jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2303227 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LEQUESNE JOCELYN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 novembre et 4 décembre 2023, Mme A D née B, représentée par Me Lequesne, demande au juge des référés d'ordonner une expertise, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, en vue de déterminer les causes et origines des dommages subis par la maison d'habitation dont elle est propriétaire, sise 1 bis rue de l'Egalité à Saint-Georges-sur-Baulche (89000), à la suite de travaux d'assainissement réalisés dans le cadre d'une délégation de service public ;
Mme D soutient que :
- elle est propriétaire d'une maison d'habitation, construite en 2004, qu'elle a mise en location jusqu'en septembre 2019, date à laquelle elle y a emménagé ;
- en 2013, les locataires lui ont signalé l'apparition de fissures qui ont été prises en charge par le constructeur au titre de la garantie décennale et réparées en 2017 ;
- en avril 2019, la commune de Saint-Georges-sur-Baulche a fait réaliser des travaux d'assainissement à la société Suez Eau France pour le raccordement de la parcelle voisine au réseau et à cette occasion, une tranchée a été ouverte tout le long de la propriété de Mme D ;
- les locataires ont de nouveau signalé l'apparition de fissures et des difficultés lors de la manipulation des huisseries ;
- elle en a informé l'assureur du constructeur qui a mandaté un expert, lequel a conclu le 13 juin 2019 que les nouveaux désordres sont apparus à la suite d'une décompression du sol d'assise des fondations provoquée par les travaux d'assainissement en cause ;
- en septembre 2019, le relevé du compteur d'eau a révélé une importante fuite dans le sous-sol de la propriété qui pourrait également être à l'origine des désordres ;
- le 14 septembre 2023, elle a fait procéder à un constat des nombreuses fissures par un huissier de justice ;
- elle a engagé des démarches pour faire valoir ses droits auprès de la société Suez Eau France, de la commune de Saint-Georges-sur-Baulche et de la communauté d'agglomération de l'auxerrois, à laquelle la compétence assainissement a été transférée le 1er janvier 2020, sans obtenir de réponse ;
- l'état de sa propriété ne cessant de se dégrader, une expertise judiciaire est nécessaire afin de déterminer les causes et origines des dommages subis et d'évaluer ses préjudices.
Par un mémoire, enregistré les 28 novembre 2023, la communauté d'agglomération de l'auxerrois ne s'oppose pas à la demande d'expertise et demande à être mise hors de cause.
La communauté d'agglomération de l'auxerrois soutient que :
- sa responsabilité ne peut pas être engagée car si la commune de Saint-Georges-sur-Baulche lui a bien transféré la compétence eau et assainissement au 1er janvier 2020, le contrat de délégation de service public conclu le 16 octobre 2013 entre la commune et la société Suez Eau France prévoit que le délégataire est responsable vis-à-vis des tiers de l'indemnisation des dommages matériels qui seraient causés par son fonctionnement ;
- sa présence à l'expertise n'est pas de nature à éclairer les travaux de l'expert dans la mesure où la société Suez Eau France a assuré seule les travaux en cause, conformément à la délégation de service public accordée.
Vu :
- les pièces de procédure, qui établissent que la requête a été notifiée à la commune de Saint-Georges-sur-Baulche et à la société Suez Eau France, qui n'ont pas produit de mémoires ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Boissy, vice-président, en application de l'article
L. 511-2 du code de justice administrative.
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
2. Les faits relatés par Mme D sont de nature à justifier la mesure d'instruction demandée. En conséquence, il y a lieu d'ordonner une expertise contradictoire aux fins et conditions définies dans le dispositif de la présente ordonnance.
Sur la demande de mise hors de cause présentée par la communauté d'agglomération de l'auxerrois :
3. L'organisation d'une mesure d'expertise ne préjuge pas de la responsabilité éventuelle des parties appelées en la cause. Dès lors peuvent être appelées à une expertise ordonnée sur le fondement des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative non seulement les personnes dont la responsabilité est susceptible d'être engagée par l'action qui motive l'expertise mais aussi toute personne dont la présence est de nature à éclairer les travaux de l'expert.
