mercredi 20 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2202748 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CH 3 JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 octobre 2022, M. A B soumet au tribunal un litige qui l'oppose à la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Côte-d'Or relatif à un indu de prime d'activité d'un montant de 360,99 euros au titre de la période allant de juillet à décembre 2020.
M. B soutient que la CAF de la Côte-d'Or a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 septembre 2023, la CAF de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.
La CAF de la Côte-d'Or soutient que le moyen invoqué par le requérant n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bois, conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Bois a été entendu.
Considérant ce qui suit :
En ce qui concerne le cadre juridique applicable :
1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 841-1, L. 843-1, L. 845-2 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale, la prime d'activité, qui a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat, est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants.
2. Lorsque l'un de ces organismes mentionnés au point 1 décide de récupérer un paiement indu de prime d'activité et que le ressortissant concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, l'organisme peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée.
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
En ce qui concerne le litige soumis par M. B :
4. Le 8 avril 2022, la CAF de la Côte d'Or a réclamé à M. B un paiement indu de prime d'activité d'un montant de 360,99 euros au titre de la période allant de juillet 2020 à décembre 2020. L'intéressé a alors exercé une demande de remise de dette le 3 juillet 2022 qui a été rejetée le 15 septembre 2022. M. B doit être regardé comme demandant au juge de lui accorder le bénéfice d'une remise de sa dette de prime d'activité au regard de son office défini au point 3.
5. M. B soutient, en substance, qu'il est de bonne foi dès lors qu'il a déclaré par anticipation des revenus pour le mois de mai 2020 alors qu'il n'a effectivement perçu son salaire qu'au mois d'août 2020 et qu'étant placé en congé pour accompagner sa mère en fin de vie, il n'est pas en capacité de rembourser sa dette.
6. D'une part, il résulte de l'instruction qu'à la suite d'une discordance entre les revenus déclarés auprès des services de la CAF et les revenus fiscaux annuels, la CAF de la Côte-d'Or a constaté que le requérant a déclaré des revenus erronés pour les mois de mai, août, septembre, octobre et novembre 2020 et pas seulement pour le mois de mai 2020. Le récit du requérant, qui ne coïncide pas avec le constat établi par la CAF de la Côte-d'Or ne permet pas dès lors de caractériser sa bonne foi.
7. D'autre part, le requérant, qui fait seulement valoir qu'il bénéficie de l'allocation journalière de proche aidant et a dû se mettre en congés sans produire de pièce permettant de l'établir et ne conteste pas avoir un quotient familial de 799 euros, n'établit pas être dans un état de précarité tel qu'il justifierait que lui soit accordée une remise de dette particulière à la date du présent jugement.
8. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 6 et 7, la CAF de la Côte-d'Or, en refusant d'accorder à M. B une remise de sa dette de prime d'activité, n'a en l'espèce commis aucune erreur d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la ministre des solidarités et des familles.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales de la Côte-d'Or.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 décembre 2023.
La magistrate désignée,
C. BoisLa greffière,
M. C
La République mande et ordonne à la ministre des solidarités et des familles, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier0
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026