jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2303594 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | CH 2 JU |
| Avocat requérant | SCP THEMIS AVOCATS & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 14 décembre 2023 et régularisée le 19 décembre 2023, M. A B, représenté par l'association d'avocats à responsabilité professionnelle individuelle Themis, demande au tribunal : 1°) de condamner l'État à lui verser la somme de 400 euros, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts ; 2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Il soutient que : - l'administration pénitentiaire, en décidant d'avoir recours, à quatre reprises aux mois de juillet et d'août 2023, à des fouilles intégrales sur sa personne, a méconnu les articles L. 6 et L. 225-1 à L. 225-3 du code pénitentiaire ainsi que l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et a ainsi commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat, dès lors que son comportement en détention ne soulevait pas de difficultés particulières, que ses fréquentations étaient connues et que le seul motif tiré de son incarcération ne pouvait suffire à justifier ces fouilles ; - son préjudice moral s'établit à la somme de 400 euros, soit 100 euros par fouille illégale. Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête. Il soutient que : - la requête est irrecevable, en tant qu'elle est relative à deux fouilles réalisées le 28 juin 2023, qui n'étaient pas visées dans la réclamation préalable ; - les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés. Les parties ont été informées par une lettre du 29 avril 2024 que cette affaire était susceptible, à compter du 22 mai 2024, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative. La clôture de l'instruction a été fixée au 23 mai 2024 par ordonnance du même jour. Le garde des sceaux, ministre de la justice, a produit, en réponse à une demande du tribunal, une lettre et des pièces, enregistrées le 14 août 2024 et qui ont été communiquées dans les conditions prévues par les dispositions de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 décembre 2023. Le président du tribunal administratif de Dijon a désigné M. Hugez, premier conseiller, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; - le code pénitentiaire ; - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Irénée Hugez, - et les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public. Considérant ce qui suit : 1. M. A B, écroué depuis le 22 juin 2004, et condamné notamment pour des faits de viol en récidive et violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours, mais également et notamment pour des faits d'agression sexuelle imposée à un mineur de quinze ans, de port prohibé d'arme de catégorie 6 par une personne déjà condamnée, de menace de mort ou d'atteinte aux biens dangereuse pour les personnes à l'encontre d'un dépositaire de l'autorité publique, détention illicite de stupéfiants, usage illicite de stupéfiants et évasion, a été transféré, par mesure d'ordre et de sécurité, d'abord au centre pénitentiaire de Poitiers Vivonne, puis, le 27 juin 2023, au centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand en Saône-et-Loire, dans le cadre d'un rapprochement familial. Il soutient avoir subi quatre fouilles à nu au cours des mois de juillet et d'août 2023. Le silence de l'administration a fait naître une décision implicite de rejet de la demande indemnitaire du 12 septembre 2023 de l'intéressé tendant à la réparation du préjudice qu'il estime avoir subi en raison de la faute commise par l'administration pénitentiaire du centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand dans la mise en œuvre du régime des fouilles, à laquelle s'est substituée une décision explicite de rejet du 16 janvier 2024. M. B demande au tribunal la condamnation de l'État à lui verser une somme de 400 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi. Sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le garde des sceaux, ministre de la justice : 2. La décision par laquelle l'administration rejette une réclamation tendant à la réparation des conséquences dommageables d'un fait qui lui est imputé lie le contentieux indemnitaire à l'égard du demandeur pour l'ensemble des dommages causés par ce fait générateur, quels que soient les chefs de préjudice auxquels se rattachent les dommages invoqués par la victime et que sa réclamation ait ou non spécifié les chefs de préjudice en question. Par suite, la victime est recevable à demander au juge administratif, dans les deux mois suivant la notification de la décision ayant rejeté sa réclamation, la condamnation de l'administration à l'indemniser de tout dommage ayant résulté de ce fait générateur, y compris en invoquant des chefs de préjudice qui n'étaient pas mentionnés dans sa réclamation. 