mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2303524 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 décembre 2023, M. B A soumet au tribunal un litige relatif à la cotisation primitive d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2022.
Il soutient que les sommes versées sur son plan d'épargne retraite obligatoire correspondent au montant de l'intéressement et de la participation versés par son employeur et ont été versées il y a plus de cinq ans, de sorte que la part correspondant au capital n'est pas imposable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 avril 2024, la directrice régionale des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le moyen soulevé par le requérant n'est pas fondé.
Les parties ont été informées par une lettre du 17 avril 2024 que cette affaire était susceptible, à compter du 27 mai 2024, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée au 31 mai 2024 par ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code des assurances ;
- le code monétaire et financier ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Irénée Hugez,
- les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public,
- et les observations de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, âgé de 62 ans, qui a été admis à la retraite au cours de l'année 2022, a procédé au cours de cette même année à la liquidation du plan d'épargne retraite obligatoire ouvert à son nom dans les livres de la société Arial CNP Assurances. A ce titre, lui ont été versés 16 168,83 euros correspondant au capital placé et 2 434,90 euros correspondant aux intérêts, dont ont été déduits 730,47 euros au titre du prélèvement forfaitaire unique et des prélèvements sociaux. M. A a mentionné à ce titre, sur sa déclaration des revenus de l'année 2022, 16 169 euros dans la case 1AI et 2 435 euros dans les cases 2TZ et 2BH. La cotisation primitive d'impôt sur le revenu, résultant de ses déclarations, a été mise en recouvrement le 31 juillet 2023, pour un montant de 24 465 euros. Par une décision explicite du 13 octobre 2023, l'administration fiscale a rejeté la réclamation contentieuse de M. A, qui avait procédé à la suppression de sa déclaration de revenus des sommes précitées et doit être regardé comme ayant sollicité l'exonération de la part des sommes issues de son plan d'épargne retraite obligatoire correspondant au capital. Par sa requête, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la réduction de la cotisation primitive d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre des revenus de l'année 2022, dans cette même mesure.
Sur les conclusions à fin de réduction :
2. Aux termes du b quinquies du 5 de l'article 158 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable à l'imposition en litige : " Par exception au a et sous réserve de l'application du 6° bis de l'article 120 ou du II de l'article 163 bis, les prestations de retraite versées sous forme de capital, autres que celles qui sont exonérées en application du 4° bis de l'article 81 : / 1° Sont imposées sans application de l'abattement prévu au deuxième alinéa du a du présent 5 pour la part correspondant au montant des versements mentionnés au 1° de l'article L. 224-2 du code monétaire et financier ou, en cas d'application de l'article L. 160-5 du code des assurances, au 3° de l'article L. 224-2 précité ; / 2° Sont imposées selon les modalités prévues aux 1 ou 2 de l'article 200 A pour la part des produits afférents aux versements mentionnés au 1° de l'article L. 224-2 du code monétaire et financier, au 2° de cet article lorsqu'ils ne sont pas exonérés ou, en cas d'application de l'article L. 160-5 du code des assurances, au 3° de l'article L. 224-2 précité. / Le prélèvement prévu aux I et III de l'article 125 A s'applique aux produits mentionnés au 2°. ".
3. Aux termes de l'article 81 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable aux revenus de l'année 2022 : " Sont affranchis de l'impôt : / () 4° bis Les prestations de retraite versées sous forme de capital : / () b) Lorsqu'elles sont issues des versements mentionnés au 2° de l'article L. 224-2 du code monétaire et financier qui sont exonérés ; () ". Aux termes de l'article L. 224-2 du code monétaire et financier, dans sa version applicable au litige : " Les sommes versées dans un plan d'épargne retraite peuvent provenir : / 1° De versements volontaires du titulaire ; / 2° De sommes versées au titre de la participation aux résultats de l'entreprise prévue au titre II du livre III de la troisième partie du code du travail ou de l'intéressement prévu au titre Ier du même livre III, ou de versements des entreprises prévus au titre III dudit livre III, ainsi que des droits inscrits au compte épargne-temps ou, en l'absence de compte épargne-temps dans l'entreprise et dans des limites fixées par décret, des sommes correspondant à des jours de repos non pris, s'agissant des plans d'épargne retraite d'entreprise ; / 3° De versements obligatoires du salarié ou de l'employeur, s'agissant des plans d'épargne retraite d'entreprise auxquels le salarié est affilié à titre obligatoire. ".
4. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que les prestations de retraite, résultant d'un plan d'épargne retraite d'entreprise obligatoire, versées sous forme de capital, autres que celles résultant, notamment, de l'intéressement ou de la participation, sont imposables, pour leur part correspondant aux versements volontaires du titulaire ou aux versements obligatoires du salarié ou de l'entreprise, comme les pensions de retraite sans application de l'abattement de 10 % prévu au deuxième alinéa du a du 5 de l'article 158 et, pour leur part correspondant aux produits afférents à ces versements dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, dans les conditions qu'elles prévoient.
5. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. A a procédé, au cours de l'année 2022, à la liquidation sous forme de capital, des sommes placées sur le plan d'épargne retraite obligatoire ouvert dans les livres de la société Arial CNP Assurances. Il soutient que ces sommes, et notamment celles résultant des versements effectués sur ce plan, sont exonérées d'impôt sur le revenu, dès lors que lesdits versements ont été effectués au titre de l'intéressement et de la participation au sens des dispositions précitées du 2° de l'article L. 224-2 du code monétaire et financier. Néanmoins, il résulte au contraire des seules pièces versées au dossier, constituées par les déclarations de la société Arial CNP Assurances, que les versements en litige constituent des versements obligatoires de l'employeur au sens du 3° de l'article L. 224-2 du code monétaire et financier. Alors que l'administration a invité, à plusieurs reprises, M. A à produire des justificatifs de ses allégations, selon lesquels les versements sur ce plan résulteraient de l'intéressement et de la participation, il ne l'a fait ni devant l'administration, ni dans la présente instance. Dans ces conditions, l'unique moyen soulevé par M. A doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la réduction de la cotisation primitive d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre des revenus de l'année 2022.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié M. B A et à la directrice régionale des finances publiques de Bourgogne-Franche-Comté et du département de la Côte-d'Or.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
M. Hugez, premier conseiller,
M. Cherief, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 septembre 2024.
Le rapporteur,
I. Hugez
Le président,
Ph. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026