part, il résulte du rapport d'expertise que la jeune A G nécessite une assistance par une tierce personne que l'expert a évaluée à huit heures d'aide active quotidienne en journée et huit heures d'assistance passive la nuit, les incidents respiratoires nécessitant une surveillance particulière. Compte tenu des périodes d'hospitalisation de A entre le 30 avril 2014 et le 9 septembre 2020, période au titre de laquelle est demandée l'indemnisation de l'assistance à tierce personne, et des montants horaires du salaire minimum depuis cette date, augmenté des charges sociales et des majorations de rémunération dues les dimanches et jours fériés, et sur la base de 412 jours par an pour tenir compte des congés payés annuels, le montant de l'assistance à tierce personne que la requérante a demandé pour la seule période du 30 avril 2014 au 12 avril 2021 s'élève à 625 714,16 euros. Compte tenu du taux de perte de chance retenu au point 2, il y a lieu de fixer le montant de la réparation que doit assurer le CHU de Dijon à ce titre à la somme provisionnelle de 93 857,12 euros.
8. D'autre part, le montant de l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé et de son complément éventuel peut être déduit d'une rente ou indemnité allouée au titre de l'assistance par tierce personne. Toutefois, lorsque l'auteur de la faute n'est tenu de réparer qu'une fraction du dommage corporel, cette déduction n'a lieu d'être que lorsque le montant cumulé de l'indemnisation incombant normalement au responsable et de l'allocation et de son complément excéderait le montant total des frais d'assistance par une tierce personne. Il résulte de l'instruction que le montant cumulé de l'indemnisation provisionnelle due par le CHU de Dijon au titre de l'assistance à tierce personne et des aides effectivement perçues par Mme D n'excède par le montant total de frais d'assistance à tierce personne. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de déduire le montant de l'AEEH de la somme provisionnelle de 93 857,12 euros mise à la charge du CHU de Dijon à ce titre.
Quant au déficit fonctionnel temporaire :
9. Il résulte de l'instruction, d'une part, que la cour administrative d'appel de Lyon a indemnisé le déficit fonctionnel temporaire subi par A entre sa naissance et le 14 juin 2018 -date de lecture de son arrêt- et, d'autre part, que la jeune A G a subi un déficit fonctionnel temporaire évalué à 60% par le professeur F. Ce déficit fonctionnel temporaire doit par ailleurs être regardé comme s'élevant à 100 % au cours des différentes périodes d'hospitalisation de A, soit dix jours au titre de la période postérieure au 4 juin 2018. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel temporaire de A G arrêté à la date du présent jugement en l'évaluant, sur la base de 16 euros par jour, à une somme de 15 376 euros. Compte tenu du taux de perte de chance indiqué au point 2, il y a lieu de fixer le montant de la réparation que doit assurer le CHU de Dijon à ce titre à la somme provisionnelle de 2'306,40 euros.
Quant aux souffrances endurées :
10. Il résulte de l'instruction que les souffrances endurées par A avant la consolidation de son état de santé ont été évaluées à 25 000 euros par l'arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon du 14 juin 2018, soit 3 750 euros après application du taux de 15%. Ces souffrances étaient alors évaluées à 6/7, évaluation qui n'a pas été modifiée par le professeur F dans son rapport d'expertise. Dans ces circonstances, et compte tenu du montant déjà alloué, il n'y a pas lieu d'allouer une provision complémentaire à ce titre.
Quant au préjudice esthétique temporaire :
11. Le préjudice esthétique temporaire, chiffré par l'expert à 5/7 en 2018, a été évalué par l'arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon à hauteur de 13 000 euros et une somme de 1 950 euros a été allouée après application du taux de perte de chance. Si le professeur F a estimé que le préjudice esthétique subi par A s'était aggravé à l'occasion de la puberté de la jeune fille, il précise toutefois que ce préjudice devra être réévalué après consolidation de son état et ne propose pas d'évaluation différente de celle faite en 2018. Dans ces conditions, il convient de réserver ce poste de préjudice dans l'attente de la consolidation.
