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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2203381

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2203381

jeudi 9 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2203381
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationCH 3 JU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 décembre 2022, M. C soumet au tribunal un litige l'opposant au département de Saône-et-Loire concernant un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant initial de 4 247,02 euros pour la période allant du 1er juin 2021 au 31 mai 2022.

M. C soutient que le département de Saône-et-Loire a commis une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 février 2023, le département de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Le département soutient que le moyen soulevé par M. C n'est pas fondé.

La requête a été communiquée à la caisse d'allocations familiales (CAF) de Saône-et-Loire qui n'a pas produit d'observation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bois, conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Bois a été entendu.

Considérant ce qui suit :

En ce qui concerne le cadre juridique applicable :

1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 262-1, L. 262-13, L. 262-16, L. 262-25 et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active, qui a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'insertion sociale et professionnelle, est attribué par le président du conseil départemental ou, par délégation, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole, lesquelles en assurent également le service et le contrôle dans des conditions fixées par voie de convention.

2. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 1 décide de récupérer un paiement indu de revenu de solidarité active et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, le président du conseil départemental peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée. Statuant sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une telle demande, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

En ce qui concerne le litige soumis par M. C :

3. Le 7 juillet 2022, la CAF de Saône-et-Loire a réclamé à M. C un paiement indu de RSA d'un montant de 4 247,02 euros pour la période allant du 1er juin 2021 au 31 mai 2022. L'intéressé a alors exercé un recours le 15 septembre 2022. Par une décision du 20 octobre 2022, le département de Saône-et-Loire a accordé une remise partielle de la dette de M. C à hauteur de 2 102,08 euros. M. C doit être regardé comme demandant au juge de lui accorder le bénéfice d'une remise totale de sa dette restante d'un montant de 2 144,94 euros au regard de son office défini au point 2.

4. Il résulte de l'instruction que l'indu de RSA litigieux du requérant résulte exclusivement d'une erreur des services de la CAF de Saône-et-Loire qui ont neutralisé à tort les revenus régulièrement déclarés de M. C. L'intéressé doit dès lors être regardé comme étant de bonne foi.

5. Toutefois, M. C, qui se borne à faire valoir qu'il ne peut pas rembourser la somme restante de 2 144,94 euros compte tenu de ses faibles revenus fluctuants et des faibles revenus de sa concubine avec laquelle il réside depuis le mois d'avril 2022, n'a produit aucun élément de nature à établir qu'il se trouverait actuellement dans un état de précarité tel qu'il justifierait que lui soit accordée une remise totale de sa dette à la date du présent jugement. Dans ces conditions, le département de Saône-et-Loire, en refusant d'accorder à M. C une remise totale de sa dette de RSA, n'a en l'espèce commis aucune erreur d'appréciation.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au département de Saône-et-Loire.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales de Saône-et-Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 novembre 2023.

La magistrate désignée,

C. BoisLa greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier0

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