lundi 15 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2301121 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SCP MAURICE RIVA VACHERON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 26 avril 2023, 26 septembre 2023, 8 janvier 2024 et 9 janvier 2024, la société Petavit, représentée par la SCP Maurice, Riva et Vacheron, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner la commune de Senan à lui verser une provision de 270 435,83 euros TTC, assortie des intérêts moratoires contractuels, d'une montant de 44 124,52 euros TTC, et de la capitalisation des intérêts, au titre du marché de travaux ayant pour objet l'extension du réseau d'assainissement collectif dans le bourg ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Senan une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société Petavit soutient que :
- elle a droit, de manière non sérieusement contestable, à une somme de 270 435,83 euros TTC au titre des sommes dues pour les " situations " nos 1 à 5 qui ne lui ont pas encore été réglées et correspondant aux travaux qu'elle a effectués et à la révision de prix contractuelle ;
- elle a droit de manière non sérieusement contestable, à des intérêts moratoires dus sur le paiement avec retard des situations, pour un montant, arrêté à la date du 31 décembre 2023, de 44 124,52 euros.
Le 26 septembre 2023, le juge des référés a mis en demeure la commune de Senan de produire ses observations dans un délai de quinze jours en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Boissy, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le 17 janvier 2020, la commune de Senan a confié à la société Petavit un marché de travaux ayant pour objet l'extension du réseau d'assainissement collectif dans le bourg. Par un ordre de service (OS) n°1 du 19 septembre 2022, le maire de Senan a demandé à la société Petavit de démarrer la période de préparation des travaux à compter du 26 septembre 2022 puis, par un OS n° 2 du 15 novembre 2022, de commencer l'exécution des travaux à compter du 16 novembre 2022. Entre le 30 novembre 2022 et le 30 avril 2023, la société Petavit a vainement transmis au maître d'ouvrage cinq " situations de paiement " correspondant à l'état d'avancement de ses travaux. La société Petavit demande au juge des référés, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner la commune de Senan à lui verser, à titre de provision et dans le dernier état de ses écritures, une somme de 270 435,83 euros TTC, assortie des intérêts moratoires contractuels et de la capitalisation des intérêts, correspondant au cumul des situations impayées.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable () ".
En ce qui concerne l'office du juge du référé-provision :
3. Pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude. Dans ce cas, le montant de la provision que peut allouer le juge des référés n'a d'autre limite que celle résultant du caractère non sérieusement contestable de l'obligation dont les parties font état. Dans l'hypothèse où l'évaluation du montant de la provision résultant de cette obligation est incertaine, le juge des référés ne doit allouer de provision, le cas échéant assortie d'une garantie, que pour la fraction de ce montant qui lui parait revêtir un caractère de certitude suffisant.
En ce qui concerne l'acquiescement aux faits :
4. Aux termes de l'article R. 612-6 du code de justice administrative : " Si, malgré une mise en demeure, la partie défenderesse n'a produit aucun mémoire, elle est réputée avoir acquiescé aux faits exposés dans les mémoires du requérant ". Si, lorsque le défendeur n'a produit aucun mémoire, le juge administratif n'est pas tenu de procéder à une telle mise en demeure avant de statuer, il doit, s'il y procède, en tirer toutes les conséquences de droit et il lui appartient seulement, lorsque les dispositions sont applicables, de vérifier que l'inexactitude des faits exposés dans les mémoires du requérant ne ressort d'aucune pièce du dossier.
5. La commune de Senan, qui a été mise en demeure de produire en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative, n'a transmis aucun mémoire en défense. Le défendeur doit dès lors être regardé comme ayant acquiescé aux faits, exposés par la société dans ses écritures, et dont l'inexactitude ne ressort pas des autres pièces du dossier.
