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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2202054

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2202054

jeudi 14 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2202054
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantPOUJADE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 août 2022 et 5 septembre 2023 sous le n° 2202054, Mme H A B, représentée par Me Lefèvre, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) " d'annuler " la décision par laquelle le département de Saône-et-Loire a implicitement rejeté son recours préalable indemnitaire ;

2°) de condamner le département de Saône-et-Loire à lui verser une somme de 50 581,28 euros, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts, correspondant au règlement des frais de prise en charge de deux mineures de l'aide sociale à l'enfance du département et d'assistance juridique ;

3°) de mettre à la charge du département de Saône-et-Loire une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A B soutient que :

- la responsabilité contractuelle du département de Saône-et-Loire est engagée dès lors que, d'une part, le département n'a pas respecté ses obligations contractuelles en refusant de lui régler le solde des frais de prise de charge des deux mineures qu'il lui avait confiées et, d'autre part, que ce non-règlement lui a directement causé un préjudice financier ;

- son préjudice financier s'élève à 50 581,28 euros, résultant du non-règlement du solde contractuel de 41 481,28 euros ainsi que de 9 100 euros de frais d'assistance juridique ;

- son préjudice perdure malgré le paiement du solde de 41 481,28 euros, le 22 novembre 2022 par le département de Saône-et-Loire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2023, le département de Saône-et-Loire, représenté par Me Poujade, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A B une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le département de Saône-et-Loire soutient que :

- l'arrêté du 27 septembre 2022 par lequel le préfet de Saône-et-Loire a procédé au mandatement d'office de la somme de 41 481,28 euros ne constitue pas un élément permettant de justifier que cette somme était due et qu'il aurait commis une faute en ne la réglant pas, cet arrêté faisait l'objet d'un recours en annulation en raison du caractère sérieux de la contestation portant sur le montant de la somme réellement due ;

- les prestations ayant été effectuées en méconnaissance des exigences réglementaires prévues pour l'encadrement des mineurs, la requérante a commis une faute qui entache d'une " nullité absolue " les conventions qu'il a conclues avec elle ;

- les fautes de Mme A B sont de nature à exonérer le département de toute responsabilité ;

- les frais de rapatriement des deux mineures, qui s'élèvent à 19 375,60 euros, doivent lui être remboursés par Mme A B ;

- le montant des frais de justice dont se prévaut Mme A B n'est pas justifié.

II. Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 septembre 2022 et 14 septembre 2023 sous le n°2202557, le département de Saône-et-Loire, représenté par Me Poujade, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 septembre 2022 par lequel le préfet de Saône-et-Loire a procédé au mandatement d'office de la somme de 41 481,28 euros au profit de la structure " Encantado ".

Le département de Saône-et-Loire soutient que c'est à tort que le préfet a procédé au mandatement d'office de la somme de 41 481,28 euros dès lors que cette somme, qui procède de conventions entachées d'une " nullité absolue " a en l'espèce le caractère d'une dette sérieusement contestée dans son principe.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juillet 2023, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Le préfet de Saône-et-Loire soutient que les moyens invoqués par le département ne sont pas fondés dès lors que, d'une part, la dépense de 41 481,28 euros qu'il a mandatée d'office au profit de la structure " Encantado " était bien " échue, certaine et liquide car prévue dans un contrat " et, d'autre part, que la contestation du paiement de cette somme n'est pas sérieuse au regard des critères dégagés par la jurisprudence.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Boissy,

- et les conclusions de M. F.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes nos 2202054 et 2202557 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a dès lors lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. Les 1er juin et 14 octobre 2017, le département de Saône-et-Loire a successivement conclu avec la structure " Encantado ", dont Mme A B est la responsable, deux conventions de " prise en charge dans le cadre d'un séjour temporaire " ayant pour objet de permettre à deux mineures confiées à l'aide sociale à l'enfance du département, les jeunes B C et D E, d'effectuer un " séjour de rupture " en Espagne, pendant respectivement trois et six mois. Estimant que la structure " Encantado " connaissait des dysfonctionnements importants qui ne rendaient plus possible la poursuite de l'exécution des conventions, les services du département ont alors pris l'initiative, en février 2018, d'organiser le rapatriement des deux mineures -lequel sera achevé en juin 2018- et ont refusé de régler à Mme A B la somme de 41 481,28 euros correspondant au solde des deux conventions.

