mardi 31 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2202981 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL DU PARC CABINET D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 novembre 2022 et 3 janvier 2023, M. B A, représenté par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée du Parc - Monnet - Bourgogne demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe locale d'équipement et de taxes assimilées, auxquelles il a été assujetti à raison du permis de construire n° PC 021 546 09 M0001, délivré par la commune de Saint-Didier dans la Côte-d'Or ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il est en droit de solliciter la décharge de ces taxes, dès lors que le permis de construire délivré le 16 octobre 2009 a été retiré par un arrêté du 22 juillet 2022 ;
- le retrait de ce permis de construire constitue un événement de nature à rouvrir le délai de réclamation au sens de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2022, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable, dès lors que la réclamation contentieuse du 13 septembre 2022 était tardive.
La requête a été communiquée le 18 novembre 2022 au directeur régional des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or, qui n'a pas produit d'observations.
Les parties ont été informées par une lettre du 13 décembre 2022 que cette affaire était susceptible, à compter du 16 janvier 2023, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée au 6 mars 2023 par ordonnance du même jour.
A la demande du tribunal, la directrice régionale des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or a produit des pièces le 25 juillet 2023, qui ont été communiquées aux parties dans les conditions prévues par les dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
A la demande du tribunal, la commune de Saint-Didier a produit des pièces le 25 juillet 2023, qui ont été communiquées aux parties dans les conditions prévues par les dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le décret n° 2008-1353 du 19 décembre 2008 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Irénée Hugez,
- et les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 16 octobre 2009, le maire de la commune de Saint-Didier dans la Côte-d'Or a délivré à M. B A un permis de construire n° PC 021 546 09 M0001 en vue de la transformation d'une grange en gîte et de la rénovation d'un garage sur le terrain d'assiette constitué des parcelles cadastrées C 479, C 683 et C 684 sur le territoire de cette commune. Les taxes dues, assimilées à la taxe locale d'équipement, ont été mises en recouvrement par un avis d'imposition en date du 12 janvier 2010. Par un arrêté en date du 22 juillet 2022, le maire de la commune de Saint-Didier a retiré le permis de construire initial. Par sa requête, M. A demande au tribunal de prononcer la décharge des taxes assimilées à la taxe locale d'équipement, auxquelles il a été assujetti, à raison de ce permis de construire.
Sur la recevabilité :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle, selon le cas : / a) De la mise en recouvrement du rôle ou de la notification d'un avis de mise en recouvrement ; / b) Du versement de l'impôt contesté lorsque cet impôt n'a pas donné lieu à l'établissement d'un rôle ou à la notification d'un avis de mise en recouvrement ; / c) De la réalisation de l'événement qui motive la réclamation. () ". Aux termes des deux premiers alinéas de l'article 1723 quinquies du code général des impôts, dans sa rédaction alors applicable : " Le redevable de la taxe peut en obtenir la décharge, la réduction ou la restitution totale ou partielle : / S'il justifie qu'il n'a pas été en mesure de donner suite à l'autorisation de construire ; ". Aux termes de l'article 1723 sexies du code général des impôts, dans sa rédaction alors applicable : " Les litiges relatifs à la taxe locale d'équipement sont de la compétence des tribunaux administratifs. / Les réclamations sont présentées, instruites et jugées selon les règles de procédure applicables en matière de contributions directes. / L'administration compétente pour statuer sur les réclamations et produire ses observations sur les recours contentieux autres que ceux relatifs au recouvrement, est celle de l'équipement. ". Aux termes des deux premiers alinéas de l'article 406 nonies de l'annexe 3 au code général des impôts, dans sa rédaction alors applicable : " Les réclamations des redevables de la taxe locale d'équipement sont recevables jusqu'au 31 décembre de la deuxième année suivant celle du versement ou de la mise en recouvrement de la taxe. / Dans les situations définies à l'article 1723 quinquies du code général des impôts les réclamations sont recevables jusqu'au 31 décembre de la deuxième année suivant celle soit de la péremption du permis de construire soit de la démolition des constructions en vertu d'une décision de justice soit de la modification apportée au permis de construire ou à l'autorisation tacite de construire. ".
