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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2301430

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2301430

lundi 9 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2301430
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationCH 3 JU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon a examiné le recours de Mme C contestant le refus de versement intégral du revenu de solidarité active (RSA) et la cessation de ses droits par le département de Saône-et-Loire. La requérante soutenait que l'inscription comme demandeur d'emploi n'était pas une condition légale pour percevoir le RSA. Le tribunal a appliqué les articles L. 262-28 à L. 262-38 du code de l'action sociale et des familles, qui imposent aux bénéficiaires sans emploi de rechercher un emploi et de respecter un projet personnalisé d'accès à l'emploi ou un contrat d'insertion. La solution retenue n'est pas explicitée dans l'extrait, mais le tribunal a statué sur la base des textes précités, rejetant les moyens de la requérante.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 mai et 20 juillet 2023, Mme A C soumet au tribunal un litige qui l'oppose au département de Saône-et-Loire concernant un refus de versement intégral de revenu de solidarité active (RSA) et une mesure de cessation de ses droits.

Mme C soutient que la décision du département de Saône-et-Loire est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle n'est pas tenue d'être inscrite comme demandeur d'emploi pour percevoir le RSA.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juillet 2023, le département de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Le département soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.

Un mémoire en observations a été enregistré pour la caisse d'allocations familiales de Saône-et-Loire le 24 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bois, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Bois a été entendu.

Considérant ce qui suit :

Sur le cadre juridique applicable :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 262-28 du code de l'action sociale et des familles : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu, lorsqu'il est sans emploi ou ne tire de l'exercice d'une activité professionnelle que des revenus inférieurs à une limite fixée par décret, de rechercher un emploi, d'entreprendre les démarches nécessaires à la création de sa propre activité ou d'entreprendre les actions nécessaires à une meilleure insertion sociale ou professionnelle () ". Aux termes de l'article L. 262-29 de ce code : " Le président du conseil départemental oriente le bénéficiaire du revenu de solidarité active tenu aux obligations définies à l'article L. 262-28 :1° De façon prioritaire, lorsqu'il est disponible pour occuper un emploi au sens des articles L. 5411-6 et L. 5411-7 du code du travail ou pour créer sa propre activité, soit vers l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du même code, soit, si le département décide d'y recourir, vers l'un des organismes mentionnés à l'article L. 5311-4 du code du travail () ". L'article L. 262-34 de ce code prévoit que : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active orienté vers l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du code du travail élabore conjointement avec le référent désigné au sein de cette institution ou d'un autre organisme participant au service public de l'emploi le projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du même code () ". L'article L. 262-35 de ce code prévoit que : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active orienté vers un organisme participant au service public de l'emploi autre que l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du code du travail conclut avec le département, représenté par le président du conseil départemental, sous un délai d'un mois après cette orientation, un contrat librement débattu énumérant leurs engagements réciproques en matière d'insertion professionnelle () ". Enfin, l'article L. 262-36 de ce code dispose que : " Le bénéficiaire du revenu de solidarité active ayant fait l'objet de l'orientation mentionnée au 2° de l'article L. 262-29 conclut avec le département, représenté par le président du conseil départemental, sous un délai de deux mois après cette orientation, un contrat librement débattu énumérant leurs engagements réciproques en matière d'insertion sociale ou professionnelle () ".

2. D'autre part, aux termes de l'article L. 262-37 du code de l'action sociale et des familles : " Sauf décision prise au regard de la situation particulière du bénéficiaire, le versement du revenu de solidarité active est suspendu, en tout ou partie, par le président du conseil départemental : / 1° Lorsque, du fait du bénéficiaire et sans motif légitime, le projet personnalisé d'accès à l'emploi ou l'un des contrats mentionnés aux articles L. 262-35 et L. 262-36 ne sont pas établis dans les délais prévus ou ne sont pas renouvelés ; () / 3° Lorsque le bénéficiaire du revenu de solidarité active, accompagné par l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 du code du travail, a été radié de la liste mentionnée à l'article L. 5411-1 du même code () ". L'article L. 262-38 de ce code dispose que : " Le président du conseil départemental procède à la radiation de la liste des bénéficiaires du revenu de solidarité active au terme d'une période, définie par décret, sans versement du revenu de solidarité active () ".

