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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2202058

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2202058

mardi 10 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2202058
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationCH 2 JU

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Dijon a rejeté la requête de M. A, qui contestait son assujettissement à la taxe d’habitation pour les années 2021 à 2023 et demandait la décharge de l’obligation de payer ainsi que des indemnités. Le tribunal a jugé que le bien, bien qu’en mauvais état, n’était pas inhabitable au sens de l’article 1408 du code général des impôts, dès lors qu’il disposait de l’eau courante et de l’électricité. Il a également écarté les conclusions relatives aux années futures comme irrecevables, faute d’imposition établie, et rejeté les demandes indemnitaires et de décharge de l’obligation de payer, faute de préjudice établi ou de contestation valable du titre de recouvrement. La décision s’appuie sur les dispositions du code général des impôts et du livre des procédures fiscales.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et trois mémoires, enregistrés les 2 août 2022, 11 août 2022, 18 août 2022 et 31 mars 2024, M. B A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe d'habitation auxquelles il a été assujetti au titre des années 2021, 2022 et 2023, ainsi que pour toutes les années à venir, dans les rôles de la commune de Cerisiers, à raison d'une maison d'habitation sise 4 rue des Vignes sur le territoire de cette commune ;

2°) de condamner l'État à lui rembourser les frais bancaires émis sur l'année 2021 et 2022 en raison des avis à tiers détenteurs émis par l'administration fiscale ;

3°) de condamner l'Etat à lui payer la somme de 8 000 euros en réparation du préjudice qu'il a subi en raison de la démarche de discrimination adoptée par l'administration fiscale, cette somme incluant les frais d'huissiers de 420 euros ;

4°) d'enjoindre à l'administration fiscale de cesser les relances de saisies administratives à tiers détenteur sur son compte bancaire ;

5°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer mise à sa charge par la saisie administrative à tiers détenteur, émise le 25 novembre 2022, par le comptable public du service des impôts des particuliers de Sens en vue du recouvrement de la somme de 312 euros, correspondant au montant de la taxe d'habitation mise à sa charge au titre de l'année 2021, majorée de 10 % ;

6°) de mettre les dépens à la charge de l'Etat en application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant des conclusions à fin de décharge de la taxe d'habitation :

- la démarche de l'administration est entachée d'un vice de forme et de procédure, dès lors qu'elle a reconnu de 2016 à 2020 que le bien en litige était en état de péril ;

- l'administration fiscale a commis une erreur de droit en l'imposant au titre de l'année 2021, dès lors qu'il a été exonéré de taxe d'habitation pour le bien en litige de 2016 à 2020, et ce alors qu'il avait coché la case " résidence secondaire " en 2017 et 2018 ;

- le service aux impôts des particuliers de Sens a pris les mesures sans attendre l'épuisement des recours possibles dont il peut bénéficier ;

- le bien en litige est inhabitable en raison de travaux de longue durée ; le procès-verbal d'huissier confirme amplement l'état des lieux, reconnus non-conformes ; ce procès-verbal précise que le bien en litige ne comporte aucun meuble tel qu'on l'entendrait dans une habitation aux normes, ni aucun ameublement adapté, s'agissant notamment de quelques placards en métal du temps de son activité professionnelle, l'électricité n'est pas achevée, les murs ne sont pas isolés, ils sont lézardés et donc hermétiquement non aux normes ; le bâtiment n'a pas à être rénové mais complètement réhabilité ; la seule circonstance qu'il y ait l'eau courante et l'électricité ne rend pas le bâtiment habitable ; aucun chauffage électrique n'est disponible car il n'y a pas de prises ; les travaux ont cessé en 2012 en raison du blocage de la succession de son père depuis vingt ans ; l'habitation dans sa totalité est en état de péril ; il s'agit d'un bâtiment du 19ème siècle aménagé comme au 20ème siècle, de subsistance paysanne, et ce qui ressemble à une pièce est en réalité un abri à bétail dont les auges sont toujours présentes ; il a coché la case " résidence secondaire " par erreur ;

S'agissant des conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer :

- il ne dispose que d'une retraite de 680 euros ;

- il n'a pas de télévision ;

S'agissant des conclusions indemnitaires :

- l'administration fiscale a adopté à son encontre un comportement discriminatoire ;

- il a dû exposer des frais bancaires en raison des saisies administratives à tiers détenteur émises contre lui.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 30 novembre 2022 et 14 janvier 2023, la directrice régionale des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable en la forme, dès lors qu'elle s'adresse au juge de l'excès de pouvoir qui est incompétent ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Les parties ont été informées le 14 octobre 2024, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public, relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête tendant à ce que le tribunal prononce une exonération de la taxe d'habitation pour les années à venir, dès lors que de telles conclusions sont sans lien avec une imposition assignée.

