jeudi 14 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2202525 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CH 3 JU |
| Avocat requérant | SCP GALLON & MAURY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 septembre 2022, Mme B C soumet au tribunal un litige qui l'oppose à la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Nièvre concernant un paiement indu de prime d'activité d'un montant de 2 205,96 euros.
Mme C soutient que la CAF de la Nièvre a commis une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 décembre 2023, la CAF de la Nièvre conclut au rejet de la requête.
La CAF de la Nièvre soutient que le moyen invoqué par la requérante n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bois, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Bois a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 841-1, L. 843-1, L. 845-2 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale, la prime d'activité, qui a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat, est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants.
2. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 1 décide de récupérer un paiement indu de prime d'activité et que le ressortissant concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, l'organisme peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
3. Le 17 juin 2022, Mme C a déclaré auprès des services de la CAF de la Nièvre qu'elle vivait en concubinage depuis 24 avril 2021 avec M. A. Cette déclaration tardive de son changement de situation familiale a entrainé un recalcul de ses droits à la prime d'activité en tenant compte des revenus de M. A. Le 29 juin 2022, suite à ce nouveau calcul, la CAF de la Nièvre lui a notifié un indu de prime d'activité d'un montant de 2 205,96 euros. Le 5 juillet 2022, Mme C a demandé une remise gracieuse de sa dette. Par une décision du 13 septembre 2022, la CAF de la Nièvre a refusé de lui accorder une remise gracieuse. Mme C doit être regardée comme demandant au juge de lui accorder le bénéfice d'une remise totale de sa dette de prime d'activité au regard de son office défini au point 2.
4. En premier lieu, ni la requérante ni la CAF de la Nièvre n'ont exposé d'arguments sérieux permettant au juge, en l'état de l'instruction, de déterminer si la bonne foi de Mme C est, ou non, remise en cause pour ce qui concerne le montant de l'indu de prime d'activité mis à sa charge.
5. En second lieu, Mme C fait valoir qu'elle est sans emploi depuis le 31 août 2022 et que le montant de son allocation chômage de 32,35 euros net par jour est insuffisante pour payer " les charges dont elle est responsable ". Toutefois, d'une part, l'intéressée n'apporte aucun élément permettant d'établir la réalité des charges dont elle se prévaut et se contente de mentionner l'existence de charges sans en préciser le montant ni en prouver l'existence, et, d'autre part, il n'apparaît pas, compte-tenu notamment du " quotient familial " de l'intéressée, fixé, de manière non-sérieusement contesté à 1 196 euros par la CAF de la Nièvre, que son état de précarité serait tel qu'il justifierait que lui soit accordée une remise de dette.
6. Il appartient seulement à la requérante, si elle s'y croit fondée, de demander à la CAF de la Nièvre de mettre en œuvre des modalités de remboursement de sa dette supportable au regard de sa capacité contributive.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales de la Nièvre.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2024.
La magistrate désignée,
C. BoisLa greffière,
A. Roussilhe
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
Le greffier0
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