3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que le conseil de M. B s'est borné, dans sa réclamation préalable du 12 septembre 2023 à demander la réparation des préjudices causés par " 4 fouilles à nu illégalement pratiquées () entre le mois de juillet et le mois d'août 2023 ", sans même mentionner les dates exactes des fouilles qu'il visait, constituant chacune un fait générateur distinct au sens de ce qui a été rappelé au point précédent du présent jugement. Il n'est ni soutenu ni allégué que cette demande indemnitaire préalable aurait été accompagnée d'un autre document apportant des précisions sur ce point. M. B ne mentionne toujours pas dans sa requête les dates des fouilles qu'il vise, mais joint à sa requête un " historique des fouilles individuelles et non individualisées " mentionnant deux fouilles individuelles le 28 juin 2023, une le 5 août 2023, et une décision instaurant un régime dérogatoire de fouilles intégrales pour la période du 7 juillet au 7 septembre 2023. M. B doit être, dès lors, regardé comme demandant l'indemnisation des préjudices résultant de l'ensemble des fouilles mentionnées sur ce document ayant été réalisées au cours des mois de juillet et d'août 2023. À supposer même que l'on puisse regarder sa requête comment visant également les fouilles du 28 juin 2023, celles-ci, qui constituent des faits générateurs distincts, n'étaient pas mentionnées dans sa réclamation préalable. M. B ne se prévaut d'aucune autre réclamation préalable ayant visé spécifiquement ces fouilles et l'existence d'une telle réclamation préalable ne résulte pas de l'instruction. Par suite, le garde des sceaux, ministre de la justice, est fondé à soutenir que les conclusions indemnitaires présentées par M. B sont irrecevables, en tant qu'elles sont relatives aux fouilles intégrales réalisées le 28 juin 2023, et doivent, pour ce motif, être rejetées.Sur le surplus des conclusions indemnitaires : 4. D'une part, aux termes de l'article L. 225-1 du code pénitentiaire : " Hors les cas où les personnes détenues accèdent à l'établissement pénitentiaire sans être restées sous la surveillance constante de l'administration pénitentiaire ou des forces de police ou de gendarmerie, les fouilles intégrales des personnes détenues doivent être justifiées par la présomption d'une infraction ou par les risques que leur comportement fait courir à la sécurité des personnes et au maintien du bon ordre dans l'établissement. / Leur nature et leur fréquence sont strictement adaptées à ces nécessités et à la personnalité des personnes détenues. / Elles peuvent être réalisées de façon systématique lorsque les nécessités de l'ordre public et les contraintes du service public pénitentiaire l'imposent. Dans ce cas, le chef de l'établissement pénitentiaire doit prendre une décision pour une durée maximale de trois mois renouvelable après un nouvel examen de la situation de la personne détenue. ". Aux termes de l'article L. 225-2 du même code : " Lorsqu'il existe des raisons sérieuses de soupçonner l'introduction au sein de l'établissement pénitentiaire d'objets ou de substances interdits ou constituant une menace pour la sécurité des personnes ou des biens, le chef d'établissement peut également ordonner des fouilles de personnes détenues dans des lieux et pour une période de temps déterminés, indépendamment de leur personnalité. / Ces fouilles doivent être strictement nécessaires et proportionnées. Elles sont spécialement motivées et font l'objet d'un rapport circonstancié transmis au procureur de la République territorialement compétent et à la direction de l'administration pénitentiaire. ". Aux termes de l'article L. 225-3 de ce code : " Les fouilles intégrales ne sont possibles que si les fouilles par palpation ou l'utilisation des moyens de détection électronique sont insuffisantes. / Les investigations corporelles internes sont proscrites, sauf impératif spécialement motivé. Elles ne peuvent alors être réalisées que par un médecin n'exerçant pas au sein de l'établissement pénitentiaire et requis à cet effet par l'autorité judiciaire. ". 