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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2303206

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2303206

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2303206
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationCH 3 JU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Dijon a rejeté la requête de Mme D et M. C contestant un indu d'aide personnelle au logement de 1 148,39 euros réclamé par la CAF de l'Yonne. Les requérants demandaient une remise totale de leur dette, mais la CAF leur avait déjà accordé une remise partielle de 554,05 euros en cours d'instance. Le tribunal a estimé que la bonne foi des requérants avait été prise en compte par cette remise partielle et qu'ils n'établissaient pas un état de précarité justifiant une remise totale. La décision s'appuie sur les articles L. 825-2 et R. 825-1 du code de la construction et de l'habitation, ainsi que sur l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 novembre 2023, Mme B D et M. A C soumettent au tribunal un litige les opposant à la caisse d'allocations familiales (CAF) de l'Yonne concernant un indu d'aide au logement d'un montant de 1 128, 24 euros.

Mme D et M. C soutiennent que la CAF de l'Yonne a commis une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2024, la CAF de l'Yonne conclut au rejet de la requête.

La CAF soutient que, compte tenu de la remise partielle de la dette accordée en cours d'instance, le moyen invoqué par la requérante n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Desseix, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement avisées du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de Mme Desseix a été entendu.

Considérant ce qui suit :

Sur le cadre juridique :

1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 812-1, L. 821-1, L. 823-9, L. 825-2, L. 825-3, R. 825-1, R. 825-2 et R. 825-3 du code de la construction et de l'habitation ainsi que des articles L. 553-2 et R. 142-1 du code de la sécurité sociale, les aides personnelles au logement sont liquidées et payées, pour le compte du fonds national d'aide au logement, c'est-à-dire au nom de l'Etat, par les organismes chargés de gérer les prestations familiales.

2. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 1 décide de récupérer un paiement indu d'APL et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, le directeur de cet organisme, après avoir recueilli l'avis de la commission de recours amiable, peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie.

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'aide personnelle au logement, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

Sur le litige soumis par les requérants :

4. Par une décision du 21 juillet 2023, la CAF de l'Yonne a décidé de récupérer auprès des requérants un indu d'aide personnelle au logement d'un montant de 1 148, 39 euros au titre de la période allant de novembre 2022 à juin 2023. Par une décision du 26 septembre 2023, la directrice de la CAF de l'Yonne a rejeté la demande de remise gracieuse de dette présentée par les intéressés. Par une décision du 15 juillet 2024, postérieure à l'introduction de la requête, la CAF de l'Yonne leur a accordé une remise partielle de dette à hauteur de 554, 05 euros. Mme D et M. C doivent être regardés comme demandant au juge de leur accorder le bénéfice d'une remise totale de leur dette d'aide personnelle au logement en exerçant son office défini au point 3.

5. Si les requérants font valoir que l'indu en litige résulte d'une erreur de la CAF, cette circonstance a été prise en compte par la caisse pour décider de procéder à une remise partielle de leur dette. Ces derniers n'allèguent par ailleurs nullement qu'ils se trouveraient dans un état de précarité justifiant qu'il leur soit accordé, à la date du présent jugement, une remise totale de la dette restant à leur charge.

6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requête de Mme D et M. C doit être rejetée.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme D et M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et M. A C et à la caisse d'allocations familiales de l'Yonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.

La magistrate désignée,

M. DesseixLa greffière,

A. Roussilhe

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier0

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