mardi 31 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2201302 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CHATEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 mai 2022, M. A D, représenté par Me Chateau, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, auxquelles il a été assujetti au titre des années 2017 et 2018, et des pénalités correspondantes, à raison de celles relatives à des revenus excédant des montants en base de 31 500 euros au titre de l'année 2017, et de 17 100 euros au titre de l'année 2018 et de l'imposition de ces sommes dans la catégorie des traitements et salaires ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il était le salarié de la société Cidia Networking Technology Co Ltd, en vertu d'un contrat de travail, en date du 25 décembre 2015, en qualité de représentant du bureau de liaison de cette société, qui l'a mis à disposition de la société Meridian Online Group Ltd, dont son référent était associé ; il établit qu'il recevait des ordres de M. B E, alias G sur l'application wechat, associé et gérant de la société Cidia Networking Technology Co Ltd, et associé des sociétés Meridian Online, basée à Hong-Kong, et Meridian Online Group Ltd, basée à Shangai ;
- les sommes qui lui ont été versées pendant les années en litige, payées par M. B E et par la société Meridian Online Group Ltd, correspondent tout à la fois à ses salaires (2 100 euros nets de janvier 2017 à février 2018 et 1 500 euros nets de mars à octobre 2018), à des frais de déplacement, de carburant, de fret, d'hébergement et de restauration, à des achats de marchandises, d'emballages et de fournitures de bureau, et encore au salaire de M. F F, qu'il payait pour le compte de la société Meridian Online Group Ltd, en règlement de factures établies au nom des sociétés Meridian Online et Meridian Online Group Ltd ;
- les salaires qu'il a perçus s'élèvent au total à 31 500 euros au titre de l'année 2017 et à 17 100 euros au titre de l'année 2018.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 novembre 2022, l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Est conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées par une lettre du 14 novembre 2022 que cette affaire était susceptible, à compter du 9 janvier 2023, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée au 19 janvier 2023 par ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Irénée Hugez,
- et les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A D, qui n'a pas souscrit de déclarations de ses revenus des années 2017 et 2018, a fait l'objet d'un examen contradictoire de sa situation fiscale personnelle au titre de ces années, à l'issue duquel l'administration fiscale a considéré les sommes portées au crédit de son compte bancaire ouvert dans les livres de BNP Paribas, et provenant de virements émis de l'étranger, comme des revenus d'origine indéterminée, par une proposition de rectification en date du 11 mai 2021, et a procédé à une taxation d'office sur le fondement des dispositions du 1° de l'article L. 66 et de l'article L. 67 du livre des procédures fiscales. Les impositions en résultant ont été mises en recouvrement le 31 décembre 2021 pour un montant de 55 817 euros en droits et pénalités s'agissant de l'année 2017, et pour un montant de 40 398 euros en droits et pénalités s'agissant de l'année 2018. Par une décision explicite du 31 mars 2022, l'administration fiscale a rejeté la réclamation contentieuse préalable du 10 février 2022 du contribuable. Par sa requête, M. D demande au tribunal de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2017 et 2018, et des pénalités correspondantes, en tant que ces cotisations excèdent le montant résultant de l'imposition dans la catégorie des traitements et salaires d'une somme de 31 500 euros au titre de l'année 2017, et de 17 100 euros au titre de l'année 2018.
Sur les conclusions à fin de réduction :
2. Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. ", et aux termes de l'article R. 193-1 du même livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré. ".
3. M. D a été taxé d'office en application du 1° de l'article L. 66 et de l'article L. 67 du livre des procédures fiscales, en raison du défaut de dépôt de déclaration des revenus de chacune des années 2017 et 2018 malgré l'envoi, non contesté, d'une mise en demeure le 9 janvier 2020. Il appartient à M. D, qui a fait l'objet d'une procédure de taxation d'office dont il ne conteste pas la régularité, d'apporter la preuve de l'exagération de ses bases d'imposition.
4. Lorsque l'administration fiscale procède à la taxation d'office du revenu global d'un contribuable, elle n'est pas tenue, à défaut d'en connaître avec exactitude l'origine, de rattacher ce revenu à une catégorie particulière à moins que cette origine et la nature du revenu ne ressortent des documents ou d'informations qui se trouvent en sa possession. En particulier, les sommes versées par une société à un contribuable sont imposées à bon droit entre les mains de l'intéressé dans la catégorie des revenus d'origine indéterminée, dès lors qu'il n'établit pas les motifs de leur versement. Il lui est toutefois loisible d'apporter devant le juge de l'impôt la preuve que ces sommes, soit ne constituent pas des revenus imposables, soit se rattachent à une catégorie particulière de revenus.
