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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2202698

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2202698

jeudi 27 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2202698
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationCH 1 JU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 octobre 2022, Mme B A conteste les décisions, en date du 24 août 2022, par lesquelles le président du conseil départemental de Saône-et-Loire a refusé, d'une part, de lui délivrer une carte " mobilité inclusion " portant la mention " invalidité " ou la mention " priorité ", d'autre part, de lui délivrer une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ".

Elle soutient qu'elle rencontre de grandes difficultés pour se déplacer en raison de pertes d'équilibre et de crises d'épilepsie.

Par ordonnance du 18 octobre 2022, le président du tribunal a transmis au pôle social du tribunal judiciaire de Mâcon, en application de l'article 32 du décret n° 2015-233 du 27 février 2015, les conclusions de la requête de Mme A relatives à la carte mobilité inclusion portant la mention " invalidité " ou " priorité ".

Par un mémoire en défense enregistré le 15 novembre 2022, le département de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il soutient que Mme A ne remplit pas les conditions d'obtention de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement ".

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

La rapporteure publique, sur sa proposition, a été dispensée de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été seulement entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. Zupan, président-rapporteur, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a contesté dans son mémoire introductif d'instance, les décisions, en date du 24 août 2022, par lesquelles le président du conseil départemental de Saône-et-Loire a refusé, d'une part, de lui délivrer une carte " mobilité inclusion " portant la mention " invalidité " ou la mention " priorité ", d'autre part, de lui délivrer une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ". Les conclusions visant le refus de carte " invalidité " ou " priorité " ont été transmises au pôle social du tribunal judiciaire de Mâcon par l'ordonnance visée ci-dessus du 18 octobre 2022, de sorte que le tribunal n'est plus désormais saisi que des seules conclusions dirigées contre le refus de carte portant la mention " stationnement ".

2. Aux termes de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles : " I. - La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. / () 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements ". Le IV de l'article R. 241-12-1 du même code dispose : " Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur ". Selon l'annexe de l'arrêté ministériel du 3 janvier 2017 susvisé, pris pour l'application de ces dispositions : " 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. / Une réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied correspond à une difficulté grave dans la réalisation de cette activité et peut se retrouver chez des personnes présentant notamment un handicap lié à des déficiences motrices ou viscérales (exemple : insuffisance cardiaque ou respiratoire). / Ce critère est rempli dans les situations suivantes : [a] - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou ; [b] - ou la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : - une aide humaine ; - une prothèse de membre inférieur ; - une canne ou tous autres appareillages manipulés à l'aide d'un ou des deux membres supérieurs (exemple : déambulateur) ; - un véhicule pour personnes handicapées : une personne qui doit utiliser systématiquement un fauteuil roulant pour ses déplacements extérieurs remplit les conditions d'attribution de la carte de stationnement pour personnes handicapées, y compris lorsqu'elle manœuvre seule et sans difficulté le fauteuil ; ou [c] - la personne a recours, lors de tous ses déplacements extérieurs, à une oxygénothérapie. / 2. Critère relatif à l'accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : Ce critère concerne les personnes atteintes d'une altération d'une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu'elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements. / Ce critère est rempli si elles ne peuvent effectuer aucun déplacement seules, y compris après apprentissage. / La nécessité d'un accompagnement s'impose dès lors que la personne risque d'être en danger ou a besoin d'une surveillance régulière (). 3. Dispositions communes : La réduction de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied ou le besoin d'accompagnement doit être définitif ou d'une durée prévisible d'au moins un an pour attribuer la carte de stationnement pour personnes handicapées ".

3. Il résulte de l'instruction que Mme A a subi en 2015 et 2016 deux accidents vasculaires cérébraux ischémiques. Toutefois, les pièces médicales versées aux débats, qui décrivent peu les séquelles de ces accidents et, notamment, n'évoquent pas les pertes d'équilibre et crises d'épilepsie alléguées, ne permettent pas, en tout état de cause, de relever une limitation à moins de 200 mètres du périmètre de marche de la requérante, ni la nécessité, pour elle, de recourir de façon systématique à une assistance humaine ou à l'une des aides techniques limitativement énumérées par les dispositions précitées de l'arrêté ministériel du 3 janvier 2017. Elles n'évoquent pas davantage une altération des fonctions mentales, cognitives, psychiques ou sensorielles imposant l'accompagnement, lors des déplacements extérieurs, par une tierce personne. Dans ces circonstances, à défaut de démonstration mieux étayée d'une réduction de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied de Mme A répondant aux critères définis par la réglementation rappelée au point précédent, la décision en litige ne peut être regardée comme procédant d'une erreur d'appréciation.

4. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du président du conseil départemental de Saône-et-Loire du 24 août 2022. Sa requête doit, par suite, être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : Les conclusions de la requête de Mme A dirigées contre le refus de carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement " opposé par le président du conseil départemental de Saône-et-Loire sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au département de Saône-et-Loire.

Copie en sera adressée pour information à la maison départementale des personnes handicapées de Saône-et-Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 avril 2023.

Le président,

D. ZUPANLa greffière,

C. CHAPIRON

La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

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