vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2201265 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CH 3 JU |
| Avocat requérant | SCP GALLON & MAURY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 mai 2022, Mme C D forme une opposition à la contrainte, d'un montant de 660,96 euros, délivrée par la directrice de la caisse d'allocations familiales de la Nièvre le 22 avril 2022.
Mme D soutient que :
- la contrainte en litige lui a été délivrée sans que la mise en demeure mentionnée à R. 133-3 du code de la sécurité sociale ne lui ait été préalablement notifiée ;
- elle n'a pas fait de " déclarations mensongères ".
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2023, la CAF de la Nièvre, représentée par Me Gallon, conclut au rejet de la requête.
La CAF de la Nièvre soutient que :
- l'opposition à contrainte de Mme D n'est pas recevable dès lors qu'elle n'a pas exercé, préalablement, un recours administratif devant la commission de recours amiable ;
- les moyens invoqués par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Boissy, président, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de M. A a été entendu.
Considérant ce qui suit :
Sur le cadre juridique :
1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 841-1, L. 843-1, L. 845-2 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale, la prime d'activité, qui a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat, est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants.
2. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 1 décide de récupérer un paiement indu de prime d'activité, remettant ainsi en cause des paiements déjà effectués, la personne qui en conteste le bien-fondé doit, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable auprès de la commission de recours amiable de cet organisme et la décision prise par cette commission se substitue à la décision initiale et est seule susceptible d'être contestée devant le juge administratif. Statuant sur un recours dirigé contre une telle décision, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient également, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
3. Aux termes de l'article L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale, applicable au recouvrement des indus de prime d'activité en vertu de l'article L. 845-1 du même code : " Pour le recouvrement d'une prestation indûment versée (), le directeur d'un organisme de sécurité sociale peut () délivrer une contrainte qui, à défaut d'opposition du débiteur devant la juridiction compétente, comporte tous les effets d'un jugement et confère notamment le bénéfice de l'hypothèque judiciaire ". Aux termes de l'article R. 133-3 de ce code : " Si la mise en demeure ou l'avertissement reste sans effet au terme du délai d'un mois à compter de sa notification, les directeurs des organismes créanciers peuvent décerner () une contrainte comportant les effets mentionnés à ces articles. La contrainte est notifiée au débiteur par tout moyen permettant de rapporter la preuve de sa date de réception ou lui est signifiée par acte d'huissier de justice. La contrainte est signifiée au débiteur par acte d'huissier de justice ou par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. A peine de nullité, l'acte d'huissier ou la notification mentionne la référence de la contrainte et son montant, le délai dans lequel l'opposition doit être formée, l'adresse du tribunal compétent et les formes requises pour sa saisine. () Le débiteur peut former opposition par inscription au secrétariat du tribunal compétent () ".
4. Il résulte des dispositions analysées aux points 1 et 2 et de celles citées au point 3 que si l'opposition à une contrainte délivrée en vue de l'exécution d'une décision de récupération d'un paiement indu de prime d'activité n'est pas subordonnée à l'exercice d'un recours administratif préalable, le débiteur peut seulement contester le bien-fondé de cet indu à la condition d'avoir exercé le recours administratif mentionné au point 2.
Sur le litige soumis par Mme D :
5. Les 15 et 16 avril 2020, la CAF de la Nièvre a réclamé à Mme D des paiements indus de prime d'activité d'un montant de 492,43 euros et de 168,53 euros, respectivement au titre des périodes allant du 1er mai au 31 décembre 2018 et du 1er au 30 avril 2018, soit un montant total de 660,96 euros. Après avoir demandé à l'intéressée, le 31 décembre 2020, de lui rembourser cette dette et lui avoir adressé une mise en demeure datée du 3 février 2021, la directrice de la CAF de la Nièvre lui a notifié une contrainte, datée du 22 avril 2022, en vue de recouvrer cette somme de 660,96 euros. Mme D doit être regardée comme formant opposition à cette contrainte.
6. En premier lieu, il résulte tout d'abord de l'instruction, et en particulier des mentions non contestées figurant sur le document " déclaration de situation " transmis par M. B à la caisse régionale de mutualité sociale agricole (MSA) de Bourgogne le 3 janvier 2020, que la mise en demeure du 3 février 2021 a été adressée à l'adresse, située au 41 rue de Volleron à Coulanges les Nevers, à laquelle M. B a déclaré habiter, depuis le 15 décembre 2019, avec Mme D. Ensuite, l'avis de réception attaché au pli recommandé comporte la mention " présenté / avisé le 9/02/2021 ". Enfin, ce pli recommandé a été renvoyé à la CAF de la Nièvre revêtu de la mention " pli avisé et non réclamé " et non de la mention " destinataire inconnu à l'adresse ". Il résulte de l'ensemble de ces éléments que la notification de la mise en demeure est réputée avoir été faite à une adresse déclarée à l'administration et à laquelle l'intéressée était en mesure de recevoir son courrier. Mme D ayant négligé de retirer ce pli dans le délai de quinze jours prévu par la réglementation postale, cette mise en demeure doit être regardée comme ayant été régulièrement notifiée à l'intéressée le 9 février 2021, date de sa première présentation. En décernant à Mme D une contrainte, datée du 22 avril 2022, la directrice de la CAF de la Nièvre n'a donc pas entaché la procédure d'une irrégularité au regard de l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale.
7. En second lieu, il ne résulte pas de l'instruction que Mme D aurait exercé le recours préalable mentionné au point 2 contre les décisions lui réclamant les paiements indus de prime d'activité ou que, à la date du présent jugement, la directrice de la CAF de la Nièvre aurait pris une décision statuant sur un tel recours. Dès lors, compte tenu de ce qui a été dit au point 4, la requérante n'est pas recevable à contester le bien-fondé de l'indu de prime d'activité qui lui est réclamé.
8. Au demeurant, il est certes exact que Mme D n'a conclu avec M. B un pacte civil de solidarité (PACS) que le 8 mars 2019, et non le 2 mars 2018, comme M. B l'a, à tort, indiqué dans sa déclaration de situation transmise à la MSA de Bourgogne le 3 janvier 2020. Toutefois, la requérante, qui a admis, dans ses écritures, " loger " chez M. B, " lors de ses périodes en entreprise sur Nevers ", alors qu'elle était inscrite à l'université Clermont-Auvergne, au cours de l'année universitaire 2017-2018 -et à l'issue de laquelle elle a obtenu le diplôme de Master droit, économie, gestion- et qui a indiqué qu'elle était alors " étudiante en alternance ente Nevers et Clermont-Ferrand ", n'a produit aucun élément de nature à établir qu'elle n'était pas, depuis au moins mars 2018, en situation de concubinage avec M. B et n'a pas davantage justifié qu'elle ne devait pas être " rattachée au dossier " de ce dernier auprès de la MSA.
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de Mme D doit être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales de la Nièvre et à la caisse régionale de mutualité sociale agricole de Bourgogne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.
Le magistrat désigné,
L. ALa greffière,
A. Roussilhe
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier0
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026