mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2202993 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP BEZIZ-CLEON CHARLEMAGNE CREUSVAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 novembre 2022, la commune de Busserotte et Montenaille, représentée par Me Dravigny, demande au juge des référés d'ordonner une expertise sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative en vue de déterminer l'origine et l'étendue des désordres affectant l'église Saint-Ambroise, inscrite à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, dont la restauration a été réalisée en exécution d'un marché public.
La commune de Busserotte et Montenaille soutient que :
- son église du 13ème siècle a fait l'objet de travaux de restauration achevés en 2021 ;
- le lot n°2 (maçonnerie/ ouvrage béton/ pierre de taille/ pavage), confié à la société Ducherpozat, a été réceptionné avec réserves le 19 janvier 2021 ;
- d'importantes difficultés persistent concernant le lot n°1 (couverture laves/ échafaudages), attribué à la société Ducherpozat, qui a été réceptionné, avec réserves, avec effet au 18 novembre 2021, à savoir des infiltrations par la toiture de la nef et du porche, qui ruissellent à l'intérieur de l'édifice, entraînant des dégradations ;
- aucune solution pérenne n'ayant été trouvée, les réserves décrites ci-dessus n'ont pas été levées et l'église est actuellement impropre à sa destination, la bâche posée sur la nef n'empêchant pas le phénomène d'humidité et de condensation ;
Par un mémoire, enregistré le 7 décembre 2022, la SELARL Simon Buri architecte et la Mutuelle des architectes français (MAF), représentés par Me Simplot, demandent au tribunal de leur donner acte de ce qu'elles ne s'opposent pas à la demande d'expertise, tous droits et moyens expressément réservés.
Par un mémoire, enregistré le 9 décembre 2022, la SMABTP, représentée par la SELARL du Parc, demande sa mise hors de cause.
La SMABTP fait valoir que la garantie décennale qui couvre son assurée, la SAS Ducherpozat, ne saurait être mobilisée dans la mesure où les désordres sur lesquels portent la présente demande d'expertise n'affectent pas la solidité de la structure de l'ouvrage et ont été réservés à la réception du marché.
Par des mémoires, enregistrés les 13 et 15 décembre 2022, la SAS Ducherpozat, représentée par Me Creusvaux :
1°) ne s'oppose pas à la présente demande d'expertise sous toutes protestations et réserves sur sa mise en cause ;
2°) demande au tribunal de débouter la SMABTP de sa demande de mise hors de cause.
3°) demande au tribunal d'ordonner que les opérations d'expertise se déroulent en présence de la société Contet et Bourotte et de son assureur la société Allianz Iard.
La SAS Ducherpozat soutient :
- qu'il est utile de mettre en cause la société Contet et Bourotte, titulaire du lot n°3 (charpente bois), dans la mesure où la charpente réalisée par cette dernière a servi de support à la couverture réalisée et a ainsi pu concourir à la survenance des désordres ;
- que le juge des référés n'est pas compétent pour examiner la mobilisation du contrat d'assurance.
Vu :
- les pièces de procédure établissant que la requête a été notifiée aux personnes mises en cause ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Boissy, vice-président, en application de l'article
L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission () ". Aux termes de l'article R. 532-3 du même code : " Le juge des référés peut, à la demande de l'une des parties formée dans le délai de deux mois qui suit la première réunion d'expertise, ou à la demande de l'expert formée à tout moment, étendre l'expertise à des personnes autres que les parties initialement désignées par l'ordonnance, ou mettre hors de cause une ou plusieurs des parties ainsi désignées. / Il peut, dans les mêmes conditions, étendre la mission de l'expertise à l'examen de questions techniques qui se révélerait indispensable à la bonne exécution de cette mission, ou, à l'inverse, réduire l'étendue de la mission si certaines des recherches envisagées apparaissent inutiles ". Aux termes de l'article
R. 621-7-1 de ce code : " Les parties doivent remettre sans délai à l'expert tous documents que celui-ci estime nécessaires à l'accomplissement de sa mission ". Enfin, aux termes de l'article
R. 621-9 du même code : " Le rapport est déposé au greffe en deux exemplaires, des copies sont notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification peut s'opérer sous forme électronique () ".
2. Les faits relatés par la commune de Busserotte et Montenaille sont de nature à justifier la mesure d'instruction demandée. En conséquence, il y a lieu d'ordonner une expertise contradictoire aux fins et conditions définies dans le dispositif de la présente ordonnance.
Sur la demande de mise hors de cause :
3. L'organisation d'une mesure d'expertise ne préjuge pas de la responsabilité éventuelle des parties appelées en la cause. Dès lors, peuvent être appelées à une expertise ordonnée sur le fondement des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative non seulement les personnes dont la responsabilité est susceptible d'être engagée par l'action qui motive l'expertise mais aussi toute personne dont la présence est de nature à éclairer les travaux de l'expert. Par suite, la demande de mise hors de cause de la SMABTP, en qualité d'assureur de la SAS Ducherpozat, doit être écartée et il y a lieu de dire que les opérations d'expertise se dérouleront en sa présence.
