jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2302806 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CH 3 JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 5 octobre 2023, 12 novembre 2023 et 7 avril 2024, Mme A B soumet au tribunal un litige qui l'oppose à la caisse d'allocations familiales (CAF) de l'Yonne concernant un indu de prime d'activité d'un montant de 910,68 euros.
Mme B soutient que la CAF de l'Yonne a commis une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 novembre 2023, la CAF de l'Yonne conclut au rejet de la requête.
La CAF de l'Yonne soutient que le moyen invoqué par Mme B n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Boissy, président, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de M. Boissy a été entendu.
Considérant ce qui suit :
Sur le cadre juridique relatif à la prime d'activité :
1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 841-1, L. 843-1, L. 845-2 et L. 845-3 du code de la sécurité sociale, la prime d'activité, qui a pour objet d'inciter les travailleurs aux ressources modestes, qu'ils soient salariés ou non salariés, à l'exercice ou à la reprise d'une activité professionnelle et de soutenir leur pouvoir d'achat, est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants.
2. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 1 décide de récupérer un paiement indu de prime d'activité et que le ressortissant concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, l'organisme peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée.
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
Sur le litige soumis par Mme B :
4. Par une décision du 12 juillet 2023, la CAF de l'Yonne a décidé de récupérer auprès de Mme B un paiement indu de prime d'activité d'un montant de 1 138,35 euros au titre de la période allant du 1er janvier au 30 juin 2023 . Le 18 juillet 2023, Mme B a sollicité la remise gracieuse de sa dette de prime d'activité. Par une décision du 26 septembre 2023, la CAF de l'Yonne lui a accordé une remise partielle de 227,67 euros, portant l'indu restant à sa charge à 910,68 euros. Mme B doit être regardée comme demande au juge de lui accorder le bénéfice d'une remise totale de sa dette de prime d'activité en exerçant son office défini au point 3.
5. Mme B, qui a successivement déclaré, les 28 mars 2023 et 4 avril 2023, être en " contrat de professionnalisation ou en alternance " à compter du 1er septembre 2022 puis à compter du 1er novembre 2022, alors qu'elle poursuivait en réalité un " contrat d'apprentissage ", ainsi qu'elle l'a déclaré le 5 juillet 2023, est exclusivement à l'origine de la dette qui lui est réclamée. Toutefois, compte tenu de la nature particulière de ces deux statuts et des difficultés à les distinguer que la requérante, sans être contredite par la CAF de l'Yonne, allègue avoir rencontrées, et eu égard à la circonstance que cette situation a été régularisée spontanément par l'intéressée, la bonne foi de Mme B n'apparait pas devoir être remise en cause dans le présent litige.
6. Toutefois, si Mme B, qui a déjà bénéficié d'une remise de 20 % de sa dette, fait valoir qu'elle est dans l'incapacité de rembourser cette somme compte tenu notamment de son statut d'étudiant et des charges qu'elle supporte, l'intéressée n'a produit aucun élément de nature à établir qu'elle se trouverait dans un état de précarité tel qu'il justifierait que lui soit accordée, à la date du présent jugement, une remise de dette supérieure à celle dont elle a déjà bénéficié.
7. Il appartient seulement à la requérante, si elle s'y croit fondée, de demander à la CAF de l'Yonne de mettre en œuvre des modalités de remboursement de sa dette supportables au regard de sa capacité contributive.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à soutenir que la CAF de l'Yonne a commis une erreur d'appréciation en refusant de lui accorder une remise de dette supérieure. Sa requête doit par suite être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la directrice de la caisse d'allocations familiales de l'Yonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2024.
Le magistrat désigné,
L. BoissyLa greffière,
A. Roussilhe
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier0
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