En ce qui concerne l'analyse des rapports des parties concernant l'avance et les sûretés :
S'agissant de l'avance :
6. Aux termes de l'article 6.2 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) : " Sous réserve des conditions prévues aux articles R. 2191-16 à R. 2191-19 du code de la commande publique, une avance est versée au titulaire sauf indication contraire portée dans l'acte d'engagement. Si la durée prévue pour son exécution est inférieure ou égale à 12 mois, son montant est égal à 5 % du montant du marché diminué du montant des prestations sous-traitées à paiement direct. () Le versement de cette avance est toutefois conditionné à la constitution préalable d'une garantie à première demande à concurrence de 100 % du montant de l'avance conformément aux dispositions de l'article R. 2191-7 du code de la commande publique. / Le titulaire pourra substituer à cette garantie à 1ère demande une caution personnelle et solidaire. / Le paiement de l'avance intervient sans formalité dans le délai global de paiement mentionné à l'article 5.10 - et compté à partir de la date d'effet de l'acte qui emporte commencement d'exécution des prestations du marché () ou à partir de la date effective de constitution de la garantie à 1ère demande ou de la caution personnelle et solidaire qui lui est substituée si cette date est postérieure. () Le montant de l'avance n'est pas soumis à variation de prix et ne peut pas être modifié par avenant. / Le remboursement de l'avance commence lorsque le montant des prestations exécutées, qui figure dans un décompte mensuel, atteint 65 % du montant du marché ou, le cas échéant, de la tranche considérée. / Il doit être terminé lorsque ce pourcentage atteint 80 %. / Le remboursement s'effectue par précompte sur les sommes dues ultérieurement au titulaire à titre d'acompte ou de solde. Le précompte s'effectue après application de la clause de variation de prix sur le montant initial de l'acompte ou du solde. / Une avance peut être versée, à leur demande, aux sous-traitants dès lors que le titulaire a lui-même droit au versement de l'avance. Le montant de cette avance et les conditions de son versement sont identiques à ceux définis ci-dessus pour le titulaire ".
7. Tout d'abord, ainsi qu'il a été dit au point 1, la date d'effet de l'OS n°1, lequel constitue " l'acte qui emporte commencement d'exécution des prestations du marché ", était le 26 septembre 2022. Ensuite, il résulte de l'instruction, et en particulier des mentions figurant dans l'acte d'engagement et du certificat pour paiement de la situation n°1 établie par le maître d'œuvre, que la société Petavit a accepté de percevoir l'avance de 5%, prévue par l'article 6.2 du CCAP, d'un montant de 36 163,63 euros HT, soit 43 363,96 euros TTC. Enfin, il résulte de l'instruction que la société a constitué une garantie à première demande à concurrence de 100 % du montant de l'avance le 16 novembre 2022, à la date de démarrage effective des travaux fixée par l'OS n°2. Dès lors, conformément aux stipulations de l'article 6.2 du CCAP, la commune de Senan aurait dû normalement verser l'avance au titulaire du marché au plus tard le 15 décembre 2022. Le maître d'ouvrage n'a toutefois pas versé l'avance à la date contractuellement prévue ni même avant la situation n°1. En décidant de verser pour la première fois, le 28 avril 2023, une somme globale de 295 070,41 euros, alors qu'à cette date l'état d'avancement des travaux était supérieur à 85% et que la société Petavit lui avait déjà adressé les situations nos 1 à 4 pour un montant total, hors révisions, de 620 309,25 euros HT, la commune de Senan ne peut pas être regardée comme ayant mis en œuvre le mécanisme contractuel de l'avance mais comme ayant simplement réglé partiellement les situations 1 à 4. Dans ces conditions, et compte tenu, en outre, de ce qui a été dit au point 5, il résulte de cette analyse que, pour le calcul de la provision à laquelle peut prétendre la société Petavit, les parties sont réputées avoir renoncé au mécanisme du paiement de l'avance et du remboursement de cette avance défini à l'article 6.2 du CCAP.