4. Il résulte de l'instruction, notamment du contrat de délégation de service public conclu le 16 octobre 2013 entre la commune de Saint-Georges-sur-Baulche et la société Suez Eau France, que si le délégataire est responsable des dommages matériels qui seraient causés par son fonctionnement, le délégant est maître d'ouvrage pour tous les travaux d'extension comportant l'établissement de nouvelles canalisations. Par suite, il y a lieu de dire que les opérations d'expertise se dérouleront en présence de la communauté d'agglomération de l'auxerrois.
ORDONNE :
Article 1er : Il est ordonné une expertise contradictoire en présence de Mme D, de la commune Saint-Georges-sur-Baulche, de la communauté d'agglomération de l'auxerrois et de la société Suez Eau France.
Article 2 : Mme C E, demeurant 751, Chemin de La Borcelle à Mussy-sous-Dun (71170), est désignée comme expert avec pour mission de :
1°) se rendre sur les lieux et procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des nombreux désordres, notamment des fissurations, affectant la propriété sise parcelles cadastrées n° AM 332, 333 et 30, 1 bis rue de l'Egalité à Saint-Georges-sur-Baulche (89000) en indiquant leur date d'apparition ;
2°) donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres dont s'agit, en précisant s'ils sont imputables aux travaux d'assainissement réalisés en avril 2019, à leur conception, à un défaut de direction ou de surveillance, à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien de l'immeuble endommagé et, dans le cas de causes multiples, évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
3°) indiquer la nature et le coût des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, en assurant la solidité de l'ouvrage et un usage propre à sa destination, en précisant s'il en résulte une plus value pour l'immeuble en cause ;
4°) d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.
Article 3 : L'expert disposera des pouvoirs d'investigation les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, s'entourer de tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et à éclairer le tribunal administratif.
Il pourra obtenir de toute partie et de tout tiers à l'instance, sans délai, la consultation ou la communication de tous documents qu'il estimera nécessaires à l'accomplissement de sa mission.
En cas de carence des parties, il en informera le président du tribunal qui, après avoir provoqué les observations écrites de la partie récalcitrante, pourra ordonner la production des documents, s'il y a lieu sous astreinte, autoriser l'expert à passer outre ou l'autoriser à déposer son rapport en l'état, le tribunal tirant les conséquences du défaut de communication des documents à l'expert.
Article 4 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 5 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 6 : L'expert avertira les parties des jours et heures auxquels il sera procédé à l'expertise conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 7 : Si les parties parviennent à un accord privant la mission d'expertise de son objet, le rapport de l'expert se bornera, après avoir indiqué les diligences qu'il a effectuées, à rendre compte de cet accord, en joignant tout document utile attestant de sa réalité et en précisant s'il a réglé le montant et l'attribution de la charge des frais d'expertise. Faute pour les parties d'avoir entièrement réglé la question de la charge des frais d'expertise, il sera procédé à la taxation de ces frais dans les conditions prévues par l'article R. 621-11 et à l'attribution de leur charge par application des articles R. 621-13 ou R. 761-1, selon les cas.
Article 8 : L'expert adressera aux parties un pré-rapport permettant la production de tout dire avant de déposer son rapport définitif au greffe du tribunal.
Il déposera son rapport au greffe en deux exemplaires, dont un sous format numérique à expertises.ta-dijon@juradm.fr et l'autre sous format papier, dans un délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 9 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 10 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A D née B, à la commune Saint-Georges-sur-Baulche, à la communauté d'agglomération de l'auxerrois, à la société Suez Eau France et à Mme C E, expert.
Fait à Dijon le 11 avril 2024.
Le juge des référés,
L. Boissy
La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2303227
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026