mardi 18 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2303217 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 novembre 2023, M. C B soumet au tribunal un litige relatif aux cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de prélèvements sociaux et de contribution sur les hauts revenus auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2020.
Il soutient que :
- les motifs par lesquels l'administration a rejeté le 12 octobre 2023 sa réclamation préalable sont incohérents ; en particulier, il est incohérent d'affirmer que la messagerie électronique n'offre pas les mêmes garanties que les courriers sur support papier adressés par la voie postale et, dans le même temps, d'inciter les contribuables à utiliser la messagerie sécurisée afin d'obtenir un traitement plus rapide de leur demande ;
- il est fondé à solliciter l'application du système du quotient à l'imposition des revenus de capitaux mobiliers qu'il a perçus au cours de l'année 2020 ;
- il est fondé à se prévaloir de la documentation administrative référencée BOI-IR-CHR, dans sa version du 11 juillet 2017, en particulier des paragraphes n° 130 à 160, et du paragraphe n° 19 du bulletin officiel des impôts n° 63 du 10 août 2012, dans les prévisions desquels il entre ;
- les différents courriels qu'il a échangés avec le service les 3 avril, 16 et 21 mai, 3, 4 et 11 juin, 21, 22 et 26 juillet 2021, qui désignaient précisément les revenus en litige, dont l'administration avait une parfaite connaissance, doivent être regardés comme constituant une prise de position formelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2024, la directrice régionale des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que la requête est irrecevable, dès lors qu'elle ne contient pas l'exposé des conclusions exigées par les dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été informées par une lettre du 23 mai 2024 que cette affaire était susceptible, à compter du 24 juin 2024, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée au 19 août 2024 par ordonnance du même jour.
A la demande du tribunal, la directrice régionale des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or a produit des pièces, enregistrées le 7 janvier 2025, qui ont été communiquées dans les conditions prévues par les dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Irénée Hugez,
- et les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, qui détient notamment 100 % du capital des sociétés par actions simplifiées unipersonnelles (SASU) Infolocal et Infoproj, a fait l'objet d'un contrôle sur pièces, à l'issue duquel l'administration fiscale a remis en cause, par une proposition de rectification du 21 novembre 2022, l'application du système du quotient, prévu à l'article 163-0 A du code général des impôts, aux revenus de capitaux mobiliers perçus de ces deux sociétés au cours de l'année 2020, d'un montant total de 423 724 euros. Malgré les observations du contribuable, les rehaussements envisagés ont été maintenus et les impositions supplémentaires en résultant, en matière d'impôt sur le revenu, de prélèvements sociaux et de contribution sur les hauts revenus ont été mises en recouvrement le 30 septembre 2023 pour un montant de 5 052 euros, aucune pénalité n'ayant été mise à la charge de l'intéressé. Par une décision explicite du 26 octobre 2023, l'administration fiscale a rejeté la réclamation contentieuse préalable du 12 octobre 2023 du contribuable. Par sa requête, M. B doit être regardé comme demandant la décharge des impositions supplémentaires auxquelles il a été ainsi assujetti au titre de l'année 2020.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la décision de rejet du 26 octobre 2023 :
2. Aux termes du troisième alinéa de l'article R. 198-10 du livre des procédures fiscales : " En cas de rejet total ou partiel de la réclamation, la décision doit être motivée. ". Aux termes des deux premiers alinéas de l'article R. 199-1 du même livre : " L'action doit être introduite devant le tribunal compétent dans le délai de deux mois à partir du jour de la réception de l'avis par lequel l'administration notifie au contribuable la décision prise sur la réclamation, que cette notification soit faite avant ou après l'expiration du délai de six mois prévu à l'article R. 198-10. / Toutefois, le contribuable qui n'a pas reçu la décision de l'administration dans un délai de six mois mentionné au premier alinéa peut saisir le tribunal dès l'expiration de ce délai. ".
3. Les vices qui peuvent entacher les décisions prises par l'administration fiscale sur les réclamations contentieuses dont elle a été saisie sont sans incidence sur la régularité de la procédure d'imposition ou sur le bien-fondé de l'imposition, qui seuls peuvent être utilement critiqués devant le juge de l'impôt à l'appui d'une demande en décharge ou en réduction de l'imposition contestée. Par suite, les moyens tirés des incohérences qui seraient contenues dans la décision du 26 octobre 2023 de l'administration fiscale sont inopérants et doivent, pour ce motif, être écartés.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions litigieuses :
S'agissant de l'application de la loi fiscale :
4. D'une part, aux termes des deux premiers alinéas de l'article 108 du code général des impôts : " Les dispositions des articles 109 à 117 fixent les règles suivant lesquelles sont déterminés les revenus distribués par : / 1° Les personnes morales passibles de l'impôt prévu au chapitre II du présent titre ; ". Aux termes des deux premiers alinéas de l'article 109 du même code : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; ".
5. D'autre part, aux termes du premier alinéa du I de l'article 163-0 A du code général des impôts, dans sa rédaction applicable à l'imposition en litige : " Lorsqu'au cours d'une année un contribuable a réalisé un revenu qui par sa nature n'est pas susceptible d'être recueilli annuellement et que le montant de ce revenu exceptionnel dépasse la moyenne des revenus nets d'après lesquels ce contribuable a été soumis à l'impôt sur le revenu au titre des trois dernières années, l'intéressé peut demander que l'impôt correspondant soit calculé en ajoutant le quart du revenu exceptionnel net à son revenu net global imposable et en multipliant par quatre la cotisation supplémentaire ainsi obtenue. ".