S'agissant des sûretés :
8. Aux termes de l'article 6.1 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) : " Une retenue de garantie de 5 % est prélevée sur chaque acompte par le comptable assignataire des paiements. Elle est calculée sur le montant TTC, hors variation, des travaux ou prestations réglées par l'acompte. / La retenue de garantie peut être remplacée par une garantie à première demande ou avec l'accord du maitre d'ouvrage, par une caution personnelle et solidaire, dans les conditions prévues aux articles R. 2191-36 à R. 2191-42 du code de la commande publique. La garantie à première demande ou, le cas échéant, la caution personnelle et solidaire, est constituée pour un montant équivalent à celui de la retenue de garantie. / () Cette garantie ou cette caution doit être constituée en totalité au plus tard à la date à laquelle le titulaire remet la demande de paiement correspondant au premier acompte du marché (), faute de quoi la fraction de la retenue de garantie correspondant à l'acompte sera prélevée. / Le titulaire conserve toutefois la possibilité en cours d'exécution du marché de substituer à la retenue de garantie une garantie à première demande ou, si le maître d'ouvrage y consent, une caution personnelle et solidaire, les montants déjà prélevés au titre de la retenue de garantie étant reversés à l'entrepreneur après constitution de cette garantie. / La garantie de substitution doit être constituée pour le montant total du marché (). / Les frais de constitution de la garantie à première demande ou, le cas échéant, de la caution sont à la charge de l'entrepreneur. / La retenue de garantie est remboursée, ou la garantie à première demande ou la caution est libérée dans le délai d'un mois qui suit l'expiration du délai de garantie si le maître d'ouvrage n'a pas, avant l'expiration de ce délai, notifié, par lettre recommandée au titulaire ou à l'établissement ayant accordé sa caution ou sa garantie à première demande, des réserves concernant les ouvrages à exécuter ou si des réserves ont été émises et levées en totalité avant l'expiration du délai de garantie. / Dans le cas contraire, la retenue de garantie est remboursée, ou la garantie à première demande ou la caution est libérée dans le délai d'un mois qui suit la date de levée de ces réserves ".
9. Il résulte de l'instruction, et en particulier des garanties à première demandes produites et des mentions figurant sur les certificats de paiement, que la société Petavit a constitué une garantie à première demande à concurrence de 100 % du montant de l'avance en substitution de la retenue de garantie. Dans ces conditions, et compte tenu, en outre, de ce qui a été dit au point 5, les paiements intervenus le 28 avril 2023, pour des montants de 43 363,96 euros TTC, de 73 919,23 euros TTC et de 177 787,22 euros TTC et, le 5 septembre 2023, pour un montant de 319 347,24 euros TTC, - soit un montant global payé à la société Petavit de 614 417,65 euros TTC à la date de la présente ordonnance- ne peuvent pas être analysés comme ayant appliqué le mécanisme contractuel de la retenue de garantie.
En ce qui concerne les postes du marché :
S'agissant du poste " travaux " :
10. Il résulte de l'instruction, et en particulier des documents " situation n° 1-facture P2211088 du 30 novembre 2022 ", " situation n° 2-facture P2301115 du 31 janvier 2023 ", " situation n° 3-facture P2302090 du 28 février 2023 ", " situation n° 4-facture P2303067 du 31 mars 2023 " et " situation n° 5-facture P2304148 du 30 avril 2023 " et des cinq certificats pour paiements signés par le maître d'œuvre, que la société Petavit a réalisé, seule ou avec le concours de sous-traitants agréés, l'essentiel des prestations qui lui ont été confiées par le maître de l'ouvrage pour un montant de 713 911,97 euros HT. Dès lors, et compte tenu, en outre, de ce qui a été dit au point 5, le montant du poste " travaux " s'élève, de manière non sérieusement contestable, à 713 911,97 euros HT à la date de la présente ordonnance.
S'agissant du poste " révisions des prix " :
11. L'article 5.7 du CCAP prévoit que les prix sont révisables par référence à l'indice TP10a " canalisations, égouts d'assainissement et adduction d'eau avec fournitures de tuyaux ". Le coefficient de révision Cn applicable pour le calcul de l'acompte du mois est donné par la formule : Cn = 15% + 85% (In / Io) dans laquelle Io et In sont les valeurs de l'index de référence respectivement au mois zéro et au mois n d'exécution des prestations. L'article 5.7.1 de ce même CCAP précise que le mois zéro est le mois qui précède la date de remise de l'offre finale. Enfin, selon l'article 11.4 du CCAG-T et l'article 5.7.2 du CCAP, le coefficient final de révision des prix est arrondi au millième supérieur avec la précision que " si la 4ème décimale est égale à 0, le millième est inchangé " tandis que " si la 4ème décimale est supérieure à 0, le millième est augmenté d'une unité ".
