LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2201948

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2201948

mardi 2 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2201948
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantBREY CÉLINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 juillet 2022, et deux mémoires complémentaires enregistrés les 12 novembre 2023 et 15 mars 2024, Mme C A, représentée par Me Brey, demande au tribunal

1°) de condamner la Chambre régionale d'agriculture de Bourgogne Franche-Comté (CRABFC) à lui verser la somme de 49 575 euros en réparation du préjudice financier subi du fait d'un déclassement professionnel, et la somme de 2 317,71 euros correspondant à la perte de salaire subie pendant ses congés de maladie de 2019/2020, pris en conséquence de ce déclassement, avec intérêts de droit à compter de la réception de la demande préalable, soit à compter du 5 avril 2022 ;

2°) de condamner la Chambre régionale d'agriculture de Bourgogne Franche-Comté (CRABFC) à lui verser la somme de 20 000 euros au titre du préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence, avec intérêts de droit à compter de la réception de la demande préalable, soit à compter du 5 avril 2022 ;

3°) de mettre à la charge de la Chambre régionale d'agriculture de Bourgogne Franche-Comté la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a fait l'objet d'un refus de reclassement illégal, en violation des dispositions de l'article 27 II, du statut du personnel administratif des Chambres d'agriculture ;

- elle a fait l'objet d'un harcèlement au sens de l'article 6 quinquies de la loi du 3 juillet 1983 ;

- sa santé en a été affectée ;

- elle a subi des préjudices financiers, ainsi qu'un préjudice moral et des troubles dans les conditions d'existence ;

- il y a un lien direct entre les fautes de la Chambre et ces préjudices.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 20 juin 2023 et 9 janvier 2024, la Chambre régionale d'agriculture de Bourgogne Franche-Comté, représentée par Me Guérin, avocate, conclut au rejet de la requête, à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.

Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code rural et de la pêche ;

- la loi n° 52-1311 du 10 décembre 1952 ;

- le statut du personnel administratif des chambres d'agricultures ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Patrice Beaujard, rapporteur,

- les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public,

- et les observations de Me Brey pour Mme A.

Une note en délibéré présentée pour Mme A, a été enregistrée le 4 juin 2024.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a intégré la Chambre d'agriculture de la Nièvre en novembre 1992, puis la Chambre régionale d'agriculture de Bourgogne (CRAB), sur un poste de chef de service correspondant à la grille basée sur l'accord relatif aux classifications professionnelles en vigueur, et pour une durée indéterminée. A compter du 1er mars 2009, elle a été mise à disposition à temps complet auprès du Centre d'études et de ressources sur la diversification (CERD), qui a le statut d'association, et dont elle devenait la directrice, pour une durée de trois ans renouvelable, puis, à partir de 2012, par tacite reconduction. Le 1er janvier 2016 est intervenue la fusion des Chambres d'agriculture de la région Bourgogne et de Franche Comté. Son contrat a alors été transféré à la Chambre régionale d'agriculture de Bourgogne Franche Comté (CRABFC). A compter de l'année 2016, la CRABFC a souhaité revoir ses relations avec le CERD, envisageant deux scénarios : la poursuite du CERD en l'état mais avec une fin de la mise à disposition de Mme A, ou la fusion des services entre le CERD et la CRA. Aux termes de ce processus, Mme A a refusé le poste qui lui était proposé à la CRABFC. Mme A, estimant que la CRABFC avait commis des fautes en lui proposant un poste en déclassement et qui n'était pas adapté, et s'estimant victime d'un harcèlement, a demandé à la CRABFC de lui verser la somme de 71 892,71 euros, par une lettre recommandée du 1er avril 2022, réceptionnée le 5 avril 2022. Sa demande ayant été implicitement rejetée, Mme A a saisi le tribunal d'une requête tendant à la condamnation de la CRABFC à lui verser la somme de 71 892,71 euros.

Sur les préjudices financiers invoqués :

2. Mme A soutient que le poste qu'on lui a proposé à son retour à la CRABCF constitue un déclassement, en se fondant sur les dispositions de l'article 27 II du statut du personnel administratif des Chambres d'agriculture, intitulé " Reclassement " et aux termes desquelles : " Avant tout licenciement pour inaptitude, insuffisance professionnelle ou suppression d'emploi, le reclassement dans l'un ou l'autre des services de la Chambre d'agriculture doit être envisagé. Cependant, l'agent n'est pas tenu d'accepter les propositions qui lui sont faites en cas de refus, les indemnités prévues lui restent dues " () / Si l'agent est reclassé dans un emploi, au sein du même organisme, comportant un traitement inférieur à celui dont il bénéficiait précédemment ou s'il remplit d'ores et déjà auprès d'une institution de prévoyance les conditions d'octroi immédiat d'une retraite proportionnelle, l'indemnité de licenciement est établie compte tenu de l'ancienneté de l'agent et dans les conditions définies à l'alinéa 1er ci-dessus. Le montant en est calculé sur la base de la différence entre l'ancienne rémunération et la nouvelle ou entre l'ancienne rémunération et le montant de la retraite effectivement perçu suivant le cas ".

3. Cependant, c'est à bon droit que la CRABFC fait valoir que l'emploi de Mme A n'est pas supprimé, l'emploi en question ne dépendant pas d'ailleurs de la CRABFC, mais du CERD. La CRABFC s'est bornée à mettre fin à la mise à disposition de Mme A auprès du CERD, en application de l'article 21 ter 3 des statuts du personnel administratif des Chambres d'agriculture, intitulé " 12/ Fin de la mise à disposition - Réintégration et Renouvellement " qui dispose que : " La mise à disposition prend fin automatiquement à l'échéance prévue dans la convention, l'agent étant automatiquement réintégré au sein des services de la chambre d'agriculture d'origine, dans un emploi au moins équivalent à celui qu'il occupait avant sa mise à disposition. / Toutefois, elle peut prendre fin avant le terme prévu, à la demande motivée de : / - la chambre d'agriculture d'origine ; / - l'organisme d'accueil ; / - l'agent / sous réserve du respect du préavis prévu dans la convention et en tout état de cause d'un préavis minimum de 3 mois. / En cas de réintégration de l'agent au sein de l'organisme d'origine à l'issue de sa mission, la durée de service effectuée par l'agent avant et pendant sa mise à disposition est prise en compte intégralement dans le calcul des avantages liés à l'ancienneté. Lorsque la durée de la mise à disposition est supérieure à 12 mois, un entretien préalable se déroulant entre les parties permet d'organiser les modalités de réintégration ou de renouvellement ".

4. Il résulte de ces dispositions que la CRABFC pouvait régulièrement mettre fin à la mise à disposition avant le terme prévu, que, dans cette éventualité, l'agent est automatiquement réintégré à la CRABFC, dans un emploi au moins équivalent à celui qu'il occupait avant sa mise à disposition, et non dans un emploi au moins équivalent à celui qui était le sien dans le cadre de la mise à disposition.

5. Il est constant que Mme A a été recrutée à la CRABFC comme chef de service. Il résulte de l'instruction que, entre 2016 et 2020, soit postérieurement à la mise à disposition de Mme A au CERD, mais antérieurement à la fin de celle-ci, une réforme de l'organigramme de la CRABFC est intervenue, seuls trois des anciens emplois de chefs de service étant conservés, parmi lesquels ne figurait pas le poste de Mme A, les autres emplois, dont celui de Mme A, devenant des postes de responsables de section. C'est par suite sans déclassement que la CRABFC a proposé à Mme A un poste de responsable de section, correspondant à celui occupé par elle avant sa mise à disposition, le salaire et les échelons demeurant comparables à ceux du poste occupé antérieurement à la mise à disposition, tout comme les responsabilités professionnelles.

6. Mme A se plaint encore de ce qu'on a voulu lui confier la responsabilité du pôle élevage, alors qu'elle n'avait pas de compétence particulière en ce domaine. Elle ne peut cependant se prévaloir d'aucun droit à intégrer à la CRABFC des fonctions portant sur les mêmes matières que celles qu'elle traitait au CERD. Le poste proposé à Mme A était de ceux qu'elle avait vocation à assumer, alors même qu'il n'aurait pas correspondu à ses souhaits.

7. Il résulte de ce qui précède que, dans le cadre de la procédure de fin de mise à disposition de Mme A auprès du CERD, la CRABFC n'a pas proposé à son agent un poste en déclassement par rapport aux fonctions occupées avant la mise à disposition, ni un poste que l'agent n'avait pas vocation à occuper. Par suite, les conclusions de la requête de Mme A tendant à la condamnation de la CRABFC à la réparation du préjudice financier subi du fait d'un prétendu déclassement doivent être rejetées.

Sur le préjudice moral et les troubles dans les conditions d'existence :

8. Il résulte de l'instruction que, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, à compter de l'année 2016, la CRABFC a souhaité revoir ses relations avec le CERD, envisageant deux scénarios, la poursuite de l'activité du CERD en l'état mais avec une fin de la mise à disposition de Mme A, ou la fusion des services entre le CERD et la chambre. Mme A, qui souhaitait tout à la fois conserver ses fonctions de directrice du CERD ainsi que ses liens personnels avec la CRABFC en qualité d'agent de celle-ci, s'est vigoureusement opposée au projet. Cependant, la CRABFC a seule la responsabilité de l'intérêt général et de la définition de sa politique envers le CERD. En cas de désaccord persistant, il appartenait à Mme A de choisir entre l'une ou l'autre de ses affiliations, ce qu'elle n'a fait que tardivement, en reprenant, après avoir rompu ses liens avec la CRABFC, ses fonctions de directrice du CERD. Il ne résulte pas de l'instruction que la CRABFC ait excédé l'exercice de son pouvoir hiérarchique. Si les relations entre les responsables de la chambre et la requérante sont progressivement devenues très tendues, au point que Mme A a dû prendre deux arrêts de travail, du 26 juin au 15 septembre 2019, puis du 18 juin au 27 septembre 2020, ces circonstances ne sont imputables qu'au désaccord persistant entre les parties, et ne caractérisent pas des faits de harcèlement de la part de la CRABFC.

9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander la condamnation de la CRABFC à la réparation des préjudices invoqués. Ces conclusions de sa requête doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

10. Les conclusions de la requête de Mme A tendant à la condamnation de la CRABFC, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, à lui verser quelle que somme que ce soit en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ne peuvent qu'être rejetées.

11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme de 1 500 euros que demande la CRABFC au titre des frais d'instance ni au titre des entiers dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la CRABFC est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la Chambre régionale d'agriculture de Bourgogne Franche-Comté.

Copie en sera adressée au préfet de la région Bourgogne Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or.

Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Nicolet, président,

M. Cherief, premier conseiller,

M. B, magistrat honoraire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.

Le rapporteur,

P. B

Le président,

P. Nicolet

La greffière,

L. Curot

La République mande et ordonne au préfet de la région Bourgogne Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

N°2201948lc

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions