jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2202933 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BARBEROUSSE NATACHA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 novembre 2022 et un mémoire enregistré le 16 janvier 2023, l'association Cayen environnement, M. X AA, Mme S AF, Mme C T, M. H Q, Mme K W, M. F Y, Mme R Y, la société civile SF-BCTHO, Mme AB E, M. N O, M. M G, M. AE AC, M. B Z, M. U J, M. A V, Mme AD I et M. D L, représentés par l'AARPI Thémis puis par Me Gire, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision, en date du 24 octobre 2022, par laquelle le maire de Dijon a refusé de constater la péremption du permis de construire délivré le 28 septembre 2016 à la société Villeo, devenue la société anonyme d'habitations à loyer modéré (HLM) Habellis, en vue de l'édification, après démolition du bâti existant, de deux immeubles collectifs à usage d'habitation totalisant quinze logements sur un terrain sis chemin de la Fontaine au Cayen ;
2°) de faire injonction au maire de Dijon de constater la caducité de ce permis de construire, de dresser à l'encontre de la société d'HLM Habellis un procès-verbal d'infraction aux règles d'urbanisme et de prendre un arrêté interruptif de travaux, le tout dans les quinze jours suivant la notification du jugement à venir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Dijon le versement de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les personnes physiques requérantes habitent à proximité immédiate du projet et justifient ainsi d'un intérêt leur donnant qualité pour agir ;
- il en va de même, eu égard à son objet statutaire, de l'association Cayen environnement, laquelle est en outre valablement représentée ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation au regard des articles R. 424-17 et R. 424-19 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 novembre 2022, la société d'HLM Habellis, représentée par Me Barberousse, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de l'association Cayen environnement et autres la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les personnes physiques requérantes n'ont pas produit les justificatifs exigés par l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- hormis M. Q, Mme W, M. et Mme Y et la société SF-BCTHO, les requérants ne démontrent pas un intérêt donnant qualité pour agir ;
- l'association Cayen environnement ne démontre pas avoir déposé ses statuts au moins un an avant l'affichage du permis de construire, ne produit pas une délibération suffisamment précise pour habiliter son président à ester devant le tribunal et a un objet statutaire trop vague pour lui conférer un intérêt à agir ;
- la décision attaquée ne méconnaît pas les articles R. 424-17 et R. 424-19 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 décembre 2022, la commune de Dijon, représentée par Me Petit, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge solidaire de l'association Cayen environnement et autres la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les personnes physiques requérantes ne démontrent pas leur qualité de propriétaires riverains du projet et ne justifient donc pas d'un intérêt donnant qualité pour agir ;
- l'objet de l'association Cayen environnement est trop large pour lui conférer un tel intérêt ;
- la décision attaquée ne méconnaît pas les articles R. 424-17 et R. 424-19 du code de l'urbanisme.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Laurent,
- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique ;
- les observations de Me Gire représentant les requérants, de Me Buffet, représentant la commune de Dijon et de Me Barberousse, représentant la société Habellis.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 28 septembre 2016, le maire de Dijon a délivré à la société Villéo, devenue la société Habellis, un permis de construire en vue d'édifier deux bâtiments à usage d'habitation comportant quinze logements pour une surface de plancher totale de 998 m² au 19 chemin de la Fontaine au Cayen à Dijon, complété par un arrêté du 1er février 2017 portant permis de construire modificatif. Par jugement du 25 juin 2018, le tribunal administratif de Dijon a rejeté la demande de l'association Cayen environnement et autres tendant à l'annulation de ces deux arrêtés. Ce jugement a été confirmé par arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon du 11 juillet 2019. Le 29 août 2022, les requérants ont demandé à la commune de Dijon de constater la caducité du permis de construire délivré à la société Habellis. Cette demande a été rejetée par décision du maire de Dijon du 24 octobre 2022, dont l'association Cayen environnement et autres demandent l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de trois ans à compter de la notification mentionnée à l'article R. 424-10 ou de la date à laquelle la décision tacite est intervenue. Il en est de même si, passé ce délai, les travaux sont interrompus pendant un délai supérieur à une année. () ". Et aux termes de l'article R. 424-19 du même code : " En cas de recours devant la juridiction administrative contre le permis ou contre la décision de non-opposition à la déclaration préalable ou de recours devant la juridiction civile en application de l'article L. 480-13, le délai de validité prévu à l'article R.* 424-17 est suspendu jusqu'au prononcé d'une décision juridictionnelle irrévocable. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que le permis de construire délivré le 28 septembre 2016 portait sur la démolition d'un entrepôt et la construction de deux immeubles collectifs de quinze logements. Cet arrêté a été notifié le 29 septembre 2016 et a fait l'objet d'une requête en annulation enregistrée le 6 avril 2017 par le tribunal administratif de Dijon, suspendant, en application de l'article R. 424-19 du code de l'urbanisme, le délai de péremption. Ce délai n'a recommencé à courir que le 13 septembre 2019, date à laquelle l'arrêt de la cour administrative d'appel de Lyon rejetant l'appel formé contre ce jugement est devenu définitif, et expirait le 6 mars 2022.
4. Le 1er octobre 2021, une déclaration d'ouverture de chantier a été déposée par la société Habelis en vue de travaux de démolition et de désamiantage, qui ont fait l'objet d'une réception le 28 octobre 2021. Ces travaux ont porté sur le démontage de la structure, de la charpente et des parois métalliques de l'entrepôt existant, d'une surface de 375 m2, ainsi que de sa couverture en plaques ondulées de fibrociment, sur le désamiantage de ces éléments et enfin sur la destruction de son dallage.
5. De tels travaux, qui ont revêtu une certaine importance, ne sont pas dissociables de l'opération de construction dont ils constituent la première étape. Par suite, ils ont eu pour effet d'interrompre le cours du délai de péremption du permis de construire. Par ailleurs, à compter du 6 mars 2022, les travaux n'ont pas été interrompus pour une durée supérieure à un an. Par suite, le permis de construire ne pouvait être regardé comme caduc le 24 octobre 2022, même en l'absence de nouveaux travaux réalisés depuis le 28 octobre 2021.
6. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à invoquer au soutien de leurs conclusions tendant à l'annulation de la décision du 24 octobre 2022 refusant de constater la péremption du permis de construire en litige, la méconnaissance des dispositions des articles R. 424-17 et R. 424-19 du code de l'urbanisme.
7. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Dijon, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à l'association Cayen environnement et autres d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge des requérants les sommes que demandent la commune de Dijon et la société Habellis au titre des mêmes dispositions.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de l'association Cayen environnement et autres est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Dijon et de la société d'HLM Habellis au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association Cayen environnement, désignée représentante unique en application de l'article R. 411-5 du code de justice administrative, à la commune de Dijon et à la société d'HLM Habellis.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Océane Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
La rapporteure,
M-E Laurent
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026