Le président du tribunal administratif de Dijon a désigné M. Cherief, conseiller, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement, sur proposition du rapporteur public, l'a dispensé de présenter des conclusions sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Hamza Cherief.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a été assujetti à la taxe d'habitation à raison d'une maison d'habitation sise 4 rue des Vignes sur le territoire de la commune de Cerisiers au titre de l'année 2021. La cotisation afférente a été mise en recouvrement le 31 octobre 2021 pour un montant de 292 euros. Par une décision explicite du 24 décembre 2021, l'administration fiscale a rejeté sa réclamation préalable du 6 décembre 2021, tendant au dégrèvement de cette taxe. M. A a saisi le conciliateur fiscal par deux courriers des 27 janvier et 7 mars 2022, qui a confirmé la position de l'administration fiscale par deux réponses des 22 février et 15 mars 2022. Le requérant a alors adressé un courrier, notifié le 22 avril 2022, à la directrice départementale des finances publiques du département de l'Yonne qui a confirmé la position de l'administration fiscale. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe d'habitation auxquelles il a été assujetti au titre des années 2021, 2022 et 2023, ainsi que pour toutes les années à venir, de condamner l'État à lui rembourser les frais bancaires émis sur l'année 2021 et 2022 en raison des avis à tiers détenteur émis par l'administration fiscale, de condamner l'Etat à lui payer la somme de 8 000 euros en réparation du préjudice qu'il a subi du fait de la démarche de discrimination adoptée par l'administration fiscale, d'enjoindre à l'administration fiscale de cesser de lui envoyer des relances et des avis à tiers détenteurs et, enfin, de prononcer la décharge de l'obligation de payer mise à sa charge par la saisie administrative à tiers détenteur, émise le 25 novembre 2022 en vue du recouvrement de la somme de 312 euros, correspondant au montant de la taxe d'habitation mise à sa charge au titre de l'année 2021, majorée de 10 %.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. Aux termes des deux premiers alinéas de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ".

3. Aux termes de l'article R. 612-1 du code de justice administrative : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. () ".

4. Enfin, aux termes du I de l'article R. 611-8-3 du code de justice administrative : " La juridiction peut proposer aux personnes physiques et morales de droit privé non représentées par un avocat, autres que les organismes de droit privé chargés de la gestion permanente d'un service public, d'utiliser le téléservice mentionné à l'article R. 414-2. / Lorsque les personnes concernées acceptent, pour une instance donnée, l'usage de cette application, elles doivent, pour l'instance considérée, communiquer leurs mémoires et les pièces qui y sont jointes à la juridiction au moyen du téléservice, sous peine de voir leurs écritures écartées des débats à défaut de régularisation dans un délai imparti par la juridiction. La juridiction peut leur adresser par cette application et pour cette instance, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre. ". Aux termes de l'article R. 611-8-6 du même code : " Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été envoyé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition dans l'application, à l'issue de ce délai. () ".

5. Le 11 octobre 2024, le greffe du tribunal a invité M. A, au moyen de l'application Télérecours et en application de l'article R. 612-1 du code de justice administrative, à régulariser, au regard des dispositions précitées du deuxième alinéa de l'article R. 421-1 de ce code, ses conclusions tendant à la condamnation de l'Etat à lui rembourser les frais bancaires émis sur l'année 2021 et 2022 et à lui verser une somme de 8 000 euros, en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi en raison de la démarche de discrimination adoptée par l'administration fiscale. En dépit de cette demande, dont le requérant est réputé avoir eu réception le 15 octobre suivant, conformément aux dispositions de l'article R. 611-8-6 du code de justice administrative, l'intéressé n'a pas produit, dans le délai de quinze jours qui lui était imparti, les décisions, expresses ou implicites, de l'administration statuant sur ses demandes formées devant elle et tendant au versement d'une somme d'argent. Dès lors, les conclusions indemnitaires de M. A, qui n'ont pas été régularisées, sont irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.

Sur les conclusions à fin de décharge :

En ce qui concerne les conclusions à fin de décharge de la taxe d'habitation pour les années à venir :

6. Seules sont recevables devant le juge de l'impôt les conclusions dirigées contre une imposition assignée. Par suite, les conclusions de M. A tendant à ce que le tribunal prononce la décharge des impositions pour l'avenir sont irrecevables, dès lors qu'elles ne visent aucune imposition assignée.

