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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2202593

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2202593

vendredi 22 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2202593
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationCH 3 JU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 octobre 2022, M. B A soumet au tribunal un litige qui l'oppose à la mutualité sociale agricole (MSA) de Bourgogne relatif à un indu de prime d'activité d'un montant de 327,78 euros pour la période du 1er octobre 2021 au 3 février 2022 :

M. A soutient que la MSA de Bourgogne a commis une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2022, la MSA de Bourgogne conclut au rejet de la requête.

La MSA de Bourgogne soutient que le moyen invoqué par le requérant n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bois, conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Bois a été entendu.

Considérant ce qui suit :

En ce qui concerne le cadre juridique applicable :

1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 841-1, L. 843-1, L. 845-2 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale, la prime d'activité, qui a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat, est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants.

2. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 1 décide de récupérer un paiement indu de prime d'activité et que le ressortissant concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, l'organisme peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée.

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

En ce qui concerne le litige soumis par M. A :

4. Le 3 février 2022, la MSA de Bourgogne a réclamé à M. A le paiement d'un indu de prime d'activité d'un montant de 327,78 euros. L'intéressé a alors exercé un recours qui a été rejeté le 28 juin 2022. M. A doit être regardé comme demandant au juge de lui accorder le bénéfice d'une remise totale de sa dette de prime d'activité au regard de son office défini au point 3.

5. M. A reconnaît ne pas avoir déclaré régulièrement une rente mensuelle de 533,56 euros perçue au titre de son accident du travail par la MSA de Bourgogne au motif qu'il pensait que les services internes à la MSA de Bourgogne communiquent entre eux sur les différentes prestations versées. Dès lors, la bonne foi du requérant n'apparaît pas devoir être remise en cause.

6. Toutefois, M. A, qui fait valoir qu'il ne peut rembourser la somme de 327,78 euros, se borne à indiquer qu'il ne perçoit que 713 euros de revenus par mois sans produire de pièce justificative ou tout autre élément de nature à établir qu'il se trouverait actuellement dans un état de précarité tel qu'il justifierait que lui soit accordée une remise de dette particulière à la date du présent jugement. Dans ces conditions, en refusant d'accorder à M. A une remise de sa dette de prime d'activité, la MSA de Bourgogne n'a en l'espèce pas commis d'erreur d'appréciation.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la ministre des solidarités et des familles.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la mutualité sociale agricole de Bourgogne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2023.

La magistrate désignée,

C. BoisLa greffière,

A. Roussilhe

La République mande et ordonne à la ministre des solidarités et des familles, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier0

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