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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2303133

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2303133

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2303133
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
FormationCH 3 JU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon a rejeté la requête de Mme B contestant un indu de revenu de solidarité active (RSA) de 1 496,34 euros. La requérante demandait une remise gracieuse totale de sa dette, après que la CAF de l'Yonne en ait déjà réduit le montant de 75 %. Le tribunal a estimé que la bonne foi de Mme B n'était pas établie en raison d'omissions répétées de déclaration des ressources de son fils, et qu'elle ne justifiait pas d'une précarité suffisante pour obtenir une remise supplémentaire. La décision s'appuie sur les articles L. 262-1 et suivants du code de l'action sociale et des familles.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 novembre 2023, Mme A B, soumet au tribunal un litige qui l'oppose au département de l'Yonne relatif à un indu de revenu de solidarité active.

Mme B soutient que le département de l'Yonne a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2024, le département de l'Yonne conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bois, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Bois a été entendu.

Considérant ce qui suit :

Sur le cadre juridique applicable :

1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 262-1, L. 262-13, L. 262-16, L. 262-25 et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active, qui a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'insertion sociale et professionnelle, est attribué par le président du conseil départemental ou, par délégation, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole, lesquelles en assurent également le service et le contrôle dans des conditions fixées par voie de convention.

2. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 1 décide de récupérer un paiement indu de revenu de solidarité active et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, le président du conseil départemental peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée. Statuant sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une telle demande, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

En ce qui concerne le litige soumis par Mme B :

3. Le 5 octobre 2023, la CAF de l'Yonne a réclamé à Mme B un paiement indu de revenu de solidarité active de 1 496,34 euros au titre de la période allant de septembre 2022 à mars 2023. L'intéressée a présenté une demande de remise gracieuse de sa dette devant la commission de recours amiable. Par une décision du 26 octobre 2023, la CAF de l'Yonne a décidé de réduire la dette de Mme B de 75 %, la portant à un montant dû de 374,08 euros. Mme B doit être regardée comme demandant au juge de lui accorder le bénéfice d'une remise totale de sa dette de revenu de solidarité active au regard de son office défini au point 2.

4. Il résulte de l'instruction que Mme B a omis de déclarer auprès des services de la CAF de l'Yonne les ressources perçues par son fils, à sa charge et composant son foyer, pour la période allant de septembre 2022 à mars 2023. En dépit de l'explication adressée par la CAF, Mme B, qui n'a pas rectifié d'elle-même son erreur répétée sur deux déclarations trimestrielles, n'a pas justifié cette omission. Dans ces conditions, la bonne foi de la requérante ne peut être regardée comme étant établie.

5. Au demeurant, Mme B, qui se borne à faire valoir qu'elle n'a aucun revenu, qu'elle a des charges importantes et qu'elle est dans l'incapacité d'exercer un emploi, ne produit aucune pièce permettant d'établir qu'elle se trouverait actuellement dans un état de précarité tel qu'il justifierait que lui soit accordée une remise de dette supérieure à celle qui a déjà été consentie.

6. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 4 et 5, le département de l'Yonne n'a pas commis d'erreur d'appréciation en refusant d'accorder à Mme B une remise gracieuse intégrale de sa dette.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au département de l'Yonne.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, à la caisse d'allocations familiales de l'Yonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 décembre 2024.

La magistrate désignée,

C. BoisLa greffière,

A. Roussilhe

La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier0

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