jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2300152 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | N DIAYE CATHERINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 janvier 2023, M. B A, représenté par Me N'Diaye, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner au préfet de Saône-et-Loire de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, avec droit au travail, dans les huit jours suivant la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la mesure sollicitée répond aux conditions d'urgence et d'utilité fixées par l'article L. 521-3 du code de justice administrative, compte tenu de la précarité de sa situation ;
- cette mesure ne se heurte à aucune contestation sérieuse, dès lors que, son dossier étant complet, il jouit, en vertu des articles R. 431-12, R. 431-14 et R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, du droit à se voir remettre un récépissé de demande de titre de séjour l'autorisant à travailler.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 25 janvier 2023, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- M. A étant dépourvu de tout droit au séjour et sous le coup d'une mesure d'éloignement, les conditions d'urgence et d'utilité ne sont pas remplies ;
- la mesure sollicitée se heurte à une contestation sérieuse, dès lors que M. A, qui s'est prévalu de documents contrefaits, n'est pas en mesure de justifier de son état civil comme l'impose l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; le requérant, en outre, invoque inutilement de l'article R. 431-15-1 de ce code, sa demande de titre de séjour n'ayant pas été déposée au moyen d'un téléservice, et ne remplit pas les conditions fixées par l'article L. 435-3 de ce code.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né en mai 2002 selon ses déclarations et de nationalité guinéenne, est entré en France en septembre 2018 et a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance. La sincérité de ses documents d'état civil ayant été remise en cause et sa minorité n'apparaissant dès lors pas établie, sa demande de titre de séjour présentée sur le fondement de l'ancien article L. 313-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, repris par son actuel article L. 435-3, a été rejetée par arrêté du préfet de Saône-et-Loire du 27 novembre 2020, assorti d'une mesure d'éloignement. M. A s'est toutefois maintenu sur le territoire national et, en juin 2022, a transmis par voie postale aux services de la préfecture de Saône-et-Loire une nouvelle demande de titre de séjour. Il demande au juge des référés d'ordonner au préfet de Saône-et-Loire de lui en délivrer récépissé, avec droit au travail.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus.
Sur la mesure sollicitée :
3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de cette disposition d'une demande tendant à ce qu'il prescrive une mesure dans un sens déterminé, le juge des référés doit veiller à ce que cette mesure présente effectivement un caractère d'urgence, ne se heurte à aucune contestation sérieuse, soit utile et ne contrarie pas la mise en œuvre d'une décision administrative exécutoire.
4. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Selon l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ".
5. Il est constant que la demande de titre de séjour de M. A, transmise par courrier recommandé, a été reçue les services de la préfecture de Saône-et-Loire le 22 juin 2022. Par suite, en application des dispositions citées ci-dessus et quelles qu'aient été les conditions d'instruction du dossier du requérant, une décision implicite de refus de titre de séjour est intervenue le 22 octobre 2022. Dès lors que l'administration a ainsi statué sur la demande de titre de séjour de M. A, ce dernier n'est plus aujourd'hui en situation de s'en voir remettre un récépissé. La mesure sollicitée se heurte ainsi à une contestation sérieuse et, au surplus, ferait obstacle à l'exécution de la décision implicite de refus opposée par le préfet de Saône-et-Loire.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à solliciter l'intervention du juge des référés.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance de référé, supporte la charge de quelque somme que ce soit en remboursement des frais exposés par la partie adverse et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de Saône-et-Loire.
Fait à Dijon, le 2 février 2023.
Le président du tribunal
juge des référés,
D. ZUPAN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026