vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2301164 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CH 3 JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 avril 2023, M. E A et Mme C D soumettent au tribunal un litige qui les oppose à la caisse d'allocations familiales de l'Yonne et au département de l'Yonne relatif à un indu de revenu de solidarité active (RSA) et à un indu de prime exceptionnelle de fin d'année.
M. A et Mme D soutiennent que le département et la CAF de l'Yonne ont entaché leur décision d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2023, le département de l'Yonne conclut au rejet de la requête.
Le département soutient que l'indu de RSA en litige ne concernant que Mme D et non M. A, la requête, introduite seulement par M. A, n'est pas recevable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2023, la CAF de l'Yonne soutient qu'elle n'a pas d'observation particulière à faire valoir.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le décret n°2023-1184 du 14 décembre 2023 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Bois, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Bois a été entendu.
Considérant ce qui suit :
Sur le cadre juridique applicable :
En ce qui concerne le cadre juridique relatif au RSA :
1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 262-1, L. 262-13, L. 262-16, L. 262-25 et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active, qui a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'insertion sociale et professionnelle, est attribué par le président du conseil départemental ou, par délégation, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole, lesquelles en assurent également le service et le contrôle dans des conditions fixées par voie de convention.
2. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 1 décide de récupérer un paiement indu de revenu de solidarité active et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, le président du conseil départemental peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée. Statuant sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une telle demande, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
En ce concerne le cadre juridique relatif à la prime exceptionnelle de fin d'année :
3. L'aide exceptionnelle instituée, au titre de l'année 2023, par le décret n° 2023-1184 est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole notamment pour les allocataires du revenu de solidarité active.
4. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 3 décide de récupérer un paiement indu d'aide exceptionnelle de fin d'année et que le ressortissant concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, l'organisme peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide exceptionnelle, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
Sur le litige soumis par M. A et par Mme D :
5. Le 8 mars 2023, la CAF de l'Yonne a réclamé à Mme D un paiement indu de RSA d'un montant de 660,15 euros et lui a notifié un indu de " prime ". Les intéressés ont présenté une demande de remise gracieuse de leurs dettes. Par un courrier du 20 avril 2023, la CAF de l'Yonne a rejeté la demande de remise de dette du RSA et par un courrier du même jour, elle a consenti une remise de dette à hauteur de 38,11 euros au titre de l'indu de " prime(s) ", portant la dette restante à 114,34 euros. Les requérants doivent être regardés comme demandant au juge de leur accorder le bénéfice d'une remise totale de leurs dettes au regard de son office défini aux points 2 et 4.
6. Ni les requérants ni la CAF de l'Yonne ni le département de l'Yonne n'ont exposé d'arguments sérieux permettant au juge, en l'état de l'instruction, de déterminer si la bonne foi des requérants est, ou non, remise en cause pour ce qui concerne les montants des indus de RSA et de " prime " mis à leur charge.
7. Toutefois, les requérants, aujourd'hui séparés, qui se bornent à demander une remise gracieuse de leurs dettes, ne contestent pas avoir un quotient familial de 1 190,51 euros et ne justifient aucun élément de nature à établir qu'ils se trouveraient, ensemble ou séparément, dans un état de précarité tel qu'il justifierait que leur soit accordée une remise de dette supérieure à celle qui a déjà été consentie. La seule circonstance que les requérants se soient séparés en cours d'instance est sans incidence sur l'appréciation de leur situation financière. Dans ces conditions, la CAF de l'Yonne, en refusant d'accorder aux requérants une remise de dette intégrale, n'a en l'espèce commis aucune erreur d'appréciation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, la requête de M. A et de Mme D doit être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A et de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à Mme C D, au département de l'Yonne et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales de l'Yonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
La magistrate désignée,
C. BoisLa greffière,
A. Roussilhe
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et au préfet de l'Yonne, chacun en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier0
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