3. D'autre part, aux termes du premier alinéa de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction en vigueur à la date de délivrance du permis de construire dont s'agit : " Le permis de construire, d'aménager ou de démolir est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de deux ans à compter de la notification mentionnée à l'article R. 424-10 ou de la date à laquelle la décision tacite est intervenue. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 424-10 de ce code, dans sa version alors applicable : " La décision accordant ou refusant le permis ou s'opposant au projet faisant l'objet d'une déclaration préalable est notifiée au demandeur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception postal, ou, dans les cas prévus à l'article R. 423-48, par transmission électronique. ". L'article premier du décret du 19 décembre 2008 prolongeant le délai de validité des permis de construire, d'aménager ou de démolir et des décisions de non-opposition à une déclaration préalable a, pour les permis de construire intervenus au plus tard le 31 décembre 2010, porté à trois ans le délai mentionné au premier alinéa de l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme, du reste ultérieurement allongé de façon pérenne.
4. En premier lieu, il résulte des dispositions précitées que la date à compter de laquelle courait le délai de réclamation ouvert à M. A pour contester la taxe départementale pour le conseil en architecture, urbanisme et environnement et la taxe départementale des espaces naturels sensibles, auxquelles il a été assujetti, était celle de chacun des versements faits par ses soins ou, à défaut, celle de la notification de chacun des avis de mise en recouvrement qui lui ont été adressés, et, s'agissant du délai prévu par le deuxième alinéa de l'article 406 nonies de l'annexe 3 au code général des impôts, la date de péremption du permis de construire dont s'agit.
5. Il résulte de l'instruction que M. A a versé la somme de 1 992 euros le 16 avril 2011 et la somme de 1 244 euros le 16 octobre 2012. Il résulte également de l'instruction que le permis de construire délivré le 16 octobre 2009 à M. A lui a été régulièrement notifié le 26 octobre 2009. Il est constant que les travaux n'ont pas été entrepris dans le délai de trois ans précité suivant cette date, de sorte que ce permis de construire est devenu caduc le 26 octobre 2012. Dès lors, eu égard à ce qui a été dit au point précédent, M. A disposait d'un délai courant jusqu'au 31 décembre 2014 pour présenter ses réclamations dans les conditions fixées par les dispositions de l'article 406 nonies de l'annexe 3 au code général des impôts.
6. En deuxième lieu, les dispositions de l'article 406 nonies de l'annexe 3 au code général des impôts fixent des conditions de délais aux réclamations que les contribuables peuvent déposer pour contester les montants de taxe locale d'équipement et des taxes assimilées mis à leur charge. Leur application n'est pas exclusive de celle des dispositions du c) de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales prévoyant, s'agissant des impôts autres que les impôts directs locaux et leurs taxes annexes, qu'une réclamation peut être présentée jusqu'au 31 décembre de la deuxième année suivant celle au cours de laquelle intervient l'événement qui motive cette réclamation.
7. Seuls doivent être regardés comme constituant le point de départ du délai prévu au c de cet article les événements qui ont une incidence directe sur le principe même de l'imposition, son régime ou son mode de calcul.
8. Il résulte de ce qui précède que le permis de construire délivré le 16 octobre 2009 à M. A est devenu caduc le 26 octobre 2012. Dès lors, eu égard à ce qui a été dit au point précédent du présent jugement, la décision de retrait du 22 juillet 2022 était insusceptible de constituer un événement nouveau de nature à rouvrir le délai de réclamation au sens des dispositions précitées de l'article R. 196-1 du livre des procédures fiscales. Par suite, M. A n'est pas fondé à se prévaloir de ces dispositions.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la réclamation d'assiette formée le 13 septembre 2022 était tardive et, par suite, irrecevable. Les conclusions à fin de décharge présentées par M. A ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. A demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de la Côte-d'Or et à la directrice régionale des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
M. Hugez, premier conseiller,
M. Cherief, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2023.
Le rapporteur,
I. Hugez
Le président,
Ph. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026