mardi 11 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2202202 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CH 3 JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 19 août 2022, 5 septembre 2022 et 3 décembre 2022, Mme B A soumet au tribunal un litige l'opposant au département de la Nièvre relatif à un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 968,40 euros.
Mme A soutient que le président du conseil départemental de la Nièvre a commis une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2022, le département de la Nièvre conclut au rejet de la requête.
Le département soutient que le moyen invoqué par Mme A n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Boissy, président, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de M. Boissy a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 262-1, L. 262-13, L. 262-16, L. 262-25 et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active, qui a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'insertion sociale et professionnelle, est attribué par le président du conseil départemental ou, par délégation, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole, lesquelles en assurent également le service et le contrôle dans des conditions fixées par voie de convention.
2. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 1 décide de récupérer un paiement indu de revenu de solidarité active et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, le président du conseil départemental peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée. Statuant sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une telle demande, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
3. Le 27 avril 2022, la CAF de la Nièvre a notamment décidé de récupérer auprès de Mme A un indu de RSA, d'un montant de 1 393,14 euros, au titre de la période allant d'octobre 2021 à avril 2022. Le 3 mai 2022, Mme A a demandé une remise gracieuse de sa dette qui a été implicitement rejetée par le président du conseil départemental de la Nièvre. Compte tenu de ses écritures, Mme A doit être regardée comme demandant au juge de lui accorder une remise totale de sa dette de RSA au regard de son office défini au point 2.
4. Il est vrai qu'il résulte de l'instruction que la CAF de la Nièvre a tardivement pris en compte le changement de situation de Mme A, notamment son arrêt maladie, alors même que l'intéressée lui avait envoyé plusieurs courriels, les 19 octobre et 27 décembre 2021, afin de l'en informer et lui faire part de ses interrogations quant à la possibilité de cumuler les indemnités qu'elle percevait au titre de son arrêt maladie avec le RSA. Dans ces conditions, et ainsi que le reconnait d'ailleurs le département de la Nièvre en défense, la bonne foi de Mme A n'est pas remise en cause.
5. Toutefois, il résulte de l'instruction que si Mme A justifie des charges qui peuvent être évaluées à environ 410 euros par mois, elle a bénéficié d'indemnités journalières, à l'été 2022, de près de 600 euros par mois en moyenne et a bénéficié ou bénéficie encore à ce jour de plusieurs prestations sociales telles que la prime d'activité, l'aide personnalisée au logement et l'allocation adulte handicapé pour un montant régulièrement supérieur à 300 euros et perçoit actuellement des revenus d'activité supérieures à 400 euros par mois. Dans ces conditions, compte tenu de la situation familiale de l'intéressée, qui vit seule, et de son " quotient familial ", qui a été évalué à 651 euros par les services de la CAF de la Nièvre en août 2022, il n'apparait pas que l'intéressée se trouverait actuellement dans un état de précarité tel qu'il justifierait que lui soit accordée une remise de dette particulière à la date du présent jugement. Dès lors, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le président du conseil départemental de la Nièvre a commis une erreur d'appréciation en refusant de lui accorder une remise gracieuse de sa dette.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département de la Nièvre.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales de la Nièvre.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
L. BoissyLa greffière,
A. Roussilhe
La République mande et ordonne au préfet de la Nièvre, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier0
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