Quant au préjudice d'agrément :
12. Le préjudice d'agrément est celui qui résulte d'un trouble spécifique lié à l'impossibilité pour la victime de continuer à pratiquer certaines activités sportives et de loisirs. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que A pratique la danse, mais que son état de santé limite ses possibilités de pratiquer des activités sportives ou de loisir, la présence de sa mère étant nécessaire lors d'une telle pratique. Toutefois, il n'en résulte pas un préjudice d'agrément, distinct du déficit fonctionnel temporaire, susceptible d'être indemnisé spécifiquement. Ce chef de préjudice doit par suite être écarté.
Quant au préjudice scolaire :
13. Lorsque la victime se trouve privée de toute possibilité d'accéder à une scolarité, la seule circonstance qu'il soit impossible de déterminer le parcours scolaire qu'elle aurait suivi ne fait pas obstacle à ce que soit réparé le préjudice ayant résulté pour elle de l'impossibilité de bénéficier de l'apport d'une scolarisation. La part patrimoniale de ce préjudice, tenant à l'incidence de l'absence de scolarisation sur les revenus professionnels, est réparée par l'allocation d'une rente fixée sur la base du salaire médian net mensuel. La part personnelle de ce préjudice ouvre à la victime le droit à une réparation.
14. Il résulte de l'instruction que si A G poursuit sa scolarité, elle rencontre, du fait de son état de santé, d'importantes difficultés dans ses apprentissages, lesquels nécessitent la présence d'un accompagnant d'élève en situation de handicap -à hauteur de vingt-six heures hebdomadaires- et ont entrainé un retard scolaire de deux années à la date du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, la part personnelle du préjudice ainsi subi par A à la date du présent jugement peut être évaluée à 10 000 euros. Compte tenu du taux de perte de chance indiqué au point 2, le montant de la réparation que doit assurer le CHU de Dijon s'élève ainsi à 1 500 euros.
S'agissant des préjudices de Mme D :
15. En premier lieu, il ne résulte pas de l'instruction que Mme D a engagé des dépenses, d'un montant total de 5 000 euros, afin de permettre la mise en place d'un suivi psychologique. Ce chef de préjudice doit par suite être écarté.
16. En deuxième lieu, dans son arrêt du 14 juin 2018, la cour administrative d'appel de Lyon a évalué le " préjudice moral " subi par Mme D à 10 000 euros et lui ainsi alloué une somme provisionnelle de 1 500 euros après application du taux de perte de chance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'allouer, à titre provisionnel, une somme supplémentaire en réparation de ce poste de préjudice.
17. En dernier lieu, il résulte de l'instruction que l'état de santé de A G a entrainé un bouleversement du mode de vie quotidien de sa mère, en raison notamment de l'aide qu'elle lui apporte à hauteur de seize heures par jours. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant, à compter de la naissance de A et jusqu'à la date du présent jugement, à la somme provisionnelle de 20 000 euros. Compte tenu du taux de perte de chance indiqué au point 2, le montant de la réparation que doit assurer le CHU de Dijon s'élève ainsi à 3 000 euros.
18. Il résulte de l'ensemble de ce qui a été dit aux points 7 à 17 que Mme D est seulement fondée à demander la condamnation du CHU de Dijon à lui verser une somme provisionnelle de 97 663,52 euros, au titre des préjudices subis par A G, et une somme de 3 000 euros au titre de ses préjudices propres.
Sur les conclusions présentées par la CPAM de la Côte-d'Or :
En ce qui concerne les dépenses de santé :
19. La CPAM de la Côte-d'Or soutient qu'elle a droit au remboursement d'une somme totale de 464 148,83 euros correspondant au montant des dépenses de santé qu'elle a exposées pour le compte de son assurée et produit, à l'appui de ses écritures, un état des débours portant sur des frais d'hospitalisation pour la période allant du 7 décembre 2007 au 2 mars 2019, des frais médicaux pour la période du 5 mai 2008 au 23 novembre 2019, des frais pharmaceutiques au titre de la période du 2 mai 2008 au 3 janvier 2020, des frais d'appareillage exposés entre le 2 mai 2008 et le 1er décembre 2021 et, enfin, des frais de transport du 8 août 2008 au 9 septembre 2020.
