jeudi 26 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2302432 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GOURINAT DAVID |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Martin, représentant M. C et de Me Gourinat, représentant la commune du Val-Larrey.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est propriétaire d'une parcelle cadastrée ZC 36 sur le territoire de la commune du Val-Larrey, sur laquelle était édifiée une maison inhabitée depuis 2000. En 2013, son voisin a fait part à la mairie de ses craintes de voir les murs de cette maison, laissée à l'abandon, s'effondrer. M. C a commencé alors des travaux de déconstruction, en démontant la toiture et une partie des murs. En 2021, à la suite de chutes de pierres provenant des murs, il a procédé à de nouveaux travaux. Estimant qu'un risque persistait, le maire du Val Larrey a pris un arrêté le 29 octobre 2021, pour mettre en demeure M. C d'exécuter " les travaux de réparation ou de démolition et de prendre les mesures indispensables pour préserver les bâtiments contigus du bâtiment susvisé dans un délai d'un mois ". Puis, en septembre 2022, la commune a demandé au tribunal la désignation d'un expert sur le fondement de l'article L. 511-9 du code de la construction et de l'habitation. L'expert a remis son rapport le 10 octobre 2022, concluant à l'existence d'un risque de chutes de pierres sur la voie publique et à la nécessité de terminer la démolition de l'intégralité du bâtiment. Le 3 novembre 2022, M. C a déposé une demande de permis de démolir, qui lui a été accordé le 2 décembre 2022. Le 2 février 2023, le maire du
Val-Larrey a averti M. C que la commune allait faire procéder à l'exécution d'office des travaux à ses frais, à partir du 13 février 2023. M. C indique s'être déplacé sur les lieux le 14 février 2023, et avoir constaté la présence de matériel de démolition. Deux jours plus tard, revenu sur les lieux, il constatait que le bâtiment avait été démoli et les matériaux évacués ; le 12 juin 2023, il a été rendu destinataire du titre de perception correspondant au coût des travaux de démolition, dont il demande l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 511-16 du code de la construction et de l'habitation : " Lorsque les prescriptions de l'arrêté de mise en sécurité ou de traitement de l'insalubrité n'ont pas été mises en œuvre dans le délai fixé, l'autorité compétente peut, par décision motivée, faire procéder d'office à leur exécution, aux frais du propriétaire. Elle peut prendre toute mesure nécessaire à celle-ci. Elle peut également faire procéder à la démolition prescrite sur jugement du président du tribunal judiciaire statuant selon la procédure accélérée au fond, rendu à sa demande () ".
3. Il résulte de ces dispositions du code de la construction et de l'habitation que le législateur a donné compétence au juge judiciaire statuant en la forme des référés pour autoriser le maire de la commune à procéder d'office, dans le cadre de la procédure de péril ordinaire, à la démolition d'un immeuble menaçant ruine. Cette démolition ne peut donc intervenir qu'après l'intervention de ce juge des référés.
4. En l'espèce, il est constant que la commune a procédé à la démolition de l'immeuble sans avoir été autorisée par une ordonnance du juge judiciaire statuant en la forme des référés, conformément aux dispositions précitées au point 2.
5. M. C est par suite fondé à soutenir que les frais de démolition exposés par la commune du Val-Larrey ne sauraient être mis à sa charge. Par conséquent, il est fondé à demander l'annulation du titre de recettes n°20600-2023-11-28 émis le 12 juin 2023 par le maire du Val-Larrey et à être déchargé de l'obligation de payer la somme correspondante.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de M. C, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à la commune du Val-Larrey de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la commune du Val-Larrey la somme que demande, au titre des mêmes dispositions, M. C, qui n'assortit d'ailleurs pas ses conclusions de justificatifs des frais qu'il aurait engagés.
DÉCIDE :
Article 1er : Le titre de recettes n°20600-2023-11-28 émis le 12 juin 2023 par le maire du Val-Larrey est annulé. M. C est déchargé de l'obligation de payer la somme correspondante.
Article 2 : Les conclusions des parties au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la commune du Val-Larrey.
Délibéré après l'audience du 5 juin 2025, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Valérie Zancanaro, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juin 2025.
La rapporteure,
M-E B
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
N°230243
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026