3. Après que Mme A B eut vainement initié, le 7 décembre 2018, une procédure de mandatement d'office sur le fondement de l'article L. 1612-16 du code général des collectivités territoriales et que la Chambre régionale des comptes (CRC) de Bourgogne-Franche-Comté, par un avis du 18 août 2021 rendu en application de l'article L. 1612-15 du même code, eut constaté que la somme de 41 481,28 euros avait le caractère d'une dépense obligatoire, le préfet de Saône-et-Loire a procédé au mandatement d'office de cette somme par un arrêté du 27 septembre 2022 dont le département de Saône-et-Loire demande l'annulation.

4. Parallèlement à la procédure de mandatement d'office exposée au point 3, Mme A B a demandé au département de Saône-et-Loire, le 15 avril 2022, de lui régler la somme de 41 481,28 euros, correspondant au solde des conventions auquel elle estime avoir droit, ainsi qu'une somme de 9 100 euros, au titre de " frais d'assistance juridique ", en réparation du préjudice matériel que le comportement fautif de l'administration lui a causé. Le département de Saône-et-Loire a implicitement rejeté cette demande. Par ses conclusions analysées, ci-dessus, dans les visas, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal de condamner le département à lui verser, au principal, une somme globale de 50 581,28 euros.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

5. Aux termes de l'article L. 1612-15 du code général des collectivités territoriales : " Ne sont obligatoires pour les collectivités territoriales que les dépenses nécessaires à l'acquittement des dettes exigibles et les dépenses pour lesquelles la loi l'a expressément décidé () ". Aux termes de l'article L. 1612-16 du même code : " A défaut de mandatement d'une dépense obligatoire par () le président du conseil départemental () dans le mois suivant la mise en demeure qui lui en a été faite par le représentant de l'Etat dans le département, celui-ci y procède d'office () ". Il résulte de ces dispositions que seules présentent un caractère obligatoire les dettes échues, certaines, liquides, non sérieusement contestées dans leur principe et dans leur montant et découlant de la loi, d'un contrat, d'un délit, d'un quasi-délit ou de toute autre source d'obligations.

6. Lorsque les parties soumettent au juge un litige relatif à l'exécution du contrat qui les lie, il incombe en principe à celui-ci, eu égard à l'exigence de loyauté des relations contractuelles, de faire application du contrat. Toutefois, dans le cas seulement où il constate une irrégularité invoquée par une partie ou relevée d'office par lui, tenant au caractère illicite du contrat ou à un vice d'une particulière gravité relatif notamment aux conditions dans lesquelles les parties ont donné leur consentement, il doit écarter le contrat et ne peut régler le litige sur le terrain contractuel. Ainsi, lorsque le juge est saisi d'un litige relatif à l'exécution d'un contrat, les parties à ce contrat ne peuvent invoquer un manquement aux règles de passation, ni le juge le relever d'office, aux fins d'écarter le contrat pour le règlement du litige. Par exception, il en va autrement lorsque, eu égard, d'une part, à la gravité de l'illégalité et, d'autre part, aux circonstances dans lesquelles elle a été commise, le litige ne peut être réglé sur le fondement de ce contrat.

7. Le département de Saône-et-Loire soutient que c'est à tort que le préfet a procédé au mandatement d'office de la somme de 41 481,28 euros dès lors que cette somme, qui procède de conventions entachées d'une " nullité absolue " -et qui devraient ainsi être écartées par le juge du contrat en application de ce qui a été dit au point 6-, a en l'espèce le caractère d'une dette sérieusement contestée dans son principe.

