mardi 9 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2300659 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CH 3 JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 mars 2023, Mme C A soumet au tribunal un litige qui l'oppose au département de Saône-et-Loire concernant un paiement indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 540 euros.
Mme A soutient que le département de Saône-et-Loire a commis une erreur d'appréciation.
La caisse d'allocations familiales de Saône-et-Loire a présenté des observations le 15 mars 2023.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 avril 2023, le département de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Le département soutient que le moyen invoqué par la requérante n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Desseix, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement avisées du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Desseix a été entendu.
Considérant ce qui suit :
Sur le cadre juridique :
1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 262-1, L. 262-13, L. 262-16, L. 262-25 et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active, qui a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'insertion sociale et professionnelle, est attribué par le président du conseil départemental ou, par délégation, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole, lesquelles en assurent également le service et le contrôle dans des conditions fixées par voie de convention.
2. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 1 décide de récupérer un paiement indu de revenu de solidarité active et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, le président du conseil départemental peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée. Statuant sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une telle demande, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
Sur le litige soumis par Mme A :
3. Le 23 décembre 2022, la caisse d'allocations familiales (CAF) de Saône-et-Loire a notifié à Mme A un indu de RSA d'un montant de 1 080 euros. Par une décision du 27 janvier 2023, la CAF a accordé à l'intéressée une remise partielle de sa dette d'un montant de 540 euros. Mme A doit être regardée comme demandant au juge de lui accorder le bénéfice d'une remise de la dette de RSA restant à sa charge au regard de son office défini au point 2.
4. D'une part, ni la requérante ni le département de Saône-et-Loire n'ont exposé d'arguments sérieux permettant au juge, en l'état de l'instruction, de déterminer si la bonne foi de Mme A est, ou non, remise en cause.
5. D'autre part, il résulte de l'instruction que Mme A perçoit différentes allocations sociales pour un montant mensuel de 2 534, 60 euros. L'intéressée n'a par ailleurs produit aucun justificatif de ses charges. Dans ces conditions, et alors que la CAF de Saône-et-Loire a évalué le quotient familial de la requérante au montant non contesté de 428, 99 euros, il ne résulte pas de l'instruction que Mme A se trouverait actuellement dans un état de précarité tel qu'il justifierait que lui soit accordé une remise de sa dette supérieure à celle qui lui a déjà été accordée le 27 janvier 2023. La requérante n'est dès lors pas fondée à soutenir que la président du département de Saône-et-Loire a commis une erreur d'appréciation et à demander l'annulation de la décision attaquée.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au département de Saône-et-Loire.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales de Saône-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juillet 2024.
La magistrate désignée,
M. DesseixLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026