5. Aux termes de l'article R. 225-1 du code pénitentiaire : " Les mesures de fouilles des personnes détenues, intégrales ou par palpation, sont mises en œuvre sur décision du chef de l'établissement pénitentiaire pour prévenir les risques mentionnés par les dispositions de l'article L. 225-1. Leur nature et leur fréquence sont décidées au vu de la personnalité des personnes intéressées, des circonstances de la vie en détention et de la spécificité de l'établissement. / Lorsque les mesures de fouilles des personnes détenues, intégrales ou par palpation, sont réalisées à l'occasion de leur extraction ou de leur transfèrement par l'administration pénitentiaire, elles sont mises en œuvre sur décision du chef d'escorte. Leur nature et leur fréquence sont décidées au vu de la personnalité des personnes détenues intéressées et des circonstances dans lesquelles se déroule l'extraction ou le transfèrement. ". Enfin, selon l'article R. 225-2 du même code : " Les personnes détenues sont fouillées chaque fois qu'il existe des éléments permettant de suspecter un risque d'évasion, l'entrée, la sortie ou la circulation en détention d'objets ou substances prohibés ou dangereux pour la sécurité des personnes ou le bon ordre de l'établissement pénitentiaire. ". 6. D'autre part, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Aux termes de l'article L. 6 du code pénitentiaire : " L'administration pénitentiaire garantit à toute personne détenue le respect de sa dignité et de ses droits. L'exercice de ceux-ci ne peut faire l'objet d'autres restrictions que celles résultant des contraintes inhérentes à la détention, du maintien de la sécurité et du bon ordre des établissements, de la prévention de la commission de nouvelles infractions et de la protection de l'intérêt des victimes. Ces restrictions tiennent compte de l'âge, de l'état de santé, du handicap, de l'identité de genre et de la personnalité de chaque personne détenue. ". 7. Il résulte de ces dispositions que si les nécessités de l'ordre public et les contraintes du service public pénitentiaire peuvent légitimer l'application à un détenu de mesures de fouille, le cas échéant répétées, elles ne sauraient en principe revêtir un caractère systématique -sauf dans les cas et selon les modalités précisément définis par le dernier alinéa de l'article L. 225-1 du code pénitentiaire- et doivent être justifiées par l'un des motifs qu'elles prévoient, en tenant compte notamment du comportement de l'intéressé, de ses agissements antérieurs ou des contacts qu'il a pu avoir avec des tiers. Les fouilles intégrales revêtent ainsi normalement un caractère subsidiaire par rapport aux fouilles par palpation ou à l'utilisation de moyens de détection électronique. Il appartient dès lors à l'administration pénitentiaire de veiller, d'une part, à ce que de telles fouilles soient, eu égard à leur caractère subsidiaire, nécessaires et proportionnées et, d'autre part, à ce que les conditions dans lesquelles elles sont effectuées ne soient pas, par elles-mêmes, attentatoires à la dignité de la personne. 8. Le requérant soutient qu'il a subi plusieurs fouilles intégrales, entre le 1er juillet et le 31 août 2023, sans même préciser celles qu'il vise, et soutient qu'elles sont illégales, dès lors qu'elles ne sont pas justifiées au regard de son comportement en détention qui ne soulevait pas de difficultés particulières, de ses fréquentations qui étaient connues de l'administration pénitentiaire, et de ce que sa seule incarcération ne saurait les justifier. Le garde des sceaux, ministre de la justice soutient, sans être contesté sur ce point, que seulement deux fouilles intégrales ont été réalisées sur la personne de M. B entre les deux dates précitées, en l'espèce les 5 et 29 août 2023. Aucune autre pièce du dossier ne permet d'établir l'existence d'autres fouilles intégrales, notamment celles éventuellement réalisées en vertu de la décision du 7 juillet 2023. 9. Il résulte de l'instruction, en l'espèce de la " synthèse des observations " concernant l'intéressé, produite par le ministre en défense, et non contestée par le requérant, mais également des comptes rendus d'incidents et des décisions prises en matière disciplinaire que le comportement de M. B, s'il doit être regardé comme cyclothymique, demeure néanmoins constamment agressif et menaçant tout au long de la période en litige, tant par la voie d'insultes directes ou indirectes, de cris et de hurlements, dérangeant manifestement le quartier dans lequel il est incarcéré et les autres détenus, de menaces d'agression physique adressées au personnel de surveillance, de tentatives d'agression que de menaces de passage à l'acte en détention, soit sur sa personne, soit sur celles de ses codétenus ou des membres de l'administration pénitentiaire, au besoin en utilisant des outils tranchants ou de fortune, et enfin de menaces de mort proférées à l'encontre du personnel