En ce qui concerne les conclusions à fin de décharge de la taxe d'habitation au titre des années 2022 et 2023 :

7. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. ".

8. D'autre part, aux termes de l'article R. 200-1 du livre des procédures fiscales : " Les dispositions du code de justice administrative sont applicables aux affaires portées devant le tribunal administratif () sous réserve des dispositions particulières prévues par le présent livre () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 190-1 du même livre : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition. ".

9. Enfin, aux termes du I de l'article R. 611-8-3 du code de justice administrative : " La juridiction peut proposer aux personnes physiques et morales de droit privé non représentées par un avocat, autres que les organismes de droit privé chargés de la gestion permanente d'un service public, d'utiliser le téléservice mentionné à l'article R. 414-2. / Lorsque les personnes concernées acceptent, pour une instance donnée, l'usage de cette application, elles doivent, pour l'instance considérée, communiquer leurs mémoires et les pièces qui y sont jointes à la juridiction au moyen du téléservice, sous peine de voir leurs écritures écartées des débats à défaut de régularisation dans un délai imparti par la juridiction. La juridiction peut leur adresser par cette application et pour cette instance, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre. ". Aux termes de l'article R. 611-8-6 du même code : " Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été envoyé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition dans l'application, à l'issue de ce délai. () ".

10. Il résulte de l'instruction que la demande adressée par M. A au tribunal administratif, tendant à la décharge de la taxe d'habitation mise à sa charge au titre des années 2022 et 2023, n'était accompagnée, ni d'une décision de rejet d'une réclamation présentée, conformément aux dispositions de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales, postérieurement à la mise en recouvrement des impositions en litige, ni du justificatif de la présentation d'une telle réclamation à l'administration fiscale. Par un courrier du 11 octobre 2024, mis à disposition le jour même à 13 heures 28 au moyen de la plate-forme Télérecours, le tribunal a invité le requérant à régulariser sa requête dans un délai de quinze jours en adressant cette réclamation via l'application Télérecours. En dépit de ce courrier, qui doit être réputé avoir été notifié au requérant au plus tard deux jours ouvrés après sa mise à disposition en application de l'article R. 611-8-6 du code de justice administrative, M. A n'a pas régularisé sa requête dans le délai qui lui avait été imparti. Par suite, les conclusions de sa requête, en tant qu'elles demandent au tribunal de prononcer la décharge des cotisations de taxe d'habitation mises à sa charge au titre des années 2022 et 2023 sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées.

En ce qui concerne les conclusions à fin de décharge de la taxe d'habitation au titre de l'année 2021 :

S'agissant de la régularité de la procédure d'imposition :

11. Si M. A fait valoir que le service des impôts des particuliers de Sens a établi l'imposition en litige et procédé à sa mise en recouvrement, sans attendre l'épuisement des recours possibles dont il peut bénéficier, il n'assortit le moyen ainsi soulevé d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, aux termes des dispositions de l'article R. 196-2 du livre des procédures fiscales, " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts directs locaux et aux taxes annexes doivent être présentées à l'administration des impôts au plus tard le 31 décembre de l'année suivant celle, selon le cas : / a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement ; () ". Par suite, ce moyen doit être écarté.

S'agissant du bien-fondé de l'imposition :

12. En premier lieu, d'une part, aux termes des deux premiers alinéas du I de l'article 1407 du code général des impôts : " La taxe d'habitation est due : / 1° Pour tous les locaux meublés affectés à l'habitation ; () ". Selon le I de l'article 1408 de ce code : " La taxe est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposables. () ".

13. D'autre part, aux termes de l'article 1415 du code général des impôts : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. ".

14. Il résulte de ces dispositions qu'un immeuble doit être assujetti à la taxe d'habitation, si, d'une part, il contient des meubles affectés à l'habitation au 1er janvier de l'année d'imposition et si, d'autre part, cet ameublement permet un tel usage. Pour apprécier le niveau d'ameublement, qui peut être sommaire, les locaux doivent être considérés dans leur ensemble sans faire abstraction des pièces dégarnies de meubles et inhabitées dès lors qu'elles font partie intégrante de l'habitation et qu'elles restent à la disposition du contribuable.