Sur les demandes de mises en cause :
4. Comme il a été dit au point 3, peuvent être appelées en la cause toutes les personnes dont la présence est de nature à éclairer les travaux de l'expert. Par suite, il y a lieu de dire que les opérations d'expertise se dérouleront en présence de la société Contet et Bourotte, titulaire du lot n°3, et de son assureur la société Allianz Iard.
ORDONNE :
Article 1er : Il est ordonné une expertise contradictoire en présence de la commune de Busserotte et Montenaille, de la SELARL Simon Buri architecte, de la MAF, en qualité d'assureur de la SELARL Simon Buri architecte, de la SAS Ducherpozat, de la SMABTP, en qualité d'assureur de la SAS Ducherpozat, de la société Contet et Bourotte et de son assureur la société Allianz Iard.
Article 2 : M. A B, architecte, demeurant 20 chemin des Prés à Thomery (77810) est désigné comme expert avec pour mission de :
1°) se rendre sur les lieux et procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des désordres concernant l'exécution du lot n°1, du lot n°2, et, le cas échéant, du lot n°3 du marché de rénovation qui affectent l'église Saint-Ambroise, située sur le territoire de la commune de Busserotte et Montenaille (21580), en indiquant leur date d'apparition ;
2°) décrire les désordres et malfaçons constatés et en indiquer la nature et l'importance en précisant s'ils étaient apparents ou non au moment de la date de réception des lots n°1, n°2 et n°3, s'ils ont fait l'objet de réserves et dans l'affirmative si ces réserves ont été levées ; à toutes fins utiles, réunir les éléments d'information permettant au tribunal de dire si elles sont de nature à compromettre la solidité de l'immeuble ou à le rendre impropre à sa destination ; décrire les perspectives d'évolution des désordres n'ayant pas encore manifesté toute leur ampleur dans le délai de 10 ans ;
3°) de manière générale, se prononcer sur l'origine, les causes et les conséquences des désordres (non-conformité aux stipulations du marché, vice de construction ou de conception, défaut de surveillance des travaux, défaut d'exécution, manquement aux règles de l'art, défaut de qualité des matériaux mis en œuvre, utilisation dans des conditions non conformes à ce qui était contractuellement prévu, environnement extérieur de l'ouvrage ) et donner son avis sur le point de savoir à qui, parmi les intervenants mis en cause, ils peuvent être imputés et dans quelle proportion, en justifiant ses propositions ;
4°) indiquer la nature et le coût des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, en assurant la solidité de l'ouvrage et un usage propre à sa destination, en précisant s'il en résulte une plus-value pour l'immeuble en cause ;
5°) d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.
Article 3 : L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, s'entourer de tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et à éclairer le tribunal administratif.
Il pourra obtenir de toute partie et de tout tiers à l'instance, sans délai, sans être soumis à aucune autre formalité, la consultation ou la communication de tous documents qu'il estimera nécessaires à l'accomplissement de sa mission ;
En cas de carence des parties, il en informera le président du tribunal qui, après avoir provoqué les observations écrites de la partie récalcitrante, pourra ordonner la production des documents, s'il y a lieu sous astreinte, autoriser l'expert à passer outre ou l'autoriser à déposer son rapport en l'état, le tribunal tirant les conséquences du défaut de communication des documents à l'expert.
Article 4 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 5 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à
R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 6 : L'expert avertira les parties des jours et heures auxquels il sera procédé à l'expertise conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 7 : L'expert peut prendre l'initiative de procéder, avec l'accord des parties, à une médiation conformément aux dispositions de l'article R. 621-1 du code de justice administrative. Il devra, dans cette hypothèse, en informer le juge des référés et préserver dans son rapport d'expertise la confidentialité de la médiation menée.
Article 8 : L'expert adressera aux parties un pré-rapport permettant la production de tout dire avant de déposer son rapport définitif au greffe du tribunal.
Il déposera son rapport au greffe en deux exemplaires dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 9 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 10 : Le surplus des conclusions présentées par les parties est rejeté.
Article 11 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Busserotte et Montenaille, à la SELARL Simon Buri architecte, à la MAF, en qualité d'assureur de la SELARL Simon Buri architecte, à la SAS Ducherpozat, à la SMABTP Dijon, en qualité d'assureur de la SAS Ducherpozat, à la société Contet et Bourotte, à son assureur la société Allianz Iard et à M. A B expert.
Fait à Dijon le 28 mars 2023.
Le juge des référés,
L. Boissy
La République mande et ordonne au préfet de la Côte d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2202993
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026