ou de leur famille. Il résulte également de l'instruction que l'intéressé, qui a fait l'objet de plusieurs séjours dans des unités hospitalières sécurisées et/ou spécialisées, fait l'objet d'un traitement et manifeste un comportement particulièrement instable. L'intéressé se livre en outre, de manière répétée, à des actes divers de provocation ou d'intimidation, jetant ou disposant des excréments dans le sas de sa cellule ou en les projetant en direction du personnel, se présentant devant les surveillants, volontairement nu ou en sous-vêtements notamment dans un but d'exhibition ou de provocation, et obturant l'œilleton et divers équipements de sa cellule. Il en résulte que M. B ne saurait sérieusement soutenir, dans la présente instance, que son comportement en détention ne soulevait pas de difficultés particulières. En outre, il résulte de l'instruction que, contrairement à ce qu'il soutient, ni ses fréquentations ni le principe même de son incarcération ne sont à l'origine des fouilles en litige. 10. Il résulte en particulier de l'instruction que la fouille intégrale du 5 août 2023 a été opérée lors du placement de M. B en quartier disciplinaire, après que l'intéressé a, lors de la distribution du repas de midi, au quartier d'isolement, refusé de réintégrer sa cellule et tenté d'agripper les parties génitales d'un membre du personnel, puis à l'issue du repas du soir, qu'il a proféré des insultes, des menaces de mort et de viol à l'encontre d'un autre membre du personnel et des membres de sa famille. Il résulte enfin de l'instruction que l'autre fouille en litige a été réalisée dans le cadre d'une décision du 7 juillet 2023 " instaurant un régime dérogatoire de fouilles intégrales " à caractère systématique, fondé sur la menace pour l'ordre public que représente M. B et sur les contraintes du service public pénitentiaire, lors des fouilles de cellule, des passages en commission de discipline, en départ ou retour d'extraction ou de transfert notamment, toutes situations impliquant des contacts avec des tiers et présentant un risque particulier eu égard à la personnalité et au comportement de M. B. En particulier, le garde des sceaux fait valoir, sans être davantage contesté sur ce point, que la fouille du 29 août 2023 était fondée sur les suspicions légitimes à l'encontre de M. B, qui s'est présenté pour un parloir, revêtu d'un nombre de vêtements anormalement élevé, situation susceptible de laisser présumer le port d'objets prohibés et comportant un risque particulier, eu égard à ce qui vient d'être dit. Alors que M. B ne conteste pas la décision du 7 août 2023, la fouille qui en résulte est ainsi fondée sur les éléments qui viennent d'être mentionnés aux points 9 et 10. 11. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, et eu égard au caractère subsidiaire des fouilles intégrales, les mesures en litige, dont il ne résulte pas de l'instruction qu'elles auraient présenté un caractère systématique, nonobstant la mise en œuvre non contestée d'un " régime dérogatoire ", apparaissaient comme nécessaires et proportionnées, dès lors qu'aucune autre mesure moins intrusive n'aurait permis d'atteindre le même but dans des conditions équivalentes. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que les agents de l'administration pénitentiaire ont procédé à ces fouilles dans des conditions qui, par elles-mêmes, seraient attentatoires à la dignité humaine. Il suit de là que l'administration pénitentiaire, en pratiquant ces fouilles intégrales, n'a méconnu ni les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni les dispositions des articles L. 6 et L. 225-1 à L. 225-3 du code pénitentiaire. 12. Il résulte de ce qui précède qu'en l'absence de faute de nature à engager la responsabilité de l'État, le surplus des conclusions indemnitaires présentées par M. B doit être rejeté, sans qu'il soit besoin de statuer sur les préjudices invoqués. Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 : 13. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le conseil de M. B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.D E C I D E : Article 1er : La requête de M. B est rejetée. Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au garde des sceaux, ministre de la justice et à l'association d'avocats à responsabilité professionnelle individuelle Thémis Avocats et Associés. Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024. Le magistrat désigné, I. Hugez La greffière, T. Mateos-Jobard La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition, La greffière,2N° 2303594
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