12. Eu égard, tout d'abord, à l'Io du " mois zéro ", septembre 2019 -qui est le mois précédant la remise de l'offre de la société Petavit-, fixé à 111,3, compte tenu, ensuite, de la formule de révision mentionnée au point 11 et des index TP10a définitifs applicables aux dates d'exécutions des travaux au titre desquels les acomptes ont été présentés, en novembre 2022, janvier 2023, février 2023, mars 2023 et avril 2023, -respectivement fixés à 125,4, 127,5, 128,1, 128,8 et 129,4-, et compte tenu, enfin, de la formule de l'arrondi, le montant de la révision des prix applicable aux prestations correspondant aux situations nos 1 à 5 s'élève respectivement à 6 317,88 euros HT, 17 329,94 euros HT, 34 446,50 euros HT, 20 773,43 euros HT et 13 010,78 euros HT. Dès lors, et compte tenu, en outre, de ce qui a été dit au point 5, le montant du poste " révisions des prix " s'élève, de manière non sérieusement contestable, à 91 878,53 euros HT à la date de la présente ordonnance.
13. Le montant total des sommes dues au titre des postes du marché qui ont été réalisés à la date de la présente ordonnance s'élève donc, de manière non sérieusement contestable, à 966 948,60 euros TTC [(713 911,97 + 91 878,53) x 1,2].
En ce qui concerne le montant dû à la société Petavit au titre des postes du marché :
14. Il résulte de l'instruction, et en particulier de l'analyse des " formulaires DC4 " produits et des mentions figurant sur les situations et les certificats de paiement, et compte tenu, en outre, de ce qui a été dit au point 5, que la société Petavit a sous-traité à la société Eiffage travaux route centre-Est une partie de ses prestations qui ont été réalisées à l'occasion de travaux effectués pour la " situation n°5 " et pour un montant de 33 005 euros HT et a sous-traité à la société JLBTP et fils des prestations, réalisées à l'occasion de travaux effectués pour la " situation n°3 " et la " situation n°5 ", pour un montant de 46 106,58 euros HT. Ces sous-traitants bénéficient en outre du paiement direct par le maitre d'ouvrage. Dès lors, compte tenu du montant de la révision correspondant à la partie de ces prestations sous-traitées, 10 821,52 euros HT (2 257,37 euros HT pour la situation n°3 et 8 564,15 euros HT pour la situation n°5), et eu égard, en outre, à ce qui a été dit au point 5, le montant du marché dû à la société Petavit au titre des postes du marché s'élève à 715 847,40 euros HT (713 911,97 + 91 878,53 - 33 005 - 46 106,58 - 10 821,52), soit 859 028,89 euros TTC.
En ce qui concerne les " intérêts moratoires sur situations " :
15. En application, d'une part, des dispositions combinées des articles L. 2192-10, L. 2192-12, L. 2192-13, R. 2192-10, R. 2192-12, R. 2192-15, R. 2192-31, R. 2192-32, R. 2192-33, R. 2192-34 et R. 2192-36 du code de la commande publique et, d'autre part, de l'article 5.10 du CCAP, le délai de paiement des sommes dues en principal par le pouvoir adjudicateur est de trente jours à compter de la réception de la demande de paiement de l'acompte transmise par le titulaire du marché par voie électronique. Le retard de paiement fait courir, de plein droit et sans autre formalité, des intérêts moratoires dont le taux est égal au taux d'intérêt appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement les plus récentes, en vigueur au premier jour du semestre de l'année civile au cours duquel les intérêts moratoires ont commencé à courir, majoré de huit points de pourcentage. Les intérêts moratoires appliqués aux acomptes sont calculés sur le montant total de l'acompte toutes taxes comprises, diminué, le cas échéant, de la retenue de garantie, et après application, le cas échéant, des clauses de révision et de pénalisation, et courent à compter du lendemain de l'expiration du délai de paiement jusqu'à la date de mise en paiement du principal incluse.
16. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et en particulier de la mention figurant dans la fiche de décompte du certificat pour paiement n° 1, et de ce qui a été dit aux points 5, 7, 9 et 14 que, d'une part, la demande de paiement de la situation 1 du 30 novembre 2022 a été transmise le 30 novembre 2022 et a été payée le 28 avril 2023. Les intérêts moratoires dus sur cette situation ont donc commencé à courir le 30 décembre 2022 et ont pris fin le 28 avril 2023, soit pendant une durée de 119 jours. D'autre part, le montant qui doit être pris en compte pour le calcul du montant des intérêts moratoires s'élève à 77 780,16 euros TTC et correspond au montant HT de cette situation -58 498,92 euros-, au montant de la révision de prix - 6 317,88 euros HT ainsi qu'il a été dit au point 12- et à l'application de la TVA au taux de 20%. Le montant des intérêts moratoires dus sur l'acompte n° 1 s'élève donc à 2 155,47 euros TTC [77 780,16 x (119/365) x (0,5+8)].
17. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, et en particulier de la mention figurant dans la fiche de décompte du certificat pour paiement n°2, et de ce qui a été dit aux points 5, 7, 9 et 14 que, d'une part, la demande de paiement de la situation n° 2 du 31 janvier 2023 a été transmise le 31 janvier 2023 et a été payée le 28 avril 2023. Les intérêts moratoires dus sur cette situation ont donc commencé à courir le 2 mars 2023 et ont pris fin le 28 avril 2023, soit pendant une durée de 57 jours. D'autre part, le montant qui doit être pris en compte pour le calcul du montant des intérêts moratoires s'élève à 188 505,04 euros TTC et correspond au montant HT de cette situation -139 757,59 euros-, au montant de la révision de prix -17 329,94 euros HT ainsi qu'il a été dit au point 12- et à l'application de la TVA au taux de 20%. Le montant des intérêts moratoires dus sur l'acompte n° 2 s'élève donc à 3 090,97 euros TTC [188 505,04 x (57/365) x (2,5+8)].
18. En troisième lieu, le montant qui doit être pris en compte pour le calcul du montant des intérêts moratoires dû à la société Petavit sur la situation n° 3 s'élève à 338 060,76 euros TTC et correspond, d'une part, au montant HT de cette situation -267 27,17 euros-, au montant de la révision de prix -34 446,50 euros HT ainsi qu'il a été dit au point 12- et à l'application de la TVA au taux de 20% et, d'autre part, à la minoration résultant du montant révisé TTC de la part sous-traitée du marché [(17 499 + 2 257,38) x 1,2].
19. Il résulte de l'instruction, et en particulier de la mention figurant dans la fiche de décompte du certificat pour paiement n 3, et de ce qui a été dit aux points 5, 7, 9 et 14 que la demande de paiement de la situation 3 du 28 février 2023 a été transmise le 28 février 2023 et a été partiellement payée, le 28 avril 2023, à hauteur de 28 785,21 euros TTC (73 919,23 + 43 363,96 + 177 787,22 - 77 780,16 - 188 505,04) et partiellement payée, à hauteur de 309 275,56 euros TTC (338 060,76 - 28 785,21) le 5 septembre 2023. Les intérêts moratoires dus sur cette situation ont donc commencé à courir le 30 mars 2023 et, pour la partie correspondant au paiement de 28 785,21 euros TTC, ont pris fin le 28 avril 2023 -soit pendant une durée de 30 jours- tandis que, pour la partie correspondant à 309 275,56 euros TTC, ils ont pris fin le 5 septembre 2023 -soit pendant une durée de 160 jours-. Le montant des intérêts moratoires dus sur l'acompte n° 3 s'élève donc à 17 152,66 euros TTC [338 060,76 x (30/365) x (2,5+8) + 309 275,56 x (160/365) x (2,5+8)].
20. En quatrième lieu, le montant qui doit être pris en compte pour le calcul du montant des intérêts moratoires dû à la société Petavit sur la situation n° 4 s'élève à 210 958,80 euros TTC et correspond au montant HT de cette situation -155 025,57 euros-, au montant de la révision de prix -20 773,43 euros HT ainsi qu'il a été dit au point 12- et à l'application de la TVA au taux de 20%.
