mercredi 20 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2300750 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET SELURL CHIFFERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 22 mars 2023, 20 juin 2023 et 28 août 2023, M. D A B, agissant au nom et pour le compte de M. E A B, représenté par Me Lorton, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de condamner le centre hospitalier (CH) de Chalon-sur-Saône à lui verser une provision de 600 000 euros assortie du " taux d'intérêt légal à compter de la décision " juridictionnelle ;
2°) de mettre à la charge " des responsables " une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient qu'il a le droit, de manière non sérieusement contestable, à une provision de 600 000 euros correspondant aux préjudices subis par son père, M. A B, à la suite de la chute de ce dernier au sein du CH de Chalon-sur-Saône.
Par un mémoire, enregistré le 7 avril 2023, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de la Côte-d'Or demande la condamnation du CH de Chalon-sur-Saône à lui rembourser la somme de 38 238,14 euros au titre des prestations versées et la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juillet 2023, le CH de Chalon-sur-Saône, représenté par Me Chiffert, conclut au rejet de la requête de M. A B et des conclusions présentées par la CPAM de la Côte-d'Or et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le CH de Chalon-sur-Saône soutient que l'existence de l'obligation dont se prévaut M. A B est sérieusement contestable.
Par une décision du 13 mars 2023, M. A B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Boissy, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Après avoir été admis, le 16 octobre 2019, au service des urgences du CH de Chalon-sur-Saône en raison d'un œdème aigu du poumon, M. E A B a été transféré, le même jour, au sein du service de réanimation. A la suite d'une chute survenue dans ce service, le 29 octobre 2019, et à la dégradation de l'état de santé de l'intéressé faisant apparaitre une hémiparésie du côté droit, une imagerie par résonance magnétique a été réalisée le 31 octobre 2019, révélant un " hématome intra-parenchymateux fronto-pariétal gauche et un hématome sous dural temporo pariétal droit ". L'intéressé, qui a notamment présenté plusieurs pneumopathies, une acutisation de l'insuffisance rénale chronique et des troubles de la compréhension, a finalement été transféré vers le service de neurologie de l'établissement à compter du 14 janvier jusqu'au 22 janvier 2020, puis vers le service de soins de suite et de réadaptation (SSR) de la Croix-Rouge à Chalon-sur-Saône où il a été pris en charge jusqu'au 29 mai 2020, date de son retour à domicile. Au cours de son hospitalisation à la Croix-Rouge, l'intéressé a également été hospitalisé les 9 et 10 mars 2020 en unité de soins intensifs au CH de Chalon-sur-Saône. L'assureur du CH de Chalon-sur-Saône, la société AMTRUST, a diligenté une expertise dont le rapport a été rendu par le docteur C. Le 27 novembre 2022, M. D A B, habilité à représenter son père en vertu d'un jugement d'habilitation familiale du juge des tutelles du tribunal judiciaire de Chalon-sur-Saône du 3 juin 2022, a demandé au CH de Chalon-sur-Saône de lui verser une provision d'un montant de 1 000 000 d'euros en réparation des préjudices qu'il estimait que son père avait subis en raison de sa chute intervenue le 29 juin 2019. Cette demande a été implicitement rejetée. M. E A B, représenté par son fils, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner le CH de Chalon-sur-Saône à lui verser, à titre de provision, une somme globale de 600 000 euros.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable () ".
3. Pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.
4. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".
5. Le requérant, en se fondant sur les conclusions du rapport établi par le docteur C, soutient que le CH de Chalon-sur-Saône a commis une faute dans sa prise en charge.
6. Tout d'abord, le CH de Chalon-sur-Saône, en se fondant sur les éléments contenus dans les transmissions infirmières rédigées lors de l'hospitalisation de M. A B au sein du service de réanimation, conteste " le principe de sa responsabilité " dès lors, d'une part, que la contention mécanique n'était pas indispensable le jour du dommage au regard de l'absence d'agitation de M. A B, qui avait par ailleurs refusé que des barrières soient installées sur son lit et, d'autre part, qu'il existait une prescription médicale pour la mise en œuvre de telles mesures de contention " au besoin ", contrairement aux éléments relevés dans le rapport d'expertise.
7. Ensuite, le défendeur fait valoir que " à l'exception du rapport d'expertise amiable qui lui a été communiqué, la partie requérante n'apporte aucun commencement de preuve d'une quelconque faute " qui serait de nature à engager la responsabilité de l'établissement et qu'il n'est " pas possible de déduire de la survenue d'une chute le principe d'un défaut de surveillance automatique ou d'une erreur dans la prescription d'éventuelles contentions ".
8. Enfin, le défendeur se prévaut des recommandations formulées par l'Agence nationale d'accréditation et d'évaluation de la santé, dans un rapport de 2000, et notamment l'absence d'indication formelle à prescrire de manière automatique des barrières médicales dès lors que le risque de blessure grave est accru si de telles barrières sont installées sur les lits des patients. Le requérant a seulement répondu aux écritures produites en défense en se référant de nouveau au rapport d'expertise, dont le défendeur " ne partage pas l'avis ", et notamment au fait que celui-ci " met en lumière les faits générateurs qui permettent d'asseoir la demande de provision " et qu'il ne peut être sérieusement contesté par le CH de Chalon-sur-Saône dès lors qu'il a été diligenté par ce dernier.
9. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'existence de l'obligation de payer la somme de 600 000 euros n'est pas sérieusement contestable. Ses conclusions présentées sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative doivent par suite être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions présentées par la CPAM de la Côte-d'Or doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en tout état de cause obstacle à ce que soit mis à la charge du CH de Chalon-sur-Saône, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement de la somme que demande M. A B au titre des frais qu'il a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge M. A B la somme demandée par le CH de Chalon-sur-Saône au titre de ces mêmes frais.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la CPAM de la Côte-d'Or sont rejetées.
Article 3 : Les conclusions présentées par le CH de Chalon-sur-Saône au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D A B, à M. E A B, au centre hospitalier de Chalon-sur-Saône, à la caisse primaire d'assurance maladie de Côte-d'Or et à Me Lorton.
Fait à Dijon le 20 décembre 2023.
Le juge des référés,
L. Boissy
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026