3. En vertu des dispositions combinées des articles L. 262-34, L. 262-35 et L. 262-36 du code de l'action sociale et des familles, le bénéficiaire du RSA orienté vers France Travail- anciennement Pôle emploi- élabore, conjointement avec le référent désigné au sein de cette institution ou d'un autre organisme participant au service public de l'emploi, un projet personnalisé d'accès à l'emploi. Lorsqu'il est orienté vers un autre organisme, le bénéficiaire conclut avec le département un contrat énumérant leurs engagements réciproques soit en matière d'insertion professionnelle, s'il a fait l'objet de l'orientation mentionnée au 1° de l'article L. 262-29, soit en matière d'insertion sociale ou professionnelle, s'il a fait l'objet de l'orientation mentionnée au 2° du même article.

4. Il résulte du 1° de l'article L. 262-37, du 2° de l'article R. 262-68 et de l'article L. 262-38 du code de l'action sociale et des familles que, lorsque du fait du bénéficiaire et sans motif légitime, aucun projet personnalisé d'accès à l'emploi (PPAE) ou de contrat d'engagement réciproque (CER) n'est établi, le versement du revenu de solidarité active peut être suspendu par le président du conseil départemental pour une durée qui peut aller de un à quatre mois lorsque l'allocataire a déjà fait l'objet d'une telle décision de suspension et qu'il n'a été procédé à aucune régularisation. A l'issue du délai de quatre mois, le bénéficiaire peut être radié du dispositif.

5. La personne qui conteste la décision de suspension mentionnée au point 4 doit, avant de saisir le juge et en application des dispositions combinées des articles L. 262-47 et R. 262-87 à R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles, former un recours administratif préalable auprès du président du conseil départemental et la décision que ce dernier prend après avoir consulté, le cas échéant, la commission de recours amiable, se substitue à la décision initiale et est seule susceptible d'être contestée devant le juge administratif.

Sur le litige soumis par Mme C :

6. Le 23 septembre 2022, le département de Saône-et-Loire a réduit pour moitié le montant de l'allocation de revenu de solidarité active versée à Mme C pour le mois d'octobre 2022. Mme C a présenté un recours contre cette décision le 8 octobre 2022 qui a été rejeté le 24 octobre 2022. Par une nouvelle décision du 17 février 2023, le département de Saône-et-Loire a réduit pour moitié le montant de l'allocation de revenu de solidarité active versée à la requérante pour une durée de quatre mois avec, à terme, une radiation du dispositif. Mme C a présenté un recours contre cette décision qui a été rejeté le 26 mars 2023. Mme C doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 26 mars 2023.

7. En premier lieu, la décision du 26 mars 2023 ne se fondant pas sur une mesure de radiation de la liste des demandeurs d'emploi auprès de pôle emploi mais sur l'absence d'inscription de Mme C auprès de cet organisme, le moyen tiré de l'erreur de fait est inopérant et doit être écarté.

8. En second lieu, d'une part, comme l'indique d'ailleurs la requérante elle-même, Mme C n'a pas rencontré l'équipe pluridisciplinaire territorialisée afin d'établir un contrat d'engagements réciproques. En dépit de la réorientation de son dossier auprès de Pôle emploi effectuée le 4 octobre 2021, l'intéressée, qui indique s'être désinscrite d'elle-même de la liste des demandeurs d'emploi n'a pas davantage établi de projet personnalisé d'accès à l'emploi.

9. D'autre part, pour justifier de l'absence de conclusion d'un CER ou d'un PPAE, la requérante se borne à faire valoir qu'elle a la charge de quatre enfants, dont un enfant en situation de handicap et qu'elle est en incapacité d'assurer une quelconque obligation de recherche d'emploi. Toutefois, il résulte de l'instruction, tout d'abord, que le fils de Mme C bien qu'étant atteint d'un handicap, est aujourd'hui majeur et il n'est pas établi que son état de santé requiert la présence de sa mère à ses côtés l'intégralité de la journée. Ensuite, la requérante n'établit pas avoir procédé à une quelconque démarche de nature à démontrer son insertion sociale et professionnelle. Enfin, à aucun moment Mme C n'a accepté un accompagnement personnalisé propre à sa situation avec un travailleur social du département ou un agent de Pôle emploi, opposant un refus systématique et impératif et ayant décidé d'elle-même de se désinscrire de la liste des demandeurs d'emploi. L'intéressée ne justifie donc pas d'un motif légitime régulier l'exonérant de satisfaire à ses obligations en qualité de bénéficiaire du RSA.

10. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 8 et 9, Mme C n'est pas fondée à soutenir que le président du conseil départemental a entaché la décision du 26 mars 2023 d'une erreur de droit ou d'appréciation.

11. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 26 mars 2023. Sa requête doit par suite être rejetée.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au département de Saône-et-Loire.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales de Saône-et-Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 septembre 2024.

La magistrate désignée,

C. BoisLa greffière,

M. Solignat

La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier0

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