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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2301026

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2301026

mardi 9 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2301026
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationCH 3 JU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 avril 2023 et le 11 juillet 2023, M. B A soumet au tribunal un litige qui l'oppose à la caisse d'allocations familiales (CAF) de l'Yonne relatif à un indu de prime d'activité d'un montant de 2 315, 88 euros.

M. A soutient que la CAF de l'Yonne a commis une erreur d'appréciation.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 juin 2023 et le 28 juillet 2023, la CAF de l'Yonne conclut au rejet de la requête.

La CAF de l'Yonne soutient que le moyen invoqué par le requérant n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Desseix, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement avisées du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Desseix a été entendu.

Considérant ce qui suit :

Sur le cadre juridique :

1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 841-1, L. 843-1, L. 845-2 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale, la prime d'activité, qui a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat, est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants.

2. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 1 décide de récupérer un paiement indu de prime d'activité et que le ressortissant concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, l'organisme peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée.

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

Sur le litige soumis par M. A :

4. Par une décision du 21 juillet 2022, la CAF de l'Yonne a décidé de récupérer auprès de M. A un indu de prime d'activité d'un montant de 2 894, 85 euros au titre de la période allant du 1er avril 2021 au 30 juin 2022. Par une décision du 6 mars 2023, la directrice de la CAF de l'Yonne a décidé d'accorder à l'intéressé une remise partielle de sa dette de prime d'activité, portant l'indu restant à sa charge à 2 315, 88 euros. M. A doit être regardé comme demandant au juge de lui accorder le bénéfice d'une remise totale de sa dette de prime d'activité en exerçant son office défini au point 3.

5. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. A a déclaré à tort ses indemnités journalières d'accident du travail dans la partie réservée aux traitements et salaires, ce qui a généré un indu de prime d'activité. Dans les circonstances particulières de l'espèce, la bonne foi de M. A n'apparait pas devoir être remise en cause.

6. En second lieu, si le requérant soutient qu'il n'est pas en mesure de rembourser le montant de l'indu restant à sa charge, il ne produit à l'appui de sa requête aucun élément permettant d'établir qu'il se trouverait dans une situation de précarité financière rendant impossible le remboursement de cette dette. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que l'intéressé, dont le " quotient familial " a été évalué par la CAF à 583 euros, se trouverait dans un état de précarité tel qu'il justifierait que lui soit accordé, à la date du présent jugement, une remise de dette supérieure à celle dont il a déjà bénéficié.

7. Il appartient seulement au requérant, s'il s'y croit fondé, de demander à la CAF de l'Yonne de mettre en œuvre des modalités de remboursement de sa dette supportables au regard de sa capacité contributive.

8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que la CAF de l'Yonne a commis une erreur d'appréciation en refusant de lui accorder une remise de dette supérieure. Sa requête doit par suite être rejetée.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la caisse d'allocations familiales de l'Yonne et au ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 juillet 2024.

La magistrate désignée,

M. DesseixLa greffière,

M. C

La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier

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