5. Il résulte de l'instruction que l'administration a considéré comme des revenus d'origine indéterminée deux virements émis par M. E B, en provenance de Chine, les 23 janvier et 9 février 2017, d'un montant de 4 175 euros chacun, et treize virements émis par la société Meridian Online Group Ltd, en provenance de Chine ou de Hong-Kong, du 14 février 2017 au 2 octobre 2018, de montant unitaire variable allant de 3 085 à 22 785 euros, pour un montant total de 89 308 euros au titre de l'année 2017 et de 71 970,90 euros au titre de l'année 2018.
6. M. D considère que ces revenus constituent des salaires, à hauteur de 31 500 euros au titre de l'année 2017, et de 17 100 euros au titre de l'année 2018, taxables dans la catégorie des traitements et salaires, et des sommes non imposables pour le surplus, correspondant à des remboursements de frais et charges exposés pour la société Cidia Networking Technology Co. Ltd ou la société Meridian Online Group Ltd.
7. M. D produit à l'instance un contrat de travail à durée déterminée du 25 décembre 2015, qu'il aurait conclu avec la société Cidia Networking Technology Co. Ltd pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2021, pour un poste de " représentant du bureau de liaison " en " mission temporaire à l'étranger ", faisant état d'un salaire brut de 4 200 euros, dont la périodicité n'est pas mentionnée, un contrat de bail relatif à la prise en location d'un local d'activité d'une surface de 140 mètres carrés à Saint-Apollinaire, à proximité de Dijon, qu'il aurait signé en qualité de " représentant légal du bureau français de liaison " de la société Cidia Networking Technology Co. Ltd, une attestation du 9 mai 2021 du bailleur mentionnant avoir reçu paiement de loyers par virements bancaires de la société Meridian Online Ltd, un extrait d'immatriculation de la société Cidia Networking Technology Co. Ltd, mentionnant M. E C comme " responsable juridique " et des procès-verbaux de constats d'huissier retranscrivant des échanges de messages instantanés sur l'application wechat entre le requérant et un intervenant agissant sous le pseudonyme G. Toutefois, ces éléments ne permettent d'établir ni la mise à disposition alléguée de M. D auprès de la société Meridian Online Group Ltd, ni la relation entre M. E C et cette dernière société, ni l'identité de la personne intervenant sous le pseudonyme G, ni la nature exacte de la relation d'affaires entre " G " et M. D. En outre, ni ces éléments, ni le tableau " des entrées et sorties " produit par le requérant, reconstitué par ses soins, susceptible de correspondre à la reproduction, par l'intéressé, sous forme de liste, de ses relevés bancaires, qu'il n'a pas même produits à l'instance, qui n'est assorti d'aucune facture susceptible de justifier les dépenses alléguées, et dont les libellés récurrents sont particulièrement peu explicites, tels " Transporteur recharge acompte ", " voyage d'affaire " ou " commission pour les personnes qui cherchent fournisseur et aide à pass commande ", ne permettent d'établir le versement de salaires à M. D, ni la nature et la contrepartie des sommes versées par M. E C et par la société Meridian Online Group Ltd à M. D, ni en particulier que les débits figurant sur son compte bancaire correspondraient à des charges payées pour le compte de l'une des sociétés précitées. Par suite, M. D échoue, alors que la charge de la preuve lui incombe, comme cela a été rappelé au point 3 du présent jugement, à démontrer qu'une part des sommes perçues correspondrait à des salaires, imposables dans la catégorie des traitements et salaires et que le surplus correspondrait à des remboursements de frais et charges exposés pour les sociétés Meridian Online Group Ltd ou Cidia Networking Technology Co. Ltd. Dès lors, l'administration fiscale était fondée à considérer les sommes en litige comme des revenus d'origine indéterminée et à les assujettir à ce titre à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.
8. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, auxquelles il a été assujetti au titre des années 2017 et 2018, et des pénalités correspondantes, à raison de celles relatives à des revenus excédant des montants en base de 31 500 euros au titre de l'année 2017, et de 17 100 euros au titre de l'année 2018, ni en tout état de cause, l'imposition de ces dernières sommes dans la catégorie des traitements et salaires.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font, en tout état de cause, obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. D demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Centre-Est.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
M. Hugez, premier conseiller,
M. Cherief, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2023.
Le rapporteur,
I. Hugez
Le président,
Ph. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026