6. Pour qualifier d'exceptionnelle, au sens de l'article 163-0 A du code général des impôts la distribution par la société de dividendes à ses associés, il faut rechercher si ces dividendes constituent pour les associés un revenu exceptionnel.
7. Alors, d'une part, que les dividendes que perçoit M. B des sociétés dont il est associé constituent des revenus périodiques et renouvelables, susceptibles à ce titre d'être recueillis annuellement par l'actionnaire ou le porteur de parts et d'autre part, que l'administration a fait valoir dans la proposition de rectification que l'intéressé avait perçu de la seule SASU Infoproj des dividendes d'un montant croissant entre 2016 et 2019, atteignant 104 446 euros en 2019, l'intéressé, qui est seul en mesure d'apporter à l'instance des éléments de fait susceptibles de démontrer que les dividendes perçus en 2020 auraient constitué, pour lui, un revenu exceptionnel, ne se prévaut, dans sa requête au tribunal, d'aucune circonstance de fait au soutien de cette qualification. S'il a soutenu dans sa réclamation préalable que " le versement exceptionnel de 2020 a pour explication l'apport de titres de 100 % de (sa) société qui ne (lui) appartient plus personnellement ", cette assertion est dépourvue, de nouveau, de tout élément venant à son appui. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que les dividendes perçus par M. B en 2020 constitueraient pour lui un revenu exceptionnel au sens de la loi fiscale. Par suite, le moyen soulevé sur le terrain de l'application de la loi fiscale doit être écarté.
S'agissant de l'interprétation administrative de la loi fiscale :
8. Aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. / () Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente. Sont également opposables à l'administration, dans les mêmes conditions, les instructions ou circulaires publiées relatives au recouvrement de l'impôt et aux pénalités fiscales. ".
9. Aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales : " La garantie prévue au premier alinéa de l'article L. 80 A est applicable : / 1° Lorsque l'administration a formellement pris position sur l'appréciation d'une situation de fait au regard d'un texte fiscal ; elle se prononce dans un délai de trois mois lorsqu'elle est saisie d'une demande écrite, précise et complète par un redevable de bonne foi. ".
10. En premier lieu, le requérant n'est pas fondé à se prévaloir, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des paragraphes n° 130 à 160 de la documentation administrative référencée BOI-IR-CHR au soutien de sa demande de décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, dès lors que cette doctrine porte, non sur l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux, mais sur la contribution sur les hauts revenus.
11. En deuxième lieu, le moyen tiré du bénéfice de cette même doctrine, figurant antérieurement aux paragraphes 19 à 21 de l'instruction référencée 5 L-2-12 du 3 août 2012, publiée au bulletin officiel des impôts n° 63 du 10 août 2012, en matière de contribution sur les hauts revenus, est dépourvu d'objet, dès lors qu'il résulte des termes de la proposition de rectification du 21 novembre 2022 que M. B a déjà bénéficié de ce mécanisme d'atténuation de la charge fiscale en matière de contribution sur les hauts revenus.
12. En troisième lieu, aucun des courriels de l'administration fiscale dont fait état M. B ne se prononce explicitement sur le caractère exceptionnel des dividendes perçus par l'intéressé en 2020, au sens de l'article 163-0 A du code général des impôts. Ces courriels font seulement état de la réalisation de diverses simulations pour comparer les différents modes d'imposition possibles de ces dividendes, en les imposant ou non au barème progressif de l'impôt sur le revenu et en les imposant ou non en utilisant le système du quotient. Les courriels des 31 mai et 3 juin 2021 traitent encore du respect des conditions prévues au II de l'article 223 sexies pour bénéficier du mécanisme d'atténuation relatif à la seule contribution sur les hauts revenus, qui sont distinctes des conditions permettant de bénéficier du système du quotient prévu pour l'impôt sur le revenu à l'article 163-0 A du code général des impôts. La seule circonstance que l'administration ait établi l'imposition primitive de M. B en lui accordant le bénéfice des dispositions de l'article 163-0 A du code général des impôts sur la base de sa déclaration de revenus, à la suite des simulations précitées, ne constitue pas davantage une prise de position formelle du service. Dans ces conditions, M. B n'est fondé à soutenir ni que ces courriels ni que son imposition primitive conformément à ces courriels révèleraient une prise de position de l'administration fiscale, dont il pourrait se prévaloir sur le fondement de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales, quant au caractère exceptionnel des dividendes perçus en 2020, au sens de l'article 163-0 A du code général des impôts.
13. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête ni sur la fin de non-recevoir opposée en défense par la directrice régionale des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or, que M. B n'est fondé à demander la décharge ni des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de prélèvements sociaux et de contribution sur les hauts revenus auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2020 ni des pénalités correspondantes. Par suite, sa requête doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la directrice régionale des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or.
Délibéré après l'audience du 11 février 2025, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
M. Hugez, premier conseiller,
Mme Hascoët, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 février 2025.
Le rapporteur,
I. Hugez
Le président,
Ph. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026