20. Il résulte de l'instruction que, par un arrêt n° 16LY00205 du 14 juin 2018, la cour administrative d'appel de Lyon a estimé que la CPAM avait justifié avoir exposé des dépenses de santé d'un montant total de 437 393,61 euros et correspondant aux frais d'hospitalisation et aux frais médicaux pour la période du 5 mai 2008 au 23 avril 2014, des frais pharmaceutiques au titre de la période du 2 mai 2008 au 11 avril 2014, des frais d'appareillage du 2 mai 2008 au 26 avril 2014 et, enfin, des frais de transport du 8 août 2008 au 17 avril 2014 et a condamné le CHU de Dijon à lui rembourser une somme correspondant à la fraction de la perte de chance -15%- qu'elle avait retenue, soit 65 609,04 euros.
21. Le relevé des débours que produit la CPAM dans le cadre de la présente instance ne comportant le détail des frais engagés que pour ce qui concerne les frais hospitalier, une mesure d'instruction lui a été adressée afin qu'elle précise le montant des autres frais exposés postérieurement aux périodes prises en compte par l'arrêt de la Cour. Le tableau produit par la CPAM en réponse à la mesure d'instruction ne permet toutefois pas d'établir le montant de ces frais pour la période postérieure à celle ayant déjà fait l'objet de remboursements. Ainsi, malgré la mesure d'instruction faite en ce sens, seul le montant des frais d'hospitalisation postérieurs au 23 avril 2014 est établi pour un montant de 35 217, 92 euros. Dès lors, compte tenu du taux de perte de chance indiqué au point 2, le montant des débours que doit prendre en charge le CHU de Dijon s'élève à 5 282, 69 euros.
En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :
22. En application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale et de l'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023 visé ci-dessus, il y a lieu d'allouer à la CPAM de la Côte-d'Or la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
23. Compte tenu de ce qui vient d'être dit aux points 19 à 22, la CPAM de la Côte-d'Or est seulement fondée à demander la condamnation du CHU de Dijon à lui verser une somme de 5 282, 69 euros au titre de ses débours arrêtés à la date du présent jugement et une somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Sur les frais liés au litige :
En ce qui concerne les dépens de l'instance :
24. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les honoraires de l'expert, taxés et liquidés à la somme de 2 322 euros par une ordonnance du vice-président du tribunal administratif de Dijon du 29 décembre 2020, à la charge définitive du CHU de Dijon.
En ce qui concerne les frais exposés et non compris dans les dépens :
25. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CHU de Dijon une somme de 1 500 euros à verser à Mme D sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : Le CHU de Dijon versera à Mme D, en sa qualité de représentante légale de sa fille mineure A G, la somme provisionnelle de 97 663,52 euros.
Article 2 : Le CHU de Dijon versera à Mme D, en son nom propre, la somme provisionnelle de 3 000 euros.
Article 3 : Le CHU de Dijon est condamné à verser à la CPAM de la Côte-d'Or une somme de 5 282,69 euros au titre de ses débours et une somme de 1 191 euros au titre l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 4 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 2 322 euros, sont définitivement mis à la charge du CHU de Dijon.
Article 5 : Le CHU de Dijon versera à Mme D une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions présentées par les parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme H D, au centre hospitalier universitaire de Dijon et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Côte-d'Or.
Délibéré après l'audience du 17 mai 2024 à laquelle siégeaient :
- M. Boissy, président,
- Mme Desseix, première conseillère,
- Mme Bois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 27 juin 2024.
La rapporteure,
M. DesseixLe président,
L. BoissyLa greffière,
A. Roussilhe
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026