15. Il résulte de l'instruction que M. A a été imposé à la taxe d'habitation pour l'année 2021 à raison d'une maison, considérée comme résidence secondaire, 4 rue des Vignes à Cerisiers dont il est propriétaire. Pour démontrer le caractère inhabitable de cette maison au 1er janvier 2021, en raison de son mauvais état général, des importants travaux en cours de réalisation à cette date et de l'absence de meubles, M. A produit plusieurs documents, dont une attestation, établie le 12 juillet 2022 par une entreprise de bâtiment, selon laquelle le bâtiment n'est pas habitable en l'état, n'est pas chauffé depuis 1972 et est particulièrement délabré même pour du stockage, un procès-verbal d'huissier daté du 13 février 2023, ainsi que plusieurs photographies. Toutefois, l'attestation établie par l'entreprise Jacquelin Père et Fils est très peu circonstanciée, les constatations y figurant n'étant soutenues par aucune analyse précise et détaillée. Par ailleurs, l'administration fiscale produit, à l'appui de son premier mémoire en défense, un courriel du maire de la commune de Cerisiers, daté du 12 mai 2022, et selon lequel M. A séjourne quelques week-ends dans sa résidence secondaire, cette attestation étant corroborée par les factures d'eau et d'électricité versées au dossier par le requérant, et qui témoignent d'une consommation régulière d'eau et d'électricité au 1er janvier 2021. Enfin, s'il ressort du procès-verbal d'huissier et des photographies, non datées, versées au dossier que certaines pièces de la maison sont dépourvues de meubles et que d'autres pièces sont utilisées comme espace de stockage, cette circonstance n'est pas de nature à ôter à l'immeuble en cause la nature de local meublé affecté à l'habitation au sens des dispositions précitées de l'article 1407 du code général des impôts, dès lors, d'une part, qu'il résulte de ce procès-verbal que la maison de M. A est dotée d'une chambre comprenant un lit et une armoire, ainsi que d'une salle de douche et de toilettes équipées d'un radiateur électrique et, d'autre part, qu'il ne résulte pas des constatations de l'huissier que la maison présentait, au 1er janvier 2021, un état de délabrement tel qu'il le rendait impropre à un séjour, même de courte durée. Il résulte de ce qui précède que M. A, qui ne conteste pas sérieusement que la maison en litige constitue une résidence secondaire, n'est pas fondé à soutenir que la maison d'habitation sise 4 rue des Vignes sur le territoire de la commune de Cerisiers n'était pas, au 1er janvier 2021, meublée et affectée à l'habitation au sens de l'article 1407 du code général des impôts.

16. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. ". Aux termes de l'article L. 80 B du même livre : " La garantie prévue au premier alinéa de l'article L. 80 A est applicable lorsque l'administration a formellement pris position sur l'appréciation d'une situation de fait au regard d'un texte fiscal. ".

17. La circonstance que M. A aurait bénéficié d'une exonération pour plusieurs années antérieures à la période en litige ne peut être regardée comme une prise de position formelle de l'administration sur l'appréciation d'une situation de fait au sens des dispositions de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que l'administration fiscale aurait considéré, pour les années 2016 à 2020, que la maison d'habitation en litige était en état de péril. Par suite, les moyens tirés de ce que la démarche de l'administration est entachée d'un vice de forme et de procédure et de ce que l'administration fiscale a commis une erreur de droit doivent être écartés.

18. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité, que les conclusions à fin de décharge présentées par M. A au titre de l'année 2021 doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence et en tout état de cause, les conclusions à fin d'injonction.

En ce qui concerne les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer la somme de 321 euros :

19. En premier lieu, si le requérant fait valoir qu'il ne dispose que d'une petite retraite de 631 euros, un tel moyen qui relève de la juridiction gracieuse, est inopérant dans le cadre d'un litige de recouvrement. Il doit, par suite, être écarté.

20. En deuxième lieu, M. A ne peut utilement faire valoir qu'il ne dispose pas de télévision, dès lors qu'il ressort de l'avis d'imposition concernant la taxe d'habitation due au titre de l'année 2021 que l'administration fiscale ne l'a pas assujetti à la contribution à l'audiovisuel publique, la majoration de 10 % mises à sa charge le 15 décembre 2020 correspondant à la majoration pour retard de paiement prévu par les dispositions de l'article 1730 du code général des impôts. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il ne possède pas de télévision doit être écarté.

21. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur leur recevabilité, que les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer la somme de 312 euros mise à la charge de M. A par la saisie administrative à tiers détenteur, émise le 25 novembre 2022, par le comptable public du service des impôts des particuliers de Sens doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

22. Dès lors que l'Etat n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, les conclusions présentées par le requérant sur le fondement de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice régionale des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

H. Cherief

La greffière,

L. Curot

La République mande et ordonne au ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

lc

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