mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2302954 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CH 3 JU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 octobre 2023, Mme B A soumet au tribunal un litige qui l'oppose à la caisse d'allocations familiales (CAF) de Saône-et-Loire concernant un indu d'aide personnalisée au logement (APL) d'un montant de 717, 90 euros.
Mme A soutient que la CAF de Saône-et-Loire a commis une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 novembre 2023, la CAF de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
La CAF soutient que le moyen invoqué par la requérante n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Desseix, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement avisées du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Desseix a lu son rapport et entendu les observations de Mme A.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur le cadre juridique :
1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 812-1, L. 821-1, L. 823-9, L. 825-2, L. 825-3, R. 825-1, R. 825-2 et R. 825-3 du code de la construction et de l'habitation ainsi que des articles L. 553-2 et R. 142-1 du code de la sécurité sociale, les aides personnelles au logement, au nombre desquelles figure l'aide personnalisée au logement, sont liquidées et payées, pour le compte du fonds national d'aide au logement, c'est-à-dire au nom de l'Etat, par les organismes chargés de gérer les prestations familiales.
2. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 1 décide de récupérer un paiement indu d'APL et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, le directeur de cet organisme, après avoir recueilli l'avis de la commission de recours amiable, peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie.
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'APL, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
Sur le litige soumis par Mme A :
4. Par une décision du 18 décembre 2022, la CAF de Saône-et-Loire a décidé de récupérer auprès de Mme A un indu d'APL d'un montant de 734, 90 euros au titre de la période allant de janvier à octobre 2022. Le 26 juillet 2023, Mme A a demandé une remise gracieuse de sa dette. La directrice de la CAF de Saône-et-Loire a rejeté sa demande par une décision 11 août 2023. Mme A doit être regardée comme demandant au juge de lui accorder le bénéfice d'une remise totale de sa dette d'APL en exerçant son office défini au point 3.
5. Mme A fait valoir qu'elle rencontre des difficultés financières compte tenu de ses charges, qu'elle bénéficie du statut de travailleur handicapé, et qu'elle supporte des frais médicaux en lien avec sa pathologie. Toutefois il ne résulte pas de l'instruction, compte tenu des ressources et des charges de l'intéressée, dont le " quotient familial " a été évalué à 958 euros et qui bénéficie d'un échéancier de paiement de sa dette à hauteur de 192 euros par mois, qu'elle se trouverait dans un état de précarité ne lui permettant pas de s'acquitter, à la date du présent jugement, du paiement de sa dette. Mme A n'est, dans ces conditions, pas fondée à demander que lui soit accordée une remise totale ou partielle de sa dette.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la caisse d'allocations familiales de Saône-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
La magistrate désignée,
M. DesseixLa greffière,
A. Roussilhe
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier0
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