jeudi 7 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2202870 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CH 3 JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 octobre 2022, M. A B soumet au tribunal un litige qui l'oppose au département de la Côte-d'Or concernant un paiement indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 2 431,76 euros.
M. B soutient, d'une part, que le département de la Côte-d'Or a commis une erreur d'appréciation et que sa dette n'est pas de son " initiative volontaire " mais résulte d'un blocage de son dossier durant plus de huit mois et, d'autre part, que les indemnités journalières qu'il perçoit au titre de son affection longue-durée " ne sont pas à prendre en compte pour les calculs d'aides ".
La caisse d'allocations familiales (CAF) de la Côte-d'Or a produit des observations le 15 décembre 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 décembre 2022, le département de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.
Le département de la Côte-d'Or soutient que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Desseix, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement avisées du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Desseix a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 262-1, L. 262-13, L. 262-16, L. 262-25 et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active, qui a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'insertion sociale et professionnelle, est attribué par le président du conseil départemental ou, par délégation, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole, lesquelles en assurent également le service et le contrôle dans des conditions fixées par voie de convention.
2. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 1 décide de récupérer un paiement indu de revenu de solidarité active et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, le président du conseil départemental peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée. Statuant sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une telle demande, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
3. A l'issue d'un contrôle, la CAF de la Côte-d'Or a constaté que M. B n'avait pas déclaré ses indemnités journalières dans ses déclarations trimestrielles de ressources pour la période allant de juillet 2020 à juin 2021. Le recalcul des droits de l'intéressé suite à la modification de ses ressources sur cette période a notamment généré un paiement indu de RSA d'un montant total de 5 965,59 euros, qui lui a été notifié le 9 juin 2022, après une retenue sur ses prestations d'un montant 1 102,08 euros, portant l'indu notifié à sa charge à 4 863,51 euros. Le 11 juin 2022, M. B a notamment demandé une remise gracieuse totale de sa dette de RSA. Par une décision du 5 septembre 2022, le département de la Côte-d'Or lui a accordé une remise partielle de sa dette, portant l'indu restant à sa charge à 2 431,76 euros. M. B doit être regardé comme demandant au juge de lui accorder le bénéfice d'une remise totale de sa dette de RSA au regard de son office défini au point 2.
4. Tout d'abord, si M. B fait valoir que les indemnités journalières qu'il perçoit au titre de son affection longue-durée " ne sont pas à prendre en compte pour les calculs d'aides ", un tel moyen, qui se rattache au bien-fondé de l'indu, est inopérant dans le cadre d'un litige portant sur la remise gracieuse d'une dette sociale.
5. Ensuite, si l'indu en litige trouve son origine dans une erreur de déclarations des ressources de M. B, sa bonne foi n'a cependant pas été mise en cause. Il y a, par suite, lieu d'apprécier si la situation de l'intéressé justifie que soit prononcée une remise de dette.
6. Enfin, il résulte de l'instruction, que la commission de surendettement des particuliers de la Côte-d'Or a évalué les ressources de M. B à 605 euros et ses charges à 1 276 euros et a requis, le 12 octobre 2021, la suspension d'exigibilité pour une durée de douze mois. Compte-tenu de la situation de précarité dans laquelle se trouve l'intéressé, dont la situation de surendettement n'est pas contestée et pour laquelle il ne résulte pas de l'instruction qu'elle aurait significativement évoluée en 2023, il y a lieu de prononcer la remise gracieuse totale de l'indu en cause.
DECIDE :
Article 1er : Il est prononcé la remise gracieuse de l'indu de revenu de solidarité active d'un montant de 2 431,76 euros.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au département de la Côte-d'Or.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales de la Côte-d'Or.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2024.
La magistrate désignée,
M. DesseixLa greffière,
A. Roussilhe
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
Le greffier0
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