21. Il résulte de l'instruction, et en particulier de la mention figurant dans la fiche de décompte du certificat pour paiement n° 4, et de ce qui a été dit aux points 5, 7, 9 et 14 que la demande de paiement de la situation n° 4 du 31 mars 2023 a été transmise le 31 mars 2023 et a été partiellement payée, le 5 septembre 2023, à hauteur de 10 071,68 euros (73 919,23 + 43 363,96 + 177 787,22 - 77 780,16 - 188 505,04 - 28 785,21 - 309 275,56). Les intérêts moratoires dus sur cette situation ont donc commencé à courir le 30 avril 2023. Pour la partie correspondant au paiement de 10 071,68 euros, ils ont pris fin le 5 septembre 2023 -soit pendant une durée de 129 jours. Pour la partie correspondant à 200 887,11 euros TTC (210 958,80 - 10 071,68), ils n'ont pas pris fin à la date de la présente ordonnance et ont ainsi couru, jusqu'au 15 janvier 2024, pendant 261 jours. Le montant des intérêts moratoires dus sur l'acompte n° 4 s'élève donc, à la date de la présente ordonnance, à 22 911,64 euros TTC [210 958,80 x (129/365) x (2,5+8) + 200 887,11 x (261/365) x (2,5+8)].
22. En dernier lieu, le montant qui doit être pris en compte pour le calcul du montant des intérêts moratoires dû à la société Petavit sur la situation n°5 s'élève à 43 724 euros TTC et correspond, d'une part, au montant HT de cette situation -93 602,72 euros-, au montant de la révision de prix -13 010,78 euros HT ainsi qu'il a été dit au point 12- et à l'application de la TVA au taux de 20% et, d'autre part, à la minoration résultant du montant révisé TTC de la part sous-traitée du marché [(33 005 + 28 607,58 + 8 564,15) x 1,2].
23. Il résulte de l'instruction, et en particulier de la mention figurant dans la fiche de décompte du certificat pour paiement n° 5, et de ce qui a été dit aux points 5, 7, 9 et 14 que la demande de paiement de la situation n° 5 du 30 avril 2023 a été transmise le 30 avril 2023 et n'a pas été payée. Les intérêts moratoires dus sur cette situation, qui ont commencé à courir le 30 mai 2023 et n'avaient pas pris fin à la date de la présente ordonnance, ont ainsi couru, jusqu'au 15 janvier 2024, pendant 231 jours. Le montant des intérêts moratoires dus sur l'acompte n° 5 s'élève donc, à la date de la présente ordonnance, à 2 905,54 euros TTC [43 724 x (231/365) x (2,5+8)].
24. Il résulte de l'ensemble de ce qui vient d'être dit aux points 15 à 23 que la fraction non sérieusement contestable des intérêts moratoires dus sur situations s'élève, à la date de la présente ordonnance, à 48 216,29 euros TTC.
En ce qui concerne la capitalisation des intérêts :
25. En application de l'article 1343-2 du code civil, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. Le cas échéant, la capitalisation s'accomplit à nouveau à l'expiration de chaque échéance annuelle ultérieure sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande.
26. La capitalisation des intérêts ayant été demandée le 26 avril 2023, les intérêts moratoires dus sur les situations nos 1 à 5 ne sont pas dus pour une année entière à la date de la présente ordonnance. La société requérante n'a donc pas droit à la capitalisation des intérêts sur les sommes en litige.
En ce qui concerne la détermination de la provision :
27. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, et en particulier de ce qui a été dit aux points 9, 14 et 24, que la société Petavit est seulement fondée à soutenir que l'existence de l'obligation de payer la somme de 292 827,53 euros (859 028,89 + 48 216,29 - 614 417,65) n'est pas sérieusement contestable et à demander la condamnation de la commune de Senan à lui verser cette provision.
Sur les frais liés au litige :
28. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Senan une somme de 1 500 euros à verser à la société Petavit au titre des frais que celle-ci a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La commune de Senan est condamnée à verser à la société Petavit une provision de 292 827,53 euros.
Article 2 : La commune de Senan versera à la société Petavit une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Petavit et à la commune de Senan.
Fait à Dijon le 15 janvier 2024.
Le juge des référés,
L. Boissy
La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026