vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2300317 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CH 3 JU |
| Avocat requérant | SCP GALLON & MAURY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er février 2023, M. A B soumet au tribunal un litige qui l'oppose à la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Nièvre concernant un indu de prime d'activité.
M. B soutient que la CAF a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juin 2024, la CAF de la Nièvre, représentée par Me Gallon conclut au rejet de la requête.
La CAF soutient que le moyen soulevé par M. B n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bois, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Bois a été entendu.
Considérant ce qui suit :
En ce qui concerne le cadre juridique applicable :
1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 841-1, L. 843-1, L. 845-2 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale, la prime d'activité, qui a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat, est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants.
2. Lorsque l'un de ces organismes mentionnés au point 1 décide de récupérer un paiement indu de prime d'activité et que le ressortissant concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, l'organisme peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée. Statuant sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
En ce qui concerne le litige soumis par M. B :
3. Le 10 novembre 2022, la CAF de la Nièvre a réclamé à M. B un paiement indu de prime d'activité d'un montant de 831,36 euros au titre de la période allant du 1er mai 2022 au 31 juillet 2022. L'intéressé a présenté une demande de remise gracieuse de sa dette qui a été rejetée le 13 décembre 2022. M. B doit être regardé comme demandant au juge de lui accorder le bénéfice d'une remise gracieuse de sa dette de prime d'activité au regard de son office défini au point 2.
4. Il résulte de l'instruction que l'origine de l'indu de prime d'activité résulte d'une seule erreur ponctuelle informatique corrigée par M. B lui-même dans la date de commencement de sa vie maritale avec sa concubine. Dans ces conditions, la bonne foi de M. B, qui n'est pas contestée par la CAF de la Nièvre, n'apparaît pas devoir être remise en cause.
5. Toutefois, M. B qui se borne à faire valoir qu'il est dans une " détresse financière " et ne peut s'acquitter de sa dette, étant seul à travailler dans son foyer, ne produit aucun élément de nature à établir qu'il se trouverait actuellement dans un état de précarité tel qu'il justifierait que lui soit accordée une remise de dette particulière à la date du présent jugement, alors, au demeurant, que l'intéressé ne conteste pas disposer d'un quotient familial de 1 057 euros. Dans ces conditions, la CAF de la Nièvre, en refusant d'accorder à M. B une remise de sa dette de prime d'activité, n'a en l'espèce commis aucune erreur d'appréciation.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à l a caisse d'allocations familiales de la Nièvre.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
La magistrate désignée,
C. BoisLa greffière,
A. Roussilhe
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier0
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
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01/06/2026