mardi 31 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2201566 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET CLEMANG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 16 juin et 22 novembre 2022, et 13 mars 2023, M. A B, représenté par la société civile professionnelle Clémang, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'État à lui verser la somme de 12 000 euros en réparation des préjudices qu'il soutient avoir subis en raison des agissements de ses services pendant la période de décembre 2020 à juin 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros hors taxes au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- en application des dispositions légales, les récépissés qui lui ont été délivrés entre décembre 2020 et juin 2021 auraient dû mentionner qu'il avait demandé le renouvellement de son titre de séjour et que ces récépissés l'autorisaient à travailler ; en ne portant pas ces mentions sur ces récépissés, l'État a commis des agissements illégaux qui engagent sa responsabilité ;
- la caisse d'allocations familiales a interrompu le versement de l'allocation aux adultes handicapés au motif que des récépissés de première demande de titre de séjour ne permettaient pas le versement des prestations litigieuses, de sorte que le lien de causalité entre les fautes invoquées et les préjudices subis est certain ;
- en raison de l'absence de ces mentions, il a été privé de son droit à l'allocation aux adultes handicapés entre décembre 2020 et juin 2021, soit une perte de revenus de 6 321 euros ;
- il est fondé à demander une somme globale de 12 000 euros, afin de tenir compte de son préjudice moral, dès lors qu'il se trouvait sans ressources, dans une situation de grande précarité, alors même que son état de santé nécessitait une stabilité dans sa prise en charge ;
- si la caisse d'allocations familiales de la Côte-d'Or lui a finalement versé un rappel de l'allocation aux adultes handicapés d'un montant de 5 418,90 euros, au titre des mois de décembre 2020 à juin 2021, la liquidation de ce rappel n'est intervenue que le 2 mars 2023, en cours d'instance, à la demande expresse des services de la préfecture ; eu égard aux souffrances endurées pendant la période de privation de cette allocation, il est fondé à demander le versement de la somme de 6 000 euros en réparation de son préjudice moral.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2022, le préfet de la Côte-d'Or, représenté par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 500 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 8 mars 2023, la caisse d'allocations familiales de la Côte-d'Or a produit, à la demande du tribunal, le détail des prestations servies à M. B de juillet 2019 à décembre 2022.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 août 2022.
Les parties ont été informées par une lettre du 14 novembre 2022 que cette affaire était susceptible, à compter du 12 décembre 2022, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée au 2 octobre 2023 par ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Irénée Hugez,
- les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public,
- et les observations de Me Clémang, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant kosovar, entré en France en juillet 2015, a été titulaire d'une carte de séjour temporaire valable du 23 juillet 2019 au 22 juillet 2020, l'autorisant à travailler, au titre de la vie privée et familiale. Il soutient avoir déposé une demande de renouvellement de ce titre auprès des services de la préfecture de la Côte-d'Or, et a été mis en possession d'un premier récépissé de demande de carte de séjour, en date du 13 janvier 2021, valable jusqu'au 12 avril 2021, mentionnant que l'intéressé a demandé la délivrance d'un premier titre de séjour, puis d'un deuxième récépissé, en date du 21 avril 2021, valable jusqu'au 20 juillet 2021 et revêtu de la même mention. M. B s'est ensuite vu délivrer une carte de séjour temporaire l'autorisant à travailler, valable du 30 juin 2021 au 29 juin 2022. Par ailleurs, la caisse d'allocations familiales de la Côte-d'Or a interrompu, à compter du mois de décembre 2020, le versement de l'allocation aux adultes handicapés dont il bénéficiait. En cours d'instance, la caisse d'allocations familiales a procédé le 2 mars 2023 à un réexamen de la situation de M. B et lui a versé un rappel d'allocation aux adultes handicapés pour la période de décembre 2020 à juin 2021 d'un montant de 5 418,90 euros. M. B demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 12 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de l'interruption de versement de cette allocation. A titre subsidiaire, il doit être regardé comme demandant au tribunal de condamner l'Etat à lui verser la somme de 6 000 euros en réparation de son seul préjudice moral.
Sur les préjudices :
2. En premier lieu, à l'appui de sa demande indemnitaire, M. B soutient qu'il a formé le 6 juin 2020 une demande de renouvellement de son titre de séjour et non une première demande de titre de séjour et que les récépissés en possession desquels il a été mis à compter du 13 janvier 2021 et jusqu'au 30 juin 2021 étaient revêtus à tort de la mention " a demandé la délivrance d'un premier titre de séjour portant la mention vie privée et familiale ", et jusqu'au 9 juin 2021 également de la mention " Il n'autorise pas son titulaire à travailler. ". M. B soutient que la caisse d'allocations familiales a interrompu le versement de l'allocation aux adultes handicapés pour la période de décembre 2020 à juin 2021 en raison de ces mentions erronées et recherche la responsabilité de l'Etat en raison de ces " agissements illégaux ". Néanmoins, en se bornant à se prévaloir d'agissements illégaux portant sur des récépissés délivrés à compter du 13 janvier 2021, M. B ne soumet au tribunal aucune argumentation de nature à démontrer le lien de causalité entre ces agissements et la privation de l'allocation aux adultes handicapés au titre du mois de décembre 2020. Il n'est donc pas fondé à solliciter l'indemnisation de ses préjudices à ce titre.
3. En deuxième lieu, s'agissant du préjudice financier allégué, il est constant qu'en cours d'instance, la caisse d'allocations familiales de la Côte-d'Or a procédé à un réexamen de la situation de M. B le 2 mars 2023 et a liquidé un rappel d'allocation aux adultes handicapés d'un montant de 5 418,90 euros au titre de la période litigieuse, correspondant à la somme du montant de cette allocation pour les mois de janvier à juin 2021. Dès lors, M. B ne démontre pas l'existence d'un préjudice financier au titre de cette période.
4. En troisième lieu, s'agissant du préjudice moral, M. B soutient qu'il s'est retrouvé sans ressources, dans une situation de précarité importante, alors que son état de santé très délicat impose une " stabilité de prise en charge ". Néanmoins, le requérant n'établit dans la présente instance, ni son absence de revenus, ni celle du foyer qu'il constitue avec Mme C, ni son état de santé, ni les difficultés concrètes qui auraient résulté de la privation de l'allocation aux adultes handicapés pendant la période litigieuse. En outre, il résulte de l'instruction que l'intéressé n'établit avoir demandé la modification des mentions figurant sur ses récépissés successifs que le 12 mai 2021, sans même se prévaloir à cette occasion des difficultés engendrées par ces erreurs alléguées, et qu'il n'établit avoir demandé à la caisse d'allocations familiales le motif de l'interruption du versement de l'allocation en litige que le 6 juillet 2021, soit sept mois après cette interruption. Ce faisant, M. B n'établit ni la situation de précarité dont il se prévaut, ni, eu égard à l'ensemble de ce qui vient d'être dit, le préjudice moral dont il se prévaut.
5. Il résulte de ce qui précède qu'aucun des préjudices dont se prévaut le requérant n'est établi. Par suite, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fautes alléguées, ses conclusions indemnitaires doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
6. Les dispositions précitées font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le conseil de M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par le préfet de la Côte-d'Or au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du préfet de la Côte-d'Or au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de la Côte-d'Or et à la société civile professionnelle Clémang.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à la caisse d'allocations familiales de la Côte-d'Or.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
M. Hugez, premier conseiller,
M. Cherief, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2023.
Le rapporteur,
I. Hugez
Le président,
Ph. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026