8. En premier lieu, s'il est exact que la structure " Encantado " ne disposait pas de l'autorisation prévue au III de l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles en novembre 2017, il ne résulte pas de l'instruction, et en particulier des informations figurant aux pages 37 et 38 des documents de présentation de la structure, que les dirigeants d'Encantado auraient cherché à dissimuler cette situation aux services du département et qu'ils se seraient ainsi livrés à des manœuvres dolosives en concluant les conventions. Il ne résulte pas davantage de l'instruction, et en particulier des stipulations de ces conventions -qui ne comportent aucune référence à l'autorisation prévue au III de l'article L. 312-1-, que ces conventions comporteraient des erreurs dans les conditions substantielles sur lesquelles les parties auraient cru contracter. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que le département aurait pris une quelconque initiative, avant de conclure ces conventions, tendant à s'assurer que la structure " Encantado " bénéficiait d'une telle autorisation. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que les conventions conclues les 1er juin et 14 octobre 2017 auraient un caractère illicite ou seraient entachées d'un autre vice d'une particulière gravité que le juge du contrat, s'il était saisi d'un tel litige, devrait relever d'office. Dans ces conditions, et eu égard à l'exigence de loyauté des relations contractuelles, le département n'est pas fondé à soutenir que les conventions en litige sont entachées de vices tels que le juge du contrat, s'il en était saisi, devrait les écarter pour régler le litige les opposant et que, par conséquent, la dette contractuelle procédant de ces conventions serait sérieusement contestée dans son principe.

9. En deuxième lieu, l'article 8 des conventions détermine les conditions de rémunération du prestataire en fixant notamment à 250 euros le " prix d'une journée " comprenant la prise en charge des frais de séjour de l'enfant placé (hébergement, repas, équipement, matériel, transports), la prise en charge éducative hors inscription au CNED, l'argent de poche, les assurances spécifiques au séjour ainsi que les frais de retour hors frais d'accompagnement (hôtesse, professionnel). Tandis que l'article 11 identifie la personne charge du contrôle de la prestation, l'article 12 prévoit notamment que le département de Saône-et-Loire peut " dénoncer " la convention en cas de " manquement ou de faute ", du prestataire en respectant " un délai de prévenance " de trois semaines. Aucune stipulation ne prévoit en revanche que les manquements ou les fautes commises par le prestataire peuvent faire l'objet de sanctions financières de la part du département.

10. D'une part, il est vrai qu'en l'absence d'autorisation de la structure et compte tenu, par ailleurs, d'autres dysfonctionnements que les services du département ont estimé devoir porter à la connaissance de la justice en déposant, le 17 octobre 2019, une plainte pénale devant le procureur de la République de Mâcon, le département de Saône-et-Loire a exercé des diligences en vue de procéder au rapatriement des deux mineures et a ainsi entendu mettre fin à l'exécution des deux conventions avant leur terme. Toutefois, le département -ainsi que l'a d'ailleurs relevé la CRC- n'établit pas que, jusqu'au rapatriement des deux mineures, la structure " Encantado " n'aurait pas effectivement continué à assurer leur prise en charge conformément aux modalités définies à l'article 8 des conventions et que la facturation de la somme de 41 481,28 euros, correspondant aux prestations effectuées et non encore payées, comporterait des erreurs.

11. D'autre part, ainsi qu'il a été dit au point 9, le département ne disposait contractuellement d'aucune possibilité de sanctionner financièrement le comportement, même fautif, qu'il a reproché à la structure " Encantado ".

12. En dernier lieu, la circonstance que le département de Saône-et-Loire a dû engager des frais, d'un montant de 19 375,60 euros, notamment afin de rapatrier les deux mineures, reste, par elle-même, sans incidence sur le caractère obligatoire et sur le montant ou le principe de la dépense en litige.

13. Il résulte de l'ensemble de ce qui a été dit aux points 5 à 12 que la dépense mandatée d'office par le préfet de Saône-et-Loire correspond bien à une dette qui découle d'un contrat et qui, étant échue, certaine, liquide et non sérieusement contestée dans son principe et son montant, a le caractère d'une dépense obligatoire pour l'application des articles L. 1612-15 et L. 1612-16 du code général des collectivités territoriales. Le département de Saône-et-Loire n'est donc pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Ses conclusions à fin d'annulation doivent par suite être rejetées.

Sur les conclusions à fin de condamnation :

En ce qui concerne la détermination du montant dû au principal :

S'agissant de la somme correspondant au solde de la convention :

14. Il résulte de l'instruction que, le 22 novembre 2022, postérieurement à l'introduction de la requête n° 2202054, le département de Saône-et-Loire a payé à la structure " Encantado " la somme de 41 481,28 euros. Les conclusions tendant au paiement de cette somme sont dès lors devenues sans objet.

S'agissant de la somme due au titre des frais d'assistance juridique :

15. D'une part, il résulte de l'instruction et de ce qui a été dit aux points 1 à 13 que, pour obtenir le paiement, par la voie du mandatement d'office, des sommes dues au titre des conventions, la requérante a été contrainte d'accomplir un ensemble de diligences, par la voie de son conseil, auprès du préfet de Saône-et-Loire et de la CRC, qui lui ont causé un préjudice matériel, correspondant aux frais d'assistance juridique qu'elle a exposés à ce titre, et qui présentent un lien direct avec le comportement fautif que le département de Saône-et-Loire a en l'espèce adopté à son égard.

16. D'autre part, eu égard aux justificatifs produits par la requérante pour établir la réalité des frais dont elle s'est acquittée dans le cadre de la procédure de mandatement d'office et compte tenu des pratiques tarifaires généralement observées dans la profession, des prestations effectivement accomplies par son conseil pour le compte de l'intéressée et de la nature des diligences effectuées, il sera fait une juste appréciation du préjudice relatif aux frais d'assistance juridique en l'évaluant à 5 000 euros.

En ce qui concerne les intérêts et la capitalisation des intérêts :

17. En premier lieu, lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1231-6 du code civil courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.

18. D'une part, Mme A B a droit aux intérêts au taux légal afférents à la somme de 41 481,28 euros qui ont couru entre le 15 avril 2022, date à laquelle sa demande a été reçue par le département de Saône-et-Loire, et le 22 novembre 2022, date à laquelle cette somme a été payée.

19. D'autre part, Mme A B a droit aux intérêts au taux légal afférents à la somme de 5 000 euros à compter du 15 avril 2022, date à laquelle sa demande indemnitaire a été reçue par le département de Saône-et-Loire.

20. En second lieu, en application de l'article 1343-2 du code civil, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. Le cas échéant, la capitalisation s'accomplit à nouveau à l'expiration de chaque échéance annuelle ultérieure sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande.

21. D'une part, il résulte de ce qui a été dit au point 14 que, le 5 septembre 2023, date à laquelle la capitalisation des intérêts a été demandée, les intérêts dus sur la somme 41 481,28 euros n'étaient pas dus depuis plus d'une année dès lors que le cours de ces intérêts a été interrompu par le versement du principal en novembre 2022. La requérante n'a dès lors pas droit à la capitalisation des intérêts sur ce point.

22. D'autre part, le 5 septembre 2023, date à laquelle la capitalisation des intérêts a été demandée, les intérêts dus sur la somme de 5 000 euros avaient couru depuis plus d'une année. La requérante a dès lors droit à la capitalisation des intérêts échus au 5 septembre 2023.

23. Il résulte de tout ce qui a été dit aux points 14 à 22 que Mme A B est seulement fondée à demander la condamnation du département de Saône-et-Loire à lui verser, d'une part, une somme représentative des intérêts au taux légal dus sur la somme de 41 481,28 euros ayant couru entre le 15 avril et le 22 novembre 2022 et, d'autre part, une somme de 5 000 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 15 avril 2022 et de la capitalisation des intérêts à compter du 5 septembre 2023.

Sur les frais liés au litige :

24. Il y a lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, de mettre à la charge du département de Saône-et-Loire une somme de 1 500 euros à verser à Mme A B au titre des frais que celle-ci a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.

25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme A B, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que demande le département de Saône-et-Loire au titre de ces mêmes frais.

DECIDE :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant au paiement de la somme de 41 481,28 euros.

Article 2 : Le département de Saône-et-Loire est condamné à verser à Mme A B une somme représentative des intérêts au taux légal dus sur la somme de 41 481,28 euros qui ont couru entre le 15 avril et le 22 novembre 2022.

Article 3 : Le département de Saône-et-Loire est condamné à verser à Mme A B la somme de 5 000 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 15 avril 2022. Les intérêts échus à la date du 5 septembre 2023 seront capitalisés à cette date pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 4 : Le département de Saône-et-Loire versera à Mme A B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Les conclusions présentées par les parties sont rejetées pour le surplus.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme H A B, au département de Saône-et-Loire et au préfet de Saône-et-Loire.

Délibéré après l'audience du 29 février 2024 à laquelle siégeaient :

- M. Boissy, président,

- Mme Desseix, première conseillère,

- Mme Bois, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.

L'assesseure la plus ancienne,

M. DesseixLe président,

L. BoissyLa greffière,

M. G

La